{"id":181062,"date":"2025-06-16T14:55:21","date_gmt":"2025-06-16T14:55:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/181062\/"},"modified":"2025-06-16T14:55:21","modified_gmt":"2025-06-16T14:55:21","slug":"semiramis-de-rossini-a-rouen-un-bal-des-vampires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/181062\/","title":{"rendered":"\u201cS\u00e9miramis\u201d de Rossini \u00e0 Rouen\u00a0: un bal des vampires"},"content":{"rendered":"<p>Un an apr\u00e8s Tancr\u00e8de, Rouen affiche l\u2019autre seria rossinien inspir\u00e9 de Voltaire, toujours mis en sc\u00e8ne par Pierre-Emmanuel Rousseau. Si la production s\u2019oublie vite, la distribution, bien qu\u2019in\u00e9gale, tient son rang et la direction de Valentina Peleggi imprime \u00e0 l\u2019\u0153uvre un bel \u00e9lan dramatique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/25cd0605orn_0618-615x410.jpg\" alt=\"\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen\" class=\"pinit-here\"\/><\/p>\n<p>\u00a9 Caroline Doutre<\/p>\n<ul class=\"lists_legend\">\n<li class=\"active\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<li class=\"\">\n<p>\u201cSemiramide\u201d de Rossini \u00e0 Rouen<\/p>\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Pierre-Emmanuel Rousseau<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"p1\">\u00c0 Babylone, la reine S\u00e9miramis, avec la complicit\u00e9 du prince Assur, a assassin\u00e9 son mari Ninus. Elle n\u2019a d\u2019yeux que pour le jeune g\u00e9n\u00e9ral Arsace, qui, comme Assur et le prince indien Idreno, convoite la princesse Azema. S\u00e9miramis proclame son intention d\u2019\u00e9pouser son jeune favori et d\u2019en faire le successeur de Ninus. Appara\u00eet alors le spectre du roi\u00a0: Arsace pourra r\u00e9gner s\u2019il descend dans son tombeau et sacrifie une victime. Le grand pr\u00eatre Oroe lui r\u00e9v\u00e8le ensuite qu\u2019il est en r\u00e9alit\u00e9 le fils disparu de Ninus et de S\u00e9miramis, qui le supplie, en vain, de la tuer. S\u00e9miramis, Arsace et Assur descendent au tombeau de Ninus. Quand, sur l\u2019ordre d\u2019Oroe, Arsace frappe la victime d\u00e9sign\u00e9e, il atteint sa m\u00e8re bien qu\u2019il croie tuer Assur. Ninus est veng\u00e9, Arsace r\u00e9gnera.<\/p>\n<p class=\"p1\">La trag\u00e9die de Voltaire a inspir\u00e9 beaucoup de livrets d\u2019op\u00e9ras, dont seul celui de Rossini a travers\u00e9 le temps, s\u2019imposant de nouveau \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960 gr\u00e2ce \u00e0 Joan Sutherland. Le cygne de Pesaro signe ici son dernier ouvrage seria, un melodramma tragico en deux actes o\u00f9 la colorature virtuose atteint des sommets dans des airs et des duos \u00e9blouissants. D\u2019une grande puissance dramatique, riche d\u2019ensembles, tels l\u2019introduction et le grandiose finale de l\u2019acte I, l\u2019\u0153uvre r\u00e9v\u00e8le aussi, d\u00e8s la c\u00e9l\u00e8bre Ouverture, une science de l\u2019orchestre que les feux d\u2019artifice vocaux font trop souvent n\u00e9gliger. Quand on voit S\u00e9miramis, il faut \u00e9galement \u00e9couter la fosse.\u00a0<\/p>\n<p>\t\t\t\t La trag\u00e9die est morte  <\/p>\n<p class=\"p1\">D\u00e9cors noirs, sobres mais imposants\u00a0: <strong>Pierre-Emmanuel Rousseau<\/strong> veut, avec raison, restituer le tragique t\u00e9n\u00e9breux et la dimension spectaculaire de l\u2019\u0153uvre. Plus ambitieux que pour Tancr\u00e8de, il convoque malheureusement deux r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques qui en d\u00e9tournent l\u2019esprit, Les Pr\u00e9dateurs de Tony Scott, avec une Catherine Deneuve vampire et fatale, et Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. La cour de Babylone devient le si\u00e8ge oppressant d\u2019une \u00ab soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te o\u00f9 S\u00e9miramis organise des sacrifices \u00bb, o\u00f9 l\u2019on consomme force alcool, tabac et drogue (Assur n\u2019en finit pas de sniffer)\u2026 et le sang des morts. La princesse Azema, pourtant r\u00f4le tr\u00e8s \u00e9pisodique, se mue en une goule qui se repa\u00eet du sang de ses victimes, Idreno puis Arsace, ceignant \u00e0 la fin la couronne royale \u2013 le lieto fine oblig\u00e9 du seria est \u00e9vacu\u00e9 au profit d\u2019un d\u00e9nouement hasardeux.<\/p>\n<p class=\"p1\">Prise au pi\u00e8ge d\u2019une greffe qui ne prend pas, la production fait long feu \u2013 notamment par la chor\u00e9graphie. Le souvenir des films se superpose artificiellement \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Rien n\u2019inspire ici la terreur ou la piti\u00e9, la trag\u00e9die a disparu. Pas assez tendue pour un tel sujet, la direction d\u2019acteurs elle-m\u00eame ne va pas au bout des situations et des personnages, la sc\u00e8ne o\u00f9 Arsace r\u00e9v\u00e8le son identit\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re tombe \u00e0 plat. Ceux qui assisteront \u00e0 la version de concert donn\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es n\u2019auront rien perdu \u2013 sauf les belles lumi\u00e8res de <strong>Gilles Gentner<\/strong>.