{"id":1160057,"date":"2026-08-31T23:53:21","date_gmt":"2026-08-31T23:53:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1160057\/"},"modified":"2026-08-31T23:53:21","modified_gmt":"2026-08-31T23:53:21","slug":"frappe-a-longue-portee-paris-propose-a-stockholm-son-missile-de-croisiere-naval","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1160057\/","title":{"rendered":"Frappe \u00e0 longue port\u00e9e : Paris propose \u00e0 Stockholm son missile de croisi\u00e8re naval"},"content":{"rendered":"<p>\n      Alors que Stockholm a choisi la FDI fran\u00e7aise pour augmenter drastiquement les capacit\u00e9s de sa flotte de surface, Paris propose d\u00e9sormais \u00e0 Stockholm d\u2019\u00e9largir cette coop\u00e9ration au domaine strat\u00e9gique de la frappe dans la profondeur. Si le missile de croisi\u00e8re naval (MdCN) ne fait pas partie, \u00e0 ce stade, de la configuration des quatre futures fr\u00e9gates su\u00e9doises, la France propose bien \u00e0 la Su\u00e8de la nouvelle famille NCM-LCM Mk.2 de MBDA, aussi bien dans sa version navale que terrestre. Une ouverture qui pourrait peut-\u00eatre d\u00e9boucher sur la premi\u00e8re exportation du missile tricolore, mais qui montre dans tous les cas la volont\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019\u00e9largir la base d\u2019utilisateurs du MdCN, ce qui permettrait d\u2019en augmenter les cadences de production, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les tensions augmentent entre l\u2019Europe et la Russie.&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/la-suede-signe-la-commande-de-quatre-fregates-a-naval-group\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">\u00c0 l\u2019occasion de la signature du contrat portant sur quatre fr\u00e9gates de d\u00e9fense et d&rsquo;intervention (FDI) pour la Su\u00e8de<\/a>, dont la c\u00e9r\u00e9monie s\u2019est tenue \u00e0 bord de la premi\u00e8re unit\u00e9 fran\u00e7aise de ce type, l\u2019Amiral Ronarc\u2019h, \u00e0 Stockholm, ce lundi 31 ao\u00fbt, l\u2019\u00c9lys\u00e9e a tenu \u00e0 mettre en avant une capacit\u00e9 particuli\u00e8rement strat\u00e9gique que la France est pr\u00eate \u00e0 proposer \u00e0 la Su\u00e8de, \u00e0 savoir le missile de croisi\u00e8re naval. Pour rappel, le MdCN est un missile de croisi\u00e8re naval d\u00e9velopp\u00e9 par MBDA pour la frappe dans la profondeur de cibles terrestres fortement d\u00e9fendues. D\u2019une port\u00e9e officiellement sup\u00e9rieure \u00e0 1000 kilom\u00e8tres, il est mis en \u0153uvre par la Marine nationale depuis six de ses huit fr\u00e9gates multi-missions (FREMM) \u00e9quip\u00e9es de lanceurs verticaux Sylver A70, ainsi que les nouveaux sous-marins nucl\u00e9aires d\u2019attaque (SNA) de la classe Suffren, au moyen d\u2019une version encapsul\u00e9e tir\u00e9e depuis les tubes lance-torpilles de 533 mm. Entr\u00e9 en service au milieu des ann\u00e9es 2010, le MdCN a connu son bapt\u00eame du feu en avril 2018 lors de l\u2019op\u00e9ration Hamilton en Syrie.<\/p>\n<p>En amont de la visite d\u2019Emmanuel Macron \u00e0 Stockholm, l\u2019\u00c9lys\u00e9e avait indiqu\u00e9 que les futures fr\u00e9gates su\u00e9doises pourraient disposer, outre leurs armements antia\u00e9riens, antimissiles et anti-sous-marins, de \u00ab capacit\u00e9s de missiles de croisi\u00e8re, donc de frappe dans la profondeur avec le missile de croisi\u00e8re naval \u00bb. De quoi laisser penser que le MdCN faisait d\u00e9j\u00e0 partie de la configuration retenue pour les quatre b\u00e2timents. Ce n\u2019est toutefois pas le cas.