{"id":199691,"date":"2025-06-24T02:47:16","date_gmt":"2025-06-24T02:47:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/199691\/"},"modified":"2025-06-24T02:47:16","modified_gmt":"2025-06-24T02:47:16","slug":"meteo-france-bouees-ancrees-et-derivantes-au-coeur-de-la-prevision-marine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/199691\/","title":{"rendered":"M\u00e9t\u00e9o France\u00a0: bou\u00e9es ancr\u00e9es et d\u00e9rivantes, au c\u0153ur de la pr\u00e9vision marine"},"content":{"rendered":"<p>\n      Fournir les donn\u00e9es les plus fiables possibles aux pr\u00e9visionnistes de M\u00e9t\u00e9o France. C\u2019est la mission des bou\u00e9es ancr\u00e9es et d\u00e9rivantes qui pars\u00e8ment les oc\u00e9ans. Stock\u00e9s, mont\u00e9s et r\u00e9vis\u00e9s au Centre de m\u00e9t\u00e9orologie marine de Brest, ces outils fournissent des mesures directes et continues en mer, qui permettent de mieux anticiper les ph\u00e9nom\u00e8nes extr\u00eames, amplifi\u00e9s par le changement climatique.&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Stations m\u00e9t\u00e9o, satellites, radars\u2026 et bou\u00e9es. Pour les pr\u00e9visionnistes de M\u00e9t\u00e9o France et pour les m\u00e9t\u00e9orologistes du monde entier, les sources d\u2019informations sont multiples. Ils analysent en continu les donn\u00e9es d\u2019observation issues de ces instruments, et les confrontent aux mod\u00e8les de pr\u00e9visions qui simulent l\u2019\u00e9volution de l\u2019atmosph\u00e8re, \u00e0 partir de millions de donn\u00e9es et d\u2019\u00e9quations physiques complexes.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le gros avantage des bou\u00e9es par rapport aux autres dispositifs, c\u2019est qu\u2019elles fournissent des donn\u00e9es in situ, directes et continues, qui permettent notamment de valider ou de corriger les mesures des satellites \u00bb, indique \u00e0 Mer et Marine Christophe Guillerm, directeur du Centre de m\u00e9t\u00e9orologie marine de Brest. C\u2019est l\u00e0 que sont entrepos\u00e9es, pr\u00e9par\u00e9es et r\u00e9par\u00e9es les bou\u00e9es d\u00e9ploy\u00e9es par M\u00e9t\u00e9o France, des plus grandes (7.50 m\u00e8tres de hauteur) aux plus petites (40 cm de diam\u00e8tre).<\/p>\n<p>De deux \u00e0 sept bou\u00e9es ancr\u00e9es en M\u00e9diterran\u00e9e<\/p>\n<p>A l\u2019approche de l\u2019\u00e9t\u00e9, les plus massives sont l\u2019objet de toutes les attentions, surtout les bou\u00e9es destin\u00e9es \u00e0 la mer M\u00e9diterran\u00e9e. Au c\u0153ur de l\u2019\u00e9t\u00e9 2022, en Corse, un orage extr\u00eamement violent accompagn\u00e9 de vents \u00e0 plus de 200 km\/h avait provoqu\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de cinq personnes et fait une vingtaine de bless\u00e9s. Il avait alors \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9 \u00e0 M\u00e9t\u00e9o France de ne pas avoir donn\u00e9 l\u2019alerte suffisamment t\u00f4t et d\u2019avoir mal anticip\u00e9 sa violence. L\u2019organisme avait reconnu que \u00ab\u00a0l\u2019intensit\u00e9 tout \u00e0 fait exceptionnelle de l\u2019\u00e9v\u00e8nement\u00a0\u00bb n\u2019avait pas pu \u00eatre pr\u00e9vue, \u00ab\u00a0du fait du manque d\u2019observations en mer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Christophe Guillerm, directeur du Centre de m\u00e9t\u00e9orologie marine de M\u00e9t\u00e9o France \u00e0 Brest.