{"id":202153,"date":"2025-06-25T02:15:21","date_gmt":"2025-06-25T02:15:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/202153\/"},"modified":"2025-06-25T02:15:21","modified_gmt":"2025-06-25T02:15:21","slug":"top-14-on-a-mange-on-a-bu-et-on-a-fait-les-cons-dimitri-yachvili-revient-sur-le-titre-du-biarritz-olympique-en-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/202153\/","title":{"rendered":"Top 14 \u2013 \u00ab\u00a0On a mang\u00e9, on a bu et on a fait les cons\u00a0\u00bb, Dimitri Yachvili revient sur le titre du Biarritz Olympique en 2005"},"content":{"rendered":"<p>\n                Il y a 20 ans, le Biarritz Olympique remportait le bouclier de Brennus \u00e0 l\u2019issue d\u2019une finale \u00e9pique contre le Stade fran\u00e7ais (37-34). Auteur de 29 points, record toujours en cours, le demi de m\u00eal\u00e9e international Dimitri Yachvili a accept\u00e9 de se replonger dans les archives d\u2019une saison riche en \u00e9motions. Mais pas seulement. Le consultant de France t\u00e9l\u00e9visions raconte aussi ici le plaisir partag\u00e9 par une quinzaine de joueurs de cette saison-l\u00e0 de f\u00eater cet anniversaire du c\u00f4t\u00e9 de Buenos-Aires, au c\u00f4t\u00e9 de la famille et les amis de leur ancien partenaire F\u00e9d\u00e9rico Martin Aramburu, tragiquement disparu en 2019. C\u2019\u00e9tait en f\u00e9vrier dernier. Un instant magique et singulier, \u00e0 en croire le \u00ab\u00a0Yach\u00a0\u00bb\u2026\n            <\/p>\n<p><strong>Quel souvenir, globalement, conservez-vous de cette ann\u00e9e 2005 marqu\u00e9e par le titre de champion de France acquis aux d\u00e9pens du Stade fran\u00e7ais apr\u00e8s prolongation\u00a0?<\/strong><br \/>Une belle ann\u00e9e. Une ann\u00e9e charg\u00e9e et riche \u00e9motionnellement. \u00c0 l\u2019intersaison, une nouvelle \u00e8re s\u2019\u00e9tait ouverte avec l\u2019arriv\u00e9e de nombreux joueurs Imanol (Harinordoquy), Beno\u00eet (August), Thierry (Dusautoir), Damien (Traille), Fede (F\u00e9d\u00e9rico Martin Aramburu) ou encore Olivier Olibeau. On avait senti, d\u00e8s le d\u00e9but de saison, que le groupe prenait une autre ampleur. Ensuite, sur la saison en elle-m\u00eame, pour r\u00e9sumer de mani\u00e8re tr\u00e8s furtive, je retiens d\u2019abord, le derby perdu \u00e0 la Aguilera. On avait fait un bon d\u00e9but de saison avec 4 ou 5 victoires cons\u00e9cutives, avant d\u2019encha\u00eener quatre d\u00e9faites, dont le derby contre l\u2019Aviron \u00e0 domicile. Bayonne venait de remonter dans l\u2019\u00e9lite et \u00e9tait venu gagner sur notre pelouse. Un v\u00e9ritable cataclysme.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 ce point\u00a0?<\/strong><br \/>Oui, parce qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de derby depuis quelques ann\u00e9es, Bayonne \u00e9voluant alors en deuxi\u00e8me division. L\u2019Aviron \u00e9tait fra\u00eechement promu et dans notre groupe personne ne connaissait r\u00e9ellement l\u2019impact d\u2019un derby.<\/p>\n<p><strong>Et alors\u00a0?<\/strong><br \/>On a vite appris (rires). Et rapidement mesur\u00e9 l\u2019importance d\u2019un tel match. C\u2019\u00e9tait puissant. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on n\u2019osait m\u00eame plus sortir de chez nous \u00e0 part pour aller \u00e0 l\u2019entra\u00eenement. On n\u2019allait pas au restaurant, on se cachait, on avait un sentiment de honte. Je peux vous jurer que ce n\u2019est pas un mythe, c\u2019est r\u00e9ellement ce qu\u2019on a v\u00e9cu. Nous avons \u00e9t\u00e9 pleinement impr\u00e9gn\u00e9s dans l\u2019ambiance locale.