{"id":231200,"date":"2025-07-06T20:40:13","date_gmt":"2025-07-06T20:40:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/231200\/"},"modified":"2025-07-06T20:40:13","modified_gmt":"2025-07-06T20:40:13","slug":"un-nouvel-ete-avec-des-meduses-sur-la-cote-dazur-doit-on-sinquieter-un-specialiste-explique-tout-ce-quil-faut-savoir-en-dix-questions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/231200\/","title":{"rendered":"Un nouvel \u00e9t\u00e9 avec des m\u00e9duses sur la C\u00f4te d\u2019Azur: doit-on s\u2019inqui\u00e9ter? Un sp\u00e9cialiste explique tout ce qu\u2019il faut savoir en dix questions"},"content":{"rendered":"<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/environnement\/protec\/DATA_ART_15748972-lN2gq5Lt.jpg?vh=31eecd&amp;ci_seal=7d873a0594\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Pierre Gilles, plongeur et charg\u00e9 de projet au Mus\u00e9e oc\u00e9anographique de Monaco, est sp\u00e9cialiste des m\u00e9duses. <strong>Photo T. Ameller\/Institut oc\u00e9anographique de Monaco.<\/strong> <\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/environnement\/protec\/DATA_ART_15749012-rVY3Ww8n.jpg?vh=44d166&amp;ci_seal=75fdc88409\" alt=\"\"\/><br \/>\n        La m\u00e9duse \u00a0\u00bb \u0153uf au plat \u00ab\u00a0. En septembre 2024, d\u2019immenses sp\u00e9cimens de cette m\u00e9duse avaient \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \u00e0 Saint-Jean-Cap-Ferrat et Saint-Rapha\u00ebl. Elle est bien plus grosse mais moins urticante que la Pelagia noctiluca. <strong>Photo Nika\u00efa Garibaldi.<\/strong> <\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/environnement\/protec\/DATA_ART_15854726-gC4XPPvw.jpg?vh=968085&amp;ci_seal=6686237b05\" alt=\"\"\/><br \/>\n        La , qui se cantonnait jusqu\u2019ici aux c\u00f4tes d\u2019Isra\u00ebl et du Liban, appara\u00eet de plus en plus vers l\u2019ouest de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 la faveur du r\u00e9chauffement climatique. <strong>Photo AFP \/ Biosphoto \/ Gabriel Barathieu.<\/strong> <\/p>\n<p>D\u00e9but juillet. Les vacances sont l\u00e0. Et les plages se remplissent. Pas que de baigneurs. \u00c0 Nice, Antibes ou encore Cannes et Menton, les m\u00e9duses aussi sont l\u00e0. En plus ou moins grand nombre. Et perturbent la tranquillit\u00e9 des baignades. Sur les panneaux d\u2019information des postes de secours, \u00ab\u00a0quelques m\u00e9duses \u00a0\u00bb sont signal\u00e9es. Et les soins qui vont soulager les br\u00fblures font d\u00e9sormais partie de la bobologie quotidienne pratiqu\u00e9e par les secouristes.<\/p>\n<p>Pas de quoi interdire non plus la baignade. Mais \u00e7a peut arriver, comme ce fut le cas fin mai sur la plage du Ponteil, \u00e0 Antibes, qui avait hiss\u00e9 le drapeau rouge en raison d\u2019une invasion de m\u00e9duses violettes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est la Pelagia noctiluca\u00a0\u00bb, pose Pierre Gilles, plongeur et charg\u00e9 de projet \u00ab\u00a0Politique de l\u2019oc\u00e9an\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019Institut oc\u00e9anographique de Monaco. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas la seule m\u00e9duse &#8211; dans les mers et oc\u00e9ans du monde, on compte plus de 1.000 esp\u00e8ces au total &#8211; mais ici, c\u2019est clairement celle qui d\u00e9range le plus, car elle est urticante si on entre en contact avec ses filaments.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le chercheur est fascin\u00e9 par ce monde des \u00ab\u00a0cnidaires g\u00e9latineux\u00a0\u00bb qu\u2019il d\u00e9fend avec passion, Mais il mesure aussi l\u2019impact sur le tourisme de leur pr\u00e9sence en grand nombre. On fait le point avec lui sur toutes les questions que l\u2019on se pose sur ces petites b\u00eates qui fascinent autant qu\u2019elles font peur.