{"id":167669,"date":"2025-06-11T07:55:08","date_gmt":"2025-06-11T07:55:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/167669\/"},"modified":"2025-06-11T07:55:08","modified_gmt":"2025-06-11T07:55:08","slug":"dans-la-fabrique-des-timidites-christophe-perruchas-raconte-un-amour-platonique-rts-ch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/167669\/","title":{"rendered":"Dans \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb, Christophe Perruchas raconte un amour platonique &#8211; rts.ch"},"content":{"rendered":"<p>Dans \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb, Christophe Perruchas retrace les \u00e9t\u00e9s d\u2019un jeune homme de 17 ans, vendeur de friandises sur les plages, qui d\u00e9couvre l\u2019amour platonique. R\u00e9dig\u00e9 \u00e0 partir de lettres \u00e9crites entre 1990 et 1994, l\u2019ouvrage explore la condition amoureuse et l\u2019absence de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Sept gingembres\u00a0\u00bb en 2020 et \u00ab\u00a0Revenir fils\u00a0\u00bb en 2021, Christophe Perruchas publie un troisi\u00e8me r\u00e9cit autofictionnel intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb. Le titre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne botanique qui d\u00e9signe l\u2019espace cr\u00e9\u00e9 entre les branches des grands arbres. Un vide qui dessine des sillons et des nervures dans le ciel et que l\u2019on nomme \u00ab\u00a0la timidit\u00e9 des arbres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019auteur, originaire de Nantes, n\u2019avait pas pr\u00e9vu d\u2019\u00e9crire ce texte. Occup\u00e9 depuis 2020 \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019un gros manuscrit sur le dada\u00efsme, il d\u00e9cide, sur conseil de son \u00e9ditrice, de lever le pied.\u00a0Mais \u00e0 la suite d\u2019une r\u00e9sidence d\u2019\u00e9criture \u00e0 la villa Marguerite Yourcenar dans le nord de la France, \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb vient au monde. Une histoire \u00e9crite en deux mois et qui s\u2019inspire d\u2019une centaine de lettres \u00e9chang\u00e9es entre 1990 et 1994. Ces missives, \u00e9crites par l\u2019auteur lui-m\u00eame, s\u2019adressent \u00e0 Anne, une camarade de classe, dont il est \u00e9perdument amoureux.<\/p>\n<p>Une correspondance v\u00e9ridique<\/p>\n<p>Le personnage d\u2019Anne a vraiment exist\u00e9, les lettres qu\u2019elle adresse au jeune Christophe \u00e9galement. Aujourd\u2019hui, elle est quinquag\u00e9naire comme l\u2019auteur, et ils ont tous les deux gard\u00e9 contact.<\/p>\n<p>L\u2019histoire d\u2019amour v\u00e9cue de mani\u00e8re platonique durant leur jeunesse s&rsquo;est transform\u00e9e, deux d\u00e9cennies plus tard, en amour physique. Christophe et Anne feront exister, adultes, ce qu\u2019ils d\u00e9siraient ardemment, adolescents.<\/p>\n<blockquote class=\"rts-quote quote\">\n<p class=\"q-text\">J\u2019ai toujours envie de lui \u00e9crire. C\u2019est comme si nous faisions l\u2019amour. C\u2019est m\u00eame mieux.\u00a0<\/p>\n<p>  Extrait de \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb de Christophe Perruchas  <\/p><\/blockquote>\n<p>Un comble, car \u00e0 dix-sept ans, les hormones et le d\u00e9sir sont \u00e0 leur acm\u00e9. Durant ces mois d\u2019\u00e9t\u00e9, le narrateur est loin de son amour. Il est vendeur de chouchous (une cacahu\u00e8te enrob\u00e9e de sucre caram\u00e9lis\u00e9) sur la P\u00e8ge, une tr\u00e8s longue plage \u00e0 Saint-Jean-de-Monts, dans l\u2019ouest de la France.<\/p>\n<p>La timidit\u00e9 ou l\u2019impossibilit\u00e9 de se toucher<\/p>\n<p>Selon Christophe Perruchas, cette relation non \u00e9rotique prend racine dans l\u2019identit\u00e9 m\u00eame de son narrateur. \u00ab\u00a0Pour Christophe, le d\u00e9sir est sup\u00e9rieur au plaisir. C&rsquo;est une fa\u00e7on de continuer \u00e0 id\u00e9aliser cette histoire d\u2019amour et \u00e0 pouvoir se projeter dedans\u00a0\u00bb, indique l&rsquo;auteur dans le podcast QWERTZ du 10 juin.<\/p>\n<p>Le lien \u00e9troit entre le terme botanique et le titre de l\u2019ouvrage est un prolongement de l\u2019histoire romantique v\u00e9cue par le h\u00e9ros. \u00ab\u00a0Ce qui m&rsquo;int\u00e9ressait dans l&rsquo;\u00e9vocation de cette timidit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait cette esp\u00e8ce d&rsquo;impossibilit\u00e9 de toucher Anne. Cette timidit\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9lan, et l\u2019espace entre deux personnes toujours infranchi dans le roman. Et cette timidit\u00e9 devient l\u2019impossibilit\u00e9 d&rsquo;aller vers l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, livre Christophe Perruchas.