{"id":204196,"date":"2025-06-25T21:37:24","date_gmt":"2025-06-25T21:37:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/204196\/"},"modified":"2025-06-25T21:37:24","modified_gmt":"2025-06-25T21:37:24","slug":"entre-bilan-souvenirs-et-quelques-rappels-de-securite-le-president-fondateur-de-la-snsm-de-louest-var-se-livre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/204196\/","title":{"rendered":"Entre bilan, souvenirs et quelques rappels de s\u00e9curit\u00e9, le pr\u00e9sident-fondateur de la SNSM de l&rsquo;Ouest-Var se livre"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019entame de la saison estivale, le membre fondateur de la station SNSM (Soci\u00e9t\u00e9 nationale de sauvetage en mer) de l\u2019ouest-Var et aujourd\u2019hui pr\u00e9sident, 1.200 interventions au compteur, fait quelques rappels et revient sur cette aventure humaine, avec ses hauts et ses creux.<\/p>\n<p><strong>Votre histoire est li\u00e9e \u00e0 celle de la station SNSM de Bandol. Et elle dure&#8230; Depuis quand?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019en suis l\u2019un des membres fondateurs, c\u2019\u00e9tait en 1981. On dirait que c\u2019\u00e9tait hier. Le docteur Suquet (qui fut maire de Bandol) en \u00e9tait le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui a motiv\u00e9 la cr\u00e9ation de la station?<\/strong><\/p>\n<p>On est dans les ann\u00e9es post-Tabarly, on assiste au boom de la plaisance, le port de Bandol vient d\u2019\u00eatre construit, avec ses 1.700 anneaux&#8230; Il y a un v\u00e9ritable afflux. Il existait alors deux stations qui g\u00e9raient le secteur de Bandol: celles de La Ciotat et de Toulon. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les bateaux ne d\u00e9passaient pas les 9 n\u0153uds et il fallait parfois compter 1h30\u00e0 2h aux sauveteurs pour arriver sur zone. Et apr\u00e8s quelques gros incidents \u00e0 Bandol, comme des bateaux en feu, des accidents de plong\u00e9e (qui se d\u00e9mocratisait aussi), le si\u00e8ge national de la SNSM et le pr\u00e9fet maritime ont souhait\u00e9 cr\u00e9er une station \u00e0 Bandol. Et de par mes connaissances, travaillant aux Affaires maritimes, \u00e7a coulait de source que je vienne aider.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 66 ans, vous venez d\u2019\u00eatre renouvel\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence pour six ans&#8230; Vous partez encore en intervention?<\/strong><\/p>\n<p>Exceptionnellement seulement. Je suis la cinqui\u00e8me roue de la charrette d\u00e9sormais: j\u2019ai quatre super capitaines de bateau, trente-cinq sauveteurs au total&#8230; Je pars seulement si l\u2019un d\u2019eux \u00e0 un emp\u00eachement.<\/p>\n<p><strong>Vous estimez \u00e0 combien le nombre de sauvetages que vous avez effectu\u00e9s?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 patron titulaire de 1989 \u00e0 2003. J\u2019ai d\u00fb faire 1.200 interventions en tout, je dirais&#8230;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce que vous retiendrez de cet engagement au long cours?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est le collectif avant tout. Tout seul, on ne fait rien. Sans l\u2019\u00e9quipage, \u00e0 la mer on n\u2019est bon \u00e0 rien. Et \u00e7a, quelle que soit la qualit\u00e9 du capitaine. Il a toujours besoin de ses m\u00e9caniciens, de ses nageurs, de ses plongeurs, d\u2019un chef de pont&#8230; Ce qui m\u2019a plu avant tout, c\u2019est cet esprit d\u2019\u00e9quipe. C\u2019est comme au rugby: tu peux \u00eatre le meilleur des ouvreurs, si tu n\u2019as que des truffes autour, tu ne fais rien! J\u2019ai aussi \u00e9t\u00e9 entra\u00eeneur de foot, je me suis occup\u00e9 d\u2019associations&#8230; mais je n\u2019ai jamais rien ressenti de plus fort que durant mes interventions.