<\/p>\n<p><b>Y a-t-il plus de m\u00e9duses en M\u00e9diterran\u00e9e qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es?<\/b><\/p>\n<p>Premier constat partag\u00e9 par le commun des mortels: leur nombre semble \u00eatre en augmentation. Au niveau environnemental, leur prolif\u00e9ration serait telle qu\u2019elle provoquerait une \u00ab\u00a0g\u00e9lification\u00a0\u00bb des oc\u00e9ans, selon un rapport de septembre 2019 du Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur l\u2019\u00e9volution du climat (Giec).<\/p>\n<p>Une affirmation qui divise cependant les scientifiques: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de mesures vraiment fiables permettant de dire qu\u2019il y en a plus de m\u00e9duses\u00a0\u00bb, explique Pierre Gilles. \u00ab\u00a0Ce qui est nouveau, c\u2019est que depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, elles ont tendance \u00e0 pulluler.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il explique plus en d\u00e9tail: \u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les scientifiques qui ont travaill\u00e9 sur le sujet avaient mis en avant des cycles o\u00f9 les m\u00e9duses, notamment les Pelagia noctiluca, \u00e9taient plus ou moins pr\u00e9sentes: il y avait les ann\u00e9es \u00e0 m\u00e9duses et les ann\u00e9es sans. Depuis maintenant une dizaine d\u2019ann\u00e9es, leur pr\u00e9sence est constante. On a des arriv\u00e9es de m\u00e9duses pratiquement tous les mois sur la bande littorale \u2013 en hiver aussi, mais il y a moins de monde dans l\u2019eau pour les voir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Est-ce \u00e0 cause de la temp\u00e9rature de l\u2019eau de mer?<\/b><\/p>\n<p>Les m\u00e9duses pulluleraient-elles dans une mer plus chaude? \u00ab\u00a0Un lien direct qui n\u2019est pas du tout \u00e9vident\u00a0\u00bb pour Pierre Gilles, qui met en avant que \u00ab\u00a0les m\u00e9duses vivent en g\u00e9n\u00e9ral au large et \u00e9voluent entre la surface et 800m\u00e8tres de profondeur, o\u00f9 l\u2019eau est plus froide. Et on en voit aussi en hiver sur nos c\u00f4tes.\u00a0\u00bb La temp\u00e9rature de pr\u00e9dilection de la m\u00e9duse tournant autour de 13 ou 14\u00b0C; ce n\u2019est donc pas la temp\u00e9rature estivale qui favorise son arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ceci dit, ajoute le chercheur, la mer M\u00e9diterran\u00e9e, mer ferm\u00e9e, est impact\u00e9e de plein fouet par les effets du changement climatique. La temp\u00e9rature de l\u2019eau y a augment\u00e9 de 1\u00b0C en 30 ans, c\u2019est consid\u00e9rable. Ces canicules marines sont assez s\u00e9v\u00e8res pour certains organismes comme les gorgones, les oursins et certaines \u00e9toiles de mer; les m\u00e9duses, elles, semblent en effet tirer leur \u00e9pingle du jeu. Mais ce n\u2019est pas l\u00e0 le seul facteur si elles prolif\u00e8rent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b> Le nombre de m\u00e9duses a-t-il un lien avec la pollution?<\/b><\/p>\n<p>Pour Pierre Gilles, \u00ab\u00a0la pression de l\u2019homme sur le milieu marin est sans pr\u00e9c\u00e9dent \u2013 30% du trafic maritime passe en M\u00e9diterran\u00e9e \u2013 et cela a forc\u00e9ment un effet sur les esp\u00e8ces qui la peuplent. Dans ce contexte, on constate que les m\u00e9duses tirent encore leur \u00e9pingle du jeu: des apports de nitrate et d\u2019azote font prolif\u00e9rer le phytoplancton et le zooplancton dont elles se nourrissent. Toutes les conditions sont r\u00e9unies pour avoir plus de m\u00e9duses sur nos c\u00f4tes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Ont-elles de moins de pr\u00e9dateurs?