<\/p>\n<p><strong>Cette d\u00e9faite ne vous a pas emp\u00each\u00e9 de remporter le bouclier de Brennus. On dit que cette finale, vous l\u2019avez remport\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9union dans une chambre d\u2019h\u00f4tel \u00e0 Paris apr\u00e8s la d\u00e9faite en demi-finale de Coupe d\u2019Europe contre le Stade fran\u00e7ais. Vrai ou faux\u00a0?<\/strong><br \/>Je ne sais plus si c\u2019est dans une chambre ou un salon de l\u2019h\u00f4tel, mais \u00ab\u00a0Lagisque\u00a0\u00bb (Patrice Lagisquet, entra\u00eeneur de l\u2019\u00e9poque) nous avait r\u00e9unis apr\u00e8s cette d\u00e9faite cruelle apr\u00e8s de longues minutes d\u2019arr\u00eats de jeu. Nous \u00e9tions encore sous le coup de la d\u00e9ception de cette d\u00e9faite au Parc des Princes. Un match tr\u00e8s engag\u00e9, pour ne pas dire tr\u00e8s houleux. Des deux c\u00f4t\u00e9s \u00e9videmment, mais il y avait quand m\u00eame eu deux ou trois saloperies entre guillemets sur le terrain qui nous \u00e9taient rest\u00e9es coinc\u00e9es en travers de la gorge.<\/p>\n<p><strong>Et donc\u00a0?<\/strong><br \/>Nous nous \u00e9tions promis, dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019\u00e9ventuelles retrouvailles avec les Parisiens en phase finale du championnat, de faire preuve de m\u00e9moire. En bons latins que nous sommes, cette finale, on l\u2019avait donc pr\u00e9par\u00e9e pour \u00eatre champion de France, bien s\u00fbr, mais aussi pour laver l\u2019affront de cette demi-finale de Coupe d\u2019Europe. \u00c7a nous a fait gagner de l\u2019\u00e9nergie. Patrice Lagisquet et Jacques Delmas, nos deux entra\u00eeneurs de l\u2019\u00e9poque, avaient su trouver les bons mots durant la pr\u00e9paration.<\/p>\n<p><strong>Vous parlez de deux ou trois saloperies, pouvez-vous d\u00e9velopper\u00a0?<\/strong><br \/>On s\u2019\u00e9tait fait marcher dessus, il y avait eu des coups, des paroles, comme cela pouvait se faire \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Et puis, ces onze minutes d\u2019arr\u00eats de jeu qui ont permis \u00e0 \u00ab\u00a0Domi\u00a0\u00bb de marquer l\u2019essai de la victoire, nous les avons eus un bon moment en travers de la gorge. Je crois d\u2019ailleurs que c\u2019est \u00e0 partir de ce match-l\u00e0 qu\u2019un vrai chronom\u00e9trage a \u00e9t\u00e9 mis en place pour les arbitres, ce qui tend \u00e0 prouver qu\u2019il s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 un truc pas tr\u00e8s \u00ab\u00a0clean\u00a0\u00bb. Bref, nous avions fait vraiment le match qu\u2019il faut pour battre le Stade fran\u00e7ais sur son terrain, mais notre d\u00e9faite n\u2019est pas due \u00e0 un fait d\u2019arbitrage. C\u2019\u00e9tait une des meilleures \u00e9quipes de France \u00e0 ce moment-l\u00e0, une v\u00e9ritable machine avec des joueurs internationaux \u00e0 tous les postes. Une \u00e9quipe tr\u00e8s bien rod\u00e9e, \u00e0 la fois puissante et rapide. Et port\u00e9 par tout un stade.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Justement, quels souvenirs conservez-vous de ce match au Parc des Princes\u00a0?