<\/p>\n<p>Les p\u00e9riodes estivales sont d\u2019ailleurs id\u00e9ales pour \u00e9voquer l\u2019absence, la distance et l\u2019impossibilit\u00e9. C\u2019est la raison pour laquelle la narration se concentre sur cinq \u00e9t\u00e9s du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>Premier job d\u2019\u00e9t\u00e9, tout un apprentissage<\/p>\n<p>Ce premier job d\u2019\u00e9t\u00e9, vendeur de chouchous sur les plages, donne \u00e0 ce texte des allures de roman d\u2019apprentissage.<\/p>\n<p>Tann\u00e9 par son p\u00e8re de trouver du travail, Christophe d\u00e9croche un job aupr\u00e8s de Michel, un chef sympathique et roublard, qui g\u00e8re une petite entreprise de chouchous. Au d\u00e9but, il ne conna\u00eet rien \u00e0 ce m\u00e9tier. Il ne sait pas qu\u2019il faut \u00eatre cr\u00e9atif, inventer son propre \u00ab\u00a0cri\u00a0\u00bb, sa mani\u00e8re de vendre, faire d\u00e9guster aux enfants sans trop offrir non plus, construire son r\u00e9seau et, surtout, \u00e9viter la police. Car vendre \u00e0 certains endroits sur la plage est alors prohib\u00e9.<\/p>\n<p>Et puis il y a les membres du clan, qui dorment group\u00e9s dans le camping des Demoiselles. Il y a Lapin, l\u2019Oie, Didi, Manu, Petite.<\/p>\n<blockquote class=\"rts-quote quote\">\n<p class=\"q-text\">On d\u00e9barque en scred, on passe les cageots vides, la barri\u00e8re des flics municipaux, et les sacs \u00e0 dos pleins. Cavalcade, dix jeunes en sweat, l\u2019invasion douce.<\/p>\n<p>  Extrait de \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb de Christophe Perruchas  <\/p><\/blockquote>\n<p>Avec ce troisi\u00e8me roman, Christophe Perruchas livre le r\u00e9cit d\u2019un adolescent de 17 ans en lutte contre les carcans qu\u2019on lui impose. Plus qu\u2019un simple roman d\u2019apprentissage, c\u2019est un r\u00e9cit de combat existentiel. Le jeune protagoniste avance dans le monde, en qu\u00eate d\u2019un sens, d\u2019une voix, d\u2019un lieu o\u00f9 il pourrait \u00eatre enfin \u00e0 sa place. Sans renier ce qu\u2019il est ni se plier aux injonctions de l\u2019ordre \u00e9tabli.<\/p>\n<p class=\"sources\">Layla Shlonsky\/mh<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">Christophe Perruchas, \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb, ed. du Rouergue, mai 2025.<\/p>\n<p class=\"article-footnote\">Vous aimez lire?\u00a0<a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/info\/culture\/livres\/10829254-vous-aimez-les-livres-voici-qwertz.html\" data-item-id=\"richtext_link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Abonnez-vous \u00e0 QWERTZ<\/a>\u00a0et recevez chaque vendredi cette newsletter consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9 du livre pr\u00e9par\u00e9e par RTS Culture.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans \u00ab\u00a0La fabrique des timidit\u00e9s\u00a0\u00bb, Christophe Perruchas retrace les \u00e9t\u00e9s d\u2019un jeune homme de 17 ans, vendeur de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":167670,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1693,1379,251,58,59,1011,27,937,22341,1351,1380,1699,2004],"class_list":{"0":"post-167669","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-arts-et-divertissement","9":"tag-books","10":"tag-culture","11":"tag-divertissement","12":"tag-entertainment","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-histoire","16":"tag-lettre","17":"tag-litterature","18":"tag-livres","19":"tag-recit","20":"tag-roman"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114663661600681335","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/167669","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=167669"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/167669\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/167670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=167669"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=167669"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=167669"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}