<\/p>\n<p>De source industrielle, nous avons rapidement obtenu la confirmation que cette arme n\u2019est pour l\u2019instant pas pr\u00e9vue dans la configuration retenue \u00e0 ce stade pour les futures fr\u00e9gates de la classe Lule\u00e5, d\u00e9signation locale de la FDI, essentiellement orient\u00e9es vers la d\u00e9fense a\u00e9rienne et la lutte anti-sous-marine. L\u2019offre fran\u00e7aise est n\u00e9anmoins bien r\u00e9elle. \u00c0 l\u2019occasion de son discours \u00e0 bord de l\u2019Amiral Ronarc\u2019h, en pr\u00e9sence du Premier ministre su\u00e9dois Ulf Kristersson, Emmanuel Macron a ainsi d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>En \u00e9quipant les fr\u00e9gates su\u00e9doises du missiles Aster, et possiblement du missile de croisi\u00e8re naval, la France ne livre pas seulement des navires, elle apporte aussi une capacit\u00e9 de protection des territoires de nos alli\u00e9s.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De quoi confirmer qu\u2019il s\u2019agit bien l\u00e0 d\u2019un sujet de discussion ouvert avec les autorit\u00e9s su\u00e9doises. D\u2019apr\u00e8s nos informations, l\u2019offre fran\u00e7aise porterait en effet sur la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration du MdCN, <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/frappe-a-longue-portee-nouvelle-version-pour-le-mdcn-et-derniere-ligne-droite-pour-le-fman\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">command\u00e9e \u00e0 une centaine d\u2019exemplaires par la France<\/a> et commercialis\u00e9e \u00e0 l\u2019exportation sous la d\u00e9signation NCM\/LCM Mk.2 par MBDA. Ainsi, Paris aurait propos\u00e9 le missile \u00e0 Stockholm dans ses deux nouvelles d\u00e9clinaisons, le Naval Cruise Missile, \u00e9volution du MdCN actuel destin\u00e9 \u00e0 \u00e9quiper des fr\u00e9gates et des sous-marins, et le Land Cruise Missile, destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre tir\u00e9 depuis la terre. Toujours selon nos informations, cette seconde solution suscite elle aussi un int\u00e9r\u00eat su\u00e9dois, m\u00eame si les discussions n\u2019en sont pas encore au stade d\u2019une acquisition.<\/p>\n<p>Une nouvelle composante de la frappe dans la profondeur pour la Su\u00e8de<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de Stockholm pour une telle capacit\u00e9 n\u2019a rien de surprenant. Depuis l\u2019invasion \u00e0 grande \u00e9chelle de l\u2019Ukraine par la Russie et, plus encore, depuis son entr\u00e9e dans l\u2019OTAN, la Su\u00e8de accorde une importance croissante aux moyens permettant de frapper un adversaire loin derri\u00e8re la ligne de front. Cette \u00e9volution doctrinale concerne aussi bien les forces a\u00e9riennes que terrestres et navales, et s\u2019av\u00e8re d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s concr\u00e8te. Le 21 ao\u00fbt, un Gripen C su\u00e9dois a ainsi r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Vidsel le premier tir d&rsquo;un missile de croisi\u00e8re KEPD-350 Taurus, dont l&rsquo;int\u00e9gration doit donner \u00e0 l&rsquo;aviation su\u00e9doise une capacit\u00e9 nouvelle de frappe dans la profondeur.\u00a0<\/p>\n<p>Mais avec une port\u00e9e officiellement sup\u00e9rieure \u00e0 1000 kilom\u00e8tres, et approchant probablement les 1400\u00a0km dans les faits, le NCM donnerait \u00e0 la marine su\u00e9doise une capacit\u00e9 de frappe contre la terre sans \u00e9quivalent dans son arsenal actuel. Pour les forces su\u00e9doises, les fr\u00e9gates offriraient en cela une plateforme de tir id\u00e9ale, mobile, et capable d\u2019op\u00e9rer aussi bien en Baltique que dans les approches de la mer du Nord et de l\u2019Atlantique.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Tir d&rsquo;un MdCN depuis la FREMM Bretagne.