{"id":231863,"date":"2025-07-07T04:29:10","date_gmt":"2025-07-07T04:29:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/231863\/"},"modified":"2025-07-07T04:29:10","modified_gmt":"2025-07-07T04:29:10","slug":"opinion-investir-dans-la-nature-est-une-opportunite-que-lue-ne-doit-pas-manquer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/231863\/","title":{"rendered":"OPINION. \u00ab Investir dans la nature est une opportunit\u00e9 que l\u2019UE ne doit pas manquer \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Les trois quarts des entreprises d\u00e9pendent, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, de la nature. Pour les mati\u00e8res premi\u00e8res, telles que le bois, le coton et les cultures agricoles. Pour les services \u00e9cosyst\u00e9miques, comme les micro-organismes et les d\u00e9composeurs qui assurent la fertilit\u00e9 des sols. Pour la protection contre les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, gr\u00e2ce au littoral et aux plaines inondables, qui constituent une barri\u00e8re naturelle pour nos infrastructures.<\/p>\n<p>Cela signifie que lorsque la nature se porte bien, les entreprises aussi. Et quand elle va mal, elles en souffrent \u00e9galement.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, cela n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9vident : les risques climatiques entra\u00eenent une flamb\u00e9e des primes d&rsquo;assurance. Les inondations perturbent les cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement et endommagent les infrastructures critiques. Le d\u00e9clin des populations d&rsquo;insectes pollinisateurs nuit \u00e0 la production agricole. Selon une \u00e9tude du Forum \u00e9conomique mondial, les risques climatiques pourraient faire perdre aux entreprises qui ne parviennent pas \u00e0 s&rsquo;adapter jusqu&rsquo;\u00e0 7 % de leurs b\u00e9n\u00e9fices annuels au cours des dix prochaines ann\u00e9es, ce qui \u00e9quivaut plus ou moins \u00e0 l&rsquo;effet d&rsquo;une pand\u00e9mie de COVID-19 <a href=\"https:\/\/www.weforum.org\/stories\/2024\/12\/climate-risks-business-impacts-tipping-points-report\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">tous les deux ans<\/a>.<\/p>\n<p>Nous devons cr\u00e9er un syst\u00e8me qui incite le secteur priv\u00e9 \u00e0 investir dans la nature.<\/p>\n<p>Un tel co\u00fbt est tout simplement trop \u00e9lev\u00e9. Il est temps d&rsquo;inscrire la nature au bilan. Nous devons la consid\u00e9rer enfin comme ce qu&rsquo;elle est : un actif pr\u00e9cieux qui rapporte des dividendes, aujourd&rsquo;hui et encore demain.<\/p>\n<p>L&rsquo;Union europ\u00e9enne et ses \u00c9tats membres ont d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 des financements importants \u00e0 la nature, et ils continueront \u00e0 le faire. Cependant, l&rsquo;investissement public ne suffit pas. Nous devons cr\u00e9er un syst\u00e8me qui incite le secteur priv\u00e9 \u00e0 investir dans la nature. Il nous faut un march\u00e9 qui fonctionne et qui permette que les entreprises, les agriculteurs et les investisseurs soient r\u00e9compens\u00e9s lorsqu&rsquo;ils prennent soin de notre terre, de notre mer et de notre ciel.<\/p>\n<p>Les cr\u00e9dits \u00ab nature \u00bb sont des outils innovants et prometteurs si l&rsquo;on veut changer la mani\u00e8re dont nous valorisons la nature. Au c\u0153ur de leur m\u00e9canisme, ces cr\u00e9dits offrent une opportunit\u00e9 \u00e9conomique: investir dans la nature pour promouvoir la biodiversit\u00e9, pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes existants ou en cr\u00e9er de nouveaux. En contrepartie, ces investissements g\u00e9n\u00e8rent des revenus pour ceux qui \u0153uvrent \u00e0 la protection de la nature. Les agriculteurs qui diversifient leurs cultures. Les propri\u00e9taires terriens qui pr\u00e9servent les \u00e9cosyst\u00e8mes de zones humides. Les forestiers qui prot\u00e8gent les stocks de carbone.<\/p>\n<p>Nous savons que la nature est plus complexe, plus diverse que le carbone.<\/p>\n<p>Nous savons que ce mod\u00e8le peut fonctionner, car nous en avons la preuve. Il y a vingt ans, l&rsquo;Union europ\u00e9enne a cr\u00e9\u00e9 un march\u00e9 du carbone efficace. Sa logique est simple. Qui veut polluer doit payer. Qui veut \u00e9viter de payer doit innover. C&rsquo;est un instrument efficace, ax\u00e9 sur le march\u00e9, qui incite le secteur priv\u00e9 \u00e0 innover. Et il a fonctionn\u00e9. Au cours de ces deux d\u00e9cennies, les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre en Europe ont diminu\u00e9 de pr\u00e8s de 50 % tandis que l&rsquo;\u00e9conomie continuait de cro\u00eetre. Le prix que nous avons attribu\u00e9 au carbone a permis de lever 180 milliards d&rsquo;euros, aujourd&rsquo;hui r\u00e9investis dans des projets en faveur du climat et de l&rsquo;innovation.