{"id":224179,"date":"2025-07-03T22:35:13","date_gmt":"2025-07-03T22:35:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/224179\/"},"modified":"2025-07-03T22:35:13","modified_gmt":"2025-07-03T22:35:13","slug":"lespagne-sauvera-t-elle-lue-dune-fuite-en-avant-militariste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/224179\/","title":{"rendered":"L\u2019Espagne sauvera-t-elle l\u2019UE d\u2019une fuite en avant militariste ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alors que les dirigeants europ\u00e9ens serrent les rangs derri\u00e8re l\u2019objectif des 5\u00a0% du PIB consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense, le chef du gouvernement espagnol rompt le rang. Tandis qu\u2019\u00e0 La Haye il d\u00e9nonce un \u00ab\u00a0keyn\u00e9sianisme militaire\u00a0\u00bb aux effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour les investissements sociaux, \u00e0 Madrid ses partenaires de gauche menacent de quitter le gouvernement. \u00c0 l\u2019horizon, ce sont les contradictions de la coalition de gauche qui apparaissent\u00a0: pourra-t-elle longtemps r\u00e9sister \u00e0 la pr\u00e9dation am\u00e9ricaine tout en respectant les normes de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne et atlantique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Jeudi, le Premier ministre espagnol Pedro S\u00e1nchez a rompu les rangs avec les autres dirigeants de l\u2019OTAN en refusant de s\u2019engager \u00e0 porter les d\u00e9penses de d\u00e9fense \u00e0 5\u00a0% du PIB. Depuis son entr\u00e9e en fonction, Donald Trump r\u00e9clame une hausse massive du plafond actuel, fix\u00e9 \u00e0 2\u00a0%, dans le cadre de son projet de r\u00e9duction de la pr\u00e9sence militaire am\u00e9ricaine en Europe. Pour de nombreux \u00c9tats membres, la promesse des 5\u00a0% vise avant tout \u00e0 m\u00e9nager Trump, apr\u00e8s des mois de turbulences diplomatiques in\u00e9dites. Mais pour le gouvernement de coalition de la gauche large espagnole, elle illustre aussi une course au r\u00e9armement europ\u00e9en men\u00e9e sans le moindre esprit critique.<\/p>\n<p>Dans le projet actuel du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OTAN, Mark Rutte, les \u00c9tats membres seraient tenus de consacrer au moins 3,5\u00a0% de leur PIB \u00e0 la d\u00e9fense traditionnelle d\u2019ici 2032, auxquels s\u2019ajouteraient 1,5\u00a0% d\u00e9di\u00e9s \u00e0 des questions de s\u00e9curit\u00e9 plus larges, comme la cybers\u00e9curit\u00e9 et le contr\u00f4le des fronti\u00e8res. Rutte pr\u00e9sente ce \u00ab\u00a0compromis\u00a0\u00bb comme un moyen de laisser aux \u00c9tats la marge n\u00e9cessaire pour atteindre l\u2019objectif des 5\u00a0% \u2014 un objectif qui s\u2019inscrit globalement dans la ligne des annonces faites r\u00e9cemment par l\u2019Allemagne et la France. Si ces derni\u00e8res suscitaient d\u00e9j\u00e0 le scepticisme, la proposition de Rutte impliquerait, pour la plupart des pays d\u2019Europe du Sud, de plus que doubler leur budget militaire de base en l\u2019espace de sept ans.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/lvsl.fr\/militariser-leconomie-ne-sauvera-pas-lindustrie-europeenne\/\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Economie-de-guerre-Le-Vent-Se-Leve-633x422.jpg\"\/>   <\/a>    <\/p>\n<p>C\u2019est le cas pour le gouvernement de S\u00e1nchez\u00a0: les d\u00e9penses militaires espagnoles n\u2019atteignaient que 1,3\u00a0% du PIB en 2024 \u2014 le taux le plus bas parmi les membres de l\u2019OTAN. Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Rutte avant le sommet d\u00e9cisif de l\u2019OTAN pr\u00e9vu la semaine prochaine, S\u00e1nchez a expos\u00e9 les raisons de son refus d\u2019adopter l\u2019objectif des 5\u00a0%, soulignant qu\u2019il \u00e9tait \u00ab\u00a0incompatible avec notre \u00c9tat-providence\u00a0\u00bb et ne serait possible qu\u2019au prix \u00ab\u00a0d\u2019une hausse des imp\u00f4ts pour les classes moyennes, d\u2019une r\u00e9duction des services publics et d\u2019un recul des prestations sociales pour les citoyens\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il revient \u00e0 chaque gouvernement, en toute l\u00e9gitimit\u00e9, de d\u00e9cider s\u2019il est pr\u00eat \u00e0 consentir de tels sacrifices, \u00bb poursuivait-il. \u00ab\u00a0En tant qu\u2019alli\u00e9 souverain, nous choisissons de ne pas le faire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans cette m\u00eame lettre, il soulignait \u00e9galement qu\u2019un tel objectif ne ferait que renforcer la d\u00e9pendance de l\u2019Europe vis-\u00e0-vis de l\u2019armement am\u00e9ricain. Il notait notamment que \u00ab\u00a0en pr\u00e9cipitant l\u2019Espagne [et d\u2019autres pays europ\u00e9ens] vers des achats sur \u00e9tag\u00e8re\u00a0\u00bb de mat\u00e9riel militaire, \u00ab\u00a0une part substantielle de leurs ressources\u00a0\u00bb serait dirig\u00e9e \u00ab\u00a0vers des fournisseurs non europ\u00e9ens, les emp\u00eachant ainsi de d\u00e9velopper leur propre base industrielle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Txema Guijarro, porte-parole d\u00e9fense de Sumar \u2014 le partenaire de gauche du PSOE dans la coalition \u2014 a confirm\u00e9 ce point aupr\u00e8s de Jacobin [duquel la <a href=\"https:\/\/jacobin.com\/2025\/06\/trump-nato-spain-military-sanchez\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">version anglaise de cet article est issue<\/a> NDLR] : \u00ab\u00a0nous parlons d\u2019un objectif arbitraire, qui ne repose sur aucune analyse des besoins r\u00e9els de s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0C\u2019est aussi totalement contraire \u00e0 l\u2019objectif d\u2019accro\u00eetre l\u2019autonomie strat\u00e9gique de l\u2019Europe vis-\u00e0-vis des \u00c9tats-Unis\u00a0\u00bb, ajoute-t-il. \u00ab\u00a0Mais d\u2019autres pays, m\u00eame parmi les plus lourdement endett\u00e9s comme l\u2019Italie, semblent s\u2019aligner sur cette logique et se pr\u00e9cipiter pour ob\u00e9ir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019approche du sommet de l\u2019OTAN du 24 juin, S\u00e1nchez appara\u00eet en effet isol\u00e9 au sein de l\u2019alliance transatlantique \u2013 seul le Premier ministre britannique Keir Starmer n\u2019ayant pas encore pris publiquement position parmi les dirigeants de premier plan. Mais m\u00eame face \u00e0 la menace brandie par Trump d\u2019imposer de nouveaux droits de douane \u00e0 tout pays refusant de signer son exigence des 5\u00a0%, S\u00e1nchez dispose de solides raisons internes pour refuser de se plier au jeu \u2014 \u00e0 commencer par un vaste scandale de corruption qui \u00e9branle actuellement son Parti socialiste (PSOE). Il avait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9, en avril, une hausse imm\u00e9diate de 10,4 milliards d\u2019euros du budget militaire, sous la pression diplomatique de l\u2019administration Trump. Il savait aussi qu\u2019un nouvel engagement aurait \u00e9t\u00e9 inacceptable pour son partenaire de coalition Sumar, comme pour ses alli\u00e9s parlementaires catalans et basques, dont le PSOE d\u00e9pend pour conserver sa majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019il se bat pour sa survie politique, plusieurs membres de son entourage \u00e9tant impliqu\u00e9s dans cette affaire de corruption, S\u00e1nchez se pr\u00e9pare d\u00e9sormais \u00e0 un possible affrontement avec Trump lors du sommet. L\u2019un des derniers dirigeants de centre-gauche en Europe se retrouve ainsi \u00e0 nager \u00e0 contre-courant d\u2019une vague de militarisme.