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, seules deux bou\u00e9es ancr\u00e9es \u00e9taient d\u00e9ploy\u00e9es en M\u00e9diterran\u00e9e. Des bou\u00e9es capables de mesurer la pression atmosph\u00e9rique, la temp\u00e9rature de l\u2019air, le taux d\u2019humidit\u00e9, la force du vent, la houle, la temp\u00e9rature et la conductivit\u00e9 de l\u2019eau, et de transmettre ces donn\u00e9es par satellite toutes les heures. Apr\u00e8s le tragique \u00e9v\u00e9nement corse, \u00ab\u00a0M\u00e9t\u00e9o France a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9ployer cinq bou\u00e9es suppl\u00e9mentaires pour mieux anticiper ces ph\u00e9nom\u00e8nes extr\u00eames\u00a0\u00bb, dans l\u2019une des r\u00e9gions du monde les plus expos\u00e9es au changement climatique, qui amplifie ces ph\u00e9nom\u00e8nes. A terme, dix bou\u00e9es seront ancr\u00e9es en M\u00e9diterran\u00e9e, dans le golfe de Gascogne et aux Antilles, et trois \u00ab\u00a0spare\u00a0\u00bb seront pr\u00eates \u00e0 les remplacer.<\/p>\n<p>Interventions en mer<\/p>\n<p>Cette augmentation du nombre de bou\u00e9es s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019un changement de mod\u00e8le\u00a0: \u00ab\u00a0Le principal inconv\u00e9nient des bou\u00e9es historiques, c\u2019est qu\u2019elles doivent \u00eatre ramen\u00e9es \u00e0 terre pour effectuer le moindre changement de capteur\u00a0\u00bb, souligne Christophe Guillerm. Dans le nouveau mod\u00e8le, en plastique rotomoul\u00e9 et recyclable, fabriqu\u00e9 dans le Lot-et-Garonne par l\u2019entreprise Mobilis, \u00ab\u00a0il n\u2019y a plus rien dans le corps de la bou\u00e9e\u00a0: batterie, \u00e9lectronique et capteurs sont centralis\u00e9s dans la superstructure. Nous pouvons d\u00e9sormais intervenir \u00e9l\u00e9ment par \u00e9l\u00e9ment, en mer, apr\u00e8s avoir transf\u00e9r\u00e9 la bou\u00e9e sur le pont d\u2019un navire pour plus de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Bou\u00e9e ancr\u00e9e d&rsquo;ancienne g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Pour l\u2019assemblage des bou\u00e9es d\u00e9ploy\u00e9es en M\u00e9diterran\u00e9e, \u00ab\u00a0la superstructure est re\u00e7ue et mont\u00e9e \u00e0 Brest, o\u00f9 nous int\u00e9grons tous les capteurs et l\u2019\u00e9lectronique, tandis que les flotteurs et la quille sont livr\u00e9s aux Phares et Balises \u00e0 Marseille\u00a0\u00bb. L\u2019ensemble est assembl\u00e9 sur place, et le baliseur Provence se charge du d\u00e9ploiement. D\u2019un poids de 3.25 tonnes pour 7.50 m de hauteur et 3.60 de diam\u00e8tre pour le flotteur, chaque structure est accroch\u00e9e au fond par une ligne de mouillage en polypropyl\u00e8ne et polyamide, d\u2019une longueur maximale de 6000 m\u00e8tres.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Bou\u00e9e ancr\u00e9e de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>La superstructure, dans laquelle il est possible de tenir debout et dont on peut faire le tour, contient les capteurs qui mesurent la pression atmosph\u00e9rique, le vent, la temp\u00e9rature de l\u2019air et l\u2019humidit\u00e9, ainsi que les antennes GPS, Bluetooth et Iridium. \u00ab Par d\u00e9faut, elles transmettent leurs donn\u00e9es toutes les heures, mais il est possible de passer en mode turbo pour envoyer des donn\u00e9es sp\u00e9cifiques toutes les 6 minutes afin d\u2019am\u00e9liorer la pr\u00e9vision\u00a0\u00bb. Des panneaux solaires alimentent la batterie, qui alimente le syst\u00e8me. Celui-ci peut fonctionner durant trois mois sans soleil. Ces nouvelles bou\u00e9es, \u00e0 350.000 euros l\u2019unit\u00e9, sont pr\u00e9vues pour durer 20 ans.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Int\u00e9rieur de la superstructure.