{"id":1144895,"date":"2026-08-23T22:12:26","date_gmt":"2026-08-23T22:12:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1144895\/"},"modified":"2026-08-23T22:12:26","modified_gmt":"2026-08-23T22:12:26","slug":"la-france-a-coule-77-de-ses-propres-navires-dans-la-rade-de-toulon-le-27-novembre-1942-quand-les-blindes-allemands-sont-entres-il-ne-restait-presque-rien-a-prendre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1144895\/","title":{"rendered":"La France a coul\u00e9 77 de ses propres navires dans la rade de Toulon le 27 novembre 1942 : quand les blind\u00e9s allemands sont entr\u00e9s, il ne restait presque rien \u00e0 prendre"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Douze morts, vingt-six bless\u00e9s, et une flotte enti\u00e8re qui s\u2019enfonce dans la vase en moins d\u2019une heure. Le 27 novembre 1942, \u00e0 l\u2019aube, la marine fran\u00e7aise d\u00e9truit de ses propres mains ce qu\u2019elle poss\u00e8de de plus pr\u00e9cieux : ses navires de guerre. Quand les blind\u00e9s de la Wehrmacht atteignent enfin les quais de Toulon, il ne reste que des coques \u00e9ventr\u00e9es, des incendies et une mer noircie par le fioul.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Pourquoi l\u2019Amiraut\u00e9 fran\u00e7aise a-t-elle ordonn\u00e9 l\u2019auto-destruction de sa propre flotte ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Comment cinq sous-marins ont r\u00e9ussi l\u2019impossible : s\u2019\u00e9chapper du pi\u00e8ge de Toulon sous le feu ennemi<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Un d\u00e9bat qui divise encore les historiens : le sacrifice \u00e9tait-il vraiment in\u00e9vitable ?<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-piege-qui-se-referme-lentement-depuis-novembre\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un pi\u00e8ge qui se referme lentement depuis novembre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#la-nuit-ou-tout-bascule\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">La nuit o\u00f9 tout bascule<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#77-navires-au-fond-de-l-eau-un-quart-de-siecle-de-puissance\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">77 navires au fond de l\u2019eau, un quart de si\u00e8cle de puissance navale an\u00e9anti<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#les-fugitifs-de-la-rade-cinq-sous-marins-contre-l-histoire\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Les fugitifs de la rade : cinq sous-marins contre l\u2019Histoire<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un pi\u00e8ge qui se referme lentement depuis novembre<\/p>\n<p>Tout commence seize jours plus t\u00f4t. Ce sabordage est ordonn\u00e9 par l\u2019Amiraut\u00e9 du r\u00e9gime de Vichy, en r\u00e9action \u00e0 l\u2019invasion de la zone libre par l\u2019arm\u00e9e allemande le 11 novembre 1942, et plus particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019op\u00e9ration Lila visant \u00e0 permettre au Troisi\u00e8me Reich de prendre le contr\u00f4le des navires stationn\u00e9s dans la base navale de Toulon. Depuis l\u2019armistice de 1940, la France de Vichy avait pourtant obtenu de conserver sa flotte de guerre, \u00e0 condition de rester strictement neutre. Un compromis fragile, qui s\u2019effondre d\u00e8s que les Alli\u00e9s d\u00e9barquent en Afrique du Nord.<\/p>\n<p>\u00c0 Toulon mouillent alors 38 b\u00e2timents de combat, soit le quart de la flotte fran\u00e7aise, ainsi que 135 navires neutralis\u00e9s par l\u2019armistice. Une force consid\u00e9rable, encercl\u00e9e dans ce que les historiens appellent le \u00ab\u00a0camp retranch\u00e9\u00a0\u00bb : isol\u00e9e, sans grands moyens de man\u0153uvre, mais bien vivante. L\u2019amiral de Laborde en a le commandement, tandis que l\u2019amiral Marquis dirige la pr\u00e9fecture maritime. Les Allemands, eux, n\u00e9gocient dans l\u2019ombre depuis des mois un plan pour s\u2019emparer de ces navires intacts et les rediriger vers la Tunisie.<\/p>\n<p>La nuit o\u00f9 tout bascule<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e du 26 novembre, l\u2019\u00e9tau se resserre brutalement. Laborde apprend que le fort Lamalque vient d\u2019\u00eatre investi par les chars allemands et que l\u2019amiral Marquis est prisonnier. \u00c0 4h30 du matin, la situation devient irr\u00e9versible : des unit\u00e9s militaires de blind\u00e9s et d\u2019infanterie allemandes envahissent le port. Ironie du sort, elles y entrent presque sans obstacle, car les autorit\u00e9s allemandes avaient obtenu le d\u00e9part des formations de l\u2019Arm\u00e9e le 14 novembre et de celles de l\u2019A\u00e9ronavale le 21.<\/p>\n<p>Mais Toulon n\u2019est pas une avenue rectiligne. Les unit\u00e9s de la 7\u00e8me Panzerdivision ont bien du mal \u00e0 rep\u00e9rer leur chemin dans le labyrinthe de l\u2019arsenal, o\u00f9 elles ne parviennent que vers cinq heures et demie, et les appontements o\u00f9 se trouvent les navires de guerre fran\u00e7ais ne sont atteints que vers six heures. Ce retard, minuscule sur le papier, change tout. Laborde donne l\u2019ordre fatidique : l\u2019ordre de sabordage, selon des consignes arr\u00eat\u00e9es en d\u00e9cembre 1940 et de nombreuses fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9es depuis lors. En quelques minutes, les navires de guerre explosent, br\u00fblent, s\u2019enfoncent, se couchent ou chavirent.