{"id":133436,"date":"2025-05-28T04:37:10","date_gmt":"2025-05-28T04:37:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/133436\/"},"modified":"2025-05-28T04:37:10","modified_gmt":"2025-05-28T04:37:10","slug":"en-quete-de-demain-alpes-maritimes-une-aire-marine-protegee-au-bord-de-la-ville-de-nice-pour-proteger-quoi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/133436\/","title":{"rendered":"En qu\u00eate de demain | Alpes-Maritimes. Une aire marine prot\u00e9g\u00e9e au bord de la ville de Nice, pour prot\u00e9ger quoi?"},"content":{"rendered":"<p>Vue du ciel, elle ressemble \u00e0 un sourire. Un trait fin et r\u00e9gulier, bord\u00e9 de bleu. Devant la ville de Nice (Alpes-Maritimes), une partie de la c\u00e9l\u00e8bre baie des Anges pourrait devenir une aire marine prot\u00e9g\u00e9e. Nice, c\u2019est l\u00e0, o\u00f9 se pr\u00e9pare la Conf\u00e9rence des Nations-Unies sur l\u2019Oc\u00e9an (UNOC), qui se tiendra du 9 au 13 juin. L\u00e0 aussi, o\u00f9 la pr\u00e9sence de l\u2019Homme s\u2019est \u00e9tendue presque partout, \u00e0 terre comme en mer.<br \/>Ce projet est port\u00e9 par une volont\u00e9 politique locale. \u201cLe contexte international \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s pr\u00e9sent en 2020, quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 le coordonner, d\u00e9taille Aurore Asso, conseill\u00e8re municipale ni\u00e7oise. On ne parlait pas de UNOC \u00e0 Nice, mais des ODD, objectifs de d\u00e9veloppement durable pour le milieu marin !\u201d<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9lue d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u201cvie commune entre les Hommes et la mer\u201d, en admettant que la difficult\u00e9 est \u201cd\u00e9cupl\u00e9e pour une ville de 350 000 habitants, comme Nice\u201d. Alors, que reste-t-il \u00e0 prot\u00e9ger l\u00e0 o\u00f9 les esp\u00e8ces sauvages, comme les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, n\u2019ont cess\u00e9 de r\u00e9gresser sous la pression des activit\u00e9s humaines ?<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\n  La nuit, les poissons de fond<\/p>\n<p>Le chercheur Beno\u00eet D\u00e9rijard conna\u00eet bien ces eaux. \u201cCette zone n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u00e9fend l\u2019\u00e9cologue au laboratoire Ecoseas \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 C\u00f4te d\u2019Azur. Nous en avons fait l\u2019inventaire de biodiversit\u00e9, depuis l\u2019embouchure du Var, jusqu\u2019\u00e0 la limite de Villefranche-sur-Mer.\u201d Poulpes, seiches, raies et autres mollusques marins, comme les gast\u00e9ropodes, peuplent ces eaux.<\/p>\n<p>\u201cLa nuit, vous y voyez plein de poissons de fond qui viennent chasser.\u201d Avec de vastes \u00e9tendues sableuses, le secteur n\u2019est pas des plus riches, mais \u201cil y a un int\u00e9ressant herbier de cymodoc\u00e9es\u201d, ces plantes \u00e0 fleurs qui servent d\u2019habitat aux jeunes poissons, dont la croissance capte le carbone dissous dans l&rsquo;eau. Leurs rhizomes et racines, qui forment d&rsquo;\u00e9paisses mattes, stockent davantage de carbone qu&rsquo;une for\u00eat tropicale. C&rsquo;est un puissant puits de carbone bleu.<\/p>\n<p>\u00ab Les plus jolis \u00bb, aux yeux du scientifique, sont les secteurs rocheux comme Rauba Capeu, \u00ab des refuges o\u00f9 les juv\u00e9niles de toutes les esp\u00e8ces se r\u00e9galent et peuvent se planquer dans les anfractuosit\u00e9s, \u00e0 l\u2019abri des pr\u00e9dateurs \u00bb.<\/p>\n<p>Plus \u00e0 l\u2019ouest par contre, les fonds se r\u00e9sument \u00e0 un plateau artificiel de plusieurs kilom\u00e8tres, gagn\u00e9 sur la mer, pour construire les pistes de l\u2019a\u00e9roport de Nice. Est-ce un contresens d\u2019y localiser une aire marine prot\u00e9g\u00e9e ? \u201cLes gravats ont \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9s, c\u2019est assez poissonneux, nuance le chercheur. C\u2019est d\u2019ailleurs la zone la plus p\u00each\u00e9e.\u201d \u201cOui, le paradoxe, c\u2019est qu\u2019il y a de la vie\u201d, encha\u00eene Aurore Asso.<\/p>\n<p>Autre site \u00e9tonnant, \u201cdes tombants de corallig\u00e8ne\u201d, d\u00e9crit l\u2019\u00e9lue et ex-championne d\u2019apn\u00e9e fran\u00e7aise, ce sont parmi les \u00e9cosyst\u00e8mes les plus riches de M\u00e9diterran\u00e9e. \u201cEn plein c\u0153ur de ville, devant le boulevard de la Promenade des Anglais, c\u2019est incroyable, d\u2019avoir cette richesse.