{"id":197409,"date":"2025-06-23T05:32:11","date_gmt":"2025-06-23T05:32:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/197409\/"},"modified":"2025-06-23T05:32:11","modified_gmt":"2025-06-23T05:32:11","slug":"les-exigences-de-lallemagne-creent-des-vagues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/197409\/","title":{"rendered":"les exigences de l\u2019Allemagne cr\u00e9ent des vagues"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;Allemagne a jet\u00e9 un pav\u00e9 dans la mare europ\u00e9enne. Dans un document transmis aux Vingt-Sept, Berlin pose ses conditions pour le budget 2028-2034. \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a aucune base pour augmenter le volume du budget europ\u00e9en par rapport au revenu national brut\u00a0\u00bb, pr\u00e9vient le nouveau gouvernement de Friedrich Merz.\u00a0Traduction\u00a0: pas un euro de plus. Et bien s\u00fbr, l&rsquo;Allemagne veut maintenir <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/politique\/plan-de-relance-europeen-un-accord-arrache-au-prix-fort-21-07-2020-2384979_20.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">son\u00a0rabais actuel<\/a>\u00a0et en obtenir une\u00a0nouvelle ristourne\u00a0contre ce qu&rsquo;elle consid\u00e8re comme une contribution excessive \u00e0 la cagnotte europ\u00e9enne (23,6\u00a0% du total). Les Pays-Bas, leader des pays frugaux, devraient applaudir. <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/emmanuel-macron\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Emmanuel Macron<\/a>, lui, fait la grimace, et il n&rsquo;est pas le seul.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette intransigeance, la coalition des pays latins se dessine. France, Espagne, Portugal\u2026 Mais le Parlement europ\u00e9en aura aussi son mot \u00e0 dire. Or le Parti populaire europ\u00e9en (PPE), auquel Merz est affili\u00e9, fait bloc pour d\u00e9fendre une vision ambitieuse du budget et vient percuter la position allemande.<\/p>\n<p>Le lourd remboursement du plan de relance<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quation budg\u00e9taire est explosive et ce qui se joue derri\u00e8re les chiffres n&rsquo;est ni plus ni moins que l&rsquo;ampleur ou la d\u00e9cadence programm\u00e9e du projet europ\u00e9en.\u00a0L&rsquo;<a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/union-europeenne\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Union europ\u00e9enne<\/a> doit rembourser 806\u00a0milliards d&rsquo;euros, le prix du plan de relance post-Covid. \u00c0 partir de 2028, l&rsquo;addition tombe\u00a0: 15\u00a0milliards d&rsquo;euros par an de remboursement pendant trente ans. Au total, pour faire face \u00e0 toutes les \u00e9ch\u00e9ances, la Commission estime les besoins \u00e0 36\u00a0milliards d&rsquo;euros annuels. En plus des politiques traditionnelles (l&rsquo;Agriculture et les fonds de coh\u00e9sion pour les r\u00e9gions les plus pauvres), de\u00a0nouvelles priorit\u00e9s alourdissent la facture\u00a0: d\u00e9fense europ\u00e9enne, soutien \u00e0 l&rsquo;Ukraine, recherche (IA, quantique), \u00e9largissement, gestion des flux migratoires\u2026<\/p>\n<p>Comment financer tout cela\u00a0? Berlin ne se contente pas de dire non. L&rsquo;Allemagne a un plan complet pour refondre l&rsquo;Europe budg\u00e9taire. Le chancelier Friedrich Merz pose un principe\u00a0: l&rsquo;argent europ\u00e9en ne sera distribu\u00e9 qu&rsquo;en \u00e9change de \u00ab\u00a0r\u00e9formes structurelles\u00a0\u00bb nationales. Toutes les d\u00e9penses existantes devront \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es selon leur \u00ab\u00a0efficacit\u00e9\u00a0\u00bb, en appliquant le principe de subsidiarit\u00e9. L&rsquo;Allemagne veut renforcer la \u00ab\u00a0gouvernance\u00a0\u00bb avec des m\u00e9canismes de performance stricts\u00a0: jalons, objectifs, \u00e9valuations. Les programmes qui n&rsquo;y r\u00e9pondent pas seront coup\u00e9s. Et le respect de l&rsquo;\u00c9tat de droit, comme condition budg\u00e9taire, doit \u00eatre\u00a0renforc\u00e9\u00a0: message adress\u00e9 directement \u00e0 la Hongrie\u2026<\/p>\n<p>L&rsquo;Europe \u00e0 la