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la seule capacit\u00e9 militaire, l\u2019acquisition d\u2019une telle arme ferait \u00e9galement entrer la Su\u00e8de dans le cercle encore restreint des pays europ\u00e9ens disposant de moyens conventionnels capables de menacer des objectifs strat\u00e9giques \u00e0 tr\u00e8s longue distance. Sans se confondre \u00e9videmment avec la dissuasion nucl\u00e9aire, une telle capacit\u00e9 participe \u00e0 une forme de dissuasion conventionnelle : elle permet de faire peser sur un adversaire potentiel la menace de frappes contre ses centres de commandement, ses infrastructures militaires, ses bases ou ses moyens d&rsquo;attaque, et donc d\u2019accro\u00eetre le co\u00fbt d\u2019une \u00e9ventuelle agression.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution prend un relief particulier dans le contexte du rapprochement strat\u00e9gique entre Paris et Stockholm. La Su\u00e8de a accept\u00e9 cette ann\u00e9e de participer au dialogue propos\u00e9 par la France autour de sa \u00ab dissuasion avanc\u00e9e \u00bb, les deux pays ayant m\u00eame r\u00e9uni en avril un premier groupe de pilotage nucl\u00e9aire. Lors de la signature du contrat des FDI, Emmanuel Macron a d\u2019ailleurs explicitement reli\u00e9 la coop\u00e9ration franco-su\u00e9doise en mati\u00e8re de d\u00e9fense antimissile \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9paulement de la dissuasion nucl\u00e9aire avanc\u00e9e \u00bb, avant d\u2019\u00e9voquer un \u00ab cadre strat\u00e9gique in\u00e9dit \u00bb associant exercices, d\u00e9ploiements, capacit\u00e9s militaires et coop\u00e9ration industrielle. Dans ce cadre, la frappe conventionnelle dans la profondeur trouve naturellement sa place aux c\u00f4t\u00e9s des capacit\u00e9s de d\u00e9tection, de renseignement et de ciblage n\u00e9cessaires pour identifier et traiter des objectifs \u00e0 grande distance.<\/p>\n<p>Quelles options d&rsquo;int\u00e9gration sur la classe Lule\u00e5 ?<\/p>\n<p>Cette nouvelle fonction devrait n\u00e9anmoins trouver sa place parmi les nombreuses missions des futures Lule\u00e5. Leur vocation premi\u00e8re reste aujourd\u2019hui la d\u00e9fense a\u00e9rienne et la lutte anti-sous-marine. Pour l\u2019heure, il est pr\u00e9vu d\u2019\u00e9quiper les quatre puits de lancements de la plage avant des Lule\u00e5 avec trois lanceurs octuples Sylver A50 pour un total de 24 missiles anti-a\u00e9riens \u00e0 longue port\u00e9e Aster 30, et un lanceur Sylver CL (Cold Launch) suppl\u00e9mentaire pour 24 missiles CAMM-ER de moyenne port\u00e9e. D\u00e8s lors, il n\u2019y aurait donc aucun emplacement de disponible pour y embarquer un \u00e9ventuel lanceur Sylver A70, capable d\u2019embarquer huit MdCN\/NCM.<\/p>\n<p>Ce choix ne devrait toutefois pas n\u00e9cessairement \u00eatre fig\u00e9 pour les quatre b\u00e2timents pendant toute leur dur\u00e9e de vie. Les programmes fran\u00e7ais et grec montrent d\u00e9j\u00e0 que <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/naval-group-livre-a-la-grece-le-kimon-premiere-fdi-destinee-a-l-exportation\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">les FDI peuvent \u00e9voluer entre diff\u00e9rents standards<\/a> au fil de leur construction et de leurs modernisations. Si Stockholm d\u00e9cidait ult\u00e9rieurement d\u2019acqu\u00e9rir le NCM, les deux premi\u00e8res Lule\u00e5 pourraient par exemple entrer en service dans leur configuration actuelle, avant que les deux suivantes ne re\u00e7oivent nativement une capacit\u00e9 de frappe dans la profondeur, en attendant un \u00e9ventuel r\u00e9trofit des deux premi\u00e8res unit\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Maquette du MdCN Mk.2 expos\u00e9 lors d&rsquo;Eurosatory 2026.