{"id":153069,"date":"2025-06-05T04:22:09","date_gmt":"2025-06-05T04:22:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/153069\/"},"modified":"2025-06-05T04:22:09","modified_gmt":"2025-06-05T04:22:09","slug":"les-batiments-remorqueurs-de-sonars-brestois-deployes-pour-la-premiere-fois-a-toulon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/153069\/","title":{"rendered":"Les b\u00e2timents remorqueurs de sonars brestois d\u00e9ploy\u00e9s pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Toulon"},"content":{"rendered":"<p>\n      Pour la premi\u00e8re fois depuis leur mise en service il y a plus de 30 ans, l\u2019Antar\u00e8s, l\u2019Alta\u00efr et l\u2019Ald\u00e9baran, de la Marine nationale, ont quitt\u00e9 la pointe Bretagne pour rejoindre Toulon, a constat\u00e9 Mer et Marine.\n    <\/p>\n<p>Les trois b\u00e2timents remorqueurs de sonars (BRS) de la Marine nationale sillonnent les eaux de la rade de Toulon et de ses acc\u00e8s depuis la semaine derni\u00e8re. Une mission exceptionnelle pour ces petites unit\u00e9s de moins de 30 m\u00e8tres, sp\u00e9cialement con\u00e7ues pour surveiller les chenaux d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la rade de Brest, sa base navale ainsi que la base de l\u2019\u00eele Longue, o\u00f9 sont stationn\u00e9s les quatre sous-marins nucl\u00e9aires lanceurs d\u2019engins (SNLE) fran\u00e7ais. Leur mission consiste \u00e0 veiller \u00e0 ce qu\u2019aucune menace, en particulier des mines, ne viennent entraver les mouvements des unit\u00e9s entrant et sortant de la rade de Brest.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Alta\u00efr avec sonar d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 Brest.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Mis en service en 1993, 1994 et 1995, les Antar\u00e8s, Alta\u00efr et Ald\u00e9baran n\u2019\u00e9taient encore jamais venus \u00e0 Toulon, o\u00f9 les fonds marins sont historiquement inspect\u00e9s par <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/a-la-decouverte-du-chasseur-de-mines-cephee\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">les chasseurs de mines tripartites (CMT)<\/a> avec leur sonar de coque et, au besoin, par le groupe des plongeurs d\u00e9mineurs de la M\u00e9diterran\u00e9e (GPD Med). Des moyens qui surveillent \u00e9galement r\u00e9guli\u00e8rement les approches de la rade varoise, ainsi que les voies maritimes et acc\u00e8s aux ports de commerce de la fa\u00e7ade m\u00e9diterran\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n<p>Il faut dire que la bathym\u00e9trie est tr\u00e8s diff\u00e9rente entre l\u2019Atlantique et la M\u00e9diterran\u00e9e. Depuis Brest, le plateau continental s\u2019\u00e9tend au large, avec des fonds descendant progressivement \u00e0 300 m\u00e8tres sous la surface de l&rsquo;eau jusqu\u2019au bord du talus, alors qu\u2019en M\u00e9diterran\u00e9e, on atteint tr\u00e8s rapidement de grandes profondeurs. Ainsi, \u00e0 quelques encablures de la sortie de Toulon, la hauteur d\u2019eau est d\u00e9j\u00e0 sup\u00e9rieure \u00e0 200 m\u00e8tres, profondeur jusqu\u2019\u00e0 laquelle travaille le sonar remorqu\u00e9 DUBM-44 embarqu\u00e9 par les BRS. Et juste apr\u00e8s, le plancher marin tombe \u00e0 plusieurs milliers de m\u00e8tres.\u00a0<\/p>\n<p>Alors, au-del\u00e0 d\u2019offrir une belle mission jusqu\u2019en M\u00e9diterran\u00e9e aux \u00e9quipages des trois b\u00e2timents, pourquoi avoir envoy\u00e9 l\u2019Antar\u00e8s, l\u2019Alta\u00efr et l\u2019Ald\u00e9baran \u00e0 Toulon\u00a0? D\u2019abord, selon les informations recueillies par Mer et Marine, il s\u2019agit d\u2019\u00e9tablir une cartographie pr\u00e9cise des fonds de la rade varoise et de ses acc\u00e8s avec des sonars \u00e0 balayage lat\u00e9ral et synth\u00e8se d\u2019ouverture, une capacit\u00e9 dont ne disposent pas \u00e0 ce stade les unit\u00e9s stationn\u00e9es sur la fa\u00e7ade m\u00e9diterran\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Antar\u00e8s \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Antar\u00e8s \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Alta\u00efr \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Alta\u00efr \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le BRS Ald\u00e9baran \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ce d\u00e9ploiement