{"id":195091,"date":"2025-06-22T05:06:29","date_gmt":"2025-06-22T05:06:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/195091\/"},"modified":"2025-06-22T05:06:29","modified_gmt":"2025-06-22T05:06:29","slug":"cinq-ans-apres-le-brexit-les-britanniques-regrettent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/195091\/","title":{"rendered":"Cinq ans apr\u00e8s le Brexit, les Britanniques regrettent"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-grey-6-180x22.svg\" width=\"180\" height=\"22\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/>PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Il y a cinq ans, vendredi, deux foules distinctes se sont rassembl\u00e9es pr\u00e8s du Parlement britannique : l&rsquo;une se r\u00e9jouissait en brandissant des drapeaux de l&rsquo;Union Jack, tandis que l&rsquo;autre, plus sombre, arborait des banni\u00e8res de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le 31 janvier 2020 \u00e0 23 heures, heure de Londres &#8211; minuit \u00e0 Bruxelles, si\u00e8ge de l&rsquo;UE -, le Royaume-Uni a officiellement quitt\u00e9 l&rsquo;Union europ\u00e9enne apr\u00e8s presque cinq d\u00e9cennies d&rsquo;adh\u00e9sion qui ont permis la libre circulation et le libre-\u00e9change entre la Grande-Bretagne et 27 autres pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Pour les partisans du Brexit, le Royaume-Uni est devenu une nation souveraine en charge de son propre destin. Pour les opposants, il s&rsquo;est transform\u00e9 en un pays isol\u00e9 et diminu\u00e9.<\/p>\n<p>Cinq ans plus tard, les citoyens et les entreprises sont toujours aux prises avec les r\u00e9percussions \u00e9conomiques, sociales et culturelles du Brexit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;impact a \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s profond\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le politologue Anand Menon, qui dirige le groupe de r\u00e9flexion UK in a Changing Europe. L&rsquo;impact a \u00e9t\u00e9 vraiment tr\u00e8s profond\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le politologue Anand Menon, qui dirige le groupe de r\u00e9flexion \u00ab\u00a0UK in a Changing Europe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nation insulaire ayant un sens aigu de son importance historique, la Grande-Bretagne \u00e9tait depuis longtemps un membre mal \u00e0 l&rsquo;aise de l&rsquo;UE lorsqu&rsquo;elle a organis\u00e9 un r\u00e9f\u00e9rendum en juin 2016 sur le maintien ou la sortie de l&rsquo;Union.<\/p>\n<p>Des d\u00e9cennies de d\u00e9sindustrialisation, suivies d&rsquo;ann\u00e9es de r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques et d&rsquo;une forte immigration, ont constitu\u00e9 un terrain fertile pour l&rsquo;argument selon lequel le Brexit permettrait au Royaume-Uni de \u00ab\u00a0reprendre le contr\u00f4le\u00a0\u00bb de ses fronti\u00e8res, de ses lois et de son \u00e9conomie.<\/p>\n<p>Pourtant, le r\u00e9sultat &#8211; 52 % en faveur de la sortie et 48 % en faveur du maintien &#8211; a \u00e9t\u00e9 un choc pour beaucoup.<\/p>\n<p>Ni le gouvernement conservateur, qui a fait campagne pour rester dans l&rsquo;UE, ni les militants pro-Brexit n&rsquo;avaient pr\u00e9vu les d\u00e9tails d\u00e9sordonn\u00e9s de la s\u00e9paration.<\/p>\n<p>Le r\u00e9f\u00e9rendum a \u00e9t\u00e9 suivi par des ann\u00e9es de querelles sur les conditions de la s\u00e9paration entre une UE bless\u00e9e et un Royaume-Uni d\u00e9chir\u00e9, ce qui a provoqu\u00e9 un blocage au Parlement et a finalement eu raison de la Premi\u00e8re ministre Theresa May.<\/p>\n<p>Elle a d\u00e9missionn\u00e9 en 2019 et a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par Boris Johnson, qui s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0faire aboutir le Brexit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, cela signifiait que le Royaume-Uni partait sans accord sur sa future relation \u00e9conomique avec l&rsquo;UE, qui repr\u00e9sentait la moiti\u00e9 des \u00e9changes commerciaux du pays.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9part politique a \u00e9t\u00e9 suivi de 11 mois de n\u00e9gociations houleuses sur les conditions du divorce, qui ont abouti \u00e0 un accord \u00e0 la veille de No\u00ebl 2020.<\/p>\n<p>Dans le cadre de cet accord, le Royaume-Uni a quitt\u00e9 le march\u00e9 unique et l&rsquo;union douani\u00e8re de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Cela signifiait que les marchandises pouvaient circuler sans droits de douane ni quotas, mais entra\u00eenait de nouvelles formalit\u00e9s administratives, des co\u00fbts et des retards pour les entreprises commerciales.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela nous a co\u00fbt\u00e9 de l&rsquo;argent. Nous sommes nettement plus lents et cela co\u00fbte plus cher. Mais nous avons surv\u00e9cu\u00a0\u00bb, explique Lars Andersen, dont la soci\u00e9t\u00e9 My Nametags, bas\u00e9e \u00e0 Londres, exp\u00e9die dans plus de 150 pays des \u00e9tiquettes aux couleurs vives pour les v\u00eatements d&rsquo;enfants et les fournitures scolaires.<\/p>\n<p>Pour continuer \u00e0 commercer avec l&rsquo;UE, Lars Andersen a d\u00fb \u00e9tablir une base en Irlande, par laquelle toutes les commandes destin\u00e9es aux pays de l&rsquo;UE doivent passer avant d&rsquo;\u00eatre exp\u00e9di\u00e9es.