{"id":112452,"date":"2025-05-19T18:54:11","date_gmt":"2025-05-19T18:54:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/112452\/"},"modified":"2025-05-19T18:54:11","modified_gmt":"2025-05-19T18:54:11","slug":"le-haut-commissariat-au-plan-avance-des-pistes-pour-porter-le-budget-des-armees-a-35-du-pib-dici-2030","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/112452\/","title":{"rendered":"Le Haut-commissariat au Plan avance des pistes pour porter le budget des Arm\u00e9es \u00e0 3,5 % du PIB d&rsquo;ici 2030"},"content":{"rendered":"<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/pang-20230414.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"336\" class=\"alignnone size-full wp-image-69961\"  \/><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 une hausse continue de ses cr\u00e9dits depuis 2018, le minist\u00e8re des Arm\u00e9es manque de marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires pour accompagner sa remont\u00e9e en puissance. Tel est en effet le constat \u00e9tabli par deux r\u00e9cents rapports publi\u00e9s par la Cour des comptes et la commission s\u00e9natoriale des Finances. <\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019un et l\u2019autre ont mis en garde contre le niveau trop \u00e9lev\u00e9 du report des charges, lequel a atteint le niveau record de 8 milliards d\u2019euros lors de l\u2019exercice 2024. Pour rappel, il s\u2019agit d\u2019une astuce comptable consistant \u00e0 ne payer les factures que l\u2019ann\u00e9e suivante, des int\u00e9r\u00eats moratoires \u00e9tant vers\u00e9s aux industriels en compensation. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors que le stock de report de charges de 2022 vers 2023 \u00e9tait de 3,88 milliards d\u2019euros, il s\u2019\u00e9tablirait \u00e0 environ 8,02 milliards d\u2019euros de 2024 vers 2025. Il a ainsi plus que doubl\u00e9 en deux ans\u00a0\u00bb, a ainsi relev\u00e9 le s\u00e9nateur Dominique de Legge, dans <a href=\"https:\/\/www.senat.fr\/notice-rapport\/2024\/r24-615-notice.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">son rapport<\/a> rendu au nom de la commission des Finances. <\/p>\n<p>Pour <a href=\"https:\/\/www.ccomptes.fr\/sites\/default\/files\/2025-04\/NEB-2024-Defense.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la Cour des comptes<\/a>, cette \u00ab\u00a0augmentation du report de charges en 2024\u00a0\u00bb va \u00ab\u00a0bien au-del\u00e0 de l\u2019objectif fix\u00e9 au minist\u00e8re\u00a0\u00bb. Et d\u2019ajouter : \u00ab\u00a0La r\u00e9vision de la trajectoire de report de charges en fin de p\u00e9riode sous programmation, interrogent sur la capacit\u00e9 du minist\u00e8re \u00e0 en ma\u00eetriser le retour \u00e0 un niveau raisonnable d\u2019ici \u00e0 2030\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Un autre point d\u2019attention sont les \u00ab\u00a0restes \u00e0 payer\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les autorisations d\u2019engagements [AE] non encore couvertes par des cr\u00e9dits de paiement [CP].  Leur niveau est \u00ab\u00a0en tr\u00e8s forte augmentation depuis 2019\u00a0\u00bb note la Cour des comptes, qui pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 100 milliards d\u2019euros \u00e0 la fin de l\u2019exercice 2024 [soit + 2,9 % par rapport 2023]. <\/p>\n<p>Or, comme le souligne M. de Legge, \u00ab\u00a0pr\u00e8s de 90 % des cr\u00e9dits de paiement pr\u00e9vus en 2025, hors d\u00e9penses de personnel, seront ainsi destin\u00e9s \u00e0 apurer ce stock, qui continue par ailleurs d\u2019\u00eatre aliment\u00e9 par l\u2019engagement d\u2019AE.