\u00a0<\/p>\n<p>  Quand le meilleur vient d\u2019Assur  <\/p>\n<p class=\"p1\">Le 3 f\u00e9vrier 1823, la Fenice de Venise avait r\u00e9uni un plateau d\u2019exception, avec l\u2019Arsace de Rosa Mariani, l\u2019Assur de Filippo Galli, m\u00eame si Isabela Colbran (dans le r\u00f4le-titre), l\u2019\u00e9pouse du ma\u00eetre, commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9cliner. In\u00e9gale, la distribution rouennaise n\u2019atteint pas de tels sommets mais se tient plut\u00f4t bien. Sans avoir le port et l\u2019\u00e9clat de la reine, sans co\u00efncider non plus tout \u00e0 fait avec la tessiture du r\u00f4le, o\u00f9 il faut un m\u00e9dium et un grave plus substantiels, <strong>Karine Deshayes<\/strong>, de plus en plus soprano, convainc par sa ma\u00eetrise du canto spianato et du canto fiorito, par le rayonnement solaire de l\u2019aigu aussi. Voici une S\u00e9miramis techniquement et stylistiquement orthodoxe, reine plus fragile qu\u2019imp\u00e9rieuse, bourrel\u00e9e de remords, mais qui laisse un souvenir moins fort qu\u2019une Salom\u00e9 Jicia \u00e0 Nancy, o\u00f9 <strong>Franco Fagioli<\/strong> interpr\u00e9tait Arsace. Huit ans apr\u00e8s, le contre-argentin exhibe \u00e0 Rouen des registres plus dessoud\u00e9s encore, avec un m\u00e9dium exsangue et un aigu sans gloire, comme s\u2019il avait trois voix, faisant d\u2019autant plus regretter la flamboyance d\u2019un contralto travesti, mais conservant heureusement sa science belcantiste pour incarner un Arsace moins vaillant et plus introverti.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p1\">Le meilleur, \u00e0 vrai dire, vient de l\u2019Assur de <strong>Giorgi Manoshvili<\/strong>, m\u00eame s\u2019il manque les graves du prince \u00e0 son baryton basse\u00a0: superbe timbre, ligne rac\u00e9e, colorature ais\u00e9e. La sc\u00e8ne de folie du II, o\u00f9 s\u2019anticipent les visions de Nabucco ou de Macbeth, est remarquable par le phras\u00e9 et la noblesse de l\u2019expression. Un authentique rossinien. L\u2019autre cl\u00e9 de fa, pour \u00eatre beaucoup moins expos\u00e9e, n\u2019impressionne pas moins\u00a0: la basse puissante de <strong>Grigory Skarupa<\/strong> a toute la majest\u00e9 du grand pr\u00eatre. Peu assur\u00e9 au I, d\u2019o\u00f9 l\u2019on a retranch\u00e9 son air, <strong>Alasdair<\/strong> Kent, \u00e0 l\u2019\u00e9mission serr\u00e9e, s\u2019affirme au II, avec des aigus haut-perch\u00e9s o\u00f9 il risque de beaux diminuendos, un chant \u00e0 la fois agile et ch\u00e2ti\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p class=\"p1\">Tandis que le ch\u0153ur (Accentus se joignant aux forces de la maison) assure bien, l\u2019Orchestre de l\u2019Op\u00e9ra Normandie Rouen ne brille gu\u00e8re par la beaut\u00e9 de ses sonorit\u00e9s, peinant \u00e0 restituer les couleurs de la partition, mais <strong>Valentina Peleggi<\/strong> le tient d\u2019une main ferme. Elle a le sens du th\u00e9\u00e2tre et du temps dramatique, animant de fa\u00e7on tr\u00e8s suggestive les passages orchestraux, si bien que la longueur de la partition \u2013 plus de trois heures \u2013 ne se ressent jamais malgr\u00e9 des reprises qu\u2019on e\u00fbt aim\u00e9es plus vari\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Semiramide de Rossini. Rouen, Th\u00e9\u00e2tre des Arts, le 12 juin.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un an apr\u00e8s Tancr\u00e8de, Rouen affiche l\u2019autre seria rossinien inspir\u00e9 de Voltaire, toujours mis en sc\u00e8ne par Pierre-Emmanuel&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":181063,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9587],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,1638,12,5161,25,9590],"class_list":{"0":"post-181062","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rouen","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-has_diapo","15":"tag-news","16":"tag-normandie","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-rouen"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114693624539510789","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/181062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=181062"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/181062\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/181063"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=181062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=181062"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=181062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}