{"id":115128,"date":"2025-05-20T20:04:10","date_gmt":"2025-05-20T20:04:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/115128\/"},"modified":"2025-05-20T20:04:10","modified_gmt":"2025-05-20T20:04:10","slug":"lallemagne-abandonne-son-opposition-a-lenergie-nucleaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/115128\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Allemagne abandonne son opposition \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire"},"content":{"rendered":"<p>        Agrandir l\u2019image : Illustration 1<\/p>\n<p>Dans le cadre d&rsquo;un changement significatif de la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne, l&rsquo;Allemagne a accept\u00e9 de mettre fin \u00e0 son opposition de longue date \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, marquant ainsi un rapprochement historique avec la France. Cette \u00e9volution refl\u00e8te un alignement pragmatique entre deux des nations les plus influentes de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, qui cherchent \u00e0 atteindre des objectifs urgents en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et de climat. Cette d\u00e9cision t\u00e9moigne de la volont\u00e9 de Berlin de soutenir les efforts de la France pour que l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire soit trait\u00e9e sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec les sources d&rsquo;\u00e9nergie renouvelables dans la l\u00e9gislation de l&rsquo;UE, ce qui pourrait remodeler le paysage \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;Union.<\/p>\n<p>Depuis des ann\u00e9es, l&rsquo;Allemagne et la France sont en d\u00e9saccord sur l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire. Dans le cadre de sa politique \u00ab Energiewende \u00bb, l&rsquo;Allemagne a donn\u00e9 la priorit\u00e9 \u00e0 la sortie du nucl\u00e9aire \u00e0 la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011, ses derniers r\u00e9acteurs devant \u00eatre ferm\u00e9s en 2023. La France, \u00e0 l&rsquo;inverse, s&rsquo;est fortement appuy\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, qui fournit environ 70 % de son \u00e9lectricit\u00e9, la positionnant comme un leader \u00e0 faible \u00e9mission de carbone en Europe. Cette divergence a cr\u00e9\u00e9 des tensions dans les discussions sur l&rsquo;\u00e9nergie au sein de l&rsquo;UE, l&rsquo;Allemagne plaidant pour les \u00e9nergies renouvelables et la France faisant pression pour que le nucl\u00e9aire soit reconnu comme une source d&rsquo;\u00e9nergie durable.<\/p>\n<p>La perc\u00e9e a eu lieu lorsque Berlin a signal\u00e9 \u00e0 Paris qu&rsquo;elle ne bloquerait plus les efforts visant \u00e0 supprimer les pr\u00e9jug\u00e9s antinucl\u00e9aires dans la l\u00e9gislation europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs ont contribu\u00e9 au changement d&rsquo;avis de l&rsquo;Allemagne. Tout d&rsquo;abord, la crise \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9clench\u00e9e par l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie en 2022 a mis en \u00e9vidence les vuln\u00e9rabilit\u00e9s de l&rsquo;approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;Europe, en particulier de l&rsquo;Allemagne, qui d\u00e9pendait fortement du gaz russe. La flamb\u00e9e des prix de l&rsquo;\u00e9nergie qui s&rsquo;en est suivie et la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des combustibles fossiles ont contraint Berlin \u00e0 reconsid\u00e9rer sa strat\u00e9gie \u00e9nerg\u00e9tique. Si l&rsquo;Allemagne reste attach\u00e9e aux \u00e9nergies renouvelables, l&rsquo;intermittence de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e9olienne et solaire a mis en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer de sources d&rsquo;\u00e9nergie stables et \u00e0 faible teneur en carbone, comme le nucl\u00e9aire, pour compl\u00e9ter le r\u00e9seau.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, la d\u00e9cision de l&rsquo;Allemagne refl\u00e8te une reconnaissance pragmatique des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9nerg\u00e9tiques de la France. Le parc nucl\u00e9aire fran\u00e7ais alimente non seulement l&rsquo;\u00e9conomie nationale, mais exporte \u00e9galement de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 vers les pays voisins, y compris l&rsquo;Allemagne, en particulier pendant les p\u00e9riodes de faible production d&rsquo;\u00e9nergie renouvelable. En soutenant le programme nucl\u00e9aire de la France, l&rsquo;Allemagne garantit un acc\u00e8s continu \u00e0 cette source d&rsquo;\u00e9nergie fiable.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, les objectifs ambitieux de l&rsquo;UE en mati\u00e8re de climat, notamment l&rsquo;atteinte de la neutralit\u00e9 carbone d&rsquo;ici \u00e0 2050, ont intensifi\u00e9 la pression en faveur de l&rsquo;adoption de toutes les technologies \u00e0 faible \u00e9mission de carbone. L&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, malgr\u00e9 ses controverses, ne produit pratiquement pas d&rsquo;\u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre pendant son fonctionnement, ce qui en fait un outil essentiel pour la d\u00e9carbonisation. L&rsquo;opposition ant\u00e9rieure de l&rsquo;Allemagne au nucl\u00e9aire risquait de compromettre les objectifs climatiques de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, d&rsquo;autant plus que des pays comme la Chine et les \u00c9tats-Unis renforcent leurs capacit\u00e9s nucl\u00e9aires gr\u00e2ce \u00e0 un important soutien de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p>Le changement de politique de l&rsquo;Allemagne a des implications consid\u00e9rables pour l&rsquo;UE. En s&rsquo;alignant sur la France, l&rsquo;Allemagne ouvre la voie \u00e0 une politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne plus unifi\u00e9e qui int\u00e8gre l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire dans la transition verte de l&rsquo;Union.