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Rien n\u2019indique que la Su\u00e8de envisage aujourd\u2019hui ce sc\u00e9nario, mais le calendrier des livraisons, pr\u00e9vues entre 2030 et 2034, lui laisse cette possibilit\u00e9. Cette \u00e9ventuelle \u00e9volution des missions des Lule\u00e5 d\u00e9pendra probablement de deux facteurs, l\u2019un op\u00e9rationnel, l\u2019autre technique. Sur le plan op\u00e9rationnel, la marine su\u00e9doise devra \u00e9valuer l\u2019int\u00e9r\u00eat de disposer d\u2019une capacit\u00e9 de frappe lointaine au d\u00e9triment d\u2019une part significative de ses capacit\u00e9s anti-a\u00e9riennes, ce qui rel\u00e8ve autant d\u2019un choix op\u00e9rationnel que doctrinal. Sur le plan technique, la d\u00e9cision pourrait \u00e9galement \u00eatre facilit\u00e9 par l\u2019introduction par Naval Group, au cours de la prochaine d\u00e9cennie, d\u2019un nouveau standard de lanceurs verticaux, les Sylver NG.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la famille de Sylver actuels qui est scind\u00e9e en deux gammes distinctes, \u00e0 savoir les Sylver A43 et A50 pour le tir de missiles anti-a\u00e9riens Aster 15 et Aster 30 d\u2019une part, et le Sylver A70 pour le tir de MdCN d\u2019autre part, le futur Sylver NG devra \u00eatre un lanceur universel capable d\u2019embarquer, au choix, un MdCN, un missile Aster, ou d\u2019autres armements encore en d\u00e9veloppement. Or, pour peu qu\u2019un tel lanceur universel soit disponible au d\u00e9but des ann\u00e9es 2030, il pourrait \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 nativement aux derni\u00e8res FDI pr\u00e9vues pour la Su\u00e8de, ce qui permettrait \u00e0 la marine su\u00e9doise de disposer d\u2019une capacit\u00e9 de tir de NCM sans avoir, th\u00e9oriquement, \u00e0 se priver en permanence de sa capacit\u00e9 d\u2019emport en missiles Aster 30.<\/p>\n<p>Mieux encore, Stockholm pourrait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 s\u00e9lectionner le LCM pour des tirs depuis la terre, et conserver l\u2019option d\u2019int\u00e9grer ces missiles sur ses fr\u00e9gates une fois les Sylver NG disponibles. En effet, si MBDA parle de NCM et de LCM, il s\u2019agit techniquement du m\u00eame missile, le MdCN Mk.2, qui peut \u00eatre embarqu\u00e9 aussi bien \u00e0 bord d\u2019un Sylver A70 que d\u2019un lanceur terrestre mobile. Et si Stockholm d\u00e9cide de confier au NCM\/LCM une partie de ses capacit\u00e9s de frappes \u00e0 longue port\u00e9e, alors la voie pourrait s\u2019ouvrir \u00e0 une int\u00e9gration sur d\u2019autres plateformes.<\/p>\n<p>Missile de croisi\u00e8re naval\u00a0: des Lule\u00e5 aux sous-marins A26 ?<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, le NCM est propos\u00e9 prioritairement \u00e0 la marine su\u00e9doise pour ses futures FDI, comme tend \u00e0 le confirmer la d\u00e9claration du pr\u00e9sident fran\u00e7ais. Une int\u00e9gration aux sous-marins A26 ne semble pas faire partie des discussions actuellement connues, mais l\u2019hypoth\u00e8se n\u2019en demeure pas moins int\u00e9ressante \u00e0 \u00e9tudier, en tous cas si Stockholm venait \u00e0 adopter le missile.