{"id":177769,"date":"2025-06-15T06:41:08","date_gmt":"2025-06-15T06:41:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/177769\/"},"modified":"2025-06-15T06:41:08","modified_gmt":"2025-06-15T06:41:08","slug":"un-ancien-medecin-bordelais-poursuivi-pour-avoir-dispense-des-traitements-non-autorises-contre-des-maladies-incurables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/177769\/","title":{"rendered":"Un ancien m\u00e9decin bordelais poursuivi pour avoir dispens\u00e9 des traitements non autoris\u00e9s contre des maladies incurables"},"content":{"rendered":"<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, Michel Geffard, m\u00e9decin et directeur de recherche \u00e0 l\u2019Inserm de Bordeaux semblait promis \u00e0 une brillante carri\u00e8re. Ses travaux sur le r\u00f4le de l\u2019intestin dans les maladies telles que <a href=\"https:\/\/www.sudouest.fr\/sante\/destination-sante\/sclerose-en-plaques-l-effet-protecteur-de-fortes-doses-de-vitamine-d-24459567.php\" target=\"_blank\" rel=\"follow nofollow noopener\">la scl\u00e9rose en plaques<\/a> ou<a href=\"https:\/\/www.sudouest.fr\/sante\/maladie-de-charcot-ou-sla-quelle-origine-quels-symptomes-quels-traitements-23009769.php\" target=\"_blank\" rel=\"follow nofollow noopener\"> la maladie de Charcot <\/a>lui valaient des distinctions et des publications dans de prestigieuses revues scientifiques. Mais trente-cinq\u00a0ans plus tard, le m\u00e9decin bordelais, radi\u00e9 en 2017 et \u00e2g\u00e9 de 78\u00a0ans, va devoir s\u2019expliquer \u00e0 la barre du tribunal correctionnel de Paris \u00e0 partir de ce lundi 16\u00a0juin pendant deux semaines.<\/p>\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s de son \u00e9pouse, d\u2019un homme d\u2019affaires et d\u2019un g\u00e9n\u00e9raliste bayonnais, mais aussi d\u2019une association et d\u2019une start-up, il r\u00e9pondra de tromperie, pratiques commerciales trompeuses, d\u2019exercice ill\u00e9gal de la m\u00e9decine, de la profession de pharmacien et de celle de biologiste, de distribution d\u2019un m\u00e9dicament non autoris\u00e9, fabrication et distribution de substances actives sans autorisation\u2026<\/p>\n<p>La justice reproche aux pr\u00e9venus d\u2019avoir mis en place une cha\u00eene de soins transfrontali\u00e8re afin de vendre \u00e0 des centaines de malades atteints par des maladies incurables des traitements mis au point par Michel Geffard en dehors de toute autorisation. Dans les ann\u00e9es 1990, Michel Geffard pense avoir d\u00e9couvert un m\u00e9dicament, les polycomplexes, pour soulager et pr\u00e9venir ces maladies. Ces mol\u00e9cules sont cens\u00e9es neutraliser les antig\u00e8nes bact\u00e9riologiques qu\u2019il suspecte de causer des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. Il estime \u00e9galement avoir mis au point au dispositif par pr\u00e9l\u00e8vements sanguins pour \u00e9tablir des diagnostics et adapter le traitement.<\/p>\n<p>Les foudres du Conseil de l\u2019ordre<\/p>\n<p>Mais les premi\u00e8res alertes tombent sur les pratiques du chercheur. D\u00e8s 1995, le Conseil de l\u2019ordre des m\u00e9decins le suspend trois mois pour avoir prescrit \u00e0 un malade un m\u00e9dicament de son invention mais non autoris\u00e9. Il est renvoy\u00e9 devant le tribunal correctionnel de Bordeaux qui le relaxe sur la plupart des poursuites, consid\u00e9rant que les produits d\u00e9livr\u00e9s s\u2019apparentent plus \u00e0 des \u00ab\u00a0allerg\u00e8nes\u00a0\u00bb qu\u2019\u00e0 des traitements. Il \u00e9cope toutefois de 8\u00a0000 francs (environ 2\u00a0000\u00a0euros) avec sursis pour s\u2019\u00eatre dispens\u00e9 de solliciter l\u2019avis de l\u2019Agence du m\u00e9dicament et de l\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine.<\/p>\n<p>Mais en 2017, il est cette fois d\u00e9finitivement radi\u00e9 par le Conseil de l\u2019ordre. Il lui est \u00e0 nouveau reproch\u00e9 d\u2019avoir prescrit un m\u00e9dicament non autoris\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9tabli un diagnostic sur un patient sans le rencontrer. De quoi refroidir la communaut\u00e9 scientifique. Mais pas les adeptes des m\u00e9decines alternatives et des th\u00e9ories parfois complotistes sur la m\u00e9decine acad\u00e9mique. \u00ab\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 sursollicit\u00e9 par des malades d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et a pris un risque p\u00e9nal pour les aider. Mais il n\u2019y a pas chez lui de contestation de l\u2019ordre public sanitaire\u00a0\u00bb, assure son avocat, Me Charles Dufranc.<\/p>\n<blockquote><p>La juge d\u2019instruction reproche \u00e0 ce dispositif d\u2019avoir cherch\u00e9 \u00e0 donner \u00ab\u00a0une fausse apparence de conformit\u00e9\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Adoss\u00e9 \u00e0 la start-up Polyneuros \u00e0 Saint-Jean-d\u2019Illac (33) dont il est responsable scientifique, et une association, IDRPHT, cr\u00e9\u00e9e pour soutenir ses recherches, Michel Geffard est soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir continu\u00e9 \u00e0 soigner des centaines de patients, notamment par le truchement de docteurs qui servaient de pr\u00eate-nom. Les bilans sanguins, dits immuno-bilans \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s soit par l\u2019association \u00e0 qui les malades versaient entre 150 et 400\u00a0euros sous forme de dons, soit par Polyneuros. Aucune des structures n\u2019\u00e9tait habilit\u00e9e \u00e0 les pratiquer. Et l\u2019enqu\u00eate va r\u00e9v\u00e9ler que ces analyses \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es dans les r\u00e8gles de l\u2019art.<\/p>\n<p>Une pharmacie \u00e0 Milan<\/p>\n<p>\u00c0 Saint-Jean-d\u2019Illac, Polyneuros fabriquait les principes actifs des polycomplexes sans avoir le moindre agr\u00e9ment et \u00e0 partir de substances dont certaines n\u2019\u00e9taient pas conformes \u00e0 la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Les produits \u00e9taient ensuite envoy\u00e9s dans une pharmacie \u00e0 Milan qui les assemblait sous forme de comprim\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans son ordonnance, la juge d\u2019instruction reproche \u00e0 ce dispositif d\u2019avoir cherch\u00e9 \u00e0 donner \u00ab\u00a0une fausse apparence de conformit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 ce traitement r\u00e9guli\u00e8rement retoqu\u00e9 par les autorit\u00e9s sanitaires faute de donn\u00e9es cliniques et qui visait des personnes vuln\u00e9rables pour lesquelles il n\u2019existait pas de th\u00e9rapeutique pour \u00e9viter la mort.<\/p>\n<p>Le praticien, de son c\u00f4t\u00e9, assure avoir agi dans un sentiment compassionnel. \u00ab\u00a0C\u2019est un dossier qui n\u2019est abord\u00e9 que sous un angle administratif rigide sans jamais se pencher sur la port\u00e9e scientifique des recherches men\u00e9es par mon client depuis quarante\u00a0ans. Michel Geffard ne s\u2019est pas enrichi et n\u2019a pas mis la vie des malades en danger. Il a pu faire des essais qui lui donnaient la garantie que les polycomplexes n\u2019\u00e9taient pas nocifs. Mais pour confirmer ses indices sur l\u2019efficacit\u00e9 du traitement, il aurait fallu de co\u00fbteux essais de phase 3. Aucun laboratoire n\u2019a voulu les prendre en charge\u00a0\u00bb, observe Me Dufranc<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, aucun patient ne s\u2019est constitu\u00e9 partie civile.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, Michel Geffard, m\u00e9decin et directeur de recherche \u00e0 l\u2019Inserm de Bordeaux semblait promis&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":177770,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1011,27,72,71],"class_list":{"0":"post-177769","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-health","11":"tag-sante"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114686019890325828","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177769"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177769\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/177770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}