{"id":197554,"date":"2025-06-23T07:04:18","date_gmt":"2025-06-23T07:04:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/197554\/"},"modified":"2025-06-23T07:04:18","modified_gmt":"2025-06-23T07:04:18","slug":"yozone-cafe-noir-cyberespace-de-limaginaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/197554\/","title":{"rendered":"YOZONE : Caf\u00e9 noir &#8211; (Cyberespace de l&rsquo;imaginaire"},"content":{"rendered":"<dl class=\"spip_document_135710 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/cafe_noir_preface_0001_560_large_.jpg\" width=\"560\" height=\"432\" alt=\"JPEG - 47.7\u00a0ko\"\/><\/dt>\n<\/dl>\n<p>\u201c<strong>Fais-moi voir plus de violence<\/strong>\u201d de Rasha Abbas met en avant le go\u00fbt de la surench\u00e8re des \u00e9diteurs \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un public lui-m\u00eame demandeur, ou \u00e0 tout le moins consentant. Les risques pris en \u00e9crivant, le courage face \u00e0 un pouvoir despotique, la d\u00e9nonciation de l\u2019oppression des femmes dans plus d\u2019un r\u00e9gime, c\u2019est courageux, mais \u2013 et l\u00e0-dessus l\u2019\u00e9diteur est loin d\u2019avoir tort \u2013 c\u2019est depuis bien longtemps du clich\u00e9, c\u2019est parfois de la pose complaisante, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 vu mille fois. Les lieux communs de la vertu socio-politique contemporaine ne suffisent plus, parce qu\u2019il en faut toujours plus. Et si l\u2019\u00e9diteur en demande trop, il risque bien de finir par en obtenir un  peu trop. Au total, un bref r\u00e9cit sarcastique et plein d\u2019humour.<\/p>\n<p>Avec \u201c<strong>Le dernier corps<\/strong>\u201d, Zornitsa Garkova  livre un r\u00e9cit tr\u00e8s organique \u00e0 base de f\u00e9minit\u00e9, de grossesse et d\u2019art, une situation tr\u00e8s normale au d\u00e9part et qui peu \u00e0 peu d\u00e9rive, verse dans le trouble, le macabre, le morbide. Entre l\u2019\u00e9pouvantable froideur partag\u00e9e de la psychose et la normalit\u00e9 commune du crime, entre la fascination pour les corps et les individus consid\u00e9r\u00e9s comme de simples objets, une noirceur m\u00eal\u00e9e au quotidien qui fait froid dans le dos. \u201c<strong>Sainte-Amma<\/strong>\u201d de Shobasakhti  est l\u2019histoire d\u2019un vol, d\u2019un viol, l\u2019histoire de la destruction lente d\u2019une famille, d\u2019une mort inutile, d\u2019une justice qui aurait pu avoir lieu, d\u2019un incompr\u00e9hensible pardon, d\u2019un pardon coupable, peut-\u00eatre, dans l\u2019esprit d\u2019une victime peut-\u00eatre un peu trop humaine.<\/p>\n<p>Dans \u201c<strong>Sans entracte<\/strong>\u201d de Murat Celik, le noir n\u2019appara\u00eet que par un simple d\u00e9tail \u2013 peut-\u00eatre rajout\u00e9 apr\u00e8s coup, comment savoir \u2013  gliss\u00e9 l\u00e0 sans l\u2019artifice d\u2019un paragraphe, sans m\u00eame une phrase enti\u00e8re. Quelques mots presque surr\u00e9alistes, incongrus, d\u00e9cal\u00e9s, inconvenants comme un crime. Une ambigu\u00eft\u00e9 qui laisse place \u00e0 de multiples interpr\u00e9tations. \u201c<strong>Le dernier p\u00eacheur<\/strong>\u201d de Rakel Haslund, \u00e9galement connue pour <a href=\"https:\/\/www.yozone.fr\/spip.php?article31450\" class=\"spip_in\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s nous les oiseaux\u00a0\u00bb<\/a>, est-il vraiment un r\u00e9cit noir\u00a0? Quand deux pr\u00e9dateurs, l\u2019un humain et l\u2019autre non, partagent le m\u00eame terrain de p\u00eache, ils ne savent pas forc\u00e9ment se partager le gibier. Une explosion de violence que rien ne laissait attendre, un \u00ab\u00a0amok\u00a0\u00bb surprenant. Avec \u201c<strong>Traitement d\u2019un suspect<\/strong>\u201d, Jose Viale Moutinho livre un r\u00e9cit tr\u00e8s bref \u00e9galement, un conte qui lui est indiscutablement noir, bref, percutant, inqui\u00e9tant. Il n\u2019est jamais de bon augure de se voir convoqu\u00e9 au bureau de police pour un motif que l\u2019on ignore. Un aspect au d\u00e9part surr\u00e9aliste, un petit air de Dino Buzzati, une note kafka\u00efenne \u00e9vidente, avant que les choses ne d\u00e9rapent et s\u2019aggravent, sans grand espoir de retour. Un texte tir\u00e9 d\u2019un recueil au titre joliment trouv\u00e9, \u00ab\u00a0Monstruosidades do tempo do infortunio\u00a0\u00bb (Monstruosit\u00e9s du temps de l\u2019infortune) que l\u2019on aimerait bien voir un jour traduit en entier.