carte<\/p>\n<p>En fait, le plan allemand reprend beaucoup des id\u00e9es de la Commission europ\u00e9enne pr\u00e9sid\u00e9e par Ursula von der Leyen. La pr\u00e9sentation de la proposition von der Leyen est pr\u00e9vue pour le 16\u00a0juillet mais, d\u00e8s le mois de mars, des documents ont \u00ab\u00a0fuit\u00e9\u00a0\u00bb du Berlaymont. \u00ab\u00a0\u00c9videmment une fuite volontaire\u00a0\u00bb, suppose Fabienne Keller, rapporteure Renew sur le prochain CFP (Cadre financier pluriannuel). Inspir\u00e9e du plan de relance Covid, cette structure introduit des \u00ab\u00a0plans nationaux\u00a0\u00bb avec des flexibilit\u00e9s in\u00e9dites. Les \u00c9tats pourront r\u00e9affecter librement les fonds entre programmes. Cette architecture \u00ab\u00a0\u00e0 la carte\u00a0\u00bb satisfait Berlin\u00a0: moins d&rsquo;Europe f\u00e9d\u00e9rale, plus de souverainet\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est contraire au principe de programmes europ\u00e9ens qui ont des objectifs partag\u00e9s\u00a0\u00bb, d\u00e9nonce Fabienne Keller. L&rsquo;exemple du Fonds de transition juste illustre le pi\u00e8ge\u00a0: ce programme aide les r\u00e9gions d\u00e9pendantes des \u00e9nergies fossiles, principalement en Europe de l&rsquo;Est. Avec la flexibilit\u00e9 nationale, cette logique th\u00e9matique europ\u00e9enne pourrait dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>La PAC en danger<\/p>\n<p>Si les \u00c9tats peuvent affecter les fonds europ\u00e9ens comme bon leur semble, pourquoi passer par le truchement de\u00a0Bruxelles\u00a0? \u00ab\u00a0Dans l&rsquo;Europe \u00e0 la carte, le transit par les tuyaux de Bruxelles deviendra de plus en plus inutile et sa l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique pour impulser des politiques, d\u00e9risoire\u00a0\u00bb, confie une source soucieuse de pr\u00e9server la PAC. \u00c0 terme, cette approche est l&rsquo;exact\u00a0inverse du rapport Draghi. Elle incitera les \u00c9tats membres \u00e0 une guerre \u00e9conomique interne o\u00f9 l&rsquo;Europe ne concurrencera pas la Chine ou les \u00c9tats-Unis mais livrera avant tout la bataille du march\u00e9 int\u00e9rieur.\u00a0Et la premi\u00e8re victime sera le secteur agricole parce qu&rsquo;il est justement, aujourd&rsquo;hui, le secteur le plus int\u00e9gr\u00e9.<\/p>\n<p>Le 7\u00a0mai, \u00e0 Strasbourg, les d\u00e9put\u00e9s ont adopt\u00e9 par\u00a0317\u00a0voix contre\u00a0206\u00a0une r\u00e9solution au lance-flamme contre les desseins budg\u00e9taires de la Commission. Les eurod\u00e9put\u00e9s rejettent frontalement le mod\u00e8le du plan de relance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et r\u00e9cusent les \u00ab\u00a0m\u00e9gafonds\u00a0\u00bb fusionnant les programmes. Cette coalition unit PPE, socialistes et lib\u00e9raux.<\/p>\n<p>Le Parlement europ\u00e9en en r\u00e9sistance<\/p>\n<p>Le PPE enfonce le clou dans un document du 18\u00a0juin. Les chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates exigent un budget \u00ab\u00a0dot\u00e9 de ressources accrues\u00a0\u00bb et veulent d\u00e9passer le \u00ab\u00a0niveau historiquement restrictif de 1\u00a0% du revenu national brut\u00a0\u00bb. Ils veulent maintenir les financements agricoles et de coh\u00e9sion, cr\u00e9er un budget de d\u00e9fense, financer la recherche. Mais sans \u00ab\u00a0surcharger les citoyens europ\u00e9ens\u00a0\u00bb ni \u00ab\u00a0nuire \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9quation impossible d&rsquo;une droite prise entre ses promesses et les exigences de son principal bailleur de fonds.<\/p>\n<p>Paris refuse d&rsquo;augmenter les contributions nationales, mais pousse pour de nouvelles \u00ab\u00a0ressources propres\u00a0\u00bb europ\u00e9ennes. Une taxe carbone sur l&rsquo;essence et le chauffage doit entrer en vigueur en 2027, rapportant jusqu&rsquo;\u00e0 705\u00a0milliards d&rsquo;euros sur neuf ans.<\/p>\n<p>Le Conseil dans l&rsquo;impasse<\/p>\n<p>Le 22\u00a0d\u00e9cembre 2021, Bruxelles a propos\u00e9 trois nouvelles \u00ab\u00a0ressources propres\u00a0\u00bb\u00a0: 25\u00a0% des recettes du march\u00e9 carbone europ\u00e9en (12\u00a0milliards d&rsquo;euros par an), les revenus du m\u00e9canisme d&rsquo;ajustement carbone aux fronti\u00e8res (9,1\u00a0milliards d&rsquo;euros par an), et une part de l&rsquo;imp\u00f4t mondial sur les multinationales. Total\u00a0: 17\u00a0milliards annuels.