{"id":1123632,"date":"2026-08-13T03:39:13","date_gmt":"2026-08-13T03:39:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1123632\/"},"modified":"2026-08-13T03:39:13","modified_gmt":"2026-08-13T03:39:13","slug":"on-pensait-que-les-etoiles-filantes-daout-venaient-de-simples-poussieres-elles-tombent-du-plus-gros-objet-qui-croise-lorbite-de-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1123632\/","title":{"rendered":"On pensait que les \u00e9toiles filantes d&rsquo;ao\u00fbt venaient de simples poussi\u00e8res : elles tombent du plus gros objet qui croise l&rsquo;orbite de la Terre"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Chaque nuit d\u2019ao\u00fbt, en levant les yeux vers Pers\u00e9e, on assiste en r\u00e9alit\u00e9 au sacrifice d\u2019une com\u00e8te deux fois plus grosse que l\u2019ast\u00e9ro\u00efde qui a ray\u00e9 les dinosaures de la carte. Swift-Tuttle est un grand corps c\u00e9leste dont le noyau mesure 26 kilom\u00e8tres de large, presque deux fois la taille de l\u2019objet suppos\u00e9 avoir caus\u00e9 la disparition des dinosaures. Les grains qui se consument dans notre atmosph\u00e8re ne sont pas des poussi\u00e8res anonymes \u00e9gar\u00e9es dans le vide : ce sont les r\u00e9sidus d\u2019un des plus gros objets qui croisent r\u00e9guli\u00e8rement la trajectoire de la Terre.<\/p>\n<p>109P\/Swift-Tuttle est la plus grande com\u00e8te p\u00e9riodique connue \u00e0 croiser r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019orbite terrestre. Elle a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1862, presque simultan\u00e9ment par deux astronomes am\u00e9ricains qui ne se connaissaient pas. L\u2019astronome am\u00e9ricain Lewis Swift l\u2019observa le 16 juillet 1862, et son compatriote Horace Parnell Tuttle l\u2019observa le 19 juillet 1862, ce qui lui valut d\u2019\u00eatre baptis\u00e9e du nom des deux d\u00e9couvreurs. Trois ans plus tard, un troisi\u00e8me nom entre dans l\u2019histoire : celui de l\u2019Italien Giovanni Schiaparelli, qui \u00e9tablit le lien entre cette com\u00e8te et la pluie d\u2019\u00e9toiles filantes observ\u00e9e chaque \u00e9t\u00e9. C\u2019est Giovanni Schiaparelli qui r\u00e9alisa en 1865 que cette com\u00e8te \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine des Pers\u00e9ides. Avant lui, personne n\u2019imaginait qu\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne aussi r\u00e9gulier et aussi terrestre puisse avoir une origine aussi lointaine.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">La com\u00e8te Swift-Tuttle mesure deux fois plus grand que l\u2019ast\u00e9ro\u00efde ayant ray\u00e9 les dinosaures<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9gulier des Pers\u00e9ides cache une m\u00e9canique c\u00e9leste vieille de mill\u00e9naires<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">En 2126, cette g\u00e9ante cosmique redevendra visible \u00e0 l\u2019\u0153il nu pour la premi\u00e8re fois en 134 ans<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-manege-de-133-ans-mais-un-ruban-de-poussiere-permanent\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un man\u00e8ge de 133 ans, mais un ruban de poussi\u00e8re permanent<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#des-grains-de-sable-mais-une-vitesse-qui-change-tout\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des grains de sable, mais une vitesse qui change tout<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#le-plus-gros-visiteur-regulier-du-voisinage-terrestre\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le plus gros visiteur r\u00e9gulier du voisinage terrestre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#rendez-vous-en-2126-mais-pas-seulement-pour-les-perseides\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Rendez-vous en 2126, mais pas seulement pour les Pers\u00e9ides<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un man\u00e8ge de 133 ans, mais un ruban de poussi\u00e8re permanent<\/p>\n<p>Voici le paradoxe qui d\u00e9route souvent : la com\u00e8te elle-m\u00eame ne repasse pr\u00e8s du Soleil que tous les 133 ans. Comet 109P\/Swift-Tuttle takes 133 years to orbit the Sun once, elle a atteint son dernier p\u00e9rih\u00e9lie en 1992 et reviendra \u00e0 nouveau en 2126. Alors pourquoi les Pers\u00e9ides sont-elles au rendez-vous chaque mois d\u2019ao\u00fbt, sans exception ? Parce que la com\u00e8te elle-m\u00eame n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec le spectacle annuel. \u00c0 chaque passage pr\u00e8s du Soleil, la chaleur solaire fait sublimer la glace de son noyau, arrachant des grains de poussi\u00e8re qui ne suivent pas le corps principal. Ce mat\u00e9riau ne suit pas la com\u00e8te : il reste derri\u00e8re elle, \u00e9tir\u00e9 en un long ruban le long de sa trajectoire, et ce ruban demeure en place en permanence, que la com\u00e8te soit proche ou non ; il s\u2019accumule ainsi depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La Terre, elle, tourne autour du Soleil avec une r\u00e9gularit\u00e9 d\u2019horloge suisse. Son orbite croise ce ruban de d\u00e9bris, non pas \u00e0 proximit\u00e9 mais en plein dedans, et parce que notre trajectoire est r\u00e9guli\u00e8re, nous traversons ce point pr\u00e9cis \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode chaque ann\u00e9e, au c\u0153ur du mois d\u2019ao\u00fbt. C\u2019est cette m\u00e9canique, plus que la com\u00e8te elle-m\u00eame, qui explique la fid\u00e9lit\u00e9 du rendez-vous. Swift-Tuttle a pos\u00e9 les rails il y a des si\u00e8cles, et la Terre continue de rouler dessus, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, sans que le train original ait besoin de repasser.