{"id":1151935,"date":"2026-08-27T12:32:23","date_gmt":"2026-08-27T12:32:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1151935\/"},"modified":"2026-08-27T12:32:23","modified_gmt":"2026-08-27T12:32:23","slug":"quels-pays-de-lue-investissent-le-plus-dans-la-defense-maritime-et-pourquoi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1151935\/","title":{"rendered":"Quels pays de l\u2019UE investissent le plus dans la d\u00e9fense maritime, et pourquoi\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Les arm\u00e9es europ\u00e9ennes d\u00e9versent des milliards en mer. Les d\u00e9penses de d\u00e9fense de l\u2019UE ont atteint 418 milliards d\u2019euros en 2025, soit une hausse de 20 % par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, et devraient atteindre 454 milliards en 2026, l\u2019\u00e9quivalent de 2,4 % du PIB. La d\u00e9fense maritime est l\u2019un des secteurs qui croissent le plus vite. La production de navires et d\u2019\u00e9quipements navals dans l\u2019ensemble du bloc a atteint 117,8 milliards d\u2019euros depuis 2016, avec une production de 13,7 milliards pour la seule ann\u00e9e 2025.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Qui construit les marines europ\u00e9ennes<\/p>\n<p>Sur le papier, quatre pays dominent cette production. <strong>La France, l\u2019Allemagne, l\u2019Italie et l\u2019Espagne<\/strong> repr\u00e9sentent 87 % de la base industrielle de d\u00e9fense maritime de l\u2019UE et ont capt\u00e9 82 % de la valeur totale de sa production l\u2019an dernier. La France \u00e0 elle seule a produit 37 % des v\u00e9hicules de d\u00e9fense maritime du bloc en 2025, suivie de l\u2019Allemagne et de l\u2019Italie avec 19 % chacune, et de l\u2019Espagne avec 8 %. \u00c0 elles quatre, ces nations repr\u00e9sentent aussi 60 % des d\u00e9penses totales de d\u00e9fense de l\u2019UE.<\/p>\n<p>Pour Christophe Tytgat, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de SEA Europe, l\u2019association des chantiers navals et des \u00e9quipementiers maritimes, ce sch\u00e9ma ne doit rien au hasard : \u00ab\u00a0la concentration est r\u00e9elle et structurelle, pas accidentelle\u00a0\u00bb, explique-t-il, reflet de d\u00e9cennies d\u2019histoire et de g\u00e9ographie navales concentr\u00e9es dans un petit nombre d\u2019\u00c9tats. Les sous-marins constituent aussi un segment en progression, repr\u00e9sentant d\u00e9sormais 27 % de la production de d\u00e9fense maritime de l\u2019UE, les m\u00eames quatre pays assurant 93 % des exportations navales du bloc.<\/p>\n<p>Une image biais\u00e9e ?<\/p>\n<p>Mais la production industrielle ne refl\u00e8te pas forc\u00e9ment l\u2019engagement militaire, pr\u00e9vient Chris Kremidas-Courtney, conseiller principal au European Policy Centre, qui estime que ce r\u00e9cit centr\u00e9 sur quatre pays occulte certaines des marines les plus expos\u00e9es d\u2019Europe. \u00ab\u00a0La concentration industrielle n\u2019est pas synonyme d\u2019engagement en mati\u00e8re de d\u00e9fense maritime\u00a0\u00bb, souligne-t-il, citant la Gr\u00e8ce et la Su\u00e8de comme \u00ab\u00a0absences flagrantes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce dispose de l\u2019une des flottes de sous-marins conventionnels les plus robustes d\u2019Europe et maintient une posture op\u00e9rationnelle exigeante en mer \u00c9g\u00e9e, en M\u00e9diterran\u00e9e orientale et en mer Rouge. La plus petite marine su\u00e9doise est sp\u00e9cifiquement con\u00e7ue pour la Baltique et s\u2019appuie sur une industrie de d\u00e9fense nationale solide.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable enjeu, souligne Kremidas-Courtney, n\u2019est pas la taille mais l\u2019int\u00e9gration. \u00ab\u00a0L\u2019Europe n\u2019a pas besoin que tous les pays se dotent d\u2019une flotte comparable \u00e0 celle de l\u2019Italie ou de la France, mais elle a besoin de forces d\u00e9ploy\u00e9es de mani\u00e8re cr\u00e9dible, reli\u00e9es par des syst\u00e8mes interop\u00e9rables et une vision maritime commune\u00a0\u00bb, une approche qui, selon lui, doit s\u2019\u00e9tendre au-del\u00e0 du bloc pour inclure le Royaume-Uni et la Norv\u00e8ge.<\/p>\n<p>Si l\u2019on rapporte les d\u00e9penses au PIB plut\u00f4t qu\u2019aux volumes de production, la carte se d\u00e9place vers l\u2019est. La Pologne consacre la plus grande part de son PIB \u00e0 la d\u00e9fense parmi les \u00c9tats de l\u2019UE, avec 4,48 %, devant la Lituanie (4,00 %), la Lettonie (3,73 %) et l\u2019Estonie (3,38 %), tous des \u00c9tats de premi\u00e8re ligne bordant la Russie ou son alli\u00e9, la Bi\u00e9lorussie. L\u2019Allemagne a plus que doubl\u00e9 la part de son PIB d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la d\u00e9fense depuis 2021, pass\u00e9e de 1,27 % \u00e0 2,14 %, et vise 162 milliards d\u2019euros de d\u00e9penses annuelles d\u2019ici 2029.