{"id":190908,"date":"2025-06-20T12:10:11","date_gmt":"2025-06-20T12:10:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/190908\/"},"modified":"2025-06-20T12:10:11","modified_gmt":"2025-06-20T12:10:11","slug":"chroniques-et-weathering-sensations-physiques-au-festival-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/190908\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Chroniques\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Weathering\u00a0\u00bb, sensations physiques au Festival de Marseille"},"content":{"rendered":"<p>Pour sa deuxi\u00e8me semaine, le <a href=\"https:\/\/snobinart.fr\/spectacle-vivant\/au-30e-festival-de-marseille-la-danse-comme-un-rituel\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Festival de Marseille<\/a> devient l\u2019espace d\u2019une danse qui pousse \u00e0 l\u2019extr\u00eame les curseurs de la physicalit\u00e9. Dans une approche qui tient autant de l\u2019\u00e9criture dramaturgique chez Peeping Tom, que de l\u2019acte performatif chez Faye Driscoll, le corps devient un mat\u00e9riau plastique qui se mod\u00e8le \u00e0 l\u2019envi. Pleinement d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la forme \u00e0 laquelle ils prennent part, les interpr\u00e8tes r\u00e9v\u00e8lent alors toute leur puissance, que celle-ci s\u2019exprime par le jeu d\u2019une narration ou par une n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9sister lors d\u2019une \u00e9preuve de force. Retour sur <strong>Chroniques<\/strong> et <strong>Weathering<\/strong>, respectivement pr\u00e9sent\u00e9s au Th\u00e9\u00e2tre La Cri\u00e9e et \u00e0 la Friche la Belle de Mai.<\/p>\n<p>Chroniques, regard sur une histoire de notre esp\u00e8ce<\/p>\n<p>L\u2019espace immense aux perspectives multiples semble, apr\u00e8s coup, porter les stigmates d\u2019une histoire qui n\u2019en serait pas \u00e0 sa premi\u00e8re occurrence. Tout comme les grands panneaux de toile qui le d\u00e9limitent, le plateau garde les traces d\u2019un avant, que celui-ci se soit sold\u00e9 par une lutte ou par un \u00e9lan commun. \u00c0 travers ses tableaux qui se succ\u00e8dent et s\u2019entrem\u00ealent, Gabriela Carrizo dessine une fresque au sein de laquelle les \u00e9poques se confondent, livrant en d\u00e9finitive le m\u00eame portrait \u2013 sombre \u2013 d\u2019une humanit\u00e9 qui serait vou\u00e9e \u00e0 d\u00e9railler.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"\" class=\"wp-image-23140\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/FdM2025_Chroniques1_PeepingTomSanneDeBlock.jpg\"\/>\u00a9 Sanne De Block<\/p>\n<p>Dans son \u00e9criture esth\u00e9tique et dramaturgique, <strong>Chroniques<\/strong> n\u2019affirme aucune temporalit\u00e9 ni r\u00e9f\u00e9rence indiscutable et directe. La pi\u00e8ce joue au contraire sur des images et des symboles \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation flexible, comme pour mieux en faire \u00e9merger une lecture universelle. Ainsi l\u2019univers pop de super-h\u00e9ros r\u00e9pond-il aux machines automates tout droit sorties de la science-fiction, quand l\u2019heure n\u2019est pas aux personnages fantasques et fantastiques issus de livres de contes ou d\u2019histoire m\u00e9di\u00e9vale. Malgr\u00e9 cette pluralit\u00e9 de registres, l\u2019esp\u00e8ce humaine d\u00e9peinte par Peeping Tom semble tourner ind\u00e9finiment autour d\u2019essentiels intemporels : l\u2019espoir, la mort et sa repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Car quels que soient l\u2019\u00e9poque et le contexte, tout semble mener vers ce moment de bascule qui fait du pouvoir un outil de domination, sous toutes ses formes. En opposition \u00e0 cet instinct, la science et l\u2019art ressortent comme les derniers remparts \u00e9ternels, garants d\u2019une vie qui se poursuit d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre. Dans cette plong\u00e9e, les corps de Simon Bus, Seungwoo Park, Charlie Skuy, Boston Gallacher et Balder Hansen se contractent et se dilatent, sursautent et se suspendent, dans une interpr\u00e9tation puissante et habit\u00e9e qui ne souffre aucune concession. De ce tissage subsiste l\u2019image d\u2019une autre issue possible, \u00e0 partir des traces des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s.