{"id":216562,"date":"2025-06-30T20:46:10","date_gmt":"2025-06-30T20:46:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/216562\/"},"modified":"2025-06-30T20:46:10","modified_gmt":"2025-06-30T20:46:10","slug":"est-elle-plus-cosmopolite-que-dautres-villes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/216562\/","title":{"rendered":"Est-elle plus cosmopolite que d&rsquo;autres villes ?"},"content":{"rendered":"<p>La Ville de Marseille, en partenariat avec la revue L&rsquo;Histoire et le journal La Provence, lance un \u00e9v\u00e9nement in\u00e9dit : La Folle Histoire de Marseille, un festival d&rsquo;histoire publique pens\u00e9 pour et par les Marseillais. Dans un contexte marqu\u00e9 par la d\u00e9fiance envers les savoirs scientifiques, les replis identitaires et la d\u00e9sinformation, ce festival entend replacer l&rsquo;histoire au c\u0153ur de l&rsquo;espace public. Son ambition ? Proposer une relecture plurielle, rigoureuse et accessible de l&rsquo;histoire marseillaise, \u00e0 la crois\u00e9e de l&rsquo;ancrage local et de l&rsquo;ouverture au monde.<\/p>\n<p>Pilot\u00e9e par le Mus\u00e9e d&rsquo;histoire de Marseille, avec le soutien d&rsquo;Aix- Marseille Universit\u00e9, cette premi\u00e8re \u00e9dition, dont le temps fort est programm\u00e9 pour le printemps 2026, s&rsquo;ouvrira d\u00e8s le 4 juillet 2025 avec une table ronde inaugurale autour du th\u00e8me : \u00ab\u00a0Marseille : porte du monde ?\u00a0\u00bb. Une interrogation volontairement provocante, qui invite \u00e0 questionner les identit\u00e9s, les migrations, les r\u00e9cits partag\u00e9s &#8211; <a href=\"https:\/\/www.laprovence.com\/article\/region\/52414529955655\/avoir-laccent-soutenir-lom-cultiver-un-esprit-rebelle-etre-marseillais-ca-veut-dire-quoi-au-juste\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">et les clich\u00e9s persistants<\/a> &#8211; d&rsquo;une ville souvent qualifi\u00e9e de cosmopolite, parfois caricatur\u00e9e, toujours passionn\u00e9e. Pour mieux comprendre la gen\u00e8se et les ambitions de ce festival, nous avons rencontr\u00e9 Val\u00e9rie Hannin, directrice de la r\u00e9daction de L&rsquo;Histoire et co-initiatrice du projet.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous nous raconter comment est n\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e de La Folle Histoire de Marseille ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e est n\u00e9e au printemps dernier, lors d&rsquo;une rencontre informelle, amicale entre le maire de Marseille, Beno\u00eet Payan, et un journaliste de notre groupe de presse. L&rsquo;envie partag\u00e9e \u00e9tait de concevoir avec la revue L&rsquo;Histoire un festival d&rsquo;histoire publique \u00e0 Marseille, en y apportant notre expertise \u00e9ditoriale et notre savoir-faire, d\u00e9velopp\u00e9 depuis plus de 30 ans \u00e0 travers notre participation \u00e0 des festivals comme Blois ou Pessac.<\/p>\n<p><strong>En tant que directrice de la r\u00e9daction de la revue L&rsquo;Histoire, vous \u00eates impliqu\u00e9e dans plusieurs festivals d&rsquo;histoire en France. Y avait-il un manque\/besoin \u00e0 Marseille ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>Marseille ne manque pas de rendez-vous historiques. Il existe plusieurs \u00e9v\u00e9nements importants auxquels nous sommes parfois partenaires, comme Aller Savoir, le festival d\u00e9centralis\u00e9 de l&rsquo;EHESS (\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales, Ndlr) \u00e0 la Vieille Charit\u00e9, les nouvelles Rencontres d&rsquo;Averro\u00e8s ou encore le festival des arts et des sciences, ancien Jeu de l&rsquo;Oie, port\u00e9 par Amu et le Mucem. Mais ce qui manquait peut-\u00eatre, c&rsquo;\u00e9tait un festival qui soit sp\u00e9cifiquement centr\u00e9 sur l&rsquo;histoire de la ville elle-m\u00eame. C&rsquo;est de l\u00e0 qu&rsquo;est venue l&rsquo;id\u00e9e de La Folle Histoire de Marseille, un titre un peu entra\u00eenant, qui a tout de suite suscit\u00e9 l&rsquo;enthousiasme.<\/p>\n<p><strong>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un festival d&rsquo;histoire publique. Que signifie ce terme parfois m\u00e9connu ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>C&rsquo;est une excellente question, car l&rsquo;expression peut \u00eatre floue. L&rsquo;histoire publique, c&rsquo;est une d\u00e9marche qui vise \u00e0 sortir l&rsquo;histoire des murs de l&rsquo;universit\u00e9 pour aller \u00e0 la rencontre d&rsquo;un large public, sans pour autant sacrifier l&rsquo;exigence scientifique. C&rsquo;est une forme d&rsquo;histoire partag\u00e9e, rigoureuse mais accessible, nourrie par les chercheurs autant que par les t\u00e9moignages et les attentes des citoyens. L&rsquo;objectif, c&rsquo;est un vrai dialogue.