{"id":198284,"date":"2025-06-23T13:49:09","date_gmt":"2025-06-23T13:49:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/198284\/"},"modified":"2025-06-23T13:49:09","modified_gmt":"2025-06-23T13:49:09","slug":"la-france-ferait-bien-de-sinspirer-de-lallemagne-si-elle-veut-avancer-sur-la-fusion-nucleaire-en-incitant-des-partenariats-public-prive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/198284\/","title":{"rendered":"La France ferait bien de s&rsquo;inspirer de l&rsquo;Allemagne si elle veut avancer sur la fusion nucl\u00e9aire en incitant des partenariats public\/priv\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong>23L\u2019Allemagne mise gros sur la fusion nucl\u00e9aire avec Proxima Fusion.<\/strong><\/p>\n<p>Une entreprise allemande veut bouleverser la donne \u00e9nerg\u00e9tique en Europe. Son nom ? Proxima Fusion. Son ambition ? Rien de moins que construire la premi\u00e8re centrale \u00e0 fusion nucl\u00e9aire op\u00e9rationnelle du monde ! Elle vient de lever 130 millions d\u2019euros suppl\u00e9mentaire, ce qui porte son financement total \u00e0 185 millions d\u2019euros. Pour comparer avec l\u2019Hexagone, c\u2019est un peu comme si un laboratoire du CNRS se transformait en start-up et levait l\u2019\u00e9quivalent du budget annuel d\u2019un campus universitaire pour inventer une centrale du futur !<\/p>\n<p>Lire aussi :<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne mise 130 millions d\u2019euros suppl\u00e9mentaires sur son stellarator<\/p>\n<p>La fusion nucl\u00e9aire est souvent d\u00e9crite comme le Graal \u00e9nerg\u00e9tique. On ne casse plus un atome comme dans la fission (le principe des centrales actuelles), on le combine avec un autre. R\u00e9sultat : pas de d\u00e9chets radioactifs de longue dur\u00e9e, pas de risque d\u2019emballement du r\u00e9acteur, et une mati\u00e8re premi\u00e8re quasi illimit\u00e9e \u2013 principalement du deut\u00e9rium, qu\u2019on trouve dans l\u2019eau de mer.<\/p>\n<p>Mais voil\u00e0, depuis les ann\u00e9es 1950, tous les prototypes se sont heurt\u00e9s \u00e0 un obstacle de taille : on consomme plus d\u2019\u00e9nergie qu\u2019on n\u2019en produit. C\u2019est ce rapport qu\u2019on appelle Q. Tant que Q est inf\u00e9rieur \u00e0 1, la fusion est un r\u00eave\u2026 cher et instable.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"guTuw4MzU0\">\n<p><a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/06\/14\/la-france-sallie-au-canada-pour-renforcer-ses-positions-sur-un-marche-a-4-000-milliards-deuros-dici-2050-les-reacteurs-nucleaires\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">La France s\u2019allie au Canada pour renforcer ses positions sur un march\u00e9 \u00e0 4 000 milliards d\u2019euros d\u2019ici 2050 : les r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le choix du stellarator : une machine tordue, mais prometteuse<\/p>\n<p>Proxima Fusion ne part pas d\u2019une feuille blanche. Elle s\u2019appuie sur les recherches men\u00e9es au Max-Planck-Institut f\u00fcr Plasmaphysik, et notamment sur leur bijou technologique : le Wendelstein 7-X, un stellarator de 725 tonnes situ\u00e9 \u00e0 Greifswald, en Allemagne.<\/p>\n<p>Contrairement aux tokamaks comme ITER, les stellarators utilisent un champ magn\u00e9tique complexe et torsad\u00e9 pour confiner le plasma. L\u2019avantage ? Une meilleure stabilit\u00e9 en th\u00e9orie, et la possibilit\u00e9 de faire fonctionner la machine en continu.<\/p>\n<p>Mais jusqu\u2019ici, leur conception g\u00e9om\u00e9trique presque baroque les rendait difficiles \u00e0 fabriquer et \u00e0 simuler. Proxima Fusion affirme avoir trouv\u00e9 une solution : l\u2019utilisation de superconducteurs \u00e0 haute temp\u00e9rature et de supercalculateurs pour affiner le design. De quoi esp\u00e9rer produire une machine plus compacte, plus puissante et plus fiable.<\/p>\n<p>L\u2019objectif Alpha : d\u00e9montrer que Q peut enfin d\u00e9passer 1<\/p>\n<p>Avec ce financement, l\u2019entreprise veut franchir une \u00e9tape symbolique : construire un d\u00e9monstrateur, baptis\u00e9 Alpha, capable d\u2019atteindre un Q &gt; 1. Autrement dit : produire plus d\u2019\u00e9nergie qu\u2019il n\u2019en consomme. L\u2019installation devrait \u00eatre mise en service en 2031, avec un lieu encore \u00e0 choisir en Europe. Plusieurs pays sont en lice, et la d\u00e9cision devrait tomber bient\u00f4t.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, Proxima Fusion vise un jalon interm\u00e9diaire d\u00e8s 2027 : l\u2019ach\u00e8vement du Stellarator Model Coil (SMC), une bobine de d\u00e9monstration permettant de tester \u00e0 grande \u00e9chelle leur technologie de supraconducteurs.<\/p>\n<p>Stellaris : un concept compact et r\u00e9aliste, selon l\u2019entreprise<\/p>\n<p>Pour convaincre investisseurs et ing\u00e9nieurs, la start-up a d\u00e9voil\u00e9 un nouveau concept de machine : Stellaris. Ce n\u2019est pas un vaisseau spatial, mais un projet de stellarator optimis\u00e9 d\u00e8s sa phase de conception en int\u00e9grant les contraintes d\u2019ing\u00e9nierie, de maintenance et de physique.