<\/p>\n<p>Weathering, le temps de la d\u00e9liquescence<\/p>\n<p>Pour la chor\u00e9graphe am\u00e9ricaine Faye Driscoll, le travail de la physicalit\u00e9 commence avant tout par l\u2019invisible. Dans <strong>Weathering<\/strong>, ce sont les mots \u2013 prononc\u00e9s comme une harmonie incantatoire par les interpr\u00e8tes encore dissimul\u00e9s derri\u00e8re les gradins en quadrifrontal \u2013, qui annoncent la teneur du tableau \u00e0 venir. Par une longue \u00e9num\u00e9ration de parties anatomiques et d\u2019\u00e9tats physiques, le corps prend place au plateau avant m\u00eame d\u2019appara\u00eetre v\u00e9ritablement. Sur un semblant de matelas blanc passent des silhouettes, qui s\u2019arr\u00eatent un temps avant de se soustraire \u00e0 nouveau \u00e0 la vue. V\u00eatements du quotidien en guise de costumes de sc\u00e8ne, les voil\u00e0 bient\u00f4t pris, comme une photo sur le vif, dans le silence et l\u2019apparente immobilit\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"\" class=\"wp-image-23139\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/18.06.25_Fdm_Weathering_Faye-Driscoll_Pierre-Gondard-11-2.jpg\"\/>\u00a9 Pierre Gondard<\/p>\n<p>L\u00e0 s\u2019engage une \u00e9preuve de haute intensit\u00e9, pour les interpr\u00e8tes comme pour les spectateurs. Dans une d\u00e9monstration d\u2019endurance, il s\u2019agit pour les uns de donner vie \u00e0 des mouvements imperceptibles, pour les autres d\u2019accrocher leur regard au tableau qui leur fait face, par-del\u00e0 l\u2019impression de fixit\u00e9. Car ces dix corps \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre pr\u00e9caire sont bel et bien vivants. Leurs regards, leurs tensions ou les fluides qui s\u2019en \u00e9chappent \u2013 salive, sueur \u2013 s\u2019en font t\u00e9moins, d\u2019autant que l\u2019image se m\u00e9tamorphose \u00e0 une allure toujours plus grande. Le moindre geste se confond d\u00e9sormais aux autres, tandis que le support tourne sur lui-m\u00eame de plus en plus vite, bient\u00f4t accompagn\u00e9 des souffles et des cris qui poussent la performance vers son grand capharna\u00fcm cathartique final.<\/p>\n<p>Partant d\u2019une image tr\u00e8s polie qu\u2019elle se pla\u00eet \u00e0 d\u00e9grader jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame \u2013 faisant par ailleurs peu de cas de la pr\u00e9sence des spectateurs ou de leur consentement \u00e0 prendre part \u00e0 la chose \u2013, Faye Driscoll d\u00e9veloppe une forme radicale qui donne tout sens \u00e0 son titre. <strong>Weathering<\/strong> (\u00e9rosion) se lit comme une m\u00e9taphore de ce qui se fl\u00e9trit sous nos yeux, o\u00f9 refuser de voir revient \u00e0 subir. Toujours est-il que, si la pi\u00e8ce est de celles qui divisent, la force, la r\u00e9sistance et la pr\u00e9cision des interpr\u00e8tes imposent le respect.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.festivaldemarseille.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">Festival de Marseille<\/a><br \/>Du 12 juin au 6 juillet 2025<\/p>\n<p>Chroniques<br \/>Cr\u00e9ation 2025 Th\u00e9\u00e2tre National de Nice<\/p>\n<p class=\"has-small-font-size\">Conception et mise en sc\u00e8ne : <strong>Gabriela Carrizo<\/strong> \/ En co-r\u00e9alisation avec :<strong> Rapha\u00eblle Latini<\/strong> \/ Cr\u00e9ation et interpr\u00e9tation : <strong>Simon Bus, Seungwoo Park, Charlie Skuy, Boston Gallacher, Balder Hansen<\/strong> \/ Assistance artistique : <strong>Helena Casas<\/strong> \/ Composition sonore : <strong>Rapha\u00eblle Latini<\/strong> \/ Sc\u00e9nographie :<strong> Amber Vandenhoeck<\/strong> \/ Assistante sc\u00e9nographie :<strong> Edith Vandenhoeck<\/strong> \/ Lumi\u00e8re : <strong>Bram Geldhof<\/strong> \/ Son : <strong>Rapha\u00eblle Latini<\/strong> \/ Costumes : <strong>Jana Roos, Yi-Chun Liu, Boston Gallacher<\/strong> \/ Conseil artistique : <strong>Eurudike de Beul, Horacio Camerlingo<\/strong> \/ Cr\u00e9ation technique : <strong>Filip Timmerman<\/strong> \/ Assistant technique : <strong>Cl\u00e9ment Michaux, Peter Brughmans<\/strong> \/ Ing\u00e9nieur du son : <strong>Jo Heijens <\/strong>\/ Coordination technique : <strong>Gilles Roosen<\/strong> \/ Peinture en arri\u00e8re plan : <strong>Seungwoo Park<\/strong> \/ Collaboration sp\u00e9ciale :<strong> Lolo y Sosaku<\/strong><strong><br \/><\/strong><strong><br \/><\/strong>27 et 28 septembre 2025 \u00e0 l\u2019<strong>Aperto