<\/strong><br \/>Cette demi-finale a \u00e9t\u00e9 mon premier et mon dernier match dans ce stade. J\u2019en conserve un souvenir incroyable. C\u2019\u00e9tait un truc de dingue. Ce stade, qui ne pouvait accueillir que 50\u00a0000 spectateurs, soit 30\u00a0000 de moins que le Stade de France que j\u2019avais connu avec le XV de France, est un vrai chaudron. Un stade mythique. L\u2019architecture le rend tr\u00e8s impressionnant depuis la pelouse. Avant ce match, je ne l\u2019avais connu qu\u2019\u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p><strong>Cette saison 2004\/2005 a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la premi\u00e8re d\u00e9localisation d\u2019un match du Biarritz Olympique au stade Anoeta de San S\u00e9bastien, au Pays Basque espagnol\u2026<\/strong><br \/>(Il coupe) Un moment magnifique et intense, un souvenir imp\u00e9rissable. Nous \u00e9tions \u00e0 la fois excit\u00e9s de jouer \u00e0 Anoeta, parce que c\u2019est un stade un peu mythique ici chez nous au Pays Basque, le stade de la R\u00e9al Sociedad, et puis parce que c\u2019\u00e9tait le premier match de rugby dans cette enceinte. Le stade \u00e9tait plein, il y avait beaucoup de curieux et tous nos supporters. C\u2019\u00e9tait un moment tr\u00e8s fort, tr\u00e8s intense o\u00f9 l\u2019appellation Biarritz Olympique Pays Basque prenait du sens. Ce jour-l\u00e0, on a vraiment ressenti l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019appartenance \u00e0 un peuple. En plus, nous avions gagn\u00e9 face au Munster, qui \u00e9tait une des meilleures \u00e9quipes d\u2019Europe \u00e0 ce moment-l\u00e0. Le favori de la comp\u00e9tition. D\u2019ailleurs, j\u2019aimerais revoir ce match mais je ne trouve aucune trace de cette rencontre en vid\u00e9o.<\/p>\n<p><strong>Certains articles de l\u2019\u00e9poque relatent une violence dingue dans les zones de rucks. Vous en souvenez-vous\u00a0?<\/strong><br \/>Je n\u2019ai pas souvenir d\u2019un match contre les Irlandais qui n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 violent dans les rucks.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1750817719_978_image.jpg\" alt=\"Dimitri Yachvili a marqu\u00e9 29 points lors de la finale de 2005.\"\/><\/p>\n<p>                Dimitri Yachvili a marqu\u00e9 29 points lors de la finale de 2005.<br \/>\n                                    Bernard Garcia<\/p>\n<p><strong>Vous aviez inscrit 29 points en finale. Cela reste-t-il votre plus belle performance au pied sur une rencontre\u00a0?<\/strong><br \/>Je ne tiens pas les comptes (rires). Ce dont je me souviens, c\u2019est qu\u2019en face j\u2019avais \u00ab\u00a0La Skrele\u00a0\u00bb (David Skrela, ouvreur et buteur du Stade fran\u00e7ais). Il \u00e9tait en pleine bourre et je crois qu\u2019il avait r\u00e9alis\u00e9 un sans-faute sur cette finale. Quand il butait, je le regardais et je voyais vraiment qu\u2019il \u00e9tait s\u00fbr de lui. Il enquillait de partout. Pour moi, c\u2019\u00e9tait excitant et compliqu\u00e9 \u00e0 la fois. Et puis, il y a eu cette derni\u00e8re p\u00e9nalit\u00e9 de 50 m\u00e8tres. La p\u00e9nalit\u00e9 de la gagne comme on dit. Pour un buteur, c\u2019est assez jouissif. J\u2019\u00e9tais pourtant cram\u00e9. J\u2019avais jou\u00e9 tout le match et l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des prolongations, j\u2019\u00e9tais vraiment dans le dur. D\u2019ailleurs, sur le drop un peu plus t\u00f4t de Julien Peyrelongue, je fais une sorte de \u00ab\u00a0black out\u00a0\u00bb. Pas une commotion c\u00e9r\u00e9brale, mais, de fatigue, je tombe dans les pommes.