<\/p>\n<p>Tytgat estime que ni les g\u00e9ants industriels ni les \u00c9tats de premi\u00e8re ligne ne peuvent assumer \u00e0 eux seuls la s\u00e9curit\u00e9 maritime de l\u2019UE : \u00ab\u00a0Quatre pays de l\u2019UE ne peuvent pas se substituer \u00e0 une s\u00e9curit\u00e9 maritime europ\u00e9enne large, car une strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 collective suppose des capacit\u00e9s interop\u00e9rables, des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement r\u00e9silientes et un v\u00e9ritable partage des charges \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de toute l\u2019Union.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui motive cette hausse des d\u00e9penses<\/strong><\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette mont\u00e9e en puissance des budgets se trouve la guerre de la Russie contre l\u2019Ukraine, ainsi que les menaces maritimes qui en ont d\u00e9coul\u00e9. Une \u00ab\u00a0flotte fant\u00f4me\u00a0\u00bb de p\u00e9troliers sanctionn\u00e9s, qui serait utilis\u00e9e pour la surveillance et le sabotage, a mis l\u2019UE en alerte. Une s\u00e9rie de coupures de c\u00e2bles sous-marins en mer Baltique, notamment sur le BCS East-West Interlink, C-Lion1 et Estlink 2 \u00e0 la fin de 2024, a pouss\u00e9 Bruxelles \u00e0 adopter en 2025 un plan d\u2019action pour la s\u00e9curit\u00e9 des c\u00e2bles, en parall\u00e8le de la mission de patrouille navale \u00ab\u00a0Baltic Sentry\u00a0\u00bb de l\u2019OTAN.<\/p>\n<p>L\u2019UE a r\u00e9vis\u00e9 sa strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 maritime en 2023. La pr\u00e9c\u00e9dente strat\u00e9gie \u00e9tait centr\u00e9e sur la \u00ab\u00a0piraterie, la p\u00eache ill\u00e9gale, les flux migratoires\u00a0\u00bb ; la version actualis\u00e9e vise d\u00e9sormais \u00e0 faire face aux menaces \u00e9tatiques, explique Tytgat. Il avertit toutefois que la strat\u00e9gie actuelle manque de mordant : \u00ab\u00a0Les outils se sont multipli\u00e9s, mais il manque encore l\u2019architecture de financement et de gouvernance qui permettrait de traduire la strat\u00e9gie en actions concr\u00e8tes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Comment l\u2019UE contribue-t-elle au financement ?<\/strong><\/p>\n<p>Un paquet de la Commission consacr\u00e9 aux infrastructures sous-marines, annonc\u00e9 en f\u00e9vrier 2026, est dot\u00e9 de 347 millions d\u2019euros, auquel s\u2019ajoute une initiative distincte d\u2019observation des oc\u00e9ans de 92 millions d\u2019euros lanc\u00e9e \u00e0 la mi-2026. Tytgat y voit \u00ab\u00a0une premi\u00e8re \u00e9tape\u00a0\u00bb, mais juge ces montants \u00ab\u00a0tr\u00e8s loin du compte si l\u2019UE veut faire face de mani\u00e8re appropri\u00e9e aux menaces quotidiennes auxquelles elle est confront\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bruxelles tente de combler ce d\u00e9ficit par d\u2019autres canaux : la facilit\u00e9 de pr\u00eats SAFE de 150 milliards d\u2019euros dans le cadre de sa feuille de route \u00ab\u00a0Readiness 2030\u00a0\u00bb, le Fonds europ\u00e9en de d\u00e9fense, dont 68,4 % des cr\u00e9dits ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0 la France, l\u2019Allemagne, l\u2019Italie et l\u2019Espagne, et les projets conjoints de construction navale de PESCO, dont la Corvette europ\u00e9enne de patrouille men\u00e9e par l\u2019Italie.<\/p>\n<p>En mars 2026, l\u2019UE a \u00e9galement lanc\u00e9 une strat\u00e9gie industrielle maritime, int\u00e9grant pour la premi\u00e8re fois la construction navale dans un cadre industriel \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du bloc, au lieu de la laisser aux champions nationaux, et a r\u00e9serv\u00e9 325 millions d\u2019euros aux projets de d\u00e9fense navale et sous-marine.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable test en mati\u00e8re de partage des charges interviendra lorsque la Commission europ\u00e9enne publiera, en octobre 2026, son rapport d\u2019avancement sur la strat\u00e9gie maritime. D\u2019ici l\u00e0, Tytgat estime que l\u2019UE doit se concentrer sur le fait de disposer \u00ab\u00a0des outils et des investissements n\u00e9cessaires pour relever les d\u00e9fis actuels auxquels elle est confront\u00e9e dans ses voisinages, mais aussi dans tous les points de passage strat\u00e9giques mondiaux qui font peser des menaces sur la s\u00e9curit\u00e9 des approvisionnements, du commerce et de l\u2019\u00e9conomie de l\u2019UE\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les arm\u00e9es europ\u00e9ennes d\u00e9versent des milliards en mer. 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