{"id":1151580,"date":"2026-08-27T07:55:18","date_gmt":"2026-08-27T07:55:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1151580\/"},"modified":"2026-08-27T07:55:18","modified_gmt":"2026-08-27T07:55:18","slug":"la-france-attire-les-chercheurs-americains-fragilises-par-trump","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1151580\/","title":{"rendered":"La France attire les chercheurs am\u00e9ricains fragilis\u00e9s par Trump"},"content":{"rendered":"<p>La politique scientifique de Donald Trump produit un effet inattendu de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique. Depuis son retour \u00e0 la Maison-Blanche en janvier 2025, la communaut\u00e9 scientifique am\u00e9ricaine subit une pression croissante. Des universit\u00e9s de premier plan, comme Columbia, ont vu une partie de leurs financements f\u00e9d\u00e9raux suspendue ou menac\u00e9e. Face \u00e0 cette situation, la France et l&rsquo;Union europ\u00e9enne ont rapidement construit une offre destin\u00e9e \u00e0 attirer les chercheurs les plus fragilis\u00e9s.<\/p>\n<p>Une initiative lanc\u00e9e d\u00e8s mai 2025<\/p>\n<p>Le 5 mai 2025, Emmanuel Macron lance \u00e0 la Sorbonne l&rsquo;initiative \u00ab Choose Europe for Science \u00bb, avec le soutien de la Commission europ\u00e9enne, pr\u00e9sid\u00e9e par Ursula von der Leyen. Son objectif est d&rsquo;inciter les chercheurs et entrepreneurs scientifiques du monde entier \u00e0 choisir l&rsquo;Europe pour poursuivre leurs travaux. Le m\u00eame jour, la France d\u00e9voile son propre volet national, \u00ab Choose France for Science \u00bb, dot\u00e9 d&rsquo;une enveloppe de 100 millions d&rsquo;euros dans le cadre du plan France 2030. Au niveau europ\u00e9en, l&rsquo;initiative s&rsquo;appuie sur plusieurs instruments de financement et de mobilit\u00e9. Les actions Marie Sk\u0142odowska-Curie, qui soutiennent plus largement la mobilit\u00e9 des chercheurs en Europe, disposent de plus de 1,25 milliard d&rsquo;euros en 2026, tandis que l&rsquo;enveloppe sp\u00e9cifique de Choose Europe atteint d\u00e9sormais pr\u00e8s de 900 millions d&rsquo;euros, contre 500 millions annonc\u00e9s initialement en mai 2025.<\/p>\n<p>Les premiers r\u00e9sultats concrets sont annonc\u00e9s le 4 f\u00e9vrier 2026. Le minist\u00e8re de l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur, de la Recherche et de l&rsquo;Espace annonce la s\u00e9lection de 46 scientifiques dans le cadre de \u00ab Choose France for Science \u00bb, apr\u00e8s examen de 119 candidatures. Parmi eux, 41 arrivent des \u00c9tats-Unis, dont 19 de nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine et 13 Fran\u00e7ais de retour au pays. Les laur\u00e9ats travaillent notamment sur le climat, la biodiversit\u00e9 et les soci\u00e9t\u00e9s durables, un domaine qui concentre 37 % des projets, ainsi que sur la sant\u00e9 et les sciences du vivant, qui en repr\u00e9sentent 30 %.<\/p>\n<p>Aix-Marseille, deuxi\u00e8me p\u00f4le d&rsquo;accueil derri\u00e8re le CNRS<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tablissements fran\u00e7ais se sont positionn\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t sur ce dossier. Aix-Marseille Universit\u00e9 avait ainsi pr\u00e9par\u00e9 d\u00e8s 2025 son propre dispositif, baptis\u00e9 \u00ab Safe Place for Science \u00bb, avec un premier appel \u00e0 candidatures clos le 31 mars 2025, avant d&rsquo;en annoncer le lancement officiel le 11 mai 2026. Ce programme peut mobiliser jusqu&rsquo;\u00e0 15 millions d&rsquo;euros sur trois ans pour accueillir une quinzaine de chercheurs. Avec douze chercheurs accueillis parmi les 46 premiers laur\u00e9ats nationaux, Aix-Marseille Universit\u00e9 s&rsquo;impose comme le premier \u00e9tablissement universitaire d&rsquo;accueil, derri\u00e8re le CNRS, qui en accueille quinze. Parmi les profils recrut\u00e9s figurent Zhongkai Tao, math\u00e9maticien sp\u00e9cialiste notamment de th\u00e9orie spectrale et d&rsquo;analyse microlocale, install\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Institut des hautes \u00e9tudes scientifiques \u00e0 Paris, ou encore Matthias Preindl, ancien professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Columbia, d\u00e9sormais recrut\u00e9 par CentraleSup\u00e9lec pour travailler sur l&rsquo;\u00e9lectronique de puissance appliqu\u00e9e \u00e0 la mobilit\u00e9 \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres \u00e9tablissements ont suivi ce mouvement, parmi lesquels l&rsquo;Universit\u00e9 Paris Sciences et Lettres, l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse et l&rsquo;universit\u00e9 Paris-Saclay. Dans un sondage r\u00e9alis\u00e9 par la revue Nature en mars 2025, plus de 1 200 scientifiques parmi environ 1 600 r\u00e9pondants bas\u00e9s aux \u00c9tats-Unis d\u00e9claraient envisager de quitter le pays. Ce chiffre illustre l&rsquo;ampleur du vivier potentiel que la France et ses partenaires europ\u00e9ens cherchent \u00e0 capter, sans qu&rsquo;il ne pr\u00e9juge du nombre de d\u00e9parts effectifs. La g\u00e9ographie des recrutements reste par ailleurs concentr\u00e9e, l&rsquo;\u00cele-de-France et la r\u00e9gion Sud regroupant une large part des chercheurs accueillis, \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;Alka Patel, chercheuse am\u00e9ricaine sp\u00e9cialiste d&rsquo;architecture accueillie \u00e0 Aix-Marseille.<\/p>\n<p>Une comp\u00e9tition internationale pour les talents<\/p>\n<p>Cette dynamique s&rsquo;inscrit dans une comp\u00e9tition plus large entre puissances scientifiques. La France n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas seule engag\u00e9e dans cette course : en janvier 2026, la Commission europ\u00e9enne recensait d\u00e9j\u00e0 101 dispositifs nationaux et r\u00e9gionaux destin\u00e9s \u00e0 attirer, retenir ou d\u00e9velopper les talents scientifiques \u00e0 travers le continent. Pour la France, l&rsquo;enjeu d\u00e9passe le seul soutien \u00e0 des chercheurs en difficult\u00e9. Il s&rsquo;agit de renforcer durablement des domaines jug\u00e9s strat\u00e9giques, dans un contexte o\u00f9 plusieurs pays europ\u00e9ens rivalisent d\u00e9sormais pour attirer les meilleurs profils.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La politique scientifique de Donald Trump produit un effet inattendu de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique. Depuis son retour&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1151581,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[11,1011,27,12,25],"class_list":["post-1151580","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-france","tag-actualites","tag-fr","tag-france","tag-news","tag-republique-francaise"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/117166402811920141","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1151580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1151580"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1151580\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1151581"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1151580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1151580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1151580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}