{"id":245496,"date":"2025-07-12T18:28:10","date_gmt":"2025-07-12T18:28:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/245496\/"},"modified":"2025-07-12T18:28:10","modified_gmt":"2025-07-12T18:28:10","slug":"entretien-trouver-en-soi-les-ressources-du-role","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/245496\/","title":{"rendered":"[Entretien] \u00ab Trouver en soi les ressources du r\u00f4le \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec pas moins d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages en quinze ans, Nicolas Courjal est un familier du public de l\u2019Op\u00e9ra de Marseille o\u00f9 sa basse profonde impressionne toujours. Luisa Miller, Boris Godounov, les Troyens&#8230; autant de r\u00f4les marquants. Mais on se souvient de son Philippe II dans Don Carlos et de son inoubliable duo avec Marc Barrard dans Don Quichotte de Massenet la saison derni\u00e8re. Apr\u00e8s les versions concerts de Lucie de Lammermoor en fran\u00e7ais et Zoroastre avec Rapha\u00ebl Pichon, il incarne aujourd\u2019hui le p\u00e8re borderline dans la production de Louise de Gustave Charpentier au Festival d\u2019Aix. Entretien.<\/p>\n<p><b>La Marseillaise :<\/b><b> Travailler pour un festival comme Aix est-il diff\u00e9rent que pour une maison d\u2019Op\u00e9ra<\/b><b>\u00a0<\/b><b>? <\/b><\/p>\n<p><b>Nicolas Courjal :<\/b> Un lieu ouvert comme l\u2019archev\u00each\u00e9 demande des adaptations. L\u2019acoustique ext\u00e9rieure est diff\u00e9rente. On a la chance d\u2019avoir beaucoup de temps en amont pour travailler en profondeur. C\u2019\u00e9tait le cas \u00e0 Venelles dans la r\u00e9plique du d\u00e9cor, ce qui nous a permis de travailler comme \u00e0 l\u2019archev\u00each\u00e9. La seule vraie diff\u00e9rence pour nous est que nous jouons tard le soir. Je chante mon dernier duo \u00e0 minuit et demi. La fatigue se fait sentir. L\u2019organisation du travail doit \u00eatre revue. Il faut s\u2019adapter au temps et quelquefois aux \u00e9l\u00e9ments. Calisto s\u2019est jou\u00e9 dans le Mistral. Et je ne vous parle pas d\u2019Orange. C\u2019est terrible pour la voix.<\/p>\n<p><b>Comment avez-vous abord\u00e9 le r\u00f4le du p\u00e8re dans Louise ? <\/b><\/p>\n<p><b>N.C. : <\/b>J\u2019ai eu la chance de rencontrer d\u00e8s avril Christophe Loy qui m\u2019a expliqu\u00e9 son parti pris. C\u2019\u00e9tait passionnant car tout correspondait parfaitement avec le texte que j\u2019avais \u00e0 chanter. J\u2019ai voulu trouver une honn\u00eatet\u00e9 dans la folie incestueuse du personnage. Je voulais le juger le plus honn\u00eatement possible. C\u2019est un homme amoureux fou de sa fille. Christophe a cr\u00e9\u00e9 un lien de confiance avec Elsa (Dreisig). On \u00e9tait d\u2019accord pour aller chercher des choses en nous au fil des r\u00e9p\u00e9titions. Il y a le plaisir de montrer des personnages et surtout \u00e0 l\u2019op\u00e9ra de sortir des cases habituelles : diable, m\u00e9chant, p\u00e8re noble&#8230; Je lis beaucoup, je me nourris de l\u2019actualit\u00e9, j\u2019observe la soci\u00e9t\u00e9, les faits divers. De ce fonds j\u2019essaie de trouver une v\u00e9rit\u00e9. On ne peut pas prendre le livret de Louise au premier degr\u00e9. Il y a une platitude prosa\u00efque que seul un festival comme Aix peut d\u00e9passer. Christophe a trouv\u00e9 des niveaux de lecture qui devenaient \u00e9vidents. Le concept \u00e9tait si bien au point que chaque phrase que je disais fonctionnait.<\/p>\n<p><b>Que repr\u00e9sente pour vous Louise d\u2019un point de vue purement vocal ?<\/b><\/p>\n<p>N.C. : La musique est tr\u00e8s belle. La difficult\u00e9 est de la rendre naturelle. Les harmonies h\u00e9sitent entre Debussy \u2013 Pell\u00e9as a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 trois ans apr\u00e8s \u2013 et aussi Wagner. Le duo final est introduit par un monologue qui rappelle celui de Golaud. C\u2019est beaucoup de travail pour animer le c\u00f4t\u00e9 conversation de l\u2019op\u00e9ra. Mais pour moi c\u2019est un r\u00f4le hybride \u00e0 la fran\u00e7aise, pas vraiment \u00e9crit pour une basse. Ce n\u2019est pas exactement mon registre de voix. Gabriel Bacquier et Jos\u00e9 Van Dam, deux barytons, l\u2019ont chant\u00e9. Comme quoi il faut toujours \u00e9couter un directeur de casting, il conna\u00eet bien vos potentiels.<\/p>\n<p><b>Comment s\u2019est fait le travail avec le chef Giacomo Sagripanti ?<\/b><\/p>\n<p><b>N.C. : <\/b>J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 avec lui dans Nabucco \u00e0 Toulouse. C\u2019est un jeune chef qui monte. Il vient du Metropolitan de New York o\u00f9 il rempla\u00e7ait Rustioni. Quand il est arriv\u00e9, il a d\u00e9couvert le travail th\u00e9\u00e2tral d\u00e9j\u00e0 bien avanc\u00e9 et s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 souligner le naturel de la partition. Il nous a fait confiance. En somme, pour nous tous, Louise \u00e9tait pareil \u00e0 un travail de d\u00e9couverte et de cr\u00e9ation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Avec pas moins d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages en quinze ans, Nicolas Courjal est un familier du public de l\u2019Op\u00e9ra&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":245497,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,884,12,882,25,4064],"class_list":{"0":"post-245496","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-marseille","15":"tag-news","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-week-end"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114841682170996435","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=245496"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245496\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/245497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=245496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=245496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=245496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}