<\/p>\n<p>Le bilan humain reste \u00e9tonnamment contenu au regard de l\u2019ampleur du d\u00e9sastre mat\u00e9riel : douze tu\u00e9s et vingt-six bless\u00e9s parmi les marins fran\u00e7ais. Un chiffre presque d\u00e9risoire face \u00e0 l\u2019ampleur de ce qui vient de dispara\u00eetre sous les flots.<\/p>\n<p>77 navires au fond de l\u2019eau, un quart de si\u00e8cle de puissance navale an\u00e9anti<\/p>\n<p>Les d\u00e9comptes varient l\u00e9g\u00e8rement selon les sources, signe que m\u00eame les historiens peinent \u00e0 fixer un chiffre d\u00e9finitif tant l\u2019\u00e9v\u00e9nement fut chaotique. La version la plus couramment retenue \u00e9voque 77 b\u00e2timents d\u00e9truits par les Fran\u00e7ais, tandis que les Allemands ne parviennent \u00e0 capturer que 39 petits navires sans grande valeur militaire. D\u2019autres relev\u00e9s parlent de 85, voire 90 unit\u00e9s englouties, en comptant les navires auxiliaires et les petites embarcations. Ce qui ne fait aucun doute, en revanche, c\u2019est la composition de cette h\u00e9catombe navale : 90 navires dont 3 cuirass\u00e9s, 7 croiseurs, 16 contre-torpilleurs sont d\u00e9truits par leurs \u00e9quipages en quelques minutes.<\/p>\n<p>Le tonnage global donne le vertige. Selon les archives de la Marine, la flotte vis\u00e9e par l\u2019op\u00e9ration allemande repr\u00e9sentait plus de 230 000 tonnes, l\u2019\u00e9quivalent de dizaines de porte-conteneurs modernes rassembl\u00e9s dans une seule rade. Le r\u00e9sultat final ne laisse gu\u00e8re de place au doute : la flotte fran\u00e7aise stationn\u00e9e dans le port militaire de Toulon est d\u00e9truite \u00e0 90 %, seules quelques unit\u00e9s r\u00e9ussissant \u00e0 appareiller et \u00e0 \u00e9chapper tant au sabordage qu\u2019\u00e0 la capture par les forces de l\u2019Axe. Pour Berlin, qui r\u00eavait de r\u00e9cup\u00e9rer intacts des cuirass\u00e9s et des croiseurs modernes, c\u2019est un fiasco strat\u00e9gique cuisant. L\u2019Axe subit donc un \u00e9chec relatif dans cette op\u00e9ration pourtant minutieusement pr\u00e9par\u00e9e depuis des mois.<\/p>\n<p>Les fugitifs de la rade : cinq sous-marins contre l\u2019Histoire<\/p>\n<p>Tous les \u00e9quipages n\u2019ob\u00e9issent pas \u00e0 l\u2019ordre de sabordage. Au m\u00eame moment, dans la confusion g\u00e9n\u00e9rale, cinq commandants de sous-marins prennent un pari fou : forcer le passage plut\u00f4t que couler leur navire. Les sous-marins Casabianca, V\u00e9nus, Marsouin, Iris et Le Glorieux parviennent \u00e0 franchir les passes du port militaire, \u00e0 la sortie de la rade, au prix des pires difficult\u00e9s : champs de mines magn\u00e9tiques, bombardements et tirs allemands, filet m\u00e9tallique fermant la passe. Une man\u0153uvre suicidaire sur le papier, r\u00e9ussie en pleine nuit sous le feu ennemi.<\/p>\n<p>Leurs destins divergent ensuite radicalement. Le Casabianca et le Marsouin ralliront Alger, le Glorieux ralliera Oran, l\u2019Iris ira trouver refuge \u00e0 Barcelone, tandis que la V\u00e9nus pr\u00e9f\u00e9rera se saborder en grande rade. Le Casabianca, sous le commandement du capitaine de corvette Jean L\u2019Herminier, deviendra l\u2019un des symboles les plus c\u00e9l\u00e8bres de cette nuit tragique : construit en 1931, ce sous-marin de 1 500 tonnes rejoindra les forces alli\u00e9es et poursuivra le combat depuis l\u2019Afrique du Nord. Un seul b\u00e2timent de surface s\u2019en tire \u00e9galement : le Leonor Fresnel, un petit baliseur, ralliera Alger apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9chapp\u00e9 des Salins d\u2019Hy\u00e8res.<\/p>\n<p>Reste une question que les historiens continuent de d\u00e9battre, plus de huit d\u00e9cennies plus tard : fallait-il vraiment tout sacrifier, ou ces navires auraient-ils pu, comme le r\u00e9clamait alors l\u2019amiral Darlan, rallier directement les Alli\u00e9s pour peser dans la bataille de M\u00e9diterran\u00e9e ? Le vice-amiral Lacroix, lui, avait choisi de temporiser cette nuit-l\u00e0, refusant d\u2019ex\u00e9cuter l\u2019ordre sans confirmation \u00e9crite. Un d\u00e9tail minuscule qui rappelle qu\u2019au c\u0153ur du chaos, chaque officier a d\u00fb, en quelques minutes, trancher seul entre deux fid\u00e9lit\u00e9s devenues inconciliables.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/rdv-histoire.com\/programme\/toulon-1942-le-sabordage-de-la-marine-francaise\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">rdv-histoire.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/jaimeleshistoiresdelhistoire.eklablog.com\/le-sabordage-de-la-flotte-de-toulon-27-novembre-1942-a107698386\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">jaimeleshistoiresdelhistoire.eklablog.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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