<\/p>\n<p>Sa sp\u00e9cificit\u00e9 ? Il repose sur une configuration magn\u00e9tique dite quasi-isodynamique, cens\u00e9e am\u00e9liorer la stabilit\u00e9 du plasma tout en facilitant la construction. Et surtout, il utilise uniquement des mat\u00e9riaux d\u00e9j\u00e0 disponibles dans l\u2019industrie, ce qui \u00e9vite de d\u00e9pendre de perc\u00e9es technologiques incertaines.<\/p>\n<p>Autre point mis en avant par Proxima Fusion : la revue par les pairs. Le design de Stellaris a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par des publications scientifiques et des simulations ind\u00e9pendantes, ce qui lui donne une certaine cr\u00e9dibilit\u00e9 dans un secteur souvent domin\u00e9 par les annonces spectaculaires mais peu v\u00e9rifiables.<\/p>\n<p>Un partenariat public-priv\u00e9 qui pourrait donner des id\u00e9es \u00e0 la France<\/p>\n<p>Proxima Fusion est n\u00e9e d\u2019un spin-off, autrement dit d\u2019une \u00ab \u00e9vasion \u00bb encadr\u00e9e du secteur public vers l\u2019industrie. Elle conserve toutefois un lien \u00e9troit avec la recherche publique, et s\u2019inscrit dans un mod\u00e8le hybride entre entreprise technologique et laboratoire de physique.<\/p>\n<p>Ce fonctionnement permet \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le rythme tout en b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019expertise de longue date des chercheurs du Max-Planck-Institut. C\u2019est une approche qu\u2019on voit peu en France, o\u00f9 les passerelles entre recherche fondamentale et industrie restent souvent trop rares m\u00eame s\u2019il existe tout de m\u00eame des initiatives notables. La principale entreprise priv\u00e9e active sur ce sujet est la start-up Renaissance Fusion, fond\u00e9e en 2019, qui b\u00e9n\u00e9ficie de subventions publiques via des appels \u00e0 projets nationaux, notamment ceux d\u00e9di\u00e9s aux r\u00e9acteurs innovants, qui s\u2019adressent aussi bien \u00e0 la fission qu\u2019\u00e0 la fusion.<\/p>\n<p>Les Allemands ne mettent pas tous leurs \u0153ufs dans le m\u00eame panier<\/p>\n<p>Dans un coin de Munich, une autre \u00e9quipe allemande joue une partition radicalement diff\u00e9rente de celle de Proxima Fusion mais toute aussi prometteuse. <a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/03\/31\/lallemagne-tente-le-plus-gros-coup-de-poker-de-son-histoire-energetique-avec-385-millions-deuros-investis-dans-la-fusion-nucleaire-par-confinement-inertiel-au-laser\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Marvel Fusion<\/a> mise sur une approche bien plus directe : la fusion par confinement inertiel. En langage plus accessible cela consiste tout b\u00eatement \u00e0 faire exploser des microbilles de carburant \u00e0 coups d\u2019impulsions laser ultra-courtes. Chaque bille contient des isotopes d\u2019hydrog\u00e8ne, et le laser vient tout faire fusionner avant que la mati\u00e8re ne s\u2019\u00e9chappe.<\/p>\n<p>Avec 385 millions d\u2019euros lev\u00e9s, l\u2019entreprise construit deux prototypes de lasers et une usine pilote dans le Colorado aux Etats-Unis. Siemens Energy l\u2019accompagne pour imaginer une vraie centrale, capable de moduler la production en fonction de la demande. Une promesse technologique ambitieuse, avec un objectif fix\u00e9 avant 2040.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"VkGq2rqxHa\">\n<p><a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/06\/09\/la-chine-bat-loccident-avec-plusieurs-annees-davance-dans-un-secteur-economique-promis-a-un-bel-avenir-les-reacteurs-nucleaires-modulaires\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">La Chine bat l\u2019occident avec plusieurs ann\u00e9es d\u2019avance dans un secteur \u00e9conomique promis \u00e0 un bel avenir : les r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires modulaires<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un pari risqu\u00e9, mais strat\u00e9gique<\/p>\n<p>Le PDG de l\u2019entreprise, Francesco Sciortino, r\u00e9sume l\u2019enjeu : \u00ab La fusion devient une opportunit\u00e9 strat\u00e9gique pour faire passer la production d\u2019\u00e9nergie de la d\u00e9pendance aux ressources naturelles \u00e0 un leadership technologique. \u00bb<\/p>\n<p>Autrement dit : ceux qui r\u00e9ussiront la fusion ne d\u00e9pendront plus ni du p\u00e9trole, ni du gaz, ni m\u00eame du soleil ou du vent. Ils auront dans leurs mains une source d\u2019\u00e9nergie dense, propre et stable.<\/p>\n<p>Mais tout cela reste suspendu \u00e0 une d\u00e9monstration pratique. Les 130 millions d\u2019euros lev\u00e9s aujourd\u2019hui, aussi impressionnants soient-ils, ne suffiront pas \u00e0 construire une centrale. Ils financent uniquement la phase de validation technologique. Il faudra encore plusieurs milliards d\u2019euros par la suite pour esp\u00e9rer construire une v\u00e9ritable unit\u00e9 de production \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Sources :<\/p>\n<ul>\n<li>https:\/\/www.proximafusion.com\/press-news\/proxima-fusion-raises-eu130m-series-a-to-build-worlds-first-stellarator-based-fusion-power-plant-in-the-2030s<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"23L\u2019Allemagne mise gros sur la fusion nucl\u00e9aire avec Proxima Fusion. 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