{"id":155682,"date":"2025-06-06T05:01:11","date_gmt":"2025-06-06T05:01:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/155682\/"},"modified":"2025-06-06T05:01:11","modified_gmt":"2025-06-06T05:01:11","slug":"frequentation-en-berne-a-laeroport-de-rennes-comment-en-est-on-arrive-la","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/155682\/","title":{"rendered":"Fr\u00e9quentation en berne \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Rennes\u00a0: comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est un jour de semaine comme les autres \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Rennes. Les passagers pour Amsterdam et Dublin patientent en salle d\u2019embarquement. Ceux de Londres viennent d\u2019atterrir et attendent de passer le contr\u00f4le de douane dans un pavillon flambant neuf, achev\u00e9 \u00e0 l\u2019automne dernier. Au sous-sol, les bagages transitent par des scanners dernier cri pour rejoindre les soutes. Sur le tarmac, Yannick Bouiller vante la sobri\u00e9t\u00e9 et le silence des nouveaux v\u00e9hicules \u00e9lectriques. Dans les arcanes de l\u2019infrastructure, le directeur n\u2019est pas peu fier de l\u2019\u00e9quipement dont il a pris la t\u00eate en septembre 2024. \u00ab Tout est op\u00e9r\u00e9 par nos personnels. On r\u00e9alise l\u2019assistance en escale, l\u2019enregistrement\u2026 \u00bb<\/p>\n<p><a class=\"tlg-kiosque tlg-kiosque-rennes gtm-kiosque-rennes\" href=\"https:\/\/www.lemensuel.com\/rennes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/MDR_une_complete.png\" alt=\"Couverture Mensuel Rennes\"\/><\/p>\n<p>Le Mensuel de Rennes<\/p>\n<p>Magazine curieux et (im)pertinent !<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez<\/a><\/p>\n<p>Pendant presque quatre heures, plusieurs cadres de la structure nous d\u00e9clinent les points positifs de l\u2019a\u00e9roport : \u00ab efficacit\u00e9 \u00bb, \u00ab fluidit\u00e9 \u00bb, \u00ab rapidit\u00e9 \u00bb\u2026 \u00ab Nous sommes aux standards internationaux, mais de proximit\u00e9 \u00bb, r\u00e9sume l\u2019ancien directeur juridique et extra-a\u00e9ronautique de Vinci. Pourtant, ce r\u00e9cit aux allures d\u2019hagiographie, s\u2019il confirme les ressentis positifs des voyageurs, peine \u00e0 soutenir le poids des chiffres.<\/p>\n<p>Compar\u00e9 \u00e0 Nantes\u2026<\/p>\n<p>La plateforme est pass\u00e9e de 860 000 passagers en 2018 \u00e0 500 000 en 2024. Une paille compar\u00e9e \u00e0 son voisin nantais qui a attir\u00e9 7 millions de passagers en 2024, dans ses a\u00e9rogares satur\u00e9es. La plateforme rennaise, sous utilis\u00e9e, pourrait-elle absorber une partie du trafic de sa voisine pour enrayer la chute de sa fr\u00e9quentation ?<\/p>\n<p>C\u2019est en tout cas ce que promettait le Premier ministre de l\u2019\u00e9poque, \u00c9douard Philippe, en 2018, apr\u00e8s l\u2019abandon du projet d\u2019a\u00e9roport \u00e0 Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Sept ans plus tard, rien ne s\u2019est pass\u00e9 comme pr\u00e9vu. Les causes sont multiples. Crise sanitaire, arriv\u00e9e de la ligne \u00e0 grande vitesse (LGV) en 2018, doublement du nombre d\u2019\u00e9lus \u00e9colos \u00e0 la M\u00e9tropole, d\u00e9sengagement d\u2019Air France non compens\u00e9 par les compagnies low-cost\u2026 Et une plateforme nantaise qui concurrence Rennes, loin de la compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par l\u2019ancien Premier ministre et souhait\u00e9e par la R\u00e9gion, propri\u00e9taire de l\u2019a\u00e9roport.<\/p>\n<p>Les taxes ont flamb\u00e9<\/p>\n<p>C\u2019est que l\u2019\u00c9tat, propri\u00e9taire de Nantes-Atlantique, avantage fiscalement ses plateformes &#8211; g\u00e9n\u00e9ralement de grosses pointures &#8211; face aux a\u00e9roports r\u00e9gionaux, de taille plus modeste. D\u00e9j\u00e0 historiquement \u00e9lev\u00e9es \u00e0 Rennes, en raison d\u2019une faible fr\u00e9quentation de l\u2019a\u00e9roport, les taxes a\u00e9roportuaires ont flamb\u00e9. Entre 2024 et 2025, le tarif de s\u00fbret\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 est pass\u00e9 de 17,20 \u20ac \u00e0 20 \u20ac par passager hors correspondance. Dans le m\u00eame