{"id":1326,"date":"2025-04-03T00:35:10","date_gmt":"2025-04-03T00:35:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1326\/"},"modified":"2025-04-03T00:35:10","modified_gmt":"2025-04-03T00:35:10","slug":"plus-de-trente-ans-apres-sa-decouverte-otzi-lhomme-des-glaces-continue-de-livrer-ses-secrets","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1326\/","title":{"rendered":"Plus de trente ans apr\u00e8s sa d\u00e9couverte, \u00d6tzi l\u2019homme des glaces continue de livrer ses secrets"},"content":{"rendered":"<p data-paragraph-id=\"5509657-1\">Des centaines d\u2019\u00e9tudes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sur \u00d6tzi et il y en a bien davantage en cours. Maintenant que les chercheurs de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tude des momies ont s\u00e9quenc\u00e9 le g\u00e9nome d\u2019\u00d6tzi, ils peuvent analyser les g\u00e8nes de son microbiote intestinal. \u00ab\u00a0Nous aimerions comprendre tout l\u2019ensemble de bact\u00e9ries qui vivait dans son estomac et dans ses intestins\u00a0\u00bb, explique Albert Zink.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-2\">La diversit\u00e9 de <a href=\"https:\/\/www.nationalgeographic.com\/magazine\/article\/how-trillions-of-microbes-affect-every-stage-of-our-life-from-birth-to-old-age-feature\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">notre flore intestinale semble avoir un impact sur notre sant\u00e9<\/a>. Pour cette raison, les chercheurs ont envie de conna\u00eetre la composition de celle d\u2019\u00d6tzi. Une \u00e9tude <a href=\"https:\/\/www.sciencedaily.com\/releases\/2019\/10\/191018112136.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">en cours<\/a>, qui int\u00e9resse 6\u00a0500 personnes vivantes en plus d\u2019\u00d6tzi, et qui est r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 de Trento, a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 permis de d\u00e9couvrir que l\u2019homme d\u2019Hauslabjoch \u00e9tait porteur de trois des quatre souches de la bact\u00e9rie Prevotella copri. Les populations autochtones du monde entier sont porteuses \u00e0 divers degr\u00e9s de souches de cette bact\u00e9rie. Mais elle n\u2019est pr\u00e9sente que sous une seule forme chez les 30\u00a0% d\u2019occidentaux qui en sont porteurs (cela signifie que cette souche tend \u00e0 prendre le dessus et donc \u00e0 r\u00e9duire la diversit\u00e9).<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-3\">Autre d\u00e9couverte remarquable, l\u2019estomac d\u2019\u00d6tzi \u00e9tait porteur d\u2019Helicobacter pylori, bact\u00e9rie pr\u00e9sente aujourd\u2019hui chez la moiti\u00e9 de la population mondiale, qui peut avoir des effets mortels chez 10\u00a0% d\u2019entre nous. De nos jours, la souche dominante de H. pylori en Europe est en fait un hybride de souches asiatique et africaine. La souche pr\u00e9sente chez \u00d6tzi est presque uniquement asiatique, ce qui tend \u00e0 montrer que la souche africaine est arriv\u00e9e en Europe apr\u00e8s sa mort. Cela apporte des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 la question de savoir si H. pylori fait naturellement partie de notre microbiote intestinal ou s\u2019il faut traiter la bact\u00e9rie avec un antibiotique d\u00e8s qu\u2019on l\u2019identifie.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-4\">Une autre \u00e9tude du microbiote intestinal d\u2019\u00d6tzi a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait porteur d\u2019une souche pathog\u00e8ne ancestrale de Clostridium perfringens, responsable aujourd\u2019hui de nombreuses intoxications alimentaires.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-6\">La ville de Bolzano pr\u00e9voit la construction d\u2019un nouveau mus\u00e9e d\u2019arch\u00e9ologie au cours des ann\u00e9es \u00e0 venir afin d\u2019accueillir davantage d\u2019artefacts tyroliens en plus d\u2019\u00d6tzi. Elle aimerait aussi am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique du syst\u00e8me de la chambre froide qui abrite sa d\u00e9pouille depuis vingt-deux ans. (Une chambre de secours est pr\u00eate au cas o\u00f9 celle-ci viendrait \u00e0 dysfonctionner).<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-8\">Pour mieux comprendre les processus naturels qui ont permis la conservation d\u2019\u00d6tzi pendant cinq mill\u00e9naires (et notamment l\u2019effet de certains \u00e9l\u00e9ments et l\u2019action des microbes), les chercheurs de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tude des momies analysent en ce moment les restes d\u2019un <a href=\"https:\/\/www.sciencedaily.com\/releases\/2020\/09\/200903132958.