<\/p>\n<p>Il estime que ces tracas en valent la peine, mais d&rsquo;autres petites entreprises qu&rsquo;il conna\u00eet ont cess\u00e9 de commercer avec l&rsquo;UE ou ont d\u00e9localis\u00e9 leur production hors du Royaume-Uni.<\/p>\n<p>L&rsquo;Office for Budget Responsibility du gouvernement pr\u00e9voit que les exportations et les importations britanniques seront \u00e0 long terme inf\u00e9rieures d&rsquo;environ 15 % \u00e0 ce qu&rsquo;elles auraient \u00e9t\u00e9 si le Royaume-Uni \u00e9tait rest\u00e9 dans l&rsquo;UE, et que la productivit\u00e9 \u00e9conomique sera inf\u00e9rieure de 4 % \u00e0 ce qu&rsquo;elle aurait \u00e9t\u00e9 autrement.<\/p>\n<p>\u00c0 certains \u00e9gards, le Brexit ne s&rsquo;est pas d\u00e9roul\u00e9 comme le pr\u00e9voyaient ses partisans ou ses opposants.<\/p>\n<p>La pand\u00e9mie de COVID-19 et l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie ont aggrav\u00e9 les perturbations \u00e9conomiques et rendu plus difficile l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;impact de la sortie du Royaume-Uni de l&rsquo;UE sur l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Dans un domaine cl\u00e9, l&rsquo;immigration, l&rsquo;impact du Brexit a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ce que beaucoup avaient pr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Le d\u00e9sir de r\u00e9duire l&rsquo;immigration \u00e9tait l&rsquo;une des principales raisons pour lesquelles de nombreuses personnes ont vot\u00e9 en faveur de la sortie de l&rsquo;UE. Pourtant, l&rsquo;immigration au Royaume-Uni est aujourd&rsquo;hui bien plus \u00e9lev\u00e9e qu&rsquo;avant le Brexit, car le nombre de visas accord\u00e9s \u00e0 des travailleurs du monde entier a explos\u00e9.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la mont\u00e9e en puissance des dirigeants politiques protectionnistes, en particulier le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump qui vient de revenir au pouvoir, a fait monter les ench\u00e8res pour la Grande-Bretagne, d\u00e9sormais prise en \u00e9tau entre ses proches voisins europ\u00e9ens et sa \u00ab\u00a0relation sp\u00e9ciale\u00a0\u00bb transatlantique avec les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le monde est beaucoup moins indulgent aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il ne l&rsquo;\u00e9tait en 2016, lorsque nous avons vot\u00e9 pour la sortie\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 M. Menon.<\/p>\n<p>Les sondages sugg\u00e8rent que l&rsquo;opinion publique britannique a chang\u00e9 d&rsquo;avis sur le Brexit, une majorit\u00e9 de personnes estimant d\u00e9sormais qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une erreur.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la r\u00e9int\u00e9gration de l&rsquo;UE semble une perspective lointaine.<\/p>\n<p>Les souvenirs des disputes et des divisions \u00e9tant encore vifs, peu de gens veulent repasser par tout le processus.<\/p>\n<p>Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, \u00e9lu en juillet dernier, a promis de \u00ab\u00a0r\u00e9initialiser\u00a0\u00bb les relations avec l&rsquo;UE, mais il a exclu de r\u00e9int\u00e9grer l&rsquo;union douani\u00e8re ou le march\u00e9 unique.<\/p>\n<p>Il vise des changements relativement modestes, tels que la facilitation des tourn\u00e9es d&rsquo;artistes et la reconnaissance des qualifications des professionnels, ainsi qu&rsquo;une coop\u00e9ration plus \u00e9troite en mati\u00e8re d&rsquo;application de la loi et de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Les dirigeants europ\u00e9ens ont salu\u00e9 le changement de ton de M. Starmer par rapport \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Toutefois, alors que l&rsquo;Union europ\u00e9enne est confront\u00e9e \u00e0 ses propres probl\u00e8mes dans un contexte de mont\u00e9e du populisme sur le continent, le Royaume-Uni ne semble plus \u00eatre une priorit\u00e9 absolue pour l&rsquo;UE.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"PUBLICIT\u00c9 Il y a cinq ans, vendredi, deux foules distinctes se sont rassembl\u00e9es pr\u00e8s du Parlement britannique :&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":195092,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1588],"tags":[11,5356,1353,1777,674,12,473,1853,1851,364,1850,1852],"class_list":{"0":"post-195091","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-royaume-uni","8":"tag-actualites","9":"tag-boris-johnson","10":"tag-brexit","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-news","14":"tag-royaume-uni","15":"tag-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord","16":"tag-uk","17":"tag-union-europeenne","18":"tag-united-kingdom","19":"tag-united-kingdom-of-great-britain-and-northern-ireland"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114725282338492814","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=195091"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195091\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/195092"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=195091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=195091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=195091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}