<\/p>\n<p>En effet, le MdCN existe d\u00e9j\u00e0 dans une version encapsul\u00e9e lanc\u00e9e depuis les tubes lance-torpilles de 533 mm des SNA fran\u00e7ais du type Suffren, et il en sera de m\u00eame pour le MdCN Mk.2, commercialis\u00e9 comme NCM\/LCM. Or les sous-marins su\u00e9dois, y compris les futurs b\u00e2timents du type A26, disposent eux aussi de tubes de ce calibre. Dans <a href=\"https:\/\/www.iiss.org\/online-analysis\/military-balance\/2026\/03\/as-its-orka-programme-progresses-questions-remain-for-polands-deep-strike-ambitions\/?utm_source=chatgpt.com\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">une de ses \u00e9tudes r\u00e9centes<\/a>, l\u2019International Institute for Strategic Studies a d\u2019ailleurs identifi\u00e9 le missile fran\u00e7ais comme l\u2019une des solutions techniquement envisageables pour donner \u00e0 l\u2019A26 une capacit\u00e9 de frappe terrestre \u00e0 longue port\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Tir d&rsquo;essai d&rsquo;un MdCN \u00e0 changement de milieu. Le missile peut \u00eatre tir\u00e9 d&rsquo;une fr\u00e9gate, d&rsquo;un sous-marin ou, demain, d&rsquo;un lanceur terrestre.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Pour la Su\u00e8de, le compl\u00e9ment serait op\u00e9rationnellement pertinent. Une fr\u00e9gate peut emporter une importante puissance de feu et assurer une pr\u00e9sence durable, mais reste une plateforme dont les mouvements peuvent \u00eatre suivis. Un sous-marin conventionnel tr\u00e8s discret, con\u00e7u notamment pour \u00e9voluer dans l\u2019environnement complexe de la Baltique, ferait au contraire peser une menace de frappe beaucoup plus difficile \u00e0 localiser. Cette possibilit\u00e9 pourrait en outre int\u00e9resser d\u2019autres pays. La Pologne a sign\u00e9 en juin l\u2019acquisition de trois A26 dans le cadre du programme Orka et cherche depuis longtemps \u00e0 doter ses futurs sous-marins d\u2019une capacit\u00e9 de frappe dans la profondeur sup\u00e9rieure \u00e0 1000 kilom\u00e8tres. L\u2019IISS a pr\u00e9cis\u00e9ment cit\u00e9 le MdCN parmi les solutions possibles pour r\u00e9pondre \u00e0 ce besoin. La France avait d&rsquo;ailleurs d\u00e9j\u00e0 propos\u00e9 son missile de croisi\u00e8re \u00e0 Varsovie si la Pologne choisissait un sous-marin fran\u00e7ais.\u00a0<\/p>\n<p>Une qualification du NCM sur A26 pourrait donc, \u00e0 terme, ouvrir un d\u00e9bouch\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u00e0 MBDA. Elle pr\u00e9senterait cependant un certain paradoxe pour Naval Group, en donnant \u00e0 un sous-marin concurrent une capacit\u00e9 qui constitue aujourd\u2019hui l\u2019un des atouts des offres fran\u00e7aises Scorp\u00e8ne et Barracuda. \u00c0 voir, donc, si cet inconv\u00e9nient commercial appara\u00eet comme secondaire au regard de l\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique et industriel que repr\u00e9senterait l\u2019\u00e9largissement de la base d\u2019utilisateurs du missile, dans une r\u00e9gion que Moscou conserve sous haute pression.<\/p>\n<p>Le MdCN Mk.2 arrive au bon moment<\/p>\n<p>Les pr\u00e9cisions obtenues aussi bien aupr\u00e8s des industriels que de l\u2019\u00c9lys\u00e9e permettent surtout de lever une incertitude importante\u00a0: le missile propos\u00e9 \u00e0 la Su\u00e8de appartient bien \u00e0 la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration NCM\/LCM Mk.2, pr\u00e9sent\u00e9e par MBDA \u00e0 Eurosatory en juin.<\/p>\n<p>Le nouveau missile conserve les formes et dimensions g\u00e9n\u00e9rales du MdCN actuel, mais renouvelle profond\u00e9ment ses principaux \u00e9quipements internes. La propulsion, la charge militaire et le syst\u00e8me de navigation et d\u2019attaque ont notamment \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9s. MBDA met en avant une meilleure r\u00e9sistance au brouillage, une discr\u00e9tion et des performances de vol accrues ainsi qu\u2019une augmentation de la port\u00e9e et de la l\u00e9talit\u00e9.