<\/p>\n<p><strong>Vraiment\u00a0?<\/strong><br \/>Oui, vraiment. Je me souviens aller au sol pour cr\u00e9er un ruck et l\u00e0 extinction des feux. Je ne vois m\u00eame pas le drop passer. \u00c7a n\u2019a dur\u00e9 que quelques secondes. Je me suis relev\u00e9 seul et m\u00e9caniquement je me suis replac\u00e9. C\u2019\u00e9tait au cours de la deuxi\u00e8me mi-temps des prolongations.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous g\u00e9r\u00e9 la suite\u00a0?<\/strong><br \/>L\u2019adr\u00e9naline a d\u00fb me porter, je pense. Il ne restait pas tr\u00e8s longtemps \u00e0 jouer, heureusement\u2026<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9but de cette finale est marqu\u00e9 par une grosse bagarre g\u00e9n\u00e9rale. L\u2019aviez-vous pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e\u00a0?<\/strong><br \/>Lors de la demi-finale de Coupe d\u2019Europe perdue contre cette m\u00eame \u00e9quipe, on s\u2019\u00e9tait rendu compte que leur alignement trichait pas mal\u2026 Enfin, disons, qu\u2019il jouait bien le coup. Souvent, il y avait un joueur parisien qui retenait un des \u00ab\u00a0lifters\u00a0\u00bb en mettant le bras ou un petit coup de vice. \u00c7a fait aussi partie de l\u2019exp\u00e9rience (sourire). On s\u2019\u00e9tait donc dit\u00a0: \u00ab\u00a0le premier qui pose le bras sur un de nos soutiens, il faut lui faire comprendre rapidement que ce ne sera pas possible cette fois-l\u00e0. Et donc c\u2019est tomb\u00e9 sur Bibi Auradou, qui sur une touche \u00e0 une dizaine de m\u00e8tres de notre ligne emp\u00eache J\u00e9r\u00f4me (Thion) de \u00ab\u00a0Lifter\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9lectrique, forc\u00e9ment \u00e7a a p\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1750817719_943_image.jpg\" alt=\"Dimitri Yachvili se rem\u00e9more les souvenirs au BO.\"\/><\/p>\n<p>                Dimitri Yachvili se rem\u00e9more les souvenirs au BO.<br \/>\n                                    Marc Oliva \/ Icon Sport<\/p>\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait donc un peu pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, non\u00a0?<\/strong><br \/>Disons que les gros n\u2019attendaient que \u00e7a (rires). Personnellement, je n\u2019y suis pas all\u00e9. Je ne suis pas invit\u00e9 dans ce genre de d\u00e9bats. J\u2019ai observ\u00e9 \u00e7a tranquillement en essayant de bien faire attention \u00e0 ne pas me faire embarquer, en tentant de s\u00e9parer quelques mecs. Rien de plus.<\/p>\n<p><strong>Est-ce une des rencontres les plus \u00e9lectriques que vous ayez eue \u00e0 jouer\u00a0?<\/strong><br \/>Je ne sais pas, mais ce qui est fou, c\u2019est que m\u00eame des joueurs r\u00e9put\u00e9s tr\u00e8s calmes \u00e9taient parfois survolt\u00e9s. Je revois l\u2019image de Nicolas Brusque et Julien Arias, qui sont tout sauf des bagarreurs, s\u2019attraper dans l\u2019en-but et se battre comme les gros. C\u2019\u00e9tait dingue. Nico avait mal v\u00e9cu le fait qu\u2019Arias le retienne par le maillot sur cette action d\u2019essai parisien. C\u2019est typiquement, aujourd\u2019hui, avec l\u2019arbitrage vid\u00e9o, le genre d\u2019essai qui est refus\u00e9. Mais bon, c\u2019\u00e9tait une autre \u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00cates-vous parfois nostalgique de cette \u00e9poque\u00a0?