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aussi, les magistrats de la rue Cambon font valoir que, malgr\u00e9 la hausse significative du budget des Arm\u00e9es et l\u2019\u00e9volution \u00ab\u00a0tr\u00e8s favorable\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0moindre \u00e9volution des co\u00fbts de facteurs\u00a0\u00bb [prix du carburant, par exemple], la \u00ab\u00a0nouvelle d\u00e9gradation des ratios de report de charges et de restes \u00e0 payer fait peser un risque significatif sur la soutenabilit\u00e9 des d\u00e9penses de la mission D\u00e9fense\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le minist\u00e8re et le gouvernement, se doivent d\u00e9sormais d\u2019y mettre imp\u00e9rativement de l\u2019ordre, soit en parvenant \u00e0 couvrir par des ressources additionnelles ses besoins financiers non programm\u00e9s, soit en faisant des choix capacitaires pour se ramener plus \u00e9troitement \u00e0 la trajectoire financi\u00e8re planifi\u00e9e par la Loi de programmation militaire\u00a0\u00bb, estime la Cour des comptes. <\/p>\n<p>D\u2019autant plus que, la semaine pass\u00e9e, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Jean-No\u00ebl Barrot, a fait savoir que la France allait souscrire \u00e0 l\u2019objectif de l\u2019Otan visant \u00e0 porter les d\u00e9penses militaires \u00e0 5 % du PIB d\u2019ici 2032. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019objectif de 3,5% est le bon montant pour les d\u00e9penses de base en mati\u00e8re de d\u00e9fense. Mais cela s\u2019accompagne de d\u00e9penses qui vont concourir \u00e0 l\u2019augmentation de notre capacit\u00e9 de d\u00e9fense, qui ne sont pas des d\u00e9penses de d\u00e9fense directes, mais qui doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es\u00a0\u00bb, comme la cybers\u00e9curit\u00e9 ou la mobilit\u00e9 militaire, a expliqu\u00e9 M. Barrot. <\/p>\n<p>Pour rappel, il faut remonter au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 pour retrouver un tel niveau de d\u00e9penses militaires en France. <\/p>\n<p>Cependant, malgr\u00e9 les plans d\u2019\u00e9conomies, les \u00ab\u00a0r\u00e9formes\u00a0\u00bb et les promesses faites par les gouvernements successifs \u00e0 la Commission europ\u00e9enne, les finances publiques continuent de se d\u00e9grader, avec une dette publique ayant d\u00e9pass\u00e9 les 3 300 milliards d\u2019euros [113 % du PIB] et un d\u00e9ficit public s\u2019\u00e9tant \u00e9tabli 169,6 milliards d\u2019euros en 2024 [soit 5,8 % du PIB]. Dans ces conditions, comment porter les d\u00e9penses militaires, au sens large, \u00e0 5 % du PIB, alors que d\u2019autres priorit\u00e9s doivent aussi \u00eatre financ\u00e9es ? <\/p>\n<p>Le Haut-commissariat au Plan a tent\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 cette question dans une <a href=\"https:\/\/www.strategie.gouv.fr\/publications\/comment-financer-le-rearmement-et-nos-autres-priorites-dici-2030\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">note \u00ab\u00a0flash\u00a0\u00bb<\/a> qu\u2019il vient de publier. Selon lui, il n\u2019existe que quatre leviers pour financer un tel effort, \u00e0 savoir : la ma\u00eetrise des d\u00e9penses publiques, avec des \u00ab\u00a0r\u00e9duction in\u00e9dites\u00a0\u00bb dans certains domaines [social, fonction publique, etc.], une \u00ab\u00a0hausse majeure des pr\u00e9l\u00e8vements obligatoires\u00a0\u00bb, alors que leur niveau, selon l\u2019INSEE, est d\u00e9j\u00e0 de 42,8 % [hors  cotisations sociales imput\u00e9es], une \u00ab\u00a0croissance du taux d\u2019emploi\u00a0\u00bb, ce qui para\u00eet compliqu\u00e9 \u00e0 court terme, sauf \u00e0 prendre des mesures radicales, et le \u00ab\u00a0recours \u00e0 un financement europ\u00e9en, via un endettement commun\u00a0\u00bb, ce qui pose des probl\u00e8mes politiques et juridiques. <\/p>\n<p>Selon cette