{"id":244395,"date":"2025-07-12T07:38:11","date_gmt":"2025-07-12T07:38:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/244395\/"},"modified":"2025-07-12T07:38:11","modified_gmt":"2025-07-12T07:38:11","slug":"80-ans-de-nice-matin-avec-robert-yvon-le-jazz-nest-jamais-las","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/244395\/","title":{"rendered":"80 ans de \u00ab\u00a0Nice-Matin\u00a0\u00bb: avec Robert Yvon, le jazz n\u2019est jamais las"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Cette ann\u00e9e-l\u00e0, je chantais pour la premi\u00e8re fois\u2026\u00a0\u00bb L\u2019imitation de Claude Fran\u00e7ois est approximative, mais le message re\u00e7u cinq sur cinq\u2005: Robert Yvon est n\u00e9 en 1962. \u00ab\u00a0Mes parents ont divorc\u00e9 quand j\u2019avais 13 ans. J\u2019ai suivi ma m\u00e8re, qui a rejoint sa famille \u00e0 Antibes. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai d\u00e9couvert le jazz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La phrase est l\u00e2ch\u00e9e avec une pointe d\u2019\u00e9motion. L\u2019ancien journaliste rajuste son chapeau, dodeline et replonge dans \u00ab\u00a0ses\u00a0\u00bb ann\u00e9es soixante-dix\u2005: \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9coutais The Police, les Wings, Elton John, les Bee Gees. Mon oncle Robert Amoyel m\u2019a introduit \u00e0 Jazz \u00e0 Juan, o\u00f9 il \u00e9tait comme chez lui. Le 17 juillet 1976, pour mon tout premier concert, je me suis retrouv\u00e9 assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019Ella Fitzgerald pour applaudir Ray Charles\u2005! Elle m\u2019a sign\u00e9 un autographe.\u00a0\u00bb\u00a0Le premier d\u2019une tr\u00e8s longue s\u00e9rie.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/histoire\/Image+V%C3%A9cu+Robert+Yvon+photo+1+FBT-1rtmqToX.jpg?ci_seal=c90dd938d4\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Le 19 juillet 2009, Robert \u00ab\u00a0Bob\u00a0\u00bb Yvon monte sur la sc\u00e8ne de la Pin\u00e8de-Gould aux c\u00f4t\u00e9s de Tonya Baker. Oh happy day\u2005! <strong>Photo Frantz Bouton.<\/strong> <\/p>\n<p>L\u2019adolescent se laisse s\u00e9duire par les rythmes syncop\u00e9s, les notes cuivr\u00e9es et la passion qui transpire dans les jam-sessions. Il d\u00e9couvre le plaisir de \u00ab\u00a0fureter en coulisses\u00a0\u00bb \u2013 l\u2019un des marqueurs de sa future carri\u00e8re. Robert Amoyel lui ouvre \u00e9galement les portes de la Grande parade du jazz organis\u00e9e dans les ar\u00e8nes de Cimiez. Et \u2013 privil\u00e8ge absolu \u2013 lui permet de piocher dans les six mille 33-Tours de sa collection.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Jean d\u2019Ormesson m\u2019a encourag\u00e9 \u00e0 faire du journalisme\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cela aurait pu suffire \u00e0 combler les loisirs du jeune homme. Mais son autre oncle, \u00c9mile, lui transmet, parall\u00e8lement, son amour pour le 7e Art. \u00ab\u00a0Il m\u2019a permis d\u2019animer \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s le cin\u00e9-club de l\u2019Antiboulenc, une association antiboise qui \u00e9ditait un trimestriel. Tout naturellement, j\u2019en suis venu \u00e0 r\u00e9diger des interviews. La premi\u00e8re, c\u2019\u00e9tait celle de Jean d\u2019Ormesson qui m\u2019a encourag\u00e9 \u00e0 faire du journalisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Robert, pourtant, h\u00e9site. Apr\u00e8s avoir redoubl\u00e9 sa premi\u00e8re et d\u00e9croch\u00e9 \u00ab\u00a0sans panache\u00a0\u00bb un Bac D, il s\u2019inscrit en fac de sciences \u00e0 Nice. \u00ab\u00a0Une catastrophe\u00a0\u00bb, conc\u00e8de-t-il en riant. D\u2019autant qu\u2019il a la t\u00eate ailleurs. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es quatre-vingt, les radios libres pullulent. L\u2019\u00e9tudiant anime b\u00e9n\u00e9volement une \u00e9mission sur le cin\u00e9ma, qui lui sert de viatique pour le festival de Cannes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En mai 1982, j\u2019ai rencontr\u00e9 Jacques Tati et Steven Spielberg. Le premier, d\u00e9sabus\u00e9, se sentait rejet\u00e9 par le cin\u00e9ma fran\u00e7ais. C\u2019\u00e9tait probablement l\u2019une de ses derni\u00e8res apparitions publiques (1). Je suis tomb\u00e9 sur le second au Carlton, par hasard, apr\u00e8s avoir manqu\u00e9 sa conf\u00e9rence de presse\u2026 \u00e0 cause de ma mobylette qui \u00e9tait tomb\u00e9e en panne\u2005! Il m\u2019a accord\u00e9 cinq minutes, puis m\u2019a offert une place pour aller voir E.T. l\u2019extraterrestre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nariste de \u00ab\u00a0Val\u00e9rian\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rience convainc Robert Yvon de marcher sur les traces de Fran\u00e7ois Chalais. Apr\u00e8s une ann\u00e9e de droit \u00ab\u00a0parfaitement inutile\u00a0\u00bb, il r\u00e9ussit le concours de l\u2019IUT de journalisme de Bordeaux. \u00c0 la rentr\u00e9e 1983, il est accueilli par le directeur des \u00e9tudes \u2013 un certain Pierre Christin. \u00ab\u00a0Avoir le sc\u00e9nariste de Val\u00e9rian parmi ses profs, c\u2019\u00e9tait dingue\u00a0\u00bb, rugit-il. B\u00e9otien en mati\u00e8re de phylact\u00e8res, l\u2019\u00e9tudiant sera initi\u00e9 par le ma\u00eetre aux tr\u00e9sors du 9e Art.