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">chamois conserv\u00e9 naturellement<\/a> et d\u00e9couvert en 2020 au m\u00eame endroit qu\u2019\u00d6tzi. Bien qu\u2019il ne soit \u00e2g\u00e9 que de 400 ans, son \u00e9tat de conservation est semblable \u00e0 celui de l\u2019homme des glaces, et les chercheurs font varier l\u2019humidit\u00e9 et la temp\u00e9rature \u00e0 laquelle ils gardent sa d\u00e9pouille pour mieux comprendre comment ces param\u00e8tres permettent de la pr\u00e9server. Ils \u00e9tudient aussi son microbiote, interne comme externe. \u00ab\u00a0Nous savons que certaines bact\u00e9ries et certaines moisissures peuvent survivre aux basses temp\u00e9ratures, donc peut-\u00eatre que si on modifie un param\u00e8tre elles se mettront \u00e0 grandir \u00e0 nouveau\u00a0\u00bb, analyse Albert Zink.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-10\">Les progr\u00e8s technologiques seront cruciaux si on veut d\u00e9couvrir tous les secrets d\u2019\u00d6tzi (et nous les d\u00e9couvrirons). <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/ncomms1701\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">Son g\u00e9nome vieux de 5\u00a0000 ans a \u00e9t\u00e9 s\u00e9quenc\u00e9 en 2012<\/a>, soit \u00e0 la p\u00e9riode o\u00f9 le s\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration se d\u00e9mocratisait et devenait abordable. Mais m\u00eame \u00e0 ce moment-l\u00e0, Albert Zink n\u2019aurait jamais imagin\u00e9 que les chercheurs soient un jour capables de reconstituer le microbiote de l\u2019homme des glaces. \u00ab\u00a0Ces m\u00e9thodes se sont d\u00e9velopp\u00e9es si vite, et aujourd\u2019hui on a bien plus de donn\u00e9es\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9merveille-t-il.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-11\">\u00c0 l\u2019avenir, les recherches pourraient se concentrer sur le fonctionnement du corps d\u2019\u00d6tzi, sur les prot\u00e9ines, les lipides et les enzymes pr\u00e9sents dans ses tissus qui nous r\u00e9v\u00e9leront peut-\u00eatre des informations sur son syst\u00e8me immunitaire. Mais pour le moment, l\u2019analyse prot\u00e9inique d\u2019\u00e9chantillons pr\u00e9historiques demeure un processus complexe.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-12\">En attendant, les gardiens d\u2019\u00d6tzi doivent trouver un compromis\u00a0: la momie doit \u00eatre \u00e0 la disposition de la science mais la recherche ne peut \u00eatre ni trop invasive ni trop soutenue. Le mus\u00e9e re\u00e7oit dix \u00e0 quinze requ\u00eates par an pour \u00e9tudier \u00d6tzi. Chaque demande est \u00e9valu\u00e9e par un comit\u00e9 d\u2019experts provenant de diff\u00e9rentes universit\u00e9s et du mus\u00e9e. Environ une fois par an, ils effectuent un pr\u00e9l\u00e8vement \u00e0 la surface du corps pour en surveiller la microbiologie. Il est rare qu\u2019ils le d\u00e9cong\u00e8lent. La derni\u00e8re fois que cela a eu lieu, c\u2019\u00e9tait en 2019.<\/p>\n<p data-paragraph-id=\"5509657-13\">\u00ab\u00a0Nous ne pouvons pas conna\u00eetre les m\u00e9thodes qui seront \u00e0 la disposition des chercheurs de 2050, conc\u00e8de Oliver Peschel. Il est donc logique de conserver \u00d6tzi dans les meilleures conditions pour que la recherche soit possible dans vingt ou trente ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des centaines d\u2019\u00e9tudes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es sur \u00d6tzi et il y en a bien davantage en cours.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1327,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[730,1002,27,937,1001,43,40,41,39,42,44],"class_list":{"0":"post-1326","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sciences-et-technologies","8":"tag-archeologie","9":"tag-culture-et-histoire","10":"tag-france","11":"tag-histoire","12":"tag-momies","13":"tag-science","14":"tag-science-and-technology","15":"tag-sciences","16":"tag-sciences-et-technologies","17":"tag-technologies","18":"tag-technology"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114271231917190581","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1326","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1326"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1326\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1327"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1326"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1326"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1326"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}