<\/p>\n<p>Ces propositions sont bloqu\u00e9es depuis trois ans. L&rsquo;unanimit\u00e9 est requise au Conseil. La Hongrie d&rsquo;Orban bloque toute fiscalit\u00e9 europ\u00e9enne, particuli\u00e8rement la taxe num\u00e9rique frappant les Gafam. En juin\u00a02023, la Commission a ajout\u00e9 une quatri\u00e8me ressource bas\u00e9e sur les b\u00e9n\u00e9fices des entreprises. Sans succ\u00e8s. L&rsquo;Allemagne peut camper sur ses positions\u00a0: tant que les ressources propres restent bloqu\u00e9es, toute ambition budg\u00e9taire se heurte au mur du financement.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet \u00ab\u00a0Gilets jaunes\u00a0\u00bb redout\u00e9<\/p>\n<p>Mais utiliser cet argent pour le budget g\u00e9n\u00e9ral fait pol\u00e9mique. Un haut responsable europ\u00e9en qualifie cette id\u00e9e de \u00ab\u00a0compl\u00e8tement toxique\u00a0\u00bb, selon le Financial Times. Kurt Vandenberghe, directeur climat de la Commission, a d\u00e9clar\u00e9 le 12\u00a0juin que Bruxelles \u00e9tait \u00ab\u00a0tr\u00e8s attentive aux peurs et aux anxi\u00e9t\u00e9s\u00a0\u00bb, ajoutant que la Commission \u00ab\u00a0ne veut pas de prix \u00e9lev\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le spectre des\u00a0Gilets jaunes\u00a0plane. En 2018, une hausse des taxes carburants avait embras\u00e9 la France. Macron mise sur la taxe carbone aux fronti\u00e8res et esp\u00e8re \u00e9largir l&rsquo;assiette fiscale europ\u00e9enne sans nouveaux pr\u00e9l\u00e8vements directs.<\/p>\n<p>L&rsquo;Ukraine contre la PAC\u00a0: danger\u00a0!<\/p>\n<p>\n\u00c0 D\u00e9couvrir<br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__line\"><br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"discover-kangourou__img\" src=\"https:\/\/static.lpnt.fr\/static\/img\/kangourou\/kangourou_filled.svg\"\/><br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__txt\"><br \/>\n<strong>Le Kangourou du jour<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/kangourou.lepoint.fr\" title=\"kangourou\" data-gtm-cta=\"kangourou_article\" class=\"discover-kangourou__lnk\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\nR\u00e9pondre<br \/>\n<\/a><br \/>\n<\/strong><br \/>\n<\/strong><br \/>\nLa guerre en Ukraine complique la donne. Tous s&rsquo;accordent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de financer Kiev. L&rsquo;Allemagne veut soutenir l&rsquo;Ukraine tout en refusant d&rsquo;augmenter l&rsquo;enveloppe globale. Son document affirme que \u00ab\u00a0le prochain budget doit continuer son soutien pour l&rsquo;Ukraine\u00a0\u00bb, sans mentionner de financement suppl\u00e9mentaire. Implicitement, il faudrait donc couper dans la PAC et\/ou les fonds de coh\u00e9sion\u2026 Mais qui voudra de l&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 l&rsquo;Ukraine \u00e0 terme s&rsquo;il se fait au d\u00e9triment des paysans et des r\u00e9gions les plus pauvres\u00a0? Ursula von der Leyen fonce dans le mur mais elle ne sera plus l\u00e0 quand les peuples voteront contre l&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 l&rsquo;Ukraine.<\/p>\n<p>\u00c0 chaque n\u00e9gociation budg\u00e9taire, tous les sept ans, le sc\u00e9nario se r\u00e9p\u00e8te\u00a0: discorde initiale, puis compromis \u00e0 l&rsquo;arrach\u00e9. Il y aura, sans doute, plus d&rsquo;argent pour la d\u00e9fense (mais pas assez), plus pour l&rsquo;innovation (mais pas assez) et on rognera sur l&rsquo;existant en proclamant que l&rsquo;essentiel est pr\u00e9serv\u00e9. Mais cette fois, les d\u00e9fis qui se posent \u00e0 l&rsquo;Europe sont trop nombreux, trop cruciaux, trop existentiels pour se contenter de demi-mesures. Mario Draghi ne cesse de le r\u00e9p\u00e9ter\u2026 Il pr\u00eache dans le d\u00e9sert.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L&rsquo;Allemagne a jet\u00e9 un pav\u00e9 dans la mare europ\u00e9enne. 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