temps, il a baiss\u00e9 de 30 centimes \u00e0 Nantes (8,90 \u20ac \u00e0 8,60 \u20ac). Et les cons\u00e9quences se font d\u00e9j\u00e0 sentir. \u00ab Il y a quelques semaines, des compagnies a\u00e9riennes ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas aller au bout des discussions avec l\u2018a\u00e9roport de Rennes, du fait de la loi de finances, consid\u00e9rant qu\u2019elle allait rajouter des surco\u00fbts \u00bb, illustre Micha\u00ebl Quernez, vice-pr\u00e9sident en charge des transports \u00e0 la R\u00e9gion. Ces surco\u00fbts pourraient se chiffrer \u00e0 6,60 M\u20ac \u00e0 fin 2026, alertait, en mars, la R\u00e9gion, dans un courrier adress\u00e9 \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019aviation civile (DGAC).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/6841cc6172e83fa14e0b3c70.1.jpeg\" width=\"480\" height=\"300\" class=\"web_golden_m\" loading=\"lazy\" alt=\"\u00ab\u00a0Tout est op\u00e9r\u00e9 par nos personnels. On r\u00e9alise l\u2019assistance en escale, l\u2019enregistrement\u2026\u00a0\u00bb\"\/>\u00ab\u00a0Tout est op\u00e9r\u00e9 par nos personnels. On r\u00e9alise l\u2019assistance en escale, l\u2019enregistrement\u2026\u00a0\u00bb (David Brunet)<\/p>\n<p>En outre, suite \u00e0 l\u2019abandon de NDDL, l\u2019\u00c9tat est emp\u00eatr\u00e9 dans une bataille juridique contre Vinci. Elle pourrait d\u00e9boucher sur une indemnisation de plusieurs centaines de millions d\u2019euros, dans un contexte d\u00e9j\u00e0 exsangue pour les finances publiques. Dans ce contexte, l\u2019avenir de la plateforme de Rennes est loin d\u2019\u00eatre sa priorit\u00e9. S\u2019y ajoute l\u2019instabilit\u00e9 minist\u00e9rielle de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Celle-ci conduirait l\u2019\u00c9tat \u00e0 adopter une gestion strictement administrative de l\u2019ensemble. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019une vision politique d\u2019am\u00e9nageur.<\/p>\n<blockquote><p>Nantes capte 40 % de la client\u00e8le bretillienne contre seulement 15 % pour Rennes<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab Situation critique \u00bb<\/p>\n<p>La R\u00e9gion tente de pallier l\u2019absence de strat\u00e9gie. L\u2019allongement de la concession de 2024 \u00e0 2026 ? C\u2019est elle qui en est \u00e0 l\u2019origine. L\u2019objectif : se caler sur le renouvellement de la concession de l\u2019a\u00e9roport de Nantes, qui doit s\u2019achever fin 2025 d\u00e9but 2026. Si l\u2019id\u00e9e d\u2019une fusion des deux plateformes semble <a href=\"https:\/\/www.letelegramme.fr\/ille-et-vilaine\/rennes-35000\/et-si-les-aeroports-de-rennes-et-nantes-fusionnaient-6467699.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">abandonn\u00e9e<\/a>, la priorit\u00e9 est de les rendre compl\u00e9mentaires. \u00ab Il faut int\u00e9grer la demande de transport a\u00e9rien qui continue d\u2019augmenter, alors que l\u2019a\u00e9roport de Nantes sature, plaide Fran\u00e7oise Gatel, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 la ruralit\u00e9, ancienne s\u00e9natrice et maire de Ch\u00e2teaugiron. Nantes ne peut plus se d\u00e9velopper. \u00bb D\u2019autant moins, qu\u2019en pr\u00e9vision de la construction de NDDL, tous les investissements pr\u00e9vus \u00e0 Nantes Atlantique ont \u00e9t\u00e9 gel\u00e9s.<\/p>\n<p>Quels sont les desseins de la R\u00e9gion ? Dans le document qui pr\u00e9figure la future strat\u00e9gie a\u00e9roportuaire r\u00e9gionale, \u00ab l\u2019a\u00e9roport de Rennes doit devenir, d\u2019ici \u00e0 2040, l\u2019a\u00e9roport \u00e9co-r\u00e9gional de l\u2019est breton \u00bb. L\u2019objectif ? Faire de l\u2018infrastructure le premier a\u00e9roport utilis\u00e9 en Ille-et-Vilaine. Un v\u00e9ritable d\u00e9fi alors qu\u2019aujourd\u2019hui, Nantes capte 40 % de la client\u00e8le bretillienne contre seulement 15 % pour Rennes.