{"id":1705,"date":"2025-04-04T00:08:13","date_gmt":"2025-04-04T00:08:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1705\/"},"modified":"2025-04-04T00:08:13","modified_gmt":"2025-04-04T00:08:13","slug":"comment-une-bacterie-intestinale-influence-notre-envie-de-sucre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/1705\/","title":{"rendered":"Comment une bact\u00e9rie intestinale influence notre envie de sucre"},"content":{"rendered":"<p>Et si votre envie soudaine de sucre ne venait pas de vous, mais de votre microbiote\u00a0? Une \u00e9tude r\u00e9cemment publi\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41564-024-01902-8\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Nature Microbiology<\/a> vient de mettre en \u00e9vidence un lien entre l\u2019abondance d\u2019une bact\u00e9rie intestinale courante et la quantit\u00e9 de sucre que nous consommons. Cette d\u00e9couverte \u00e9claire comment notre microbiote influence nos comportements alimentaires. Elle pourrait \u00e9galement permettre de d\u00e9velopper de nouveaux traitements pour certains troubles m\u00e9taboliques.<\/p>\n<p>Yong Q. Chen, chercheuse en canc\u00e9rologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Jiangnan, en Chine, et son \u00e9quipe s\u2019int\u00e9ressaient au r\u00f4le d\u2019un r\u00e9cepteur des acides gras libres \u00e0 longue cha\u00eene (comme les om\u00e9ga-3, par exemple),\u00a0FFA4R, dans le m\u00e9tabolisme des lipides [ce r\u00e9cepteur est pr\u00e9sent notamment \u00e0 la surface de certaines cellules de l\u2019intestin et des adipocytes, ndlr]. Dans ce but, les chercheurs soumettaient initialement des souris \u00e0 un r\u00e9gime riche en graisses. Puis\u00a0Yong Q. Chen a sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019utiliser un r\u00e9gime riche en glucides \u00e0 titre de comparaison. Les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 surprenants\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pensions qu\u2019un r\u00e9cepteur d\u2019acide gras influerait sur la pr\u00e9f\u00e9rence pour les graisses. Contre toute attente, il s\u2019av\u00e8re que FFA4R module l\u2019envie de sucre\u00a0\u00bb, explique Yong Q. Chen.<\/p>\n<p>En effet, les chercheurs ont constat\u00e9 une corr\u00e9lation entre la diminution de la quantit\u00e9 de\u00a0FFA4R chez les souris et une pr\u00e9f\u00e9rence plus marqu\u00e9e pour le r\u00e9gime riche en sucre. Ils ont \u00e9galement compar\u00e9 les concentrations de ce r\u00e9cepteur chez des souris et des humains souffrant ou non de diab\u00e8te. R\u00e9sultat\u00a0? Les quantit\u00e9s sont nettement plus faibles chez les individus diab\u00e9tiques.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient le microbiome intestinal\u00a0: les scientifiques ont \u00e9galement d\u00e9couvert, aussi bien chez la souris que chez l\u2019humain, qu\u2019une moindre quantit\u00e9 du r\u00e9cepteur \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une pr\u00e9sence plus faible d\u2019une bact\u00e9rie intestinale nomm\u00e9e Bacteroides vulgatus.<\/p>\n<p>  <strong>A lire aussi :<\/strong><br \/>\n  <a href=\"https:\/\/www.pourlascience.fr\/sd\/neurosciences\/comment-notre-flore-intestinale-controle-notre-alimentation-12209.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Comment notre flore intestinale contr\u00f4le notre alimentation<\/a><\/p>\n<p>Les chercheurs ont explor\u00e9 le r\u00f4le de B. vulgatus et ont d\u00e9couvert qu\u2019un de ses m\u00e9tabolites, le pantoth\u00e9nate (ou vitamine B5), stimule la production de GLP-1, une hormone impliqu\u00e9e dans la r\u00e9gulation de l\u2019app\u00e9tit. En r\u00e9sum\u00e9, une diminution de la quantit\u00e9 de r\u00e9cepteurs\u00a0FFA4R\u00a0r\u00e9duit le nombre de B. vulgatus dans nos intestins, et donc la production de GLP-1.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette \u00e9tude apporte une preuve suppl\u00e9mentaire de l\u2019existence d\u2019interactions intrins\u00e8ques entre l\u2019h\u00f4te et son microbiome\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Sergue\u00ef Fetissov, physiologiste \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Rouen-Normandie, en France, qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 cette \u00e9tude. Il souligne que l\u2019identification du r\u00f4le de la vitamine<strong> <\/strong>B5, produite par B.<strong> <\/strong>vulgatus, dans la s\u00e9cr\u00e9tion de GLP-1 et dans la pr\u00e9f\u00e9rence pour le sucre repr\u00e9sente une avanc\u00e9e significative. Elle pourrait, en effet, ouvrir la voie \u00e0 de nouveaux traitements pour le diab\u00e8te de type 2.<\/p>\n<p>  <strong>A lire aussi :<\/strong><br \/>\n  <a href=\"https:\/\/www.pourlascience.fr\/sd\/medecine\/les-microbes-font-ils-grossir-9604.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les microbes font-ils grossir\u00a0?<\/a><\/p>\n<p>Elisa Caffrey, doctorante en microbiologie et immunologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Stanford, qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 ces travaux non plus, est du m\u00eame avis. Elle souligne le potentiel de la suppl\u00e9mentation en vitamine B5, voire d\u2019un m\u00e9dicament pour augmenter la quantit\u00e9 de r\u00e9cepteur\u00a0FFA4R. Toutefois, des recherches suppl\u00e9mentaires, notamment des essais cliniques, sont n\u00e9cessaires pour confirmer ces r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Il reste en outre des questions sans r\u00e9ponses. B.\u00a0vulgatus n\u2019est pas le seul microorganisme \u00e0 influencer la production de GLP-1\u00a0: l\u2019\u00e9quipe de Sergue\u00ef Fetissov avait pr\u00e9c\u00e9demment montr\u00e9 qu\u2019Escherichia coli stimule aussi sa lib\u00e9ration. \u00ab\u00a0Comparer B. vulgatus avec d\u2019autres facteurs r\u00e9gulant la quantit\u00e9 de GLP-1 n\u00e9cessitera donc d\u2019autres recherches\u00a0\u00bb, conclut Yong Q. Chen.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Et si votre envie soudaine de sucre ne venait pas de vous, mais de votre microbiote\u00a0? 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