<\/strong><br \/>Je ne suis pas nostalgique, je suis m\u00eame content que le rugby ait \u00e9volu\u00e9. Je suis ravi qu\u2019il n\u2019y ait plus de bagarres, plus de mauvais coups,\u00a0etc.. Avant, \u00e7a faisait partie du truc et je suis heureux de l\u2019avoir v\u00e9cu, parce que\u2026 Bon, \u00e0 mon \u00e9poque, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 moins violent que 20 ans auparavant. Le rugby des ann\u00e9es 80, c\u2019\u00e9tait quelque chose de ce point de vue l\u00e0. Celui des ann\u00e9es 2000, \u00e7a commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre plus propre. La professionnalisation a fait du bien \u00e0 notre sport. Sur la finale face au Stade fran\u00e7ais, nous nous \u00e9tions promis de r\u00e9pondre collectivement. On savait que \u00e7a nous co\u00fbterait un carton, mais on avait agi en sachant le risque que l\u2019on prenait. Ce jour-l\u00e0, c\u2019est tomb\u00e9 sur Bibi Auradou et J\u00e9r\u00f4me (Thion) qui ont pris chacun un carton jaune.<\/p>\n<p><strong>Reparlez-vous parfois de cette finale lorsque vous croisez d\u2019anciens joueurs parisiens\u00a0?<\/strong><br \/>On se chambre toujours un peu, mais on a quand m\u00eame beaucoup de respect pour les joueurs du stade fran\u00e7ais avec qui on s\u2019entendait tr\u00e8s bien en \u00e9quipe de France. On \u00e9tait souvent fourr\u00e9s ensemble d\u2019ailleurs \u00e0 Marcoussis. Ce n\u2019\u00e9tait pas une rivalit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 s\u2019ignorer, ne pas se parler ou m\u00eame se d\u00e9tester. Vraiment pas. Il y avait une grosse rivalit\u00e9 sportive sur le terrain, mais en dehors du terrain, on s\u2019entendait tr\u00e8s bien et on a gard\u00e9 de tr\u00e8s bonnes relations avec quasiment tous les joueurs d\u2019ailleurs. On partageait un peu les m\u00eames valeurs, la m\u00eame connerie avec \u00ab\u00a0Domi\u00a0\u00bb, par exemple. Il \u00e9tait un peu moteur dans nos relations entre les Biarrots et les Parisiens.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que cette \u00e9pop\u00e9e de 2005 vous a permis de tisser des liens tr\u00e8s forts\u00a0entre joueurs du BO\u00a0?<\/strong><br \/>Gagner un titre, \u00e7a cr\u00e9e des liens pour la vie. Quel que soit le sport ou le niveau. M\u00eame si certains joueurs avaient particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e de 2002, nous voulions marquer de notre empreinte l\u2019histoire du club et \u00e9crire quelques lignes au palmar\u00e8s. Ensuite, il y a eu 2006, 2010 puis 2012 jusqu\u2019\u00e0 la finale du Challenge.<\/p>\n<p><strong>Quel joueur vous a le plus marqu\u00e9 au cours de cette saison-l\u00e0\u00a0?<\/strong><br \/>Il y en a eu tellement. Imanol avait fait une tr\u00e8s grosse saison, Serge (Betsen) avait \u00e9t\u00e9 monstrueux aussi. Impossible d\u2019en sortir un du lot. En revanche, Patrice Lagisquet a \u00e9t\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment fondamental de notre r\u00e9ussite. Cette saison-l\u00e0, il nous a vraiment fait \u00e9voluer tactiquement et techniquement. Nous avions cr\u00e9\u00e9 beaucoup de nouveaux mouvements, de nouvelles combinaisons pour d\u00e9stabiliser les d\u00e9fenses adverses. Il savait qu\u2019avec le profil des joueurs \u00e0 sa disposition, il pouvait se le permettre. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il y avait 3-4 temps de jeu d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9s et apr\u00e8s c\u2019est notre instinct, notre talent qui faisait la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1750817720_916_image.jpg\" alt=\"Dimitri Yachvili, ancien demi de m\u00eal\u00e9e international, consultant rugby sur France T\u00e9l\u00e9visions.\"\/><\/p>\n<p>                Dimitri Yachvili, ancien demi de m\u00eal\u00e9e international, consultant rugby sur France T\u00e9l\u00e9visions.<br \/>\n                                    Pablo Ordas &#8211; Pablo ORDAS<\/p>\n<p><strong>Cette ann\u00e9e 2005 a marqu\u00e9 la naissance des Galactiques. \u00c7a vous avait gonfl\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00a0?<\/strong><br \/>Ouais, un peu, un peu. Galactiques, \u00e7a veut tout et rien dire \u00e0 la fois. C\u2019est une constellation d\u2019\u00e9toiles, il y en avait dans plusieurs clubs. C\u2019est juste que le Biarritz Olympique avait connu un gros recrutement cette saison-l\u00e0. Mais bon, la comparaison avec le R\u00e9al de Madrid\u2026 C\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois gratifiant et\u2026<\/p>\n<p><strong>Oui\u00a0?<\/strong><br \/>On se disait entre nous\u00a0: \u00ab\u00a0Bon, calmez-vous, on reste une \u00e9quipe de rugby.\u00a0\u00bb Apr\u00e8s, entre nous, c\u2019\u00e9tait vraiment un truc de journalistes qui nous faisait plaisir, parce que c\u2019est toujours gratifiant qu\u2019on te surnomme les Galactiques, mais \u00e7a nous mettait aussi une forme de pression. Pas facile \u00e0 assumer derri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Allez-vous f\u00eater les 20 ans de ce titre de champion de France\u00a0?<\/strong><br \/>C\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait. Sur une initiative d\u2019Imanol (Harinordoquy) et David (Couzinet), nous nous sommes r\u00e9unis en f\u00e9vrier dans un cadre particulier. Parce qu\u2019au-del\u00e0 du titre, ce qui vous a uni, malheureusement, c\u2019est un \u00e9v\u00e9nement dramatique\u00a0: la mort de F\u00e9d\u00e9 (NDLR\u00a0: F\u00e9d\u00e9rico Martin Aramburu a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par un militant d\u2019extr\u00eame droite en mars\u00a02019 \u00e0 la suite d\u2019une altercation dans une rue de Paris). Depuis son d\u00e9c\u00e8s, on parlait souvent en petits groupes d\u2019aller visiter la famille, d\u2019aller chez lui, tout simplement, pour apporter notre soutien. L\u2019id\u00e9e est alors n\u00e9e de faire ce voyage en 2025 et de f\u00eater le titre tout en rendant hommage \u00e0 F\u00e9d\u00e9. Et d\u00e8s que le groupe Whatsapp a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, Patrice Lagisquet a \u00e9t\u00e9 un des premiers \u00e0 r\u00e9pondre favorablement. Tous les autres ont suivi, \u00ab\u00a0Lagisque\u00a0\u00bb a vraiment \u00e9t\u00e9 moteur. Nous sommes donc partis \u00e0 une quinzaine\u00a0pour vivre une semaine magnifique.<\/p>\n<p>        <img decoding=\"async\" class=\"std-img__img responsive-img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1750817721_275_image.jpg\" alt=\"Les anciens du BO posant devant la fresque hommage \u00e0 Federico Martin Aramburu.\"\/><\/p>\n<p>                Les anciens du BO posant devant la fresque hommage \u00e0 Federico Martin Aramburu.<br \/>\n                                    Pablo Ordas &#8211; Pablo ORDAS<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous v\u00e9cu ces retrouvailles et ces moments partag\u00e9s avec la famille de F\u00e9d\u00e9rico Martin Aramburu\u00a0?