<\/p>\n<p>\u00a0Les bou\u00e9es d\u00e9rivantes d\u00e9ploy\u00e9es par des navires d\u2019opportunit\u00e9<\/p>\n<p>Beaucoup moins impressionnantes mais tout aussi utiles, les bou\u00e9es d\u00e9rivantes de M\u00e9t\u00e9o France, d\u2019une dur\u00e9e de vie moyenne de deux ans, p\u00e8sent 22 kg pour un diam\u00e8tre de 40 cm et sont con\u00e7ues en plastique. \u00ab\u00a050 \u00e0 80 sont d\u00e9ploy\u00e9es chaque ann\u00e9e, pour en avoir en permanence 150 en mer. Elles passent d\u2019abord par ici, puis nous les envoyons, \u00e0 travers le monde, sur des bateaux d\u2019opportunit\u00e9, M\u00e9t\u00e9o France ne disposant pas de navire\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>CMA CGM, Grain de Sail, la Marine nationale et les skippers en Imoca engag\u00e9s dans le Vend\u00e9e Globe larguent r\u00e9guli\u00e8rement des bou\u00e9es pour le compte de M\u00e9t\u00e9o France, et les particuliers peuvent aussi participer, \u00ab\u00a0pour peu qu\u2019ils d\u00e9ploient une bou\u00e9e dans une zone qui nous int\u00e9resse\u00a0\u00bb. Dans tous les cas, \u00ab nous donnons une position o\u00f9 nous aimerions que la bou\u00e9e soit lanc\u00e9e en mer, en toute s\u00e9curit\u00e9. L\u2019\u00e9quipage la jette \u00e0 l\u2019eau et nous envoie ensuite un message nous pr\u00e9cisant la position. Nous activons ensuite la transmission de la donn\u00e9e, par le r\u00e9seau satellitaire Iridium, et nous la recevons toutes les heures\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces bou\u00e9es SVP-B (pour barom\u00e8tre) permettent de mesurer la temp\u00e9rature de l&rsquo;eau de mer, de calibrer les satellites qui mesurent la temp\u00e9rature de surface de la mer et de fournir des donn\u00e9es de pression, qui ne peut \u00eatre mesur\u00e9e que in situ. Indispensable pour l&rsquo;\u00e9valuation d&rsquo;une d\u00e9pression, elle est \u00ab hyper importante pour les mod\u00e8les \u00bb. La transmission de la position des bou\u00e9es permet en outre de d\u00e9duire les courants. Dot\u00e9es d\u2019une ancre flottante de 50 m\u00e8tres, elles suivent la colonne d\u2019eau, ind\u00e9pendamment du vent.<\/p>\n<p>Prototypes \u00e9coresponsables<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre aux besoins croissants de la pr\u00e9vision m\u00e9t\u00e9orologique et climatique, M\u00e9t\u00e9o France participe au programme E-Surfmar dans le cadre du r\u00e9seau europ\u00e9en Eumetnet. A Brest, l\u2019\u00e9quipe du Centre de m\u00e9t\u00e9orologie marine travaille sur deux projets de bou\u00e9es d\u00e9rivantes plus vertueuses sur le plan \u00e9cologique (beaucoup sont perdues et se d\u00e9gradent en mer), en partenariat avec Kin\u00e9is, filiale de CLS (Collecte Localisation Satellites), sp\u00e9cialiste de la localisation d\u2019objets connect\u00e9s et de la transmission de donn\u00e9es en quasi-temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Prototype de bou\u00e9e d\u00e9rivante en bois.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le premier prototype est constitu\u00e9 d\u2019un bois rendu imputrescible par injection d\u2019acide, et pourra \u00e0 terme contenir les capteurs et antennes classiques d\u2019une bou\u00e9e d\u00e9rivante. Ses plans seront accessibles en open source. Le second, d\u00e9velopp\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 Ka\u00efros du navigateur Roland Jourdain, est con\u00e7u en plastique biosourc\u00e9, et fera l\u2019objet d\u2019essais et de tests m\u00e9caniques, comme la r\u00e9sistance au largage depuis un avion, durant deux ans. \u00ab\u00a0Notre objectif est de remplacer les anciennes bou\u00e9es par ces nouveaux mod\u00e8les\u00a0\u00bb, souligne Christophe Guillerm. \u00ab\u00a0Et d\u2019utiliser le Fran\u00e7ais Kin\u00e9is plut\u00f4t que l\u2019Am\u00e9ricain Iridium pour transmettre les donn\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Prototype de bou\u00e9e d\u00e9rivante en plastique biosourc\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Fournir les donn\u00e9es les plus fiables possibles aux pr\u00e9visionnistes de M\u00e9t\u00e9o France. 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