<\/p>\n<p>Bouleversement des plaques tectoniques<\/p>\n<p>La position isol\u00e9e de S\u00e1nchez contraste avec celle qu\u2019il occupait en 2020, lorsqu\u2019il jouait un r\u00f4le central dans les n\u00e9gociations autour des fonds europ\u00e9ens de relance post-pand\u00e9mie, dits NextGeneration. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il faisait partie d\u2019un bloc uni des pays du Sud, aux c\u00f4t\u00e9s de dirigeants italiens et portugais, qui poussaient \u00e0 l\u2019adoption de ce plan de relance sans pr\u00e9c\u00e9dent \u2014 financ\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par une dette commune de l\u2019UE. L\u2019accord visait \u00e0 renforcer l\u2019investissement public dans la transition \u00e9cologique, la num\u00e9risation et les politiques sociales, m\u00eame si ce cadre reposait fortement sur des partenariats public-priv\u00e9. Il avait aussi fourni \u00e0 S\u00e1nchez un contexte favorable pour gouverner en coalition avec Unidas Podemos sur la base d\u2019un programme social-d\u00e9mocrate mod\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Mais depuis le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche et les menaces de son administration de remettre en cause l\u2019alliance militaire occidentale, le rythme de la r\u00e9ponse europ\u00e9enne est d\u00e9sormais dict\u00e9 par les pays du \u00ab\u00a0triangle de Weimar\u00a0\u00bb : la France, l\u2019Allemagne et la Pologne. Durant les semaines tendues de f\u00e9vrier et du d\u00e9but mars, alors que des responsables de l\u2019administration Trump interrompaient temporairement certaines aides militaires \u00e0 l\u2019Ukraine et adoptaient une posture de rupture avec la Russie, il devenait difficile de distinguer, des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique, ce qui relevait de la rh\u00e9torique et ce qui traduisait une v\u00e9ritable intention.<\/p>\n<p>Le soir m\u00eame de sa victoire \u00e9lectorale, le 23 f\u00e9vrier, le futur chancelier allemand Friedrich Merz appelait \u00e0 une \u00ab\u00a0ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis de l\u2019Am\u00e9rique de Trump et alertait sur un possible \u00e9clatement de l\u2019OTAN \u2014 tout en annon\u00e7ant que les d\u00e9penses de d\u00e9fense seraient d\u00e9sormais exclues des r\u00e8gles budg\u00e9taires restrictives impos\u00e9es par la loi sur la dette en Allemagne.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/lvsl.fr\/iran-derriere-la-propagande-les-profiteurs-de-guerre\/\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Trump-Netanyahou-Le-Vent-Se-Leve-750x422.jpg\"\/>   <\/a>    <\/p>\n<p>Mais si plusieurs dirigeants europ\u00e9ens \u00e9voquaient l\u2019autonomie strat\u00e9gique de l\u2019UE vis-\u00e0-vis des \u00c9tats-Unis, il s\u2019agissait moins d\u2019un v\u00e9ritable objectif commun que d\u2019un discours destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer l\u2019opinion publique \u00e0 la remilitarisation \u2014 et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019accro\u00eetre le soutien militaire \u00e0 l\u2019Ukraine. Compte tenu de l\u2019impossibilit\u00e9 pour l\u2019UE de remplacer, dans la d\u00e9cennie \u00e0 venir, les capacit\u00e9s am\u00e9ricaines en mati\u00e8re de renseignement, d\u2019aviation ou de puissance navale, des pays comme la Pologne et les \u00c9tats baltes partaient du principe que Washington resterait le garant ultime de leur s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, Friedrich Merz comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur Olaf Scholz ont exclu toute nouvelle op\u00e9ration de transferts financiers europ\u00e9ens sur le mod\u00e8le de NextGeneration, qui permettrait de financer une expansion significative de la base industrielle de d\u00e9fense du continent. Le plan ReArm