note, \u00ab\u00a0financer l\u2019effort en ne recourant qu\u2019\u00e0 un seul levier \u2013 que ce soit la ma\u00eetrise de d\u00e9penses, des hausses d\u2019imp\u00f4ts ou des r\u00e9formes visant \u00e0 accro\u00eetre le taux d\u2019emploi et gr\u00e2ce \u00e0 cela les recettes publiques \u2013 semble peu cr\u00e9dible tant l\u2019ampleur et la vitesse dans l\u2019usage de chacun d\u2019eux serait cons\u00e9quente et in\u00e9dite\u00a0\u00bb. Aussi, \u00ab\u00a0il appara\u00eet donc indispensable de combiner plusieurs leviers, qui rel\u00e8vent d\u2019un choix politique essentiel\u00a0\u00bb, estime-t-elle. <\/p>\n<p>Sans surprise, quand on conna\u00eet ses engagements pro-europ\u00e9ens, le Haut-commissaire au Plan,  Cl\u00e9ment Beaune, pense que \u00ab\u00a0la cl\u00e9 du probl\u00e8me\u00a0\u00bb passe par l\u2019Union europ\u00e9enne [UE], tant sur le plan financier qu\u2019industriel. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du projet \u2018ReArm Europe\u2019, des solutions plus radicales doivent \u00eatre envisag\u00e9es. Un emprunt europ\u00e9en, permettant non seulement des financements communs mais aussi des acquisitions et des programmes industriels conjoints, est une id\u00e9e qui progresse. Un montant proche de 500 milliards d\u2019euros [\u2026] serait pr\u00e8s de deux fois inf\u00e9rieur \u00e0 l\u2019effort consenti pendant la crise du Covid et faciliterait grandement les efforts nationaux, le niveau d\u2019endettement global de l\u2019Union europ\u00e9enne restant mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb, \u00e9crit M. Beaune dans son \u00ab\u00a0\u00e9ditorial\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>S\u2019agissant de l\u2019aspect industriel, le Haut-commissaire au Plan plaide pour une DGA [Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019armement] europ\u00e9enne, laquelle serait cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019Agence europ\u00e9enne de d\u00e9fense [AED], \u00ab\u00a0sous le contr\u00f4le des \u00c9tats\u00a0\u00bb. Une telle structure permettrait \u00ab\u00a0de d\u00e9finir et d\u2019acqu\u00e9rir en commun de nouveaux \u00e9quipements\u00a0\u00bb \u00e0 des industriels europ\u00e9ens. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0De la prescription \u00e0 la production, c\u2019est un mod\u00e8le europ\u00e9en qu\u2019il faut inventer : les erreurs commises dans le secteur spatial notamment, avec un \u2018retour g\u00e9ographique\u2019 inefficace, doivent inciter \u00e0 b\u00e2tir un autre sch\u00e9ma, reposant sans doute, en aval, sur une sp\u00e9cialisation industrielle nationale plus assum\u00e9e\u00a0\u00bb, conclut M. Beaune sur ce point. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Malgr\u00e9 une hausse continue de ses cr\u00e9dits depuis 2018, le minist\u00e8re des Arm\u00e9es manque de marges de man\u0153uvre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":112453,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,1003,15721,554,2609,6329,1011,27,23192,23193,23194,12,136,6311,25],"class_list":{"0":"post-112452","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-budget","10":"tag-cour-des-comptes","11":"tag-defense","12":"tag-depenses-militaires","13":"tag-finances-publiques","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-haut-commissariat-au-plan","17":"tag-lpm","18":"tag-ministere-des-armees","19":"tag-news","20":"tag-otan","21":"tag-pib","22":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114536019719450006","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112452"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112452\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/112453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}