{"id":134155,"date":"2025-05-28T11:08:08","date_gmt":"2025-05-28T11:08:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/134155\/"},"modified":"2025-05-28T11:08:08","modified_gmt":"2025-05-28T11:08:08","slug":"on-traite-les-femmes-comme-des-exceptions-et-cela-coute-des-vies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/134155\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0On traite les femmes comme des exceptions, et cela co\u00fbte des vies\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Plus de huit\u00a0millions\u00a0: c\u2019est le nombre de d\u00e9c\u00e8s dans le monde chaque ann\u00e9e li\u00e9s aux <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/maladies_cardiovasculaires\" class=\"color-ultramarine c-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">maladies cardiovasculaires<\/a> parmi les femmes, selon l\u2019<a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/oms\" class=\"color-ultramarine c-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">OMS<\/a>. Responsable de pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la mortalit\u00e9 f\u00e9minine, en France, une <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/femme\" class=\"color-ultramarine c-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">femme<\/a> a quatre fois plus de risques de mourir d\u2019un infarctus que d\u2019un <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/cancer_du_sein\" class=\"color-ultramarine c-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cancer du sein<\/a>. Ces maladies, premi\u00e8re cause de d\u00e9c\u00e8s chez les femmes, sont pourtant encore per\u00e7ues comme masculines, alors qu\u2019elles repr\u00e9sentent la deuxi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 chez les hommes, avec 40\u00a0%. Et chez les femmes jeunes non m\u00e9nopaus\u00e9es, les cas ont augment\u00e9 de 25\u00a0% en dix ans.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e internationale d\u2019action pour la sant\u00e9 des femmes ce 28\u00a0mai, 20 Minutes interroge Martine Gilard, professeure de <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/cardiologie\" class=\"color-ultramarine c-link\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cardiologie<\/a>, pr\u00e9sident de l\u2019association europ\u00e9enne de cardiologie et administratrice de la Fondation Coeur et Recherche.<\/p>\n<p>Pourquoi les femmes sont-elles moins bien diagnostiqu\u00e9es et prises en charge face \u00e0 l\u2019infarctus\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019infarctus reste associ\u00e9 \u00e0 une maladie d\u2019homme. Il existe un d\u00e9ficit d\u2019information massif, aussi bien chez les patientes que chez les professionnels de sant\u00e9. Lorsqu\u2019une femme est victime d\u2019un infarctus, elle appelle les secours en moyenne trente minutes plus tard qu\u2019un homme. Et dans les services d\u2019urgence, le r\u00e9flexe infarctus est souvent \u00e9cart\u00e9, surtout si la patiente est jeune et non m\u00e9nopaus\u00e9e. Les soignants ne vont pas chercher les bons signaux, ni poser les bonnes questions.<\/p>\n<p>On a aussi longtemps r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que les femmes pr\u00e9sentaient des sympt\u00f4mes diff\u00e9rents. C\u2019est faux. Dans plus de 90\u00a0% des cas, elles ressentent une douleur dans la poitrine, exactement comme les hommes. R\u00e8gles, accouchement\u2026 On les a tellement habitu\u00e9es \u00e0 consid\u00e9rer la douleur comme une chose banale qu\u2019elles n\u2019expriment pas ce qu\u2019elles ressentent.<\/p>\n<p>Quels signes devraient alerter davantage\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c0 niveau de risque \u00e9quivalent &#8211; tabac, ob\u00e9sit\u00e9, hypertension \u2013, une femme est souvent plus vuln\u00e9rable qu\u2019un homme. Il existe aussi des facteurs de risque sp\u00e9cifiques aux femmes, encore largement m\u00e9connus ou ignor\u00e9s par les soignants\u00a0: l\u2019endom\u00e9triose, la m\u00e9nopause, le syndrome des ovaires polykystiques, ou encore les complications de grossesse comme la pr\u00e9\u00e9clampsie ou l\u2019hypertension gestationnelle. Autant de signaux d\u2019alerte qui devraient d\u00e9clencher une vigilance accrue.<\/p>\n<p>Les femmes sont toujours sous-repr\u00e9sent\u00e9es dans les essais cliniques. R\u00e9sultat\u00a0: on les traite comme des exceptions. Et ce retard dans les soins co\u00fbte des vies.<\/p>\n<p>Pourquoi cette diff\u00e9rence de traitement persiste-t-elle\u00a0?<\/p>\n<p>Comme la m\u00e9decine, la cardiologie est faite pour et par les hommes. Les protocoles ont \u00e9t\u00e9 construits \u00e0 partir de donn\u00e9es masculines, les m\u00e9dicaments test\u00e9s majoritairement sur des hommes, et les dosages pens\u00e9s pour eux. Les femmes subissent donc davantage d\u2019effets secondaires, arr\u00eatent plus souvent leur traitement, et ne b\u00e9n\u00e9ficient pas d\u2019un suivi adapt\u00e9.<\/p>\n<p>M\u00eame apr\u00e8s un infarctus, elles sont moins nombreuses \u00e0 acc\u00e9der aux parcours de r\u00e9\u00e9ducation cardiaque, pourtant cruciaux. Parce que ces dispositifs ne tiennent pas compte de leur r\u00e9alit\u00e9\u00a0: charge mentale, enfants, emploi du temps morcel\u00e9. Rien n\u2019est pr\u00e9vu pour elles. La m\u00e9decine reste pens\u00e9e pour un homme disponible, sans contraintes domestiques.<\/p>\n<p>Ce biais historique remonte aux ann\u00e9es\u00a01960, \u00e9poque \u00e0 laquelle on a commenc\u00e9 \u00e0 exclure les femmes des essais cliniques pour \u00e9viter tout risque sur une \u00e9ventuelle grossesse. Depuis, m\u00eame les animaux de laboratoire sont souvent des m\u00e2les. Les hormones f\u00e9minines sont vues comme un facteur de complication, une variable \u00e0 \u00e9carter. Le r\u00e9sultat, c\u2019est une m\u00e9decine calibr\u00e9e pour les hommes, et qui laisse les femmes de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Plus de huit\u00a0millions\u00a0: c\u2019est le nombre de d\u00e9c\u00e8s dans le monde chaque ann\u00e9e li\u00e9s aux maladies cardiovasculaires parmi&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":134156,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[642,47,1294,1011,27,72,7563,71,3670],"class_list":{"0":"post-134155","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-20-minutes","9":"tag-actualite","10":"tag-femme","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-health","14":"tag-inegalites","15":"tag-sante","16":"tag-sante-des-femmes"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114585148051105939","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134155","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134155"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134155\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/134156"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134155"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134155"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134155"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}