{"id":251088,"date":"2025-07-16T10:39:11","date_gmt":"2025-07-16T10:39:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/251088\/"},"modified":"2025-07-16T10:39:11","modified_gmt":"2025-07-16T10:39:11","slug":"coquillages-poissons-comment-les-aquaculteurs-font-face-a-la-montee-de-la-temperature-de-leau-dans-la-rade-de-toulon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/251088\/","title":{"rendered":"Coquillages, poissons: comment les aquaculteurs font face \u00e0 la mont\u00e9e de la temp\u00e9rature de l\u2019eau dans la rade de Toulon"},"content":{"rendered":"<p>Ce matin-l\u00e0, les eaux de la baie du Lazaret sont calmes et translucides. Temp\u00e9rature de la mer: 23\u00b0C. Id\u00e9al pour piquer une t\u00eate. Parfait aussi pour l\u2019aquaculture et sa dizaine de professionnels install\u00e9s ici, au sud de la petite rade de Toulon.<\/p>\n<p>Mais deux semaines plus t\u00f4t, \u00e0 la fin du mois de juin, ces producteurs de coquillages et de poissons n\u2019\u00e9taient pas aussi sereins. La M\u00e9diterran\u00e9e, aussi calme qu\u2019un lac, titillait alors dangereusement les 29\u00b0C; ce pic de chaleur pr\u00e9coce portant l\u2019ombre mena\u00e7ante du r\u00e9chauffement climatique sur une activit\u00e9 d\u00e9pendante des \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Moins de densit\u00e9 de poissons dans les cages<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.varmatin.com\/vie-locale\/protec\/DATA_ART_15909832-TSZ656Kn.jpg?vh=470b57&amp;ci_seal=9dc5ddf9c8\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Fr\u00e9d\u00e9ric Leguen en train de nourrir des loups dans l\u2019une de ses trois concessions. \u00c0 droite : sa production pr\u00eate \u00e0 \u00eatre commercialis\u00e9e.  <strong>Photos Luc Boutria.<\/strong> <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Plus la mer est chaude, plus elle est pauvre en oxyg\u00e8ne. L\u2019absence de courant, qui permet normalement de renouveler la masse d\u2019eau, accentue le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0\u00bb, d\u00e9crypte Patrick Mend\u00e8s, g\u00e9rant des Poissons de Tamaris, soci\u00e9t\u00e9 qui accompagne les aquaculteurs locaux pour la distribution et la commercialisation de leurs produits.<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est pas tout. \u00ab\u00a0Les temp\u00e9ratures extr\u00eames engendrent une acidification du milieu, ce qui est mauvais pour les moules par exemple. On craint aussi que cette hausse globale ne s\u2019accompagne de l\u2019apparition de bact\u00e9ries.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces p\u00e9rils, le catastrophisme n\u2019est pas de mise devant le rivage seynois. Loin des productions industrielles de Gr\u00e8ce ou de Turquie, les \u00ab\u00a0artisans\u00a0\u00bb de la m\u00e9tropole s\u2019adaptent. Dans les filets de leurs pittoresques installations en bois, sur pilotis, loups et dorades ont vu leurs conditions d\u2019\u00e9levage se bonifier.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons diminu\u00e9 la densit\u00e9 de poissons dans nos cages. Comme ils sont moins serr\u00e9s, ils ont plus d\u2019oxyg\u00e8ne\u00a0\u00bb, explique Fr\u00e9d\u00e9ric Leguen, \u00e0 la t\u00eate de la ferme Hydraloup. \u00ab\u00a0On fait \u00e9galement en sorte que la nourriture que l\u2019on donne l\u2019\u00e9t\u00e9 soit moins riche en lipides.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il devient difficile de pr\u00e9dire la m\u00e9t\u00e9o\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bref, les poissons de la rade grossissent peut-\u00eatre moins vite qu\u2019ailleurs, mais le consommateur se retrouve dans ce mod\u00e8le extensif. Dans les assiettes, la chair est d\u2019autant plus go\u00fbtue que la croissance de l\u2019animal s\u2019est faite \u00e0 un rythme raisonnable.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et avec la mise en place du contrat de baie, la qualit\u00e9 des eaux de la rade s\u2019est nettement am\u00e9lior\u00e9e\u00a0\u00bb, poursuit Fr\u00e9d\u00e9ric Leguen. Ce pionnier de la pisciculture pointe avec satisfaction, sous la surface, un jeune herbier de zost\u00e8res, plante marine qui avait quasi disparu du plan d\u2019eau.<\/p>\n<p>Reste que bien des \u00e9cueils demeurent. \u00ab\u00a0Les coups de chauds arrivent plus t\u00f4t. Ils sont plus importants aussi. Et il devient tr\u00e8s difficile de pr\u00e9voir quand le mistral va arriver pour refroidir la mer\u00a0\u00bb, assure Fr\u00e9d\u00e9ric Leguen. Notre aquaculteur dit ainsi craindre par-dessus tout \u00ab\u00a0le gros anticyclone, le truc (sic) qui ne bouge pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans une mer \u00e0 plus de 30\u00b0C, les moules meurent<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.varmatin.com\/vie-locale\/protec\/DATA_ART_15909831-CZ0QTNPR.jpg?vh=01e64a&amp;ci_seal=e9b7bb84cf\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 conchyliculture, la donne est encore diff\u00e9rente. \u00ab\u00a0Les hu\u00eetres s\u2019adaptent bien \u00e0 la chaleur, affirme Yannick Le Corre, nouvel arrivant dans la baie. Par contre les moules, \u00e0 partir de 30\u00b0C, elles meurent toutes. \u00c9videmment que \u00e7a nous inqui\u00e8te. D\u2019autant qu\u2019il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 faire\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Y aura-t-il encore des moules \u00e0 Tamaris dans vingt ans? La question se pose. Une chose est s\u00fbre, d\u2019apr\u00e8s Patrick Mend\u00e8s, une esp\u00e8ce a d\u00e9j\u00e0 disparu: les climatosceptiques. \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas si longtemps encore, dans la rade, certains doutaient de ce qui est en train de se passer\u00a0\u00bb, soupire-t-il sous son chapeau \u00e0 larges bords. \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, tout le monde sait qu\u2019on est confront\u00e9 \u00e0 nouveau d\u00e9fi\u00a0\u00bb. Et pas des moindres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ce matin-l\u00e0, les eaux de la baie du Lazaret sont calmes et translucides. Temp\u00e9rature de la mer: 23\u00b0C.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":251089,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[1111,11,436,1777,674,1011,27,12,882,25,2310,3366],"class_list":{"0":"post-251088","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-environnement","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-news","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise","18":"tag-toulon","19":"tag-vie-locale"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114862487188319464","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=251088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/251088\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/251089"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=251088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=251088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=251088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}