<\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019hypoth\u00e8se la plus logique, c\u2019est que s\u2019il y a plus de m\u00e9duses, c\u2019est aussi peut-\u00eatre parce qu\u2019il y a moins de pr\u00e9dateurs.\u00a0\u00bb Pierre Gilles pointe du doigt la surexploitation des ressources, et notamment la surp\u00eache en M\u00e9diterran\u00e9e, \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me zone la plus p\u00each\u00e9e au monde\u00a0\u00bb. Parmi les poissons pr\u00e9dateurs de m\u00e9duses, on cite souvent le poisson-lune, les tortues de mer, les sars.<\/p>\n<p>\u00c0 noter aussi que la Pelagia noctiluca a un mode de reproduction ultra-simple: le m\u00e2le lib\u00e8re \u00e0 loisir ses spermatozo\u00efdes en pleine eau, qui sont ensuite ing\u00e9r\u00e9s par la femelle. Une f\u00e9condation dite interne. \u00ab\u00a0Si elles n\u2019ont plus de pr\u00e9dateurs, elles sont tranquilles pour se reproduire en grande quantit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Pourquoi on en voit en bancs pr\u00e8s du rivage?<\/b><\/p>\n<p>Les m\u00e9duses vivent au large toute l\u2019ann\u00e9e. \u00ab\u00a0Ce sont des groupes immenses qui \u00e9voluent \u00e0 quelques milles des c\u00f4tes. La nuit, elles remontent \u00e0 la surface en groupe pour se nourrir de plancton et de petits poissons qu\u2019elles foudroient avec leurs filaments. Quand on les voit sur nos c\u00f4tes, c\u2019est qu\u2019elles sont ramen\u00e9es par des courants et coups de mer; ce sont des bancs d\u2019animaux en train de mourir\u00a0\u00bb, explique Pierre Gilles.<\/p>\n<p><b>Va-t-il y avoir des m\u00e9duses demain \u00e0 la plage?<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9videmment \u00ab\u00a0la\u00a0\u00bb question qu\u2019on se pose tous avant d\u2019enfiler son maillot. \u00ab\u00a0Difficile de r\u00e9pondre avec certitude et pr\u00e9cision, reconna\u00eet Pierre Gilles. Mais aujourd\u2019hui, certains sites permettent de donner des tendances, en se fondant notamment sur l\u2019observation de chacun d\u2019entre nous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019entreprise Acri-ST, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le traitement et le stockage de donn\u00e9es satellites, et bas\u00e9e \u00e0 Sophia Antipolis, a mis en place <a href=\"http:\/\/meduse.acri.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">un site web<\/a>, d\u00e9di\u00e9 au recensement des m\u00e9duses sur le littoral. Sur sa carte participative, elle recense la pr\u00e9sence des m\u00e9duses sur les plages de la C\u00f4te d\u2019Azur. Sans trop de surprise, le littoral est jonch\u00e9 d\u2019\u00e9mojis de m\u00e9duses color\u00e9es, du vert au rouge, alertant sur leur pr\u00e9sence, sur les trois derniers jours.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi le cas du site collaboratif <a href=\"http:\/\/meduseo.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Meduseo<\/a> qui propose une m\u00e9t\u00e9o des m\u00e9duses et rappelle les plages \u00e0 \u00e9viter. Il collecte aussi des t\u00e9moignages d\u2019internautes: \u00ab\u00a0Plusieurs personnes ont \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9es ce matin vers 8 heures\u00a0\u00bb sur une plage ni\u00e7oise, ou encore \u00ab\u00a0avec le vent, elles sont de plus en plus nombreuses\u00a0\u00bb du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Antibes.<\/p>\n<p>Que faire en cas de piq\u00fbres?