Europe, propos\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne pour un montant de 800 milliards d\u2019euros, pr\u00e9voit en effet de faire peser l\u2019essentiel du fardeau (650 milliards) sur les budgets nationaux \u2014 d\u00e9j\u00e0 lourdement endett\u00e9s \u2014 en activant une clause temporaire de d\u00e9rogation de quatre ans aux r\u00e8gles budg\u00e9taires de l\u2019UE pour les d\u00e9penses de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Pedro S\u00e1nchez, de son c\u00f4t\u00e9, est rest\u00e9 discret sur la campagne de r\u00e9armement engag\u00e9e par l\u2019Union europ\u00e9enne. Il a choisi de ne pas participer \u00e0 certains \u00e9v\u00e9nements comme le sommet de la \u00ab\u00a0coalition des volontaires\u00a0\u00bb organis\u00e9 \u00e0 Kyiv lors du Jour de la Victoire, le mois dernier, afin d\u2019\u00e9viter d\u2019attirer l\u2019attention m\u00e9diatique sur un sujet qui ne suscite pas le m\u00eame soutien populaire en Espagne qu\u2019ailleurs sur le continent. En coulisses, il tente un exercice d\u2019\u00e9quilibre d\u00e9licat\u00a0: maintenir la coh\u00e9sion de sa majorit\u00e9 gouvernementale, tout en s\u2019adaptant \u00e0 l\u2019\u00e9volution des lignes dominantes au sein de l\u2019UE.<\/p>\n<p>Repr\u00e9sentant de centre gauche dont l\u2019approche du pouvoir est intimement li\u00e9e aux structures multilat\u00e9rales europ\u00e9ennes, S\u00e1nchez n\u2019a pas remis en cause de mani\u00e8re frontale la course au keyn\u00e9sianisme militaire dans laquelle s\u2019est lanc\u00e9 le bloc durant les premiers mois de la pr\u00e9sidence Trump. Il a plut\u00f4t cherch\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server les acquis de sept ann\u00e9es de d\u00e9penses sociales expansionnistes, en plaidant pour davantage de flexibilit\u00e9 dans les engagements propres \u00e0 l\u2019Espagne dans le cadre du plan ReArm Europe. Il a \u00e9galement insist\u00e9 sur le fait que les nouveaux niveaux de d\u00e9penses militaires devaient \u00ab\u00a0rester compatibles avec les responsabilit\u00e9s sociales, environnementales et internationales des \u00c9tats membres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>S\u00e1nchez a aussi d\u00e9fendu \u00e0 plusieurs reprises l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00e9largissement du concept de s\u00e9curit\u00e9 autour duquel s\u2019articule le plan ReArm Europe \u2014 en y int\u00e9grant notamment des investissements dans les infrastructures critiques, la d\u00e9fense civile ou encore la cybers\u00e9curit\u00e9. \u00c0 certains moments, notamment \u00e0 l\u2019approche du sommet du Conseil europ\u00e9en de mars, cette insistance a donn\u00e9 lieu \u00e0 de v\u00e9ritables tentatives pour r\u00e9\u00e9quilibrer les priorit\u00e9s budg\u00e9taires de l\u2019UE, au nom des besoins sp\u00e9cifiques des pays d\u2019Europe du Sud en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9. Mais ce discours lui a aussi permis, sur le plan int\u00e9rieur, d\u2019att\u00e9nuer la pol\u00e9mique autour des nouvelles d\u00e9penses militaires annonc\u00e9es en avril \u2014 en pr\u00e9sentant une hausse historique du budget de l\u2019arm\u00e9e sous des atours technocratiques et rassurants.<\/p>\n<p>Contradictions de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/p>\n<p>Selon Enric Juliana, chroniqueur de La Vanguardia, \u00e0 la suite du sommet europ\u00e9en de mars \u2014 o\u00f9 sa proposition d\u2019\u00e9largir les priorit\u00e9s du plan ReArm Europe avait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e \u2014 S\u00e1nchez estimait encore possible de n\u00e9gocier une forme d\u2019\u00ab\u00a0exemption espagnole\u00a0\u00bb partielle, permettant de limiter l\u2019ampleur du programme de r\u00e9armement. Mais \u00e0 l\u2019approche du sommet de l\u2019OTAN de juin, et alors que la pression de l\u2019administration Trump s\u2019intensifiait d\u00e8s le d\u00e9but du mois d\u2019avril, son entourage pr\u00e9parait d\u00e9j\u00e0 un virage vers une hausse des d\u00e9penses militaires \u2014 geste per\u00e7u comme un signal d\u2019ouverture \u00e0 destination de Washington, tout en permettant de sonder la r\u00e9action de l\u2019opinion publique et des alli\u00e9s parlementaires du PSOE.