s\u2019inscrit en fait dans le cadre du programme de renouvellement des moyens de guerre des mines de la flotte fran\u00e7aise. La rel\u00e8ve des CMT et BRS est bas\u00e9e sur un module robotis\u00e9 de lutte contre les mines (MLCM) d\u00e9velopp\u00e9 par Thales dans le cadre du programme franco-britannique MMCM. Chaque module comprendra deux drones de surface (USV) de 12 m\u00e8tres pouvant embarquer deux charges utiles\u00a0: soit, pour la d\u00e9tection et la classification de mines, un sonar remorqu\u00e9 \u00e0 immersion variable qui est une \u00e9volution du DUBM-44 \u00e9quipant les BRS ; ou bien un robot t\u00e9l\u00e9op\u00e9r\u00e9 (ROV) con\u00e7u pour l\u2019identification et la destruction des mines. S\u2019y ajouteront des drones sous-marins (AUV) qui auront la m\u00eame antenne (SAMDIS) et les m\u00eames fonctions que le sonar remorqu\u00e9 des USV, mais avec la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9voluer plus discr\u00e8tement et profond\u00e9ment. Ils seront en mesure de scanner des fonds marins jusqu\u2019\u00e0 300 m\u00e8tres sous la surface de l\u2019eau, contre 200 pour le sonar remorqu\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      USV du MLCM en rade de Brest.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Ces MLCM seront mis en \u0153uvre depuis les quais des bases navales (ou de ports hors de l&rsquo;Hexagone, les modules \u00e9tant a\u00e9rotransportables) ou d\u00e9ploy\u00e9s sur les six futurs b\u00e2timents de guerre des mines (BGDM), appel\u00e9s \u00e0 succ\u00e9der aux actuels CMT et qui seront d\u00e9riv\u00e9s <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/le-nouveau-chasseur-de-mines-belgo-neerlandais-a-l-heure-des-essais-de-drones\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">des nouveaux porte-drones belgo-n\u00e9erlandais<\/a>. Alors que huit modules robotis\u00e9s sont pr\u00e9vus \u00e0 terme, <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/drones-de-guerre-des-mines-thales-livre-a-brest-un-premier-usv-de-serie-a-la-marine-nationale\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">quatre ont pour le moment \u00e9t\u00e9 command\u00e9s \u00e0 Thales, qui a livr\u00e9 en d\u00e9cembre dernier, \u00e0 Brest, le premier syst\u00e8me de s\u00e9rie<\/a>, avec comme premi\u00e8re capacit\u00e9 disponible un USV \u00e9quip\u00e9 d\u2019un sonar remorqu\u00e9, qui a re\u00e7u en janvier une autorisation de navigation en mode t\u00e9l\u00e9op\u00e9r\u00e9 (il peut aussi \u00eatre pilot\u00e9 par des marins depuis sa cabine). Ce qui a permis de d\u00e9ployer les BRS quelques semaines en M\u00e9diterran\u00e9e, leur fonction d\u2019inspection des chenaux d\u2019acc\u00e8s brestois pouvant \u00eatre assur\u00e9e par le nouveau drone. M\u00eame si celui-ci ne devrait pas voir sa premi\u00e8re capacit\u00e9 op\u00e9rationnelle prononc\u00e9e avant la fin de l\u2019ann\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>D\u2019ici l\u00e0, Thales doit avoir livr\u00e9 cinq autre USV neufs, ainsi que le prototype du syst\u00e8me apr\u00e8s son retrofit. Les travaux continuent par ailleurs autour de la qualification du ROV, alors que <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/guerre-des-mines-huit-drones-a18-m-avec-sonar-samdis-600-pour-la-marine-nationale\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">les huit AUV du type A18-M<\/a> allant compl\u00e9ter les modules doivent \u00eatre livr\u00e9s par Exail entre 2028 et 2030. \u00a0<\/p>\n<p>Les MLCM vont d\u2019abord permettre de remplacer \u00e0 Brest les trois BRS brestois, qui doivent \u00eatre retir\u00e9s du service d\u2019ici 2026. Puis, avec les futurs BGDM, dont la commande n\u2019est toujours pas notifi\u00e9e (et ne le sera peut-\u00eatre pas cette ann\u00e9e comme pr\u00e9vu au budget), ils assureront la succession des CMT, qui au rythme o\u00f9 vont les choses ne seront remplac\u00e9s qu\u2019\u00e0 partir de 2030. D\u00e9cision a donc \u00e9t\u00e9 prise de prolonger les derniers chasseurs de mines, dont huit exemplaires sont encore en service. Des b\u00e2timents entr\u00e9s en flotte entre 1984 et 1988 pour sept d\u2019entre eux et en 1996 pour le plus r\u00e9cent. Six sont bas\u00e9s \u00e0 Brest (Androm\u00e8de, P\u00e9gase, Croix du Sud, L\u2019Aigle, C\u00e9ph\u00e9e et Sagittaire) et