{"id":129882,"date":"2025-05-26T18:23:12","date_gmt":"2025-05-26T18:23:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/129882\/"},"modified":"2025-05-26T18:23:12","modified_gmt":"2025-05-26T18:23:12","slug":"les-odeurs-ca-ne-tue-pas-cette-start-up-bretonne-a-elabore-un-produit-prometteur-contre-le-puceron-de-la-betterave","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/129882\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les odeurs, \u00e7a ne tue pas\u00a0\u00bb\u00a0: cette start-up bretonne a \u00e9labor\u00e9 un produit prometteur contre le puceron de la betterave"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab Toute la diff\u00e9rence avec les pesticides, c\u2019est que les odeurs, \u00e7a ne tue pas \u00bb : dans son laboratoire de Rennes, En\u00e9 Leppik, cofondatrice <a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/economie\/des-parfums-pour-remplacer-des-pesticides-la-start-up-bretonne-agriodor-a-convaincu-le-bresil-6535186.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">de la jeune pousse fran\u00e7aise Agriodor<\/a>, invente avec son \u00e9quipe des parfums qui chassent les insectes ravageurs des cultures.<\/p>\n<p>En trois ans, l\u2019entreprise a mis au point un produit de biocontr\u00f4le baptis\u00e9 Insior qui donne des r\u00e9sultats tr\u00e8s prometteurs contre le puceron vert, vecteur de la jaunisse de la betterave sucri\u00e8re qui peut entra\u00eener jusqu\u2019\u00e0 30 % de perte de r\u00e9colte.<\/p>\n<p>Dans les champs trait\u00e9s, \u00ab les populations de pucerons sont r\u00e9duites de moiti\u00e9 : ils sont perturb\u00e9s, ils s\u2019alimentent moins et se reproduisent moins (\u2026), on a cass\u00e9 la reproduction exponentielle dans la parcelle \u00bb, explique la chercheuse, directrice scientifique d\u2019Agriodor.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe, qui regroupe \u00e9thologues, entomologistes, agronomes et chimistes, a \u00e9labor\u00e9 une \u00ab strat\u00e9gie olfactive \u00bb : \u00e9tudier le comportement du puceron vert pour d\u00e9terminer les odeurs qu\u2019il n\u2019aime pas, avant de fabriquer le cocktail qui le fera fuir.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019odeur du vin chaud \u00bb<\/p>\n<p>Mais comment capturer une odeur ? Tout se passe au laboratoire analytique d\u2019Agriodor \u00e0 Rennes. Les plantes \u00e9mettent des odeurs \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9tat de traces \u00bb. Pour les pr\u00e9lever, la technicienne Marie Gresle cr\u00e9e un espace ferm\u00e9 autour de la plante : une sorte de petite cage entour\u00e9e de plastique transparent.<\/p>\n<p>L\u2019air de la cage est pomp\u00e9 et dirig\u00e9 sur une cartouche de r\u00e9sine, o\u00f9 les odeurs vont se fixer. Un solvant permet de les r\u00e9cup\u00e9rer et de les analyser, notamment \u00e0 l\u2019aide d\u2019un spectrom\u00e8tre de masse.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que les effluves se transforment en chiffres. On peut identifier et quantifier les mol\u00e9cules composant les odeurs : \u00ab L\u2019id\u00e9e est de d\u00e9terminer combien de mol\u00e9cules dans un certain volume d\u2019air cr\u00e9ent un comportement de fuite chez l\u2019insecte \u00bb, explique En\u00e9 Leppik.<\/p>\n<p>Pour tester ses d\u00e9couvertes, Agriodor \u00e9l\u00e8ve pucerons verts, mouches et autres ravageurs des cultures. Des travaux ont ainsi \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s sur la Drosophila suzukii, qui s\u2019attaque aux cerises, ou sur les thrips, pr\u00e9sentes sur les cultures maraich\u00e8res et tropicales. Diverses exp\u00e9riences permettent d\u2019\u00e9tudier leur app\u00e9tence ou d\u00e9go\u00fbt pour chacune des mol\u00e9cules.<\/p>\n<p>Le r\u00e9pulsif Insior qui \u00e9loigne Myzus persicae, le puceron de la betterave, est un concentr\u00e9 de diff\u00e9rentes mol\u00e9cules synth\u00e9tis\u00e9es dans de minis granul\u00e9s, \u00e0 \u00e9pandre \u00e0 raison de quatre kilogrammes par hectare.<\/p>\n<p>La recette, secr\u00e8te, contient des mol\u00e9cules olfactives pr\u00e9sentes dans plus de 30 plantes communes, dont le romarin. Cela sent le clou de girofle, un agriculteur y reconna\u00eet \u00ab l\u2019odeur du vin chaud \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/economie\/agri-agro\/alternative-aux-pesticides-la-solution-dagriodor-testee-a-grande-echelle-6571995.