{"id":203657,"date":"2025-06-25T16:42:09","date_gmt":"2025-06-25T16:42:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/203657\/"},"modified":"2025-06-25T16:42:09","modified_gmt":"2025-06-25T16:42:09","slug":"en-chine-deux-nouveaux-virus-detectes-chez-des-chauves-souris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/203657\/","title":{"rendered":"En Chine, deux nouveaux virus d\u00e9tect\u00e9s chez des chauves-souris"},"content":{"rendered":"<p>En analysant les reins de chauves-souris, des chercheurs chinois ont identifi\u00e9 deux nouveaux virus proches des dangereux virus Nipah et Hendra.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">\u00ab\u00a0Les chauves-souris sont l\u2019un des animaux qui h\u00e9bergent le plus de virus\u00a0\u00bb, explique \u00c9tienne Simon-Loriere, responsable de la structure g\u00e9nomique \u00e9volutive des virus \u00e0 ARN \u00e0 l\u2019institut Pasteur. Une nouvelle \u00e9tude de l\u2019Institut du Yunnan (Chine) pour le contr\u00f4le et la pr\u00e9vention des maladies end\u00e9miques en a trouv\u00e9 vingt nouveaux dans des reins de chauves-souris. Jusqu\u2019ici inconnus, deux sont des henipavirus, proche des deux virus dangereux pour l\u2019homme,\u00a0<a href=\"https:\/\/sante.lefigaro.fr\/actualite\/2012\/06\/04\/18302-nouvelles-infections-virales-sont-craindre\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"SANTE\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le Hendra<\/a>\u00a0et\u00a0<a href=\"http:\/\/sante.lefigaro.fr\/medecine\/en-inde-le-virus-nipah-resurgit-et-fait-deux-morts-dans-le-kerala-20230919\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"SANTE\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Nipah<\/a>. Ces derniers sont parmi les plus redout\u00e9s au monde\u00a0: ils provoquent, chez l\u2019homme, des infections respiratoires ou neurologiques graves avec des taux de mortalit\u00e9 pouvant d\u00e9passer 70\u202f%.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Les chercheurs, qui publient leurs r\u00e9sultats\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.plos.org\/plospathogens\/article?id=10.1371\/journal.ppat.1013235&amp;utm_source=pr&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=plos006\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">dans la revue Plos Pathogens<\/a> , ont captur\u00e9 142 chauves-souris de 10 esp\u00e8ces diff\u00e9rentes entre 2017 et 2021 dans 5 r\u00e9gions de la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine. Ils ont extrait leurs reins pour y analyser par s\u00e9quen\u00e7age m\u00e9tatranscriptomique tous les ARN pr\u00e9sents. De nombreuses recherches sur les virus de chauve-souris se concentrent sur la d\u00e9tection dans les mati\u00e8res f\u00e9cales, car \u00ab\u00a0c\u2019est le plus facile \u00e0 collecter, informe \u00c9tienne Simon-Loriere. Il nous suffit de r\u00e9colter leurs mati\u00e8res f\u00e9cales, il n\u2019y a pas besoin de tuer des chauves-souris, qui sont des animaux tr\u00e8s utiles pour leur \u00e9cosyst\u00e8me.\u00a0\u00bb Mais la technique utilis\u00e9e par les chercheurs chinois a un avantage\u00a0: \u00ab\u00a0Contrairement aux m\u00e9thodes classiques, elle ne cible pas un seul virus ou une seule bact\u00e9rie, mais capte l\u2019ensemble des organismes en train de s\u2019exprimer\u00a0\u00bb, explique le chercheur. Et elle permet \u00ab\u00a0de d\u00e9tecter sp\u00e9cifiquement les virus \u00e0 ARN, souvent invisibles avec d\u2019autres m\u00e9thodes\u00a0\u00bb, \u00e9claire \u00c9tienne Simon-Loriere.<\/p>\n<p>Un h\u00f4te de choix<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Apr\u00e8s une analyse phylog\u00e9n\u00e9tique pour identifier les virus, les chercheurs ont pu d\u00e9finir que ces deux nouveaux virus faisaient bien parti de la m\u00eame famille que les redoutables Hendra et Nipah, qui tous deux ont pour h\u00f4te naturel des chauves-souris. Le virus Hendra, proche de l\u2019un de ceux retrouv\u00e9s dans les reins des chauves-souris, est r\u00e9pandu sur la c\u00f4te est de l\u2019Australie o\u00f9 il provoque des pneumopathies et des enc\u00e9phalites chez les chevaux et leurs \u00e9leveurs. Quant au virus Nipah, il a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en Malaisie et a provoqu\u00e9 plusieurs \u00e9pid\u00e9mies humaines\u00a0; \u00ab\u00a0il se transmet lorsque des excr\u00e9ments ou de l\u2019urine de chauve-souris se retrouvent sur des aliments que les humains vont consommer sans forc\u00e9ment les laver, comme les fruits ou les l\u00e9gumes\u00a0\u00bb, explique \u00c9tienne Simon-Loriere.