les deux autres (Lyre, Capricorne) \u00e0 Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le CMT Capricorne en rade de Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le passage des BRS dans la base navale varoise est donc aussi l\u2019occasion de tester localement l\u2019emploi d\u2019une antenne remorqu\u00e9e \u00e0 immersion variable de type TSAS (towed synthetic aperture sonar) pour la guerre des mines, en pr\u00e9vision de l\u2019arriv\u00e9e des MLCM qui \u0153uvreront sur la fa\u00e7ade m\u00e9diterran\u00e9enne. Un premier module y est attendu en 2028, a-t-on appris. Et il s&rsquo;agit donc, pr\u00e9alablement, de mettre \u00e0 jour les connaissances des fonds marins locaux. \u00ab\u00a0Cette \u00e9volution technologique n\u00e9cessite une mise \u00e0 jour de la base de donn\u00e9es existante. Pour \u00e9tablir un \u00e9tat initial de cette nouvelle base de donn\u00e9es, il est essentiel de r\u00e9aliser une campagne de lev\u00e9e de fonds sonar dans les zones d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-on de sources militaires. La mission toulonnaise des trois BRS, d\u00e9but\u00e9e fin mai et qui doit s&rsquo;achever en ce d\u00e9but de mois de juin, est soutenue \u00ab par des experts des op\u00e9rations de guerre des mines pour l&rsquo;analyse rapide des donn\u00e9es sonar ainsi recueillies dans nos approches m\u00e9tropolitaines d&rsquo;int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Construits par le chantier Socarenam de Boulogne-sur-Mer, les BRS sont d\u00e9riv\u00e9s des b\u00e2timents d\u2019instruction \u00e0 la navigation (BIN) Glycine et \u00c9glantine, mis en service en 1992 et con\u00e7us sur la base d\u2019une coque de chalutier. Longs de 28.3 m\u00e8tres pour une largeur de 7.7 m\u00e8tres et un d\u00e9placement de 340 tonnes \u00e0 pleine charge, les\u00a0Antar\u00e8s, Alta\u00efr et Ald\u00e9baran sont arm\u00e9s par un \u00e9quipage de 23 marins. Ils peuvent atteindre la vitesse de 11 n\u0153uds et franchir 3500 nautiques \u00e0 10 n\u0153uds. Les BRS ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s pour la mise en \u0153uvre d\u2019un sonar remorqu\u00e9 optimis\u00e9 pour la d\u00e9tection de mines, mais aussi d\u2019une drague m\u00e9canique (capacit\u00e9 qui n\u2019est pas pr\u00e9vue avec les MLCM \u00e0 ce stade). Le sonar d\u2019origine dont ils \u00e9taient \u00e9quip\u00e9s, le DUBM-41, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 entre 2007 et 2009 par un DUBM-44, premier sonar remorqu\u00e9 dot\u00e9 d\u2019une antenne \u00e0 ouverture synth\u00e9tique. Gr\u00e2ce \u00e0 cette technologie, il est possible de scanner lat\u00e9ralement une bande de 300 \u00e0 400 m\u00e8tres, jusqu\u2019\u00e0 200 m\u00e8tres de fond, avec un niveau de pr\u00e9cision tr\u00e8s fin de l&rsquo;imagerie recueillie.<\/p>\n<p><strong>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour la premi\u00e8re fois depuis leur mise en service il y a plus de 30 ans, l\u2019Antar\u00e8s, l\u2019Alta\u00efr&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":153070,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[1111,11,6130,6141,6131,6138,2380,6135,554,1777,6136,674,1011,27,6139,6134,3135,6128,567,6129,6127,12,6132,4838,882,6133,25,6140,6137,2310],"class_list":{"0":"post-153069","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-chantiers","11":"tag-commando","12":"tag-construction-navale","13":"tag-costa","14":"tag-croisiere","15":"tag-dcns","16":"tag-defense","17":"tag-eu","18":"tag-euronaval","19":"tag-europe","20":"tag-fr","21":"tag-france","22":"tag-fremm","23":"tag-interviews","24":"tag-littoral","25":"tag-marine","26":"tag-marine-nationale","27":"tag-maritime","28":"tag-mer","29":"tag-news","30":"tag-offshore","31":"tag-peche","32":"tag-provence-alpes-cote-dazur","33":"tag-reportages","34":"tag-republique-francaise","35":"tag-sncm","36":"tag-stx","37":"tag-toulon"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114628850003527979","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153069"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153069\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/153070"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=153069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=153069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}