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/lvsl.fr\/le-keynesianisme-militaire-de-ronald-reagan\/\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Reagan-Le-Vent-Se-Leve-750x422.jpg\"\/>   <\/a>    <\/p>\n<p>Les tensions avec les \u00c9tats-Unis avaient atteint un pic en avril, lorsque Pedro S\u00e1nchez rencontra le pr\u00e9sident chinois Xi Jinping la m\u00eame semaine que Donald Trump proclamait la mise en place de nouveaux droits de douane mondiaux, lors du \u00ab\u00a0Jour de la Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb. Le chef du gouvernement espagnol s\u2019est impos\u00e9 comme l\u2019un des plus fervents d\u00e9fenseurs, au sein de l\u2019UE, d\u2019un rapprochement diplomatique et commercial avec la Chine, per\u00e7u comme un contrepoids strat\u00e9gique \u00e0 l\u2019influence am\u00e9ricaine. Mais \u00e0 la veille de cette rencontre, le secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, Scott Bessent, avait averti que la position de S\u00e1nchez revenait \u00e0 \u00ab\u00a0se trancher la gorge\u00a0\u00bb \u2014 avant de faire pression sur le ministre espagnol des Finances, Carlos Cuerpo, lors d\u2019une r\u00e9union tendue \u00e0 Washington, pour qu\u2019il s\u2019engage clairement sur les d\u00e9penses de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Dix jours apr\u00e8s son d\u00e9placement \u00e0 P\u00e9kin, et vingt-quatre heures apr\u00e8s l\u2019annonce du d\u00e9c\u00e8s du pape Fran\u00e7ois, S\u00e1nchez d\u00e9voilait une hausse historique du budget militaire, \u00e0 hauteur de 10,4 milliards d\u2019euros. Ce plan visait \u00e0 faire passer, d\u00e8s cette ann\u00e9e, les d\u00e9penses militaires espagnoles \u00e0 2\u00a0% du PIB \u2014 objectif fix\u00e9 de longue date par l\u2019OTAN, mais initialement pr\u00e9vu pour 2029. Cette d\u00e9cision marque une acc\u00e9l\u00e9ration spectaculaire de l\u2019effort de d\u00e9fense (soit une hausse de 50\u00a0% par rapport au budget 2024), tout en int\u00e9grant pr\u00e8s de 5 milliards d\u2019euros de d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb au sens large, dont une bonne partie ne rentre pas dans la d\u00e9finition strictement militaire adopt\u00e9e par l\u2019OTAN. Des engagements comme les 1,75 milliard destin\u00e9s \u00e0 la gestion des catastrophes naturelles et des urgences civiles semblaient taill\u00e9s sur mesure pour rendre le paquet budg\u00e9taire acceptable \u2014 quoique sous protestation \u2014 par le partenaire de coalition de gauche du PSOE, Sumar.<\/p>\n<p>La vice-pr\u00e9sidente Yolanda D\u00edaz, cheffe de file de Sumar, s\u2019est content\u00e9e de critiques mesur\u00e9es et n\u2019a \u00e0 aucun moment remis en cause la pr\u00e9sence de sa formation au sein du gouvernement. Pourtant, la grogne montait dans ses rangs. Izquierda Unida, composante communiste de la coalition, exprimait \u00ab\u00a0son rejet absolu de la d\u00e9cision prise en Conseil des ministres\u00a0\u00bb, affirmant qu\u2019elle \u00ab\u00a0ne correspondait pas \u00e0 l\u2019esprit dans lequel ce gouvernement avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 en 2023\u00a0\u00bb. Le lendemain, elle mena\u00e7ait de quitter l\u2019ex\u00e9cutif (o\u00f9 elle d\u00e9tient un portefeuille minist\u00e9riel) apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un contrat pass\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur pour l\u2019achat de quinze millions de munitions aupr\u00e8s d\u2019une entreprise isra\u00e9lienne.