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;avenir, l&rsquo;assouplissement de la position de l&rsquo;Allemagne ne signifie pas une renaissance nationale de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire. Berlin a clairement indiqu\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas l&rsquo;intention de revenir sur l&rsquo;abandon progressif de ses r\u00e9acteurs, pr\u00e9f\u00e9rant importer de France de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ou de l&rsquo;hydrog\u00e8ne d&rsquo;origine nucl\u00e9aire. Par exemple, d\u00e8s 2023, l&rsquo;Allemagne a indiqu\u00e9 qu&rsquo;elle accepterait de l&rsquo;hydrog\u00e8ne fran\u00e7ais produit \u00e0 partir d&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, signe d&rsquo;un pragmatisme en pleine \u00e9volution.<\/p>\n<p>Pour la France, l&rsquo;accord renforce sa position de puissance nucl\u00e9aire europ\u00e9enne. Il pourrait acc\u00e9l\u00e9rer les projets de construction de nouveaux r\u00e9acteurs et de prolongation de la dur\u00e9e de vie des r\u00e9acteurs existants, soutenus par des subventions publiques auxquelles l&rsquo;Allemagne a accept\u00e9 de ne pas s&rsquo;opposer. Cela pourrait \u00e9galement encourager d&rsquo;autres pays de l&rsquo;UE, tels que la Pologne et la R\u00e9publique tch\u00e8que, \u00e0 poursuivre leurs ambitions nucl\u00e9aires, ce qui renforcerait l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire dans le bouquet \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;Union.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cet optimisme, des d\u00e9fis subsistent. L&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire est confront\u00e9e \u00e0 des co\u00fbts initiaux \u00e9lev\u00e9s, \u00e0 de longs d\u00e9lais de construction et au scepticisme de l&rsquo;opinion publique, en particulier dans les pays \u00e0 forte tradition antinucl\u00e9aire comme l&rsquo;Allemagne. Les questions de s\u00e9curit\u00e9, de gestion des d\u00e9chets et de risque d&rsquo;accident continuent d&rsquo;alimenter le d\u00e9bat, m\u00eame si les nouveaux mod\u00e8les de r\u00e9acteurs promettent une s\u00e9curit\u00e9 et une efficacit\u00e9 accrues. En outre, l&rsquo;UE doit trouver un \u00e9quilibre entre l&rsquo;expansion du nucl\u00e9aire et la poursuite des investissements dans les \u00e9nergies renouvelables, afin d&rsquo;\u00e9viter de s&rsquo;ali\u00e9ner les \u00c9tats membres qui accordent la priorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie \u00e9olienne et solaire.<\/p>\n<p>Les critiques mettent \u00e9galement en garde contre le fait que le changement de cap de l&rsquo;Allemagne pourrait \u00eatre plus symbolique que substantiel. Si Berlin a accept\u00e9 de ne pas bloquer les politiques favorables au nucl\u00e9aire, elle reste concentr\u00e9e sur son *Energiewende* centr\u00e9 sur les \u00e9nergies renouvelables. Certains analystes se demandent si le soutien de l&rsquo;Allemagne se traduira par des actions concr\u00e8tes ou s&rsquo;il servira simplement de geste diplomatique pour apaiser la France.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de l&rsquo;Allemagne d&rsquo;abandonner son opposition \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire pour s&rsquo;aligner sur la France marque un tournant dans la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. En adoptant une approche plus globale des \u00e9nergies \u00e0 faible teneur en carbone, les deux pays jettent les bases d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9en plus fort et plus r\u00e9sistant.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Agrandir l\u2019image : Illustration 1 Dans le cadre d&rsquo;un changement significatif de la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne, l&rsquo;Allemagne a&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":115129,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,23535,3442,12,1802],"class_list":{"0":"post-115128","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-lenergie-nucleaire","17":"tag-lallemagne","18":"tag-news","19":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114541957449030624","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115128","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=115128"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115128\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/115129"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=115128"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=115128"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=115128"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}