<\/p>\n<p><strong>Sommes-nous en retard en France sur ce terrain, par rapport aux pays anglo-saxons ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>La France n&rsquo;est pas en retard, c&rsquo;est une diff\u00e9rence. Dans les pays anglo-saxons, l&rsquo;histoire publique est parfois enseign\u00e9e ou pratiqu\u00e9e en dehors du cadre universitaire. En France, au contraire, elle est rest\u00e9e ancr\u00e9e dans une formation exigeante. Le premier master d&rsquo;histoire publique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 il y a dix ans \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Cr\u00e9teil, et depuis d&rsquo;autres ont vu le jour. C&rsquo;est une tradition diff\u00e9rente, qui repose sur l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;histoire est un m\u00e9tier. On ne s&rsquo;improvise pas historien. Dans une \u00e9poque marqu\u00e9e par les fake news, ce rappel est fondamental.<\/p>\n<p><strong>Cette premi\u00e8re \u00e9dition aura pour th\u00e8me \u00a0\u00bb Marseille : porte du monde ? \u00ab\u00a0. Une ville marqu\u00e9e par les migrations, les \u00e9changes, mais aussi les tensions. Comment aborder son histoire sans tomber dans les clich\u00e9s ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>Justement, le point d&rsquo;interrogation dans le titre est fondamental. Il nous permet de partir du clich\u00e9, pour mieux l&rsquo;interroger. Oui, Marseille est un port, un carrefour de circulations depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Oui, elle a accueilli de nombreuses populations. Mais cela n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 harmonieux. Le festival abordera tout cela sans esquiver les tensions, en posant toutes les questions. Par exemple : cette ville est-elle r\u00e9ellement plus cosmopolite que d&rsquo;autres ? Comment les communaut\u00e9s y coexistent-elles ? C&rsquo;est en regardant l&rsquo;histoire en face qu&rsquo;on apprend \u00e0 mieux vivre ensemble, on n&rsquo;esquivera rien.<\/p>\n<p><strong>Le bouquet final du festival aura lieu en mai 2026, mais une premi\u00e8re table ronde se tiendra d\u00e8s ce vendredi, le 4 juillet. Pourquoi cette anticipation ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait de poser les jalons, de lancer une dynamique. Le festival est pens\u00e9 comme un travail collectif, une co-construction. En commen\u00e7ant d\u00e8s maintenant, on peut impliquer les acteurs associatifs, les \u00e9tablissements scolaires, les chercheurs. Nous esp\u00e9rons que d\u00e8s la rentr\u00e9e, \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants commenceront \u00e0 travailler sur le th\u00e8me, pour une restitution au printemps.<\/p>\n<p><strong>Qui seront les intervenants de ce premier temps fort ?<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>La table ronde inaugurale r\u00e9unira quatre intervenants majeurs : Paulin Ismard, professeur d&rsquo;histoire grecque \u00e0 Aix-Marseille Universit\u00e9 ; C\u00e9line Regnard, historienne sp\u00e9cialiste de Marseille contemporaine ; Gilbert Buti, historien de l&rsquo;histoire coloniale ; et Benjamin Stora, \u00e9minent sp\u00e9cialiste de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie et des migrations. Ensemble, ils aborderont les repr\u00e9sentations de la ville, les rapports \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, les images que Marseille se fait d&rsquo;elle-m\u00eame\u2026 Ce sera une belle entr\u00e9e en mati\u00e8re pour un festival qui esp\u00e8re, chaque ann\u00e9e, explorer une autre facette de l&rsquo;histoire marseillaise.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Ville de Marseille, en partenariat avec la revue L&rsquo;Histoire et le journal La Provence, lance un \u00e9v\u00e9nement&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":216563,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[17,1111,11,35584,18635,1777,674,849,14898,1011,27,937,884,12,378,882,25,104],"class_list":{"0":"post-216562","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-17","9":"tag-actu","10":"tag-actualites","11":"tag-cosmopolite","12":"tag-est-elle","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-festival","16":"tag-folle","17":"tag-fr","18":"tag-france","19":"tag-histoire","20":"tag-marseille","21":"tag-news","22":"tag-plus","23":"tag-provence-alpes-cote-dazur","24":"tag-republique-francaise","25":"tag-societe"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114774277545438959","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216562","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=216562"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216562\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/216563"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=216562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=216562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=216562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}