<\/p>\n<p>En 1986, dipl\u00f4me en poche et lib\u00e9r\u00e9 des obligations militaires, il tente sa chance \u00e0 Nice-Matin. Mais la greffe ne prend pas. Il se tourne vers le concurrent, Var-Matin R\u00e9publique, qui l\u2019accueille en 1987 et le titularise deux ans plus tard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la fusion des deux journaux, en 1998, que j\u2019ai pu revenir chez moi \u00e0 Antibes\u00a0\u00bb, souligne-t-il. Il se souvient de \u00ab\u00a0d\u00e9buts difficiles\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0peaux de banane\u00a0\u00bb gliss\u00e9es sous ses semelles. \u00ab\u00a0Les Varois n\u2019\u00e9taient pas les bienvenus, euph\u00e9mise-t-il. Pour moi qui avais pass\u00e9 toute ma jeunesse ici, c\u2019\u00e9tait tout de m\u00eame un comble\u2005!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/histoire\/Image+Formule+de+Bob-WZMq25nV.jpg?ci_seal=4aea0063f5\" alt=\"\"\/><br \/>\n        A l\u2019\u00e9poque de \u00ab\u00a0La Formule de Bob\u00a0\u00bb. <strong>Photo Frantz Bouton.<\/strong> <\/p>\n<p>Le r\u00e9dacteur est mut\u00e9 \u00e0 Cannes, au service magazine, puis de nouveau dans la cit\u00e9 des Remparts en 2008. Cette fois, les plan\u00e8tes sont align\u00e9es\u2005: son c\u00f4t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9, hors norme, s\u00e9duit la nouvelle direction qui lui l\u00e2che la bride.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je suis un \u00e9lectron libre, plaide-t-il. Si on me laisse bosser, je ram\u00e8ne des infos exclusives. Mais pour couvrir le budget au conseil municipal, il vaut mieux envoyer quelqu\u2019un d\u2019autre\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tout le monde l\u2019appelle Bob<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es 2010, Robert Yvon devient \u00ab\u00a0Bob\u00a0\u00bb, un personnage un peu lunaire, h\u00e9ritier putatif de Pierre Richard et\u2026 Jacques Tati.<\/p>\n<p>La Formule du jour, rubrique gastronomique hebdomadaire, devient La Formule de Bob. Le journaliste y raconte ses p\u00e9r\u00e9grinations gustatives, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 pointer \u00ab\u00a0la piquette\u00a0\u00bb servie dans tel restaurant ou \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tat d\u00e9plorable des sanitaires\u00a0\u00bb dans tel autre. Il se charge ensuite de r\u00e9pondre aux lecteurs dans l\u2019in\u00e9narrable Courrier de Bob, chef-d\u2019\u0153uvre d\u2019humour (parfois) involontaire.<\/p>\n<p>En juillet, couvre-chef en bataille, il prend ses quartiers \u00e0 Jazz \u00e0 Juan. Jeff Beck refuse toute interview\u2005? Bob l\u2019attend pendant quatre heures \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la Pin\u00e8de-Gould, l\u2019apostrophe \u00e0 la descente du bus et arrache au guitariste trente minutes d\u2019entretien\u2005! Aucun artiste ne r\u00e9siste \u00e0 son m\u00e9lange de candeur, d\u2019enthousiasme et d\u2019\u00e9rudition.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout \u00e7a, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 mon oncle Robert, r\u00e9p\u00e8te-t-il en souriant. En 1996, j\u2019ai eu le plaisir de lui rendre la pareille en lui pr\u00e9sentant son idole Tony Bennett avec Phil Collins. Je me dis aujourd\u2019hui qu\u2019il serait fier de mon parcours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Son d\u00e9part \u00e0 la retraite, en septembre 2021, cl\u00f4t un chapitre de l\u2019histoire de Nice-Matin. Celles des \u00ab\u00a0figures\u00a0\u00bb singuli\u00e8res, personnalit\u00e9s atypiques et \u00ab\u00a0grandes gueules\u00a0\u00bb notoires, parfois insupportables pour leurs coll\u00e8gues mais investies dans leur m\u00e9tier \u00e0 200\u2005%. Des petites mains au grand c\u0153ur qui, elles aussi, ont \u00e9crit la l\u00e9gende.<\/p>\n<p>1. Le r\u00e9alisateur de Jour de f\u00eate est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 4 novembre 1982.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Cette ann\u00e9e-l\u00e0, je chantais pour la premi\u00e8re fois\u2026\u00a0\u00bb L\u2019imitation de Claude Fran\u00e7ois est approximative, mais le message re\u00e7u&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":244396,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2819],"tags":[1111,11,251,1777,674,1011,27,937,500,873,12,2401,882,25],"class_list":{"0":"post-244395","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nice","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-culture","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-histoire","16":"tag-medias","17":"tag-musique","18":"tag-news","19":"tag-nice","20":"tag-provence-alpes-cote-dazur","21":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114839126218673573","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/244395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=244395"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/244395\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/244396"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=244395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=244395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=244395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}