<\/p>\n<p>Le calendrier correspond particuli\u00e8rement bien \u00e0 celui des fr\u00e9gates su\u00e9doises. Le Mk.2 doit prendre progressivement la rel\u00e8ve du MdCN actuel autour de 2030, pr\u00e9cis\u00e9ment lorsque les premi\u00e8res Lule\u00e5 doivent entrer en flotte. Si Stockholm d\u00e9cidait d\u2019acqu\u00e9rir une capacit\u00e9 de frappe navale dans la profondeur, ou m\u00eame une capacit\u00e9 de frappe terrestre, il n\u2019y aurait donc gu\u00e8re de raison d\u2019investir dans la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Maquette du LCM\/NCM Mk.2, sur le stand du Minist\u00e8re des Arm\u00e9es, \u00e0 Eurosatory 2026.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La principale nouveaut\u00e9 du Mk.2 est surtout de ne plus \u00eatre pens\u00e9 uniquement comme un missile naval. Avec le LCM, MBDA propose le m\u00eame missile depuis un lanceur terrestre mobile, le premier Ground Launch System devant \u00eatre disponible d\u00e8s 2029, pour peu qu\u2019un client s\u2019en porte acqu\u00e9reur. Une batterie emporte quatre missiles pr\u00eats au tir et peut \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e depuis des positions non pr\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n<p>Le fait que la France puisse proposer simultan\u00e9ment les deux d\u00e9clinaisons \u00e0 Stockholm est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant. Pour la Su\u00e8de, une munition commune entre forces terrestres et navales permettrait de mutualiser les stocks et une partie du soutien. Pour MBDA et la France, l\u2019int\u00e9r\u00eat est aussi industriel, puisqu\u2019il permettrait de multiplier les porteurs et les utilisateurs, ce qui reviendrait \u00e0 allonger les s\u00e9ries, augmenter les cadences et, \u00e0 terme, mieux ma\u00eetriser les co\u00fbts de production.<\/p>\n<p>Cette logique prend une importance particuli\u00e8re dans le contexte actuel. La guerre en Ukraine a rappel\u00e9 combien un conflit de haute intensit\u00e9 pouvait rapidement consommer les stocks de munitions de pr\u00e9cision. Une famille NCM\/LCM produite pour plusieurs arm\u00e9es europ\u00e9ennes offrirait une assise industrielle bien plus importante que celle constitu\u00e9e jusqu\u2019ici par les seuls besoins fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Un atout pour les offres fran\u00e7aises et la frappe europ\u00e9enne<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re int\u00e9gration export du NCM Mk.2 sur FDI pourrait \u00e9galement avoir des cons\u00e9quences pour la Marine nationale. Comme Mer et Marine l\u2019a r\u00e9cemment d\u00e9taill\u00e9, <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/fdi-quel-calendrier-pour-le-renforcement-des-capacites-antiaeriennes-des-fregates-francaises\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">les cinq fr\u00e9gates fran\u00e7aises doivent d\u00e9sormais \u00eatre port\u00e9es \u00e0 32 cellules de lancement vertical<\/a>, contre 16 initialement pr\u00e9vues. Livrable en 2029, l\u2019Amiral Castex et les deux unit\u00e9s suivantes doivent recevoir cette configuration au neuvage, tandis que l\u2019Amiral Ronarc\u2019h (2025) et l\u2019Amiral Louzeau (2027) seront modifi\u00e9s ult\u00e9rieurement.<\/p>\n<p>La priorit\u00e9 fran\u00e7aise reste aujourd\u2019hui clairement la d\u00e9fense a\u00e9rienne, avec quatre lanceurs Sylver A50 permettant d\u2019embarquer jusqu\u2019\u00e0 32 Aster 15 et Aster 30. Mais la FDI a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour accepter \u00e9galement des Sylver A70. Une configuration comprenant trois modules A50 et un A70 permettrait par exemple d\u2019emporter 24 Aster et huit MdCN, si \u00e9videmment une telle capacit\u00e9 est souhait\u00e9e par l\u2019amiraut\u00e9, et finan\u00e7able. Sachant que, l\u00e0 aussi, le Sylver NG apporterait une pr\u00e9cieuse souplesse d&#8217;emploi.