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Les deux nouveaux henipavirus, nomm\u00e9s Yunnan bat henipavirus 1 et 2, ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s majoritairement chez des chauves-souris de l\u2019esp\u00e8ce Rousettus leschenaultii. \u00ab\u00a0En se r\u00e9pliquant dans les reins, ces nouveaux virus se transmettent tr\u00e8s s\u00fbrement par l\u2019urine\u00a0\u00bb, confirme \u00c9tienne Simon-Loriere.<\/p>\n<p class=\"fig-body-link\">\n            \u00c0 lire aussi<br \/>\n        <a class=\"fig-body-link__link fig-premium-mark\" href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/sciences\/l-approche-one-health-pour-mieux-controler-les-infections-zoonotiques-20220130\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u2019approche \u00abOne Health\u00bb pour mieux contr\u00f4ler les infections zoonotiques<br \/>\n    <\/a>\n<\/p>\n<p>Pas de danger pour l\u2019instant, mais une surveillance s\u2019impose<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Pour autant, pas de panique\u00a0: en tant que mammif\u00e8res volants, une raret\u00e9 dans le r\u00e8gne animal, les chauves-souris repr\u00e9sentent un h\u00f4te de choix pour de nombreux virus, parfois pour des virus inconnus, sans pour autant causer syst\u00e9matiquement une \u00e9pid\u00e9mie chez les \u00eatres humains. \u00ab\u00a0Pour le moment, continue \u00c9tienne Simon-Loriere, on ne sait pas si ces virus peuvent contaminer les humains, et encore moins s\u2019ils peuvent se transmettre d\u2019humains en humains\u00a0\u00bb. Si ces deux nouveaux virus se sont transmis entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de chauves-souris, c\u2019est qu\u2019elles peuvent parfois cohabiter, et s\u2019uriner les unes sur les autres.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">D\u2019apr\u00e8s les auteurs de l\u2019\u00e9tude, cette d\u00e9couverte souligne toutefois l\u2019importance d\u2019\u00e9largir la surveillance microbienne au-del\u00e0 des selles ou du syst\u00e8me digestif. Elle apporte une preuve g\u00e9nomique directe que des henipavirus circulent en Chine, dans une r\u00e9gion voisine de la Malaisie (lieu d\u2019origine de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Nipah). Et des recherches plus approfondies pourraient \u00eatre envisag\u00e9es. \u00ab\u00a0Il faudrait \u00e9tudier ces deux nouveaux virus pour d\u00e9terminer s\u2019ils peuvent ou non se transmettre \u00e0 l\u2019humain\u00a0\u00bb, estime \u00c9tienne Simon-Loriere. Ces analyses se font dans des laboratoires \u00ab\u00a0hautement s\u00e9curis\u00e9s de classe 4, avec de grandes restrictions, surveill\u00e9s en continu, pour \u00e9viter toute fuite possible.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En analysant les reins de chauves-souris, des chercheurs chinois ont identifi\u00e9 deux nouveaux virus proches des dangereux virus&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":203658,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[442,34271,309,228,440,441,436,1011,27,72,226,439,229,71,435,437,227,438,5336],"class_list":{"0":"post-203657","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-administration-de-la-sante","9":"tag-chauve-souris","10":"tag-chine","11":"tag-diagnostic","12":"tag-droit-a-la-sante","13":"tag-education-sanitaire-education-sanitaire-individuelle-et-collective","14":"tag-environnement","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-health","18":"tag-maladie","19":"tag-niveau-de-vie","20":"tag-pathologie","21":"tag-sante","22":"tag-sante-de-la-population","23":"tag-services-medicaux","24":"tag-traitement","25":"tag-traitement-preventif","26":"tag-virus"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114745006724302820","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203657","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=203657"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203657\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/203658"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=203657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=203657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=203657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}