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Autoris\u00e9 en 2024 par d\u00e9rogation sur 500 hectares, essentiellement en France mais aussi au Royaume-Uni et en Allemagne<\/a>, ce r\u00e9pulsif est distribu\u00e9 depuis quelques mois par Syngenta : le g\u00e9ant mondial des pesticides, qui cherche \u00e0 \u00e9largir sa palette de produits de biocontr\u00f4le, vante \u00ab l\u2019approche innovante \u00bb d\u2019Agriodor.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est de taille pour les cultures industrielles : la France est deuxi\u00e8me producteur europ\u00e9en de sucre de betterave, derri\u00e8re l\u2019Allemagne, et exporte annuellement environ 2,4 millions de tonnes de sucre, soit pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de sa production.<\/p>\n<p>C\u2019est notamment pour pr\u00e9server cette fili\u00e8re sucri\u00e8re que certains syndicats agricoles r\u00e9clament la r\u00e9autorisation en France d\u2019un insecticide n\u00e9onicotino\u00efde, tr\u00e8s toxique pour les pollinisateurs.<a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/economie\/pesticides-les-deputes-votent-en-commission-pour-la-reintroduction-derogatoire-de-neonicotinoides-6817862.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> Cette r\u00e9introduction est pr\u00e9vue par une proposition de loi qui arrive lundi \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale.<\/a><\/p>\n<p>Retarder l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019envahisseur<\/p>\n<p>Mais pour l\u2019agriculteur Benoit Ambeza, qui teste Insior dans ses champs de betteraves du Pas-de-Calais, il n\u2019est pas question de \u00ab revenir en arri\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut trouver des alternatives (aux n\u00e9onicotino\u00efdes, NDLR) moins agressives pour la plante et plus acceptables pour le consommateur et pour nous (\u2026), on met notre sant\u00e9 en jeu aussi \u00bb, affirme-t-il \u00e0 l\u2019AFP.<\/p>\n<p>Il utilise Insior \u00ab en pr\u00e9ventif \u00bb : en piquant la plante pour se nourrir de s\u00e8ve, l\u2019insecte perturbe la photosynth\u00e8se et donc la production de sucre. Le plant est sensible lorsqu\u2019il d\u00e9veloppe ses premi\u00e8res feuilles. Mais au-del\u00e0 de 12 feuilles, la culture est \u00ab assez forte \u00bb pour supporter l\u2019assaut.<\/p>\n<p>Ce produit est-il une alternative aux pesticides conventionnels ? \u00ab C\u2019est une solution de biocontr\u00f4le. On ne peut pas remplacer une solution qui tue 99 % ou 100 % des insectes \u00bb, r\u00e9pond En\u00e9 Leppik.<\/p>\n<p>\u00ab Le probl\u00e8me, c\u2019est que (les n\u00e9onicotino\u00efdes) tuent aussi les pr\u00e9dateurs du puceron. Avec notre solution olfactive, on emp\u00eache ou on retarde l\u2019invasion des pucerons et cela donne le temps \u00e0 ses pr\u00e9dateurs naturels, comme la coccinelle ou les syrphes, d\u2019arriver \u00bb, explique-t-elle, d\u00e9fendant une \u00ab approche holistique \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab Toute la diff\u00e9rence avec les pesticides, c\u2019est que les odeurs, \u00e7a ne tue pas \u00bb : dans&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":129883,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2821],"tags":[1111,11,5825,829,33,1777,674,1011,27,848,12,584,25],"class_list":{"0":"post-129882","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rennes","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-agroalimentaire","11":"tag-bretagne","12":"tag-economie","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-ille-et-vilaine","18":"tag-news","19":"tag-rennes","20":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114575533853530060","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129882","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=129882"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129882\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/129883"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=129882"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=129882"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=129882"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}