Festival Reggio Emilia<\/strong> (IT)<br \/>2 et 4 octobre 2025 \u00e0 <strong>TorinoDanza<\/strong> (IT)<br \/>8 et 9 octobre 2025 \u00e0 la <strong>Triennale Milano<\/strong> (IT)<br \/>13 et 14 octobre 2025 \u00e0 <strong>Dialog Festival Wroclaw<\/strong> (PL)<br \/>14 au 16 novembre 2025 \u00e0 <strong>Anth\u00e9a Antibes<\/strong> (FR)<br \/>20 et 21 novembre 2025 au <strong>Th\u00e9\u00e2tre des Salins Martigues<\/strong> (FR)<br \/>27 au 29 novembre 2025 au <strong>Th\u00e9\u00e2tre Libert\u00e9,Toulon<\/strong> (FR)<br \/>5 et 6 d\u00e9cembre 2025 au <strong>Carr\u00e9 Leon Gaumont Sainte-Maxime<\/strong> (FR)<br \/>9 au 19 d\u00e9cembre 2025 au<strong> KVS Bruxelles<\/strong> (BE)<br \/>23 et 24 janvier 2026 au <strong>Tanz K\u00f6ln<\/strong> (DE)<br \/>4 au 6 mars 2026 \u00e0 l\u2019<strong>Aula Magna Le Vilar<\/strong>, Louvain-la-Neuve (BE)<br \/>20 et 21 mars 2026 au <strong>Teatro Central Sevilla<\/strong> (ES)<br \/>28 et 29 mars 2026 \u2013 <strong>Emilia Romagna Teatro Cesena <\/strong>(IT)<br \/>02 au 08 avril 2026 \u00e0 <strong>La Villette Paris<\/strong> (FR)<br \/>28 au 30 avril 2026 aux <strong>Th\u00e9\u00e2tres de la ville de Luxembourg<\/strong> (LU)<br \/>4 au 14 juin 2026 au <strong>Teatre Nacional de Catalunya Barcelona <\/strong>(ES)<\/p>\n<p>Weathering<br \/>Cr\u00e9ation 2023<\/p>\n<p class=\"has-small-font-size\">Conception, chor\u00e9graphie et direction \u2013<strong> Faye Driscoll<\/strong> \/ avec <strong>James Barrett, Kara Brody, Amy Gernux, David Guzman, Maya LaLibert\u00e9, Mykel Marai Nairne, Jennifer Nugent, Cory Seals, Carlo Antonio Villanueva, Jo Warren<\/strong> \/ Sc\u00e9nographie de <strong>Jake Margolin <\/strong>et <strong>Nick Vaughan\u00a0 <\/strong>\u00a0\/ Conception des \u00e9clairages d\u2019<strong>Amanda K. Ringger <\/strong>\u00a0\u00a0\/ Direction sonore et musicale de<strong> Sophia Brous <\/strong>\u00a0\u00a0\/ Son en direct et conception sonore de <strong>Ryan Gamblin<\/strong>\u00a0 \/ Composition, enregistrements de terrain, conception sonore de <strong>Guillaume Soula<\/strong> \/ Conception des costumes \u2013 <strong>Karen Boyer <\/strong>\u00a0\/ Dramaturgie et conception olfactive de<strong> Dages Juvelier Keates<\/strong> \u00a0 \/ Assistance chor\u00e9graphique \u2013 <strong>Amy Gernux\u00a0 <\/strong>\u00a0\/ Coordination de l\u2019intimit\u00e9 \u2013 <strong>Yehuda Duenyas\u00a0 <\/strong>\/ Directrice technique et des \u00e9clairages \u2013 <strong>Connor Sale<\/strong> \/ Gestion de la sc\u00e8ne et des accessoires \u2013 <strong>Emily Vizina <\/strong><\/p>\n<p>27 au 29 juin 2025 \u00e0 l\u2019<strong>Epidaurus Festival<\/strong>, Ath\u00e8nes (GR)<br \/>4 au 6 juillet 2025 au J<strong>ulidans Amsterdam<\/strong> (NL)<br \/>13 au 17 ao\u00fbt 2025 au <strong>Jacob\u2019s Pillow Dance Festival<\/strong>, Becket, MA (USA)<br \/>4 au 6 septembre 2025 au <strong>Philadelphia Fringe Festival<\/strong>, PA (USA)<br \/>12 au 15 novembre 2025 au <strong>CentQuatre \u2013 Festival d\u2019Automne<\/strong>, Paris (FR)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour sa deuxi\u00e8me semaine, le Festival de Marseille devient l\u2019espace d\u2019une danse qui pousse \u00e0 l\u2019extr\u00eame les curseurs&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":190909,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,3834,1777,674,24143,31269,1011,27,32883,884,12,32884,882,25],"class_list":{"0":"post-190908","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-critique-spectacle","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-faye-driscoll","14":"tag-festival-de-marseille","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-gabriela-carrizo","18":"tag-marseille","19":"tag-news","20":"tag-peeping-tom","21":"tag-provence-alpes-cote-dazur","22":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114715625488108116","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/190908","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=190908"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/190908\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/190909"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=190908"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=190908"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=190908"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}