\u00a0<\/p>\n<p>Une \u00e9ventuelle int\u00e9gration du Mk.2 sur les b\u00e2timents su\u00e9dois rendrait cette possibilit\u00e9 plus concr\u00e8te pour la Marine nationale, puisqu\u2019une partie du travail de qualification aurait alors \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur la m\u00eame plateforme, et financ\u00e9 par un client export. Elle n\u2019en poserait pas moins un v\u00e9ritable arbitrage. Dans un contexte marqu\u00e9 par la multiplication des missiles antinavires, des armes balistiques et des attaques saturantes, huit MdCN prendraient la place d\u2019autant d\u2019Aster, mais pr\u00e9senteraient \u00e9galement l\u2019int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique de pouvoir d\u00e9truire des batteries de missiles antinavires avant que ces derniers ne puissent repr\u00e9senter une menace pour la flotte en haute mer.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Maquette d&rsquo;un lanceur de LCM.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce constitue un autre utilisateur naturellement concern\u00e9. Ath\u00e8nes a d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 sa volont\u00e9 de donner \u00e0 sa quatri\u00e8me FDI, puis \u00e0 terme aux trois premi\u00e8res, une capacit\u00e9 de frappe dans la profondeur sup\u00e9rieure \u00e0 1000 kilom\u00e8tres. Pour Ath\u00e8nes, le fait qu\u2019un ou plusieurs autres utilisateurs de la FDI se penchent \u00e9galement sur cette option permettrait de r\u00e9duire les co\u00fbts et les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de ce missile sur les fr\u00e9gates grecques.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces trois marines, l\u2019existence d\u2019une telle capacit\u00e9 renforcerait \u00e9galement les offres de Naval Group sur de futures comp\u00e9titions. On pense par exemple \u00e0 la Belgique, qui \u00e9tudie d\u00e9sormais des alternatives face aux retards de ses futures fr\u00e9gates ASWF, et qui pourrait voir dans cette capacit\u00e9 de frappe \u00e0 longue distance un atout concurrentiel suppl\u00e9mentaire pour l\u2019offre fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le m\u00eame raisonnement vaut pour les sous-marins. Les Pays-Bas souhaitaient initialement \u00e9quiper leurs futurs Orka (variante \u00e0 propulsion conventionnelle des SNA Suffren fran\u00e7ais) <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/des-missiles-de-croisiere-tomahawk-pour-les-fregates-et-sous-marins-neerlandais\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">de missiles de croisi\u00e8re am\u00e9ricains Tomahawk<\/a>, mais ont d\u00fb abandonner cette solution car la variante tir\u00e9e depuis les tubes lance-torpilles n\u2019est plus produite. La Haye a choisi de participer au d\u00e9veloppement du JSM-SL, variante du NSM (Naval Strike Missile) norv\u00e9gien, dont elle estime qu\u2019il r\u00e9pond \u00e0 ses besoins. Ce missile compact et polyvalent, d\u2019une port\u00e9e de quelques centaines de kilom\u00e8tres, n\u2019appartient cependant pas exactement \u00e0 la m\u00eame cat\u00e9gorie qu\u2019un MdCN de plus de 1000 kilom\u00e8tres de port\u00e9e, et s\u2019apparente plut\u00f4t \u00e0 la gamme du SM40 Exocet. De plus, la marine n\u00e9erlandaise a r\u00e9cemment montr\u00e9 sa capacit\u00e9 d\u2019adaptation en annulant l\u2019int\u00e9gration de la torpille am\u00e9ricaine Mk.48 \u00e0 bord de ses futurs Orka pour lui pr\u00e9f\u00e9rer la F21 de Naval Group. Sans faire des Pays-Bas un prospect avanc\u00e9 du missile fran\u00e7ais, le cas n\u00e9erlandais montre l\u2019int\u00e9r\u00eat pour Naval Group de pouvoir proposer avec MBDA une v\u00e9ritable arme de frappe terrestre lourde, disponible aussi bien sur ses fr\u00e9gates que sur ses sous-marins.