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette menace, S\u00e1nchez fit rapidement annuler le contrat en question, assurant ne pas en avoir eu connaissance. Mais l\u2019incident soulignait d\u00e9j\u00e0 une contradiction majeure dans sa doctrine de s\u00e9curit\u00e9. Alors m\u00eame que S\u00e1nchez insistait sur le fait que seuls 19\u00a0% de la nouvelle enveloppe seraient consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019achat d\u2019armes, et mettait en avant les investissements dans les t\u00e9l\u00e9communications ou les infrastructures num\u00e9riques, El Pa\u00eds r\u00e9v\u00e9lait que les 700 millions pr\u00e9vus pour la modernisation des radios militaires iraient \u00e0 un consortium comptant la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne Elbit parmi ses membres. Depuis le d\u00e9but de la guerre \u00e0 Gaza, S\u00e1nchez s\u2019est distingu\u00e9 comme l\u2019un des dirigeants europ\u00e9ens les plus critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Isra\u00ebl \u2014 allant jusqu\u2019\u00e0 qualifier l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu de \u00ab\u00a0g\u00e9nocidaire\u00a0\u00bb le 14 mai. Pourtant, son minist\u00e8re de la D\u00e9fense continue de signer des contrats avec des entreprises isra\u00e9liennes lorsque, selon lui, aucune alternative n\u2019est disponible. Une tendance qui risque fort d\u2019\u00eatre amplifi\u00e9e par la brusque mont\u00e9e en puissance des d\u00e9penses militaires.<\/p>\n<p>Et les contradictions ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0. L\u2019ampleur de la hausse budg\u00e9taire \u2014 10,4 milliards d\u2019euros pour la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9 \u2014 met d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mal la promesse explicite de S\u00e1nchez de \u00ab\u00a0ne pas retirer un seul centime des d\u00e9penses sociales ou environnementales\u00a0\u00bb. Pour \u00e9viter une crise gouvernementale, la r\u00e9vision budg\u00e9taire permettant d\u2019absorber ces nouveaux cr\u00e9dits militaires n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 soumise au vote du Parlement \u2014 d\u00e9cision justifi\u00e9e par le fait qu\u2019elle ne consistait qu\u2019en une r\u00e9affectation de fonds d\u00e9j\u00e0 approuv\u00e9s. Selon l\u2019ex\u00e9cutif, cet argent proviendrait, entre autres, d\u2019une hausse des recettes fiscales, de gains d\u2019efficacit\u00e9, mais aussi d\u2019une enveloppe de fonds europ\u00e9ens NextGeneration non encore utilis\u00e9s \u2014 initialement destin\u00e9s \u00e0 financer des priorit\u00e9s comme la transition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Lignes de cr\u00eates<\/p>\n<p>Ironiquement, c\u2019est quelques jours apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 cette hausse massive des d\u00e9penses militaires que l\u2019Espagne a subi la pire panne de courant du continent Europe depuis plusieurs d\u00e9cennies \u2014 caus\u00e9e par les fragilit\u00e9s de son r\u00e9seau \u00e9lectrique privatis\u00e9 et par le manque d\u2019investissements dans des m\u00e9gabatteries co\u00fbteuses, pourtant devenues n\u00e9cessaires avec l\u2019essor du secteur des renouvelables. Si le resserrement budg\u00e9taire auquel est confront\u00e9 le gouvernement S\u00e1nchez ne s\u2019est pas encore traduit par des coupes franches dans l\u2019\u00c9tat social ou dans les d\u00e9penses vertes d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es, il limite d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 les marges d\u2019expansion future dans ces domaines \u2014 d\u2019autant que, avec une majorit\u00e9 parlementaire aussi fragile, l\u2019ex\u00e9cutif a peu de chances de faire adopter les r\u00e9formes fiscales progressistes pourtant inscrites dans l\u2019accord de coalition.