<\/p>\n<p>Le million en\u2026 2040<\/p>\n<p>Le cap du million de passagers, initialement fix\u00e9 \u00e0 2030, est \u00e9galement remis sur la table pour 2040, \u00ab id\u00e9alement \u00e0 compter de 2031 \u00bb. Des v\u0153ux pieux qui se heurtent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 financi\u00e8re. \u00ab Le contrat qui nous lie avec la Seard (Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019exploitation des a\u00e9roports de Rennes et Dinard) n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de fonds publics apr\u00e8s le covid. Le contrat faisait que l\u2019a\u00e9roport se portait bien avant la crise sanitaire et que des r\u00e9serves avaient \u00e9t\u00e9 accumul\u00e9es, rel\u00e8ve Micha\u00ebl Quernez. Aujourd\u2019hui, on arrive \u00e0 un moment critique car les r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es depuis. On est \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre, mais dans une situation critique. \u00bb Un constat \u00e0 nuancer. Sur le site d\u2019informations l\u00e9gales Pappers, la Seard a d\u00e9gag\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice net de 690 000 \u20ac en 2023 et son chiffre d\u2019affaires s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 18 M\u20ac.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/6841cc603a11e401e108b062.1.jpeg\" width=\"480\" height=\"300\" class=\"web_golden_m\" loading=\"lazy\" alt=\"Fr\u00e9quentation en berne \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Rennes\u00a0: comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0\u00a0?\"\/><\/p>\n<p>Pas question pour autant que la R\u00e9gion remette la main au portefeuille. Elle pr\u00e9conise \u00ab l\u2019autofinancement des investissements \u00bb pour, \u00ab si possible, viser z\u00e9ro subvention d\u2019investissements de la R\u00e9gion \u00bb. C\u2019est que, dans le pass\u00e9, elle a \u00e9t\u00e9 contrainte de compenser le manque d\u2019investissements de la Seard, comprenant Vinci (49 % des parts) et la CCI d\u2019Ille-et-Vilaine (51 %), \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9quipement depuis 2010.<\/p>\n<blockquote><p>Mais, in fine, c\u2019est la R\u00e9gion &#8211; et donc le contribuable- qui a d\u00fb mettre au pot<\/p><\/blockquote>\n<p>Le contrat pass\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque entre la R\u00e9gion et ce conglom\u00e9rat \u00e9tait calibr\u00e9 sur la base de l\u2019arriv\u00e9e de NDDL et donc, sur une jauge qui ne d\u00e9passerait pas les 500 000 passagers annuels. L\u2019op\u00e9ration s\u2019est av\u00e9r\u00e9e juteuse pour la Seard alors que RNS a d\u00e9pass\u00e9 les 800 000 passagers en 2018. Entre 2014 et 2018, les deux actionnaires se sont partag\u00e9 des dividendes de 4 millions d\u2019euros selon la Chambre r\u00e9gionale des comptes. Certes ces pratiques n\u2019avaient rien d\u2019ill\u00e9gales. Mais, in fine, c\u2019est la R\u00e9gion &#8211; et donc le contribuable \u2014 qui a d\u00fb mettre au pot. \u00ab La CCI n\u2019a aucune capacit\u00e9 d\u2019investissement \u00bb, avance Herv\u00e9 Cavalan, pr\u00e9sident de l\u2019Association pour le d\u00e9senclavement a\u00e9rien de l\u2019a\u00e9roport Rennes Bretagne (Adarb). De gros investissements comme la r\u00e9novation de la piste ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9s par la R\u00e9gion.<\/p>\n<p>Soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e<\/p>\n<p>Le prochain consortium, qui prendra le manche de l\u2019a\u00e9roport en 2026, jusqu\u2019en 2046, sera-t-il en mesure de relever le d\u00e9fi ? Le tandem CCI-Vinci devrait en tout cas se porter \u00e0 nouveau candidat, avec le renfort d\u2019un troisi\u00e8me acteur, la Sealar. Une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans la gestion des petits a\u00e9roports r\u00e9gionaux. Le signe d\u2019un d\u00e9classement ? Pas forc\u00e9ment.<\/p>\n<p>Le groupe pourrait \u00eatre d\u00e9di\u00e9 principalement \u00e0 la gestion op\u00e9rationnelle, tout en \u00e9tant adoss\u00e9 \u00e0 la puissance financi\u00e8re de Vinci. Derri\u00e8re ce trio, d\u2019autres candidats devraient postuler. Le nom du gagnant donnera un indice sur les ambitions r\u00e9elles pour l\u2019a\u00e9roport de Rennes. R\u00e9ponse en avril 2026.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est un jour de semaine comme les autres \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Rennes. 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