<\/strong><br \/>Il y a eu beaucoup d\u2019\u00e9motions. Vraiment. Mais des \u00e9motions tr\u00e8s chouettes, tr\u00e8s positives. On sait tous que F\u00e9d\u00e9 ne reviendra pas, mais passer du temps avec ses parents, sa famille, ses amis, parler de lui, \u00e9voquer des souvenirs heureux, a fait du bien \u00e0 tout le monde. C\u2019\u00e9tait amical, fraternel. Nous sommes all\u00e9s dans son club. Les dirigeants du Casi nous ont re\u00e7us pour une r\u00e9ception et un bel asado. C\u2019\u00e9tait une soir\u00e9e merveilleuse. Il y a eu des \u00e9changes de maillots, des discours. On a chant\u00e9, on a mang\u00e9, on a bu et on a fait les cons. Tout le monde avait besoin d\u2019un tel moment. Depuis le d\u00e9c\u00e8s de F\u00e9d\u00e9, on sentait qu\u2019il nous \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019aller dans son club, de voir ses amis, de partager du temps avec eux et sa famille, pour nous aider encore plus \u00e0 faire notre deuil. Et peut-\u00eatre aussi le leur.<\/p>\n<p><strong>Et quel a \u00e9t\u00e9 votre plaisir de vous retrouver avec une bonne partie de l\u2019effectif de 2005\u00a0?<\/strong><br \/>En fait, on se croise r\u00e9guli\u00e8rement avec la plupart des mecs, on partage parfois des week-ends en famille par groupe de deux ou trois joueurs de l\u2019\u00e9poque, mais nous n\u2019\u00e9tions jamais repartis tous ensemble pendant une semaine. Et durant ce s\u00e9jour, j\u2019ai eu cette sensation que nous nous \u00e9tions quitt\u00e9s la veille. Il r\u00e9gnait la m\u00eame atmosph\u00e8re. On avait tous la m\u00eame connerie, les m\u00eames humeurs, les m\u00eames blagues qu\u2019il y a 20 ans, et \u00e7a nous fait toujours rire. En fait, on a pass\u00e9 la semaine \u00e0 rigoler comme des enfants qui se retrouvent en colonie de vacances.<\/p>\n<p><strong>Vous en parlez avec beaucoup d\u2019\u00e9motion\u2026<\/strong><br \/>Quand tu gagnes un titre et que tu perds un pote, tragiquement, forc\u00e9ment, il y a de l\u2019\u00e9motion. Durant cette semaine-l\u00e0 en Argentine, tous nos sentiments ont \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9s. Nous en avons aussi profit\u00e9 pour d\u00e9couvrir un pays magnifique, vivant, avec des gens chaleureux et fiers. Un peu comme l\u2019\u00e9tait F\u00e9d\u00e9\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Il y a 20 ans, le Biarritz Olympique remportait le bouclier de Brennus \u00e0 l\u2019issue d\u2019une finale \u00e9pique&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":202154,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1416],"tags":[1011,27,479,1468,60],"class_list":{"0":"post-202153","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rugby","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-rugby","11":"tag-rugby-football","12":"tag-sports"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114741597109546251","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202153","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=202153"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202153\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/202154"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=202153"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=202153"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=202153"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}