<\/p>\n<p>L\u2019engagement des 5\u00a0% que l\u2019OTAN compte faire ent\u00e9riner la semaine prochaine rendrait la situation encore plus intenable. La pression sur S\u00e1nchez s\u2019est accentu\u00e9e au cours du dernier mois, alors que responsables am\u00e9ricains et hauts fonctionnaires de l\u2019Alliance atlantique redoublaient d\u2019injonctions. En mai, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OTAN Mark Rutte d\u00e9clarait que l\u2019Espagne \u00ab\u00a0atteindrait sans aucun doute\u00a0\u00bb l\u2019objectif des 5\u00a0%. Une semaine plus tard, apr\u00e8s une rencontre avec le ministre espagnol des Affaires \u00e9trang\u00e8res, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat am\u00e9ricain Marco Rubio publiait un communiqu\u00e9 exhortant \u00ab\u00a0l\u2019Espagne \u00e0 rejoindre ses alli\u00e9s en allouant 5\u00a0% de son PIB \u00e0 la d\u00e9fense\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors que les dirigeants europ\u00e9ens cherchent un moyen de satisfaire les nouvelles exigences fix\u00e9es par Donald Trump pour garantir la poursuite du parapluie militaire am\u00e9ricain, le d\u00e9bat qui pr\u00e9c\u00e8de le sommet de l\u2019OTAN se concentre d\u00e9sormais sur le calendrier \u00e0 adopter pour atteindre l\u2019objectif des \u00ab\u00a03,5 + 1,5\u00a0% \u00bb. Rutte milite pour une \u00e9ch\u00e9ance stricte de sept ans, avec des objectifs obligatoires chaque ann\u00e9e\u00a0; le Canada et plusieurs pays d\u2019Europe occidentale plaident pour un d\u00e9lai de dix ans, assorti d\u2019une plus grande souplesse sur le rythme des hausses annuelles.<\/p>\n<p>L\u2019Espagne demeure le seul \u00c9tat \u00e0 avoir exprim\u00e9 publiquement son opposition \u00e0 l\u2019objectif global \u2014 tout en cherchant, en coulisses, \u00e0 n\u00e9gocier une d\u00e9claration finale suffisamment ambivalente pour pouvoir la signer sans provoquer de crise politique int\u00e9rieure. Mais m\u00eame avant que n\u2019\u00e9clate un scandale de corruption au sein du PSOE, compromettant la stabilit\u00e9 imm\u00e9diate de l\u2019ex\u00e9cutif, ses alli\u00e9s \u00e0 gauche avaient d\u00e9j\u00e0 hauss\u00e9 le ton\u00a0: Izquierda Unida mena\u00e7ait une nouvelle fois de quitter la coalition. \u00ab\u00a0Si l\u2019Espagne accepte le r\u00e9armement brutal exig\u00e9 par Trump, il sera impossible pour Izquierda Unida de rester au gouvernement\u00a0\u00bb, tweetait le dirigeant communiste Enrique Santiago le 7 juin. Ione Belarra, cheffe de Podemos, interpellait quant \u00e0 elle le chef du gouvernement en s\u00e9ance parlementaire\u00a0: \u00ab\u00a0Vous n\u2019avez pas le courage de dire non \u00e0 Donald Trump.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s avoir re\u00e7u, mercredi dernier, le projet final de d\u00e9claration conjointe r\u00e9dig\u00e9 par Rutte \u2014 d\u2019un ton inflexible \u2014, en pleine crise politique, S\u00e1nchez a publi\u00e9 une lettre ferme rejetant la cible des 5\u00a0% et annon\u00e7ant que l\u2019Espagne n\u2019augmenterait pas davantage ses d\u00e9penses militaires. Dans ce texte, pour la premi\u00e8re fois, il s\u2019en prend au fondement m\u00eame du nouveau keyn\u00e9sianisme militaire\u00a0: l\u2019id\u00e9e selon laquelle une hausse des d\u00e9penses d\u2019armement, m\u00eame financ\u00e9e par des coupes dans d\u2019autres budgets publics, pourrait g\u00e9n\u00e9rer un stimulus \u00e9conomique global. \u00c0 rebours de cette logique, il soutient que le plan de Rutte \u00ab\u00a0accentuerait la fuite de l\u2019\u00e9pargne europ\u00e9enne vers les march\u00e9s \u00e9trangers\u00a0\u00bb et freinerait la croissance en \u00ab\u00a0d\u00e9tournant les investissements d\u2019activit\u00e9s cruciales \u00e0 effet multiplicateur sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019industrie de d\u00e9fense (comme l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, ou les technologies num\u00e9riques)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>S\u00e1nchez esp\u00e8re d\u00e9sormais que d\u2019autres \u00c9tats hostiles \u00e0 l\u2019objectif des 5\u00a0% fassent entendre leur voix lors du sommet de l\u2019OTAN \u2014 et compte sur une \u00e9ventuelle confrontation avec Donald Trump pour ressouder sa base \u00e9lectorale, actuellement d\u00e9moralis\u00e9e. L\u2019affaire de corruption, qui implique les deux derniers secr\u00e9taires \u00e0 l\u2019organisation du PSOE, a provoqu\u00e9 une crise de confiance dans son leadership, tant au sein du parti que dans l\u2019\u00e9lectorat progressiste. Mais sa capacit\u00e9 \u00e0 tenir t\u00eate \u00e0 la diplomatie brutale de Trump pourrait repr\u00e9senter un tournant politique majeur, en lui permettant de d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e que la cible des 5\u00a0% devrait rester facultative.<\/p>\n<p>Deux ans plus t\u00f4t, lorsque la coalition gouvernementale avait \u00e9t\u00e9 reconduite \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019Espagne \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e comme une exception dans une Europe basculant vers la droite. S\u00e1nchez, en particulier, apparaissait comme un dirigeant progressiste bon teint parvenant \u00e0 se maintenir gr\u00e2ce \u00e0 une alliance avec des forces situ\u00e9es \u00e0 sa gauche. En politique \u00e9trang\u00e8re, il s\u2019est \u00e9galement distingu\u00e9 en condamnant le g\u00e9nocide \u00e0 Gaza et en refusant de c\u00e9der \u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie guerri\u00e8re contre l\u2019Iran. Mais \u00e0 mesure que le r\u00e9armement devient la nouvelle norme du consensus europ\u00e9en, sous l\u2019impulsion de Trump, la marge de man\u0153uvre de S\u00e1nchez ne cesse de se r\u00e9duire.<\/p>\n<p>Cet article est <a href=\"https:\/\/jacobin.com\/2025\/06\/trump-nato-spain-military-sanchez\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">initialement publi\u00e9 par notre partenaire <\/a><a href=\"https:\/\/jacobin.com\/2025\/06\/trump-nato-spain-military-sanchez\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jacobin<\/a> sous le titre \u00ab\u00a0Spain Is Right to Reject Increased Military Spending\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que les dirigeants europ\u00e9ens serrent les rangs derri\u00e8re l\u2019objectif des 5\u00a0% du PIB consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":224180,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[9638,11,9301,123,1777,674,1011,27,36314,16234,12,136,36315,36316,25,36317,467],"class_list":{"0":"post-224179","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-9638","9":"tag-actualites","10":"tag-austerite","11":"tag-espagne","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-keynesianisme-militaire","17":"tag-militarisme","18":"tag-news","19":"tag-otan","20":"tag-predation","21":"tag-psoe","22":"tag-republique-francaise","23":"tag-sanchez","24":"tag-trump"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114791692740631665","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224179","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=224179"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224179\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/224180"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=224179"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=224179"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=224179"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}