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est de l\u2019adr\u00e9naline pure?<\/strong><\/p>\n<p>Quand la sir\u00e8ne retentissait (aujourd\u2019hui c\u2019est un bip sur le t\u00e9l\u00e9phone), quand l\u2019alerte du Cross Med t\u2019annonce qu\u2019il y a des gens \u00e0 la mer, que tu vois le temps de m&#8230; et que tu sais que tu vas y aller&#8230; Oui, c\u2019est de l\u2019adr\u00e9naline. C\u2019est aussi de la fiert\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9ussite d\u2019une mission! Cette satisfaction r\u00e9elle du devoir accompli. Quand tu sais que, sans toi, des gens n\u2019auraient peut-\u00eatre pas surv\u00e9cu. Et il y a aussi des moments tr\u00e8s durs. Quand tu fais face \u00e0 la d\u00e9tresse des familles de victimes, et pire encore quand il s\u2019agit d\u2019enfants ou des gens que tu connais&#8230; Quand ce qui devait \u00eatre du plaisir se transforme en catastrophe, c\u2019est dur.<\/p>\n<p><strong>D\u2019o\u00f9 quelques messages utiles, avant l\u2019\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement?<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, dans le monde de la plaisance et du loisir nautique, on voit beaucoup de gens inexp\u00e9riment\u00e9s. Ce n\u2019est pas de l\u2019inconscience, mais de la m\u00e9connaissance, qui peut avoir de graves cons\u00e9quences. Alors, informez-vous, formez-vous, faites du compagnonnage, apprenez la m\u00e9t\u00e9o, entretenez votre bateau&#8230; Et puis, bien s\u00fbr, sachez donner l\u2019alerte (VHF 16 ou appel au 196). Un permis ne fait pas tout. La M\u00e9diterran\u00e9e n\u2019est pas un lac. Une brise marine qui se l\u00e8ve, avec des vagues de deux petits m\u00e8tres, pour nous ce n\u2019est rien, mais dans un mouille-cul, c\u2019est vite la panique!<\/p>\n<p><strong>La SNSM, on le sait, fonctionne b\u00e9n\u00e9volement. C\u2019est compliqu\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Au niveau national, oui. Mais la station de Bandol tient bon, gr\u00e2ce \u00e0 des partenaires et m\u00e9c\u00e8nes fid\u00e8les, m\u00eame si on doit toujours faire la qu\u00eate pour fonctionner correctement, payer le carburant, les \u00e9quipements&#8230; Et l\u2019appel aux dons reste difficile, m\u00eame du c\u00f4t\u00e9 des plaisanciers eux-m\u00eames. Sur les 5.000 propri\u00e9taires de bateaux de notre zone d\u2019intervention, qui va des Lecques jusqu\u2019aux Embiez, seulement 700 donnent. Notre station tient surtout aussi gr\u00e2ce aux sauveteurs eux-m\u00eames, que nous formons. Quand on appareille, on a un \u00e9quipage complet, avec des comp\u00e9tences multiples, fort de v\u00e9ritables qualifications professionnelles. On a des entra\u00eenements permanents&#8230; Mais le plus important, c\u2019est la mentalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est-\u00e0-dire?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est du grand b\u00e9n\u00e9volat, c\u2019est \u00eatre disponible pour les autres, sans compter son temps. C\u2019est, parfois, mettre sa vie en p\u00e9ril en voulant sauver celle des autres. Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, individualiste, o\u00f9 tout se monnaye, avoir encore des gens comme \u00e7a, c\u2019est un tr\u00e9sor pour la SNSM&#8230; Et pour l\u2019\u00c9tat, qui ne nous finance qu\u2019\u00e0 hauteur de 25% de nos investissements et qui d\u00e9l\u00e8gue tout le sauvetage en mer \u00e0 une association agr\u00e9\u00e9e. Mais c\u2019est ainsi.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.varmatin.com\/temoignage\/protec\/DATA_ART_15765734-S3hGf6Bn.jpg?vh=5c630d&amp;ci_seal=5863804f6e\" alt=\"\"\/><br \/>\n        L&rsquo;\u00eele des Embiez, \u00e0 Six-Fours. <strong>Photo archives Var-Matin.