<\/p>\n<p>Cet avantage pourrait prendre encore plus de valeur \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne. La France et la Su\u00e8de participent, avec l\u2019Allemagne, l\u2019Italie, la Pologne et le Royaume-Uni, \u00e0 l\u2019European Long-range Strike Approach (ELSA). L\u2019initiative est d\u00e9sormais structur\u00e9e autour de plusieurs groupes de coop\u00e9ration, dont l\u2019un porte sur les syst\u00e8mes terrestres d\u2019une port\u00e9e comprise entre 500 et 2000 kilom\u00e8tres, segment dans lequel vient naturellement se placer le LCM.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas pour autant que le missile de MBDA soit retenu comme solution commune. Plusieurs projets concurrents sont en cours en Europe et ELSA vise d\u2019abord \u00e0 rapprocher les besoins et \u00e0 favoriser les coop\u00e9rations. Mais le fait que la France, la Su\u00e8de et la Pologne soient toutes trois impliqu\u00e9es dans cette d\u00e9marche est loin d\u2019\u00eatre anodin alors que ces pays pourraient, \u00e0 diff\u00e9rents titres, avoir int\u00e9r\u00eat \u00e0 disposer de la m\u00eame famille de missiles.<\/p>\n<p>Le MdCN est jusqu\u2019ici rest\u00e9 une capacit\u00e9 fran\u00e7aise particuli\u00e8rement performante mais produite en quantit\u00e9s limit\u00e9es pour un seul utilisateur. La Su\u00e8de ne l\u2019a pas command\u00e9 et ses futures FDI ne sont aujourd\u2019hui pas pr\u00e9vues pour l\u2019emporter. N\u00e9anmoins, le fait que Paris lui propose d\u00e9sormais simultan\u00e9ment le NCM et le LCM Mk.2 ouvre de nouvelles perspectives.<\/p>\n<p>Plus largement, une premi\u00e8re exportation permettrait non seulement de diffuser une capacit\u00e9 europ\u00e9enne de frappe \u00e0 tr\u00e8s longue port\u00e9e, mais aussi d\u2019augmenter les volumes produits, les stocks disponibles et les cadences de livraison. Dans une Europe qui cherche \u00e0 reconstruire rapidement ses moyens de frappe conventionnelle dans la profondeur face \u00e0 la Russie, ce changement d\u2019\u00e9chelle industriel serait peut-\u00eatre, \u00e0 terme, l\u2019enjeu le plus important de l\u2019offre faite \u00e0 Stockholm.<\/p>\n<p><strong>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Mer et Marine.\u00a0Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que Stockholm a choisi la FDI fran\u00e7aise pour augmenter drastiquement les capacit\u00e9s de sa flotte de surface,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1160058,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1888],"tags":[11,6130,6141,6131,6138,2380,6135,554,1777,6136,674,1011,27,6139,6134,3135,6128,567,6129,6127,12,6132,626,4838,6133,25,6140,6137],"class_list":["post-1160057","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-paris","tag-actualites","tag-chantiers","tag-commando","tag-construction-navale","tag-costa","tag-croisiere","tag-dcns","tag-defense","tag-eu","tag-euronaval","tag-europe","tag-fr","tag-france","tag-fremm","tag-interviews","tag-littoral","tag-marine","tag-marine-nationale","tag-maritime","tag-mer","tag-news","tag-offshore","tag-paris","tag-peche","tag-reportages","tag-republique-francaise","tag-sncm","tag-stx"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/117192819137754355","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1160057","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1160057"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1160057\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1160058"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1160057"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1160057"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1160057"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}