<\/p>\n<p>Des grains de sable, mais une vitesse qui change tout<\/p>\n<p>Il ne faut pas se tromper sur la nature de ce qui br\u00fble dans le ciel. Ces grains ne sont pas des rochers : leur taille va du grain de sable au petit pois, et leur masse se compte en fractions de gramme. Ce qui transforme ces confettis cosmiques en traits de lumi\u00e8re visibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu depuis un jardin, c\u2019est la vitesse d\u2019impact avec l\u2019atmosph\u00e8re. Chaque ann\u00e9e entre le 17 juillet et le 24 ao\u00fbt, la Terre s\u2019engage dans ce nuage \u00e0 30 km\/s, tandis que les grains arrivent en sens quasi frontal, portant la vitesse relative \u00e0 59 km\/s, soit 212 000 km\/h.<\/p>\n<p>Une comparaison permet de mesurer l\u2019\u00e9nergie en jeu. Une particule d\u2019un dixi\u00e8me de gramme lanc\u00e9e \u00e0 59 km\/s transporte 174 000 joules d\u2019\u00e9nergie cin\u00e9tique, l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une quarantaine de grammes de TNT, concentr\u00e9s dans un objet qui tiendrait sur un ongle. C\u2019est cette \u00e9nergie, enti\u00e8rement dissip\u00e9e en une fraction de seconde dans les hautes couches de l\u2019atmosph\u00e8re, qui produit l\u2019\u00e9clair lumineux qu\u2019on appelle \u00e9toile filante. Rien de magique, donc : juste de la physique pure, o\u00f9 la masse compte moins que la vitesse.<\/p>\n<p>Le plus gros visiteur r\u00e9gulier du voisinage terrestre<\/p>\n<p>Ce qui distingue vraiment Swift-Tuttle des autres corps croisant notre orbite, c\u2019est son gabarit. Le noyau de Swift-Tuttle mesure environ 26 kilom\u00e8tres de diam\u00e8tre, soit environ deux fois la taille de l\u2019objet responsable de la disparition des dinosaures. Elle est de loin le plus grand objet g\u00e9ocroiseur, ast\u00e9ro\u00efde ou com\u00e8te \u00e0 courte p\u00e9riode, \u00e0 avoir crois\u00e9 l\u2019orbite terrestre et \u00e0 s\u2019en \u00eatre approch\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. Un chiffre qui donne le vertige quand on se souvient que la plupart des ast\u00e9ro\u00efdes surveill\u00e9s par les agences spatiales mesurent quelques centaines de m\u00e8tres tout au plus.<\/p>\n<p>Cette taille a d\u2019ailleurs suscit\u00e9 une belle frayeur scientifique dans les ann\u00e9es 1990. Lors de sa red\u00e9couverte en septembre 1992, la date de passage au p\u00e9rih\u00e9lie diff\u00e9rait de 17 jours par rapport \u00e0 la pr\u00e9diction de 1973, et l\u2019on a alors calcul\u00e9 que si le prochain passage, pr\u00e9vu en juillet 2126, accusait un d\u00e9calage similaire, la com\u00e8te pourrait heurter la Terre le 14 ao\u00fbt 2126, une hypoth\u00e8se prise au s\u00e9rieux compte tenu de la taille du noyau. Des observations plus pouss\u00e9es ont permis d\u2019\u00e9carter ce sc\u00e9nario catastrophe. Comme le r\u00e9sume Paul Chodas, responsable du centre d\u2019\u00e9tude des objets g\u00e9ocroiseurs \u00e0 la NASA, \u00ab son orbite passe tr\u00e8s pr\u00e8s de celle de la Terre, ce qui en a fait un objet consid\u00e9r\u00e9 comme dangereux au fil des ann\u00e9es. Aujourd\u2019hui, nous connaissons son orbite suffisamment bien pour affirmer que nous sommes \u00e0 l\u2019abri d\u2019un impact pendant plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Rendez-vous en 2126, mais pas seulement pour les Pers\u00e9ides<\/p>\n<p>Le prochain passage de Swift-Tuttle pr\u00e8s du Soleil promet un spectacle bien diff\u00e9rent de celui, discret, de 1992. Lors de son dernier passage en 1992, elle \u00e9tait trop faible pour \u00eatre visible \u00e0 l\u2019\u0153il nu ; le prochain passage, en 2126, pourrait la rendre comparable en luminosit\u00e9 \u00e0 la com\u00e8te Hale-Bopp de 1997, si les pr\u00e9visions se confirment. Les astronomes de cette g\u00e9n\u00e9ration future pourront donc observer directement, dans le ciel, l\u2019objet responsable de la pluie d\u2019\u00e9toiles filantes la plus populaire de l\u2019ann\u00e9e, alors que nous ne voyons habituellement que ses miettes.<\/p>\n<p>En attendant ce rendez-vous lointain, la trace de Swift-Tuttle continue de s\u2019enrichir : chaque passage ajoute un nouveau ruban de poussi\u00e8re, l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents, ce qui explique pourquoi certaines ann\u00e9es les Pers\u00e9ides sont plus denses que d\u2019autres. La com\u00e8te a quitt\u00e9 le syst\u00e8me solaire interne depuis plus de trente ans d\u00e9j\u00e0, mais elle continue, sans y \u00eatre pour rien directement, \u00e0 illuminer nos \u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.ccstib.fr\/univers\/comete-109pswift-tuttle-lorigine-perseides-leur-observation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ccstib.fr<\/a> | <a href=\"https:\/\/journaldelastronomie.fr\/comete\/comete-swift-tuttle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">journaldelastronomie.fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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