<\/p>\n<p>Avec \u00ab\u00a0<strong>Vie et \u0153uvre de la baronne Mautnic<\/strong>\u201d, Katerina Tuckova raconte l\u2019histoire d\u2019une maison d\u2019exception b\u00e2tie \u00e0 Prague au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle, un \u00e9difice singulier, avec cabinet de curiosit\u00e9s et collections d\u2019art \u2013 mais le d\u00e9clin financier, l\u2019invasion russe, les abus d\u2019un r\u00e9gime autoritaire spolieront longtemps la famille de son bien. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s restitution qu\u2019une tr\u00e8s longue et tr\u00e8s sinistre histoire se terminera, car, derri\u00e8re la romance d\u2019un baron ayant \u00e9pous\u00e9 une orpheline se dissimulent crimes et noirceur. Autre nouvelle noire con\u00e7ue dans l\u2019\u00e9crin d\u2019un contexte historique et sur fond d\u2019invasions russes, \u201c<strong>Le Serment d\u2019Hannibal\u201d<\/strong>, o\u00f9 Nino Sadghobelashvili met en sc\u00e8ne, entre un professeur et un de ses anciens \u00e9l\u00e8ves, un concept de patrie tristement subjectif et sujet \u00e0 interpr\u00e9tations.<\/p>\n<p>En amertume finale et traduit par H\u00e9l\u00e8ne H. Melo (qui a \u00e9galement traduit <a href=\"https:\/\/www.yozone.fr\/spip.php?article31484\" class=\"spip_in\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0L\u2019Attrapeur d\u2019oiseaux\u00a0\u00bb<\/a> de Pedro Cesarino), les \u201c<strong>Notes d\u2019un correcteur<\/strong>\u201d de Manos Apostolidis  sont presque une novella, pourraient facilement devenir un roman. Une amiti\u00e9 entre \u00e9tudiants soud\u00e9s \u00e0 la vie \u00e0 la mort autour de la litt\u00e9rature, une modeste publication baptis\u00e9e (Mn\u00e9mo)zine, les harmonies qui se d\u00e9font, le groupe qui se disloque, les individus qui se perdent de vue. Mais l\u2019obsession de tous pour cette revue perdure, inexplicablement, bien au-del\u00e0 du raisonnable. Un ancien serment, un ancien projet feront tout ressurgir, tout perdurer d\u2019une certaine mani\u00e8re. Un r\u00e9cit poignant qui met en avant les r\u00eaves avort\u00e9s, bris\u00e9s, les faiblesses des uns et des autres, le poids excessif des nostalgies, les pi\u00e8ges de la m\u00e9moire, la fatalit\u00e9 qui emp\u00eache toujours les belles choses de durer.<\/p>\n<p>CAF\u00c9 pour Collecte Al\u00e9atoire de Fragments \u00c9trangers\u00a0: neuf r\u00e9cits \u00e0 connotation noire venant de tous les horizons, traduits de l\u2019arabe, du bulgare, du turc, du tamoul, du tch\u00e8que, du g\u00e9orgien, du danois, du portugais et du grec. Une belle initiative appliqu\u00e9e au noir sous toutes ses formes, et la collaboration de deux \u00e9diteurs qui \u00e0 l\u2019\u00e9vidence ne se sont pas content\u00e9s de rassembler des r\u00e9cits, mais ont \u00e9galement pris soin de compl\u00e9ter leur volume avec une carte permettant de visualiser l\u2019origine g\u00e9ographique des textes, une pr\u00e9face, \u00ab\u00a0<strong>Dissections<\/strong>\u00a0\u00bb (\u00e0 d\u00e9guster), les biographies et bibliographies des traductrices et du traducteur, et une postface, \u201c<strong>Caf\u00e9 allong\u00e9<\/strong>\u201d, proposant \u00e0 ceux qui souhaiteraient aller plus loin d\u2019autres pistes de lecture. De plus, chaque nouvelle est introduite par une br\u00e8ve biographie de l\u2019auteur ainsi que par une partie du texte reproduite dans son alphabet et sa langue d\u2019origine. On notera \u00e9galement le soin particulier attach\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019ouvrage, avec