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u2019abord, une m\u00e9duse n\u2019attaque pas. Elle pique car c\u2019est sa m\u00e9thode de chasse. Elle d\u00e9place ses filaments pour p\u00eacher, et c\u2019est quand vous entrez en contact avec ceux-ci que les probl\u00e8mes arrivent\u00a0\u00bb, pose Pierre Gilles. Qui pr\u00e9cise aussi que \u00ab\u00a0m\u00eame \u00e9chou\u00e9es sur la plage, elles piquent encore\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comment \u00e7a marche? \u00ab\u00a0Ce qui pique, ce sont les cellules qui se trouvent \u00e0 la surface des filaments: elles injectent leur venin sous la peau gr\u00e2ce \u00e0 un harpon minuscule.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Que faire? Surtout, ne pas frotter, et ne pas passer de l\u2019eau douce, qui fait \u00e9clater les cellules encore en contact avec la peau. \u00ab\u00a0L\u2019id\u00e9al est de gratter avec une carte en plastique pour \u00f4ter les filaments. Mettre aussi, si c\u2019est possible, du sable chaud sur la zone touch\u00e9e.\u00a0\u00bb La chaleur va rendre inactive la toxine, c\u2019est donc de l\u00e0 que vient la l\u00e9gende de l\u2019urine. Mais \u00e7a marche aussi avec la chaleur du sable. \u00ab\u00a0Et ne pas h\u00e9siter \u00e0 consulter en cas d\u2019allergie, car la m\u00e9duse p\u00e9lagique est vraiment tr\u00e8s urticante.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voit-on appara\u00eetre de nouvelles esp\u00e8ces de m\u00e9duses en M\u00e9diterran\u00e9e?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En M\u00e9diterran\u00e9e, on parle souvent de la Pelagia noctiluca, qui a mauvaise presse. Mais il y a d\u2019autres m\u00e9duses end\u00e9miques. C\u2019est le cas, par exemple, de la Rhizostoma pulmo, ou m\u00e9duse chou-fleur, qui n\u2019a pas de tentacules et est tr\u00e8s peu urticante. Ou encore de la m\u00e9duse \u201c\u0153uf au plat\u00a0\u00bb, la Cotylorhiza tuberculata.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En septembre dernier, d\u2019immenses sp\u00e9cimens de cette m\u00e9duse avaient \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s \u00e0 Saint-Jean-Cap-Ferrat et Saint-Rapha\u00ebl. \u00ab\u00a0Elle est bien plus grosse, mais moins urticante que la Pelagia noctiluca. C\u2019est l\u2019une des m\u00e9duses les plus color\u00e9es de M\u00e9diterran\u00e9e, la rencontrer lors d\u2019une sortie masque et tuba est un ravissement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La M\u00e9diterran\u00e9e compte aussi des esp\u00e8ces de m\u00e9duses non end\u00e9miques. Ce qui est directement li\u00e9 au r\u00e9chauffement climatique, qui bouleverse la biodiversit\u00e9 et l\u2019environnement marin, notamment la circulation des courants. \u00ab\u00a0Ce sont des nouveaux arrivants, des esp\u00e8ces tropicales qui arrivent en M\u00e9diterran\u00e9e depuis la mer Rouge via le canal de Suez\u00a0\u00bb, d\u00e9crit le sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas de la Rhopilema nomadica ou m\u00e9duse nomade, une grosse m\u00e9duse blanche extr\u00eamement urticante qui peut mesurer jusqu\u2019\u00e0 1m\u00e8tre de diam\u00e8tre. Pr\u00e9sente depuis plus de quarante ans le long des c\u00f4tes d\u2019Isra\u00ebl et du Liban, elle d\u00e9rive vers l\u2019ouest avec les courants. Elle a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en petit nombre en Gr\u00e8ce, \u00e0 Malte et en Sardaigne<\/p>\n<p>Autre exemple, la \u00ab\u00a0vessie de mer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0gal\u00e8re portugaise\u00a0\u00bb, qui fr\u00e9quente habituellement des mers tropicales. \u00ab\u00a0Elle ressemble beaucoup \u00e0 une m\u00e9duse, mais ce n\u2019en est pas une\u00a0\u00bb, r\u00e9tablit Pierre Gilles. Elle n\u2019en pose pas moins probl\u00e8me en M\u00e9diterran\u00e9e, o\u00f9 elle a fait son apparition: l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, en Catalogne, des plages ont d\u00fb \u00eatre \u00e9vacu\u00e9es en raison de sa pr\u00e9sence car cet animal, qui ressemble \u00e0 un sac gonfl\u00e9 d\u2019air translucide aux reflets bleus, dispose de tentacules urticants pouvant atteindre les 20m\u00e8tres! Son venin, mortel pour les poissons, peut aussi \u00eatre dangereux pour les humains.