\u201d<\/p>\n<p>Comment juxtaposer dans une m\u00eame aire marine prot\u00e9g\u00e9e des sites de valeur \u00e9cologique si disparates ? \u201cFaut-il faire des aires marines prot\u00e9g\u00e9es dans des sites sanctuaires que l\u2019Homme n\u2019a jamais touch\u00e9s ? r\u00e9agit Aurore Asso. Ou bien dans des sites anthropis\u00e9s (c&rsquo;est-\u00e0-dire chang\u00e9s par les activit\u00e9s humaines)? Les deux, il faut faire les deux. Nous n\u2019avons pas d\u2019autre choix. Mais bien s\u00fbr, ce ne seront pas les m\u00eames gestions.\u201d<\/p>\n<p>Agir \u201cdans une zone de fortes pressions\u201d<\/p>\n<p>D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, le principe d\u2019une protection \u00e0 des degr\u00e9s variables semble act\u00e9. \u201cCes p\u00e9rim\u00e8tres pourront \u00eatre effectivement divis\u00e9s en sous-p\u00e9rim\u00e8tres \u00e0 niveaux diff\u00e9rents de protection\u201d, expose la pr\u00e9fecture maritime en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>La question de la gouvernance des aires marines prot\u00e9g\u00e9es est au c\u0153ur des \u00e9tudes de la g\u00e9ographe Anne Cadoret, qui a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9e aux d\u00e9buts du projet ni\u00e7ois. \u201cC\u2019est d\u2019ailleurs tr\u00e8s int\u00e9ressant que ce soit en zone de tr\u00e8s fortes pressions, jauge-t-elle, car de nombreux leviers peuvent \u00eatre activ\u00e9s pour une gestion plus soutenable. Sur terre comme en mer.\u201d<\/p>\n<p>La France, en retard<\/p>\n<p>Dans son ambition de prot\u00e9ger 30 % de ses espaces maritimes, dont 10 % en protection forte d\u2019ici 2030, la France est tr\u00e8s en retard. Sur le papier, un quart de la fa\u00e7ade maritime m\u00e9diterran\u00e9enne est couvert par une aire prot\u00e9g\u00e9e, d\u2019un type ou d\u2019un autre (1). Mais les zones de protection forte ne sont qu\u2019une goutte d\u2019eau, avec 0,22 % de cet espace maritime.<\/p>\n<p>\u201cSi vous choisissez une zone propice, et que vous la prot\u00e9gez, en quatre ou cinq ans, vous allez multiplier la biomasse des poissons par cinq, voire par sept, souligne Beno\u00eet Derijard. Et des zones riches, sur tout le littoral il y en a plein.\u201d Au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une biodiversit\u00e9 qui peut ensuite prosp\u00e9rer, bien au-del\u00e0, ce qu\u2019on appelle \u201cl\u2019effet r\u00e9serve\u201d..<\/p>\n<p>Dans le parc national de Port-Cros (Var), fond\u00e9 il y a plus de 60 ans, les poissons juv\u00e9niles sont plus abondants que partout ailleurs en M\u00e9diterran\u00e9e fran\u00e7aise. Le m\u00e9rou, quasi disparu, est d\u00e9sormais abondant (plus de 800 sp\u00e9cimens d\u00e9compt\u00e9s en 2020). Dans la r\u00e9serve naturelle nationale de Cerb\u00e8re-Banyuls (Languedoc-Roussillon), les esp\u00e8ces rares comme le m\u00e9rou, le corb, la daurade, sont redevenues fr\u00e9quentes. Mais \u00e0 condition d\u2019\u00eatre dans la zone de protection la plus forte.<\/p>\n<p class=\"note\">1. Rapport de l\u2019UICN, l\u2019Union Internationale pour la Conservation de la Nature, 2022, chiffre hors Pelagos.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vue du ciel, elle ressemble \u00e0 un sourire. Un trait fin et r\u00e9gulier, bord\u00e9 de bleu. Devant la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":133437,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2819],"tags":[1111,11,25903,436,1777,674,1011,27,12,2401,882,25],"class_list":{"0":"post-133436","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nice","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-en-quete-de-demain","11":"tag-environnement","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-news","17":"tag-nice","18":"tag-provence-alpes-cote-dazur","19":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114583610598552261","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=133436"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133436\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/133437"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=133436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=133436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=133436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}