<\/strong> <\/p>\n<p>            \u00c7a reste entre nous : coups de c\u0153ur et petits secrets<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 emmenez-vous quelqu\u2019un qui vient chez nous pour la premi\u00e8re fois?<\/strong><\/p>\n<p>Sur l\u2019\u00eele des Embiez. On fait le tour, \u00e0 pied ou en petit train, et on finit l\u00e0-haut, par la tombe de Paul Ricard. La SNSM a d\u2019ailleurs de tr\u00e8s bons rapports avec la famille Ricard. C\u2019est un partenaire historique. Et elle nous permet de faire nos formations chez eux. Quand les coll\u00e8gues d\u2019autres r\u00e9gions viennent, ils sont jaloux !<\/p>\n<p><strong>Avec une baguette magique, que changeriez-vous dans la r\u00e9gion?<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a rien \u00e0 changer dans notre belle r\u00e9gion, alors je dirais : que davantage de gens comprennent l\u2019importance d\u2019aider la SNSM pour continuer notre noble mission.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous manque quand vous n\u2019\u00eates pas dans la r\u00e9gion ?<\/strong><\/p>\n<p>Facile. La mer.<\/p>\n<p><strong>Et si vous deviez vivre ailleurs, ce serait o\u00f9?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Italie. J\u2019ai des origines. D\u2019ailleurs, je parle bien italien. Quand j\u2019\u00e9tais enfant, on a gard\u00e9 mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re avec nous \u00e0 la maison, et elle ne parlait pas un mot de fran\u00e7ais. Et puis, avec ma femme (Floriane, qui tient le traiteur \u00ab Bienvenue en Italie \u00bb \u00e0 Bandol), on a fait tout le tour du pays pour rencontrer les petits producteurs. Parler avec eux, go\u00fbter, les voir \u00e9lever, les voir produire&#8230; L\u00e0-bas, je me sens chez moi.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui vous met de bonne humeur le matin?<\/strong><\/p>\n<p>Venir \u00e0 la station et voir ce beau collectif.<\/p>\n<p><strong>Et de mauvaise humeur?<\/strong><\/p>\n<p>La m\u00e9chancet\u00e9 gratuite et les casse-couilles.<\/p>\n<p>            Bio express<br \/>\n            1959<\/p>\n<p>Naissance \u00e0 La Ciotat<\/p>\n<p>1979\u00a0<\/p>\n<p>Service militaire<\/p>\n<p>1980 <\/p>\n<p>Entre aux Affaires maritimes, o\u00f9 il restera jusqu\u2019\u00e0 la retraite en 2022, en tant que chef de l\u2019unit\u00e9 littoral<\/p>\n<p>1981 <\/p>\n<p>Cr\u00e9ation de la station SNSM de Bandol<\/p>\n<p>1989 <\/p>\n<p>Prend le commandement des \u00e9quipages de la station<\/p>\n<p>2001 <\/p>\n<p>Prend la suite de Xavier Suquet \u00e0 la pr\u00e9sidence de la station<\/p>\n<p>2025 <\/p>\n<p>Est renouvel\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de la station pour un mandat de six ans, \u00ab le dernier \u00bb, dit-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 l\u2019entame de la saison estivale, le membre fondateur de la station SNSM (Soci\u00e9t\u00e9 nationale de sauvetage en&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":204197,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,12,882,25,240,2310,3366],"class_list":{"0":"post-204196","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-provence-alpes-cote-dazur","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-temoignage","18":"tag-toulon","19":"tag-vie-locale"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114746166040485017","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204196","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204196"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204196\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/204197"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204196"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204196"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204196"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}