<\/p>\n<p>Doit-on craindre une surpopulation de m\u00e9duses en M\u00e9diterran\u00e9e?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce que je peux vous dire, r\u00e9pond Pierre Gilles, c\u2019est que par exemple en mer Noire, une petite m\u00e9duse, Mnemiopsis, qui est arriv\u00e9e dans les cuves d\u2019eau de mer des bateaux, a d\u00e9truit des stocks entiers d\u2019anchois, une ressource essentielle l\u00e0-bas. Ces petits organismes ont mis \u00e0 genoux toute une \u00e9conomie locale.\u00a0\u00bb Autre exemple cit\u00e9 par le chercheur: \u00ab\u00a0En M\u00e9diterran\u00e9e orientale, des m\u00e9duses colmatent les prises d\u2019eau des usines qui pompent l\u2019eau de mer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Chez nous, la pr\u00e9sence en trop grand nombre de la Pelagia noctiluca pourrait repr\u00e9senter un vrai probl\u00e8me de sant\u00e9 publique, et avoir un impact important sur le tourisme.\u00a0\u00bb Certaines communes azur\u00e9ennes installent des filets, \u00ab\u00a0mais c\u2019est co\u00fbteux et si on doit prot\u00e9ger toute la c\u00f4te, c\u2019est logistiquement lourd\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les m\u00e9duses peuvent-elles \u00eatre utiles \u00e0 l\u2019homme?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Historiquement, on a utilis\u00e9 les m\u00e9duses pour les mettre au pied des plantations, afin de fertiliser la terre, indique Pierre Gilles. Et elles sont \u00e0 l\u2019origine de deux prix Nobel, car elles ont permis des avanc\u00e9es scientifiques notables.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1913, le prix Nobel de m\u00e9decine a en effet r\u00e9compens\u00e9 des travaux sur le fonctionnement du venin de cousines de m\u00e9duses, les physalies, qui ont permis de comprendre le choc anaphylactique: le venin diminue au lieu de renforcer l\u2019immunit\u00e9 des personnes d\u00e9j\u00e0 piqu\u00e9es. Une r\u00e9volution puisque, jusque-l\u00e0, on \u00e9tait plut\u00f4t dans l\u2019id\u00e9e que plus on s\u2019expose \u00e0 quelque chose, moins on y est sensible.<\/p>\n<p>En 2008, un second prix Nobel, de chimie cette fois, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 pour la d\u00e9couverte et les applications de la prot\u00e9ine fluorescente verte, d\u00e9couverte dans la m\u00e9duse Aequorea victoria. Cette fluorescence a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par de nombreux biochimistes, biologistes et chercheurs en m\u00e9decine dans leurs recherches, notamment sur les tumeurs ou la maladie d\u2019Alzheimer, avait soulign\u00e9 en 2008 le comit\u00e9 Nobel.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, les m\u00e9duses sont scrut\u00e9es de pr\u00e8s par des scientifiques pour leur composition en collag\u00e8ne, un produit tr\u00e8s \u00e0 la mode.<\/p>\n<p>Et puis, l\u2019homme se nourrit aussi de m\u00e9duses. \u00ab\u00a0Les Japonais en raffolent. J\u2019en ai mang\u00e9 aussi, confie Pierre Gilles. Et cela a surtout le go\u00fbt de la sauce avec laquelle on les accompagne. Ceci dit, en bouche, c\u2019est une texture tr\u00e8s agr\u00e9able, un peu croquante.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pierre Gilles, plongeur et charg\u00e9 de projet au Mus\u00e9e oc\u00e9anographique de Monaco, est sp\u00e9cialiste des m\u00e9duses. 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