<\/p>\n<p>Aussi r\u00e9ussie que cette exp\u00e9rience ait \u00e9t\u00e9, nous savons que la nature est plus complexe, plus diverse que le carbone. Qu&rsquo;ont en commun l&rsquo;huile d&rsquo;olive grecque et les sapins finlandais ? Comment comparer un projet de pr\u00e9servation des zones humides et une op\u00e9ration de reboisement ? La mise en place de ce nouveau syst\u00e8me soul\u00e8vera toute une s\u00e9rie de nouvelles questions complexes, parmi lesquelles, la plus importante : comment mesurer et quantifier l&rsquo;impact des actions positives pour la nature ?<\/p>\n<p>Pour que les cr\u00e9dits \u00ab nature \u00bb soient un succ\u00e8s, il nous faut un syst\u00e8me de mesure rigoureux et des m\u00e9thodes pratiques pour \u00e9valuer les r\u00e9sultats. Il nous faut des structures de gouvernance solides et un acc\u00e8s \u00e9quitable aux acteurs locaux. La pr\u00e9visibilit\u00e9 est essentielle pour attirer les investisseurs locaux. Il est indispensable de mettre en place des syst\u00e8mes de v\u00e9rification et une v\u00e9ritable transparence, afin d&#8217;emp\u00eacher le greenwashing. Enfin, il faut all\u00e9ger les charges administratives afin qu&rsquo;il soit facile et attrayant de participer.<\/p>\n<p>Forte de son march\u00e9 unique de 450 millions de personnes et de 25 millions d&rsquo;entreprises, l&rsquo;UE jouit d&rsquo;une position id\u00e9ale.<\/p>\n<p>Ces questions sont complexes, mais elles peuvent \u00eatre r\u00e9solues. D&rsquo;autant que les tendances actuelles jouent en notre faveur. La demande de cr\u00e9dits \u00ab nature \u00bb augmente, dans l&rsquo;UE et dans le monde. L&rsquo;UE soutient actuellement des projets pilotes en France et en Estonie, et d&rsquo;autres se profilent. Certains \u00c9tats membres ont mis en place leur propre syst\u00e8me. Et partout dans le monde, les autorit\u00e9s locales et les entreprises mettent en \u0153uvre de nouveaux projets. Selon le Forum \u00e9conomique mondial, la demande mondiale de cr\u00e9dits \u00ab nature \u00bb pourrait atteindre 180 milliards de dollars d&rsquo;ici \u00e0 2050. L&rsquo;\u00e9ventail d&rsquo;acheteurs potentiels est large, car les perspectives offertes sont attrayantes. Face \u00e0 la fr\u00e9quence accrue des inondations et des s\u00e9cheresses, les entreprises cherchent \u00e0 s\u00e9curiser leurs cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement, \u00e0 r\u00e9duire leurs primes d&rsquo;assurance et \u00e0 promouvoir des actions positives pour la nature. Les \u00e9tablissements financiers commencent \u00e0 traiter les risques pour la biodiversit\u00e9 comme un risque financier majeur n\u00e9cessitant des mesures d&rsquo;att\u00e9nuation.<\/p>\n<p>La Commission europ\u00e9enne pr\u00e9sente cette semaine une feuille de route pour les cr\u00e9dits \u00ab nature \u00bb, en vue de stimuler le financement priv\u00e9 et de cr\u00e9er de nouvelles sources de revenus pour les entreprises. Nous voulons progressivement d\u00e9velopper ce march\u00e9, en partant de la base, en partenariat \u00e9troit avec les communaut\u00e9s locales et les parties prenantes. Forte de son march\u00e9 unique de 450 millions de personnes et de 25 millions d&rsquo;entreprises, l&rsquo;UE jouit d&rsquo;une position id\u00e9ale pour d\u00e9velopper ces march\u00e9s innovants, susciter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des investisseurs et pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du march\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant trop longtemps, nous avons mis un prix sur la d\u00e9gradation de la nature plut\u00f4t que sur sa restauration. Mais avec les bons investissements et les bonnes incitations, nous pouvons d\u00e9velopper des solutions plus intelligentes, triplement gagnantes. Gagnantes pour la nature, pour les entreprises et pour les humains.<\/p>\n<p>Ursula von der Leyen<br \/>Pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne<\/p>\n<p>Jessika Roswall<br \/>Commissaire europ\u00e9enne charg\u00e9e de l&rsquo;Environnement, de la R\u00e9silience en mati\u00e8re d&rsquo;eau et d&rsquo;une \u00c9conomie circulaire comp\u00e9titive<\/p>\n<p class=\"rev-margin-0 rev-text-xs-bold !text-lt-neutral-30 mt-[32px]\">Ursula von der Leyen et Jessika Roswall<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les trois quarts des entreprises d\u00e9pendent, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, de la nature. 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