couverture \u00e0 rabats, titres en bilingue, et pages intercalaires de s\u00e9paration noires sur un beau travail graphique de <a href=\"https:\/\/www.clementbuee.fr\/\" class=\"spip_out\" rel=\"external nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cl\u00e9ment Bu\u00e9e<\/a><\/p>\n<dl class=\"spip_document_135711 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/cafe_noir_sommaire_560_large_.jpg\" width=\"560\" height=\"432\" alt=\"JPEG - 48.8\u00a0ko\"\/><\/dt>\n<\/dl>\n<dl class=\"spip_document_135712 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/cafe_noir_geographie_0001_560_large_.jpg\" width=\"560\" height=\"433\" alt=\"JPEG - 53.8\u00a0ko\"\/><\/dt>\n<\/dl>\n<p><strong>Titre\u00a0:<\/strong> Caf\u00e9 noir <br class=\"manualbr\"\/><strong>Auteur\u00a0:<\/strong> Rasha Abbas, Manos Apostolidis, Murat Celik, Zornitsa Garkova,  Rakel Haslund-Gjerrid, Nino Sadhobelashvilli, Shobasakhti, Katerina Tuckova et Jos\u00e9 Viale Moutinho<br class=\"manualbr\"\/><strong>Traductions de l\u2019arabe, du bulgare, du turc, du tamoul, du tch\u00e8que, du g\u00e9orgien, du danois, du portugais, du grec\u00a0:<\/strong> Lola Maselbas, Marie Capin, Sylvain Cavaill\u00e8s, Faustine Imbert-Vier, Chantal Dauphin, Etheir Gaveshili, Anne-Christine Heck, H\u00e9l\u00e8ne M.\u00a0Melo, Claire Nizzoli<br class=\"manualbr\"\/><strong>Couverture et conception graphique\u00a0:<\/strong> <a href=\"https:\/\/www.clementbuee.fr\/\" class=\"spip_out\" rel=\"external nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cl\u00e9ment Bu\u00e9e<\/a><br class=\"manualbr\"\/><strong>\u00c9diteur\u00a0:<\/strong> [Agullo&gt; <a href=\"https:\/\/agullo-editions.com\/\" class=\"spip_url spip_out auto\" rel=\"nofollow external noopener\" target=\"_blank\">https:\/\/agullo-editions.com\/<\/a>] et <a href=\"https:\/\/www.helloasso.com\/associations\/cafe-collecte-aleatoire-de-fragments-etrangers\" class=\"spip_out\" rel=\"external nofollow noopener\" target=\"_blank\">Caf\u00e9<\/a><br class=\"manualbr\"\/><strong>Site Internet\u00a0:<\/strong> <a href=\"https:\/\/agullo-editions.com\/produit\/cafe-noir\/\" class=\"spip_out\" rel=\"external nofollow noopener\" target=\"_blank\">page roman<\/a> (site \u00e9diteur)\t<br class=\"manualbr\"\/><strong>Pages\u00a0:<\/strong> 192<br class=\"manualbr\"\/><strong>Format (en cm)\u00a0:<\/strong>14 x 20<br class=\"manualbr\"\/><strong>D\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal\u00a0:<\/strong> mai 2025<br class=\"manualbr\"\/><strong>ISBN\u00a0:<\/strong> 9791028<br class=\"manualbr\"\/><strong>Prix\u00a0: 17,50 \u20ac<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u201cFais-moi voir plus de violence\u201d de Rasha Abbas met en avant le go\u00fbt de la surench\u00e8re des \u00e9diteurs&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":197555,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1357],"tags":[2566,33733,9646,13153,9993,1379,650,33732,58,59,16019,381,2081,1011,27,31082,1380,6681,43,521,33731,252,1364],"class_list":["post-197554","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-livres","tag-anime","tag-anticipation","tag-audiovisuel","tag-bande-dessinee","tag-bd","tag-books","tag-cinema","tag-comic","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-feuilleton","tag-fiction","tag-film","tag-fr","tag-france","tag-imaginaire","tag-livres","tag-manga","tag-science","tag-serie","tag-sf","tag-television","tag-tv"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114731408843196328","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197554","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=197554"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197554\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/197555"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=197554"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=197554"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=197554"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}