{"id":263977,"date":"2025-07-21T18:35:27","date_gmt":"2025-07-21T18:35:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/263977\/"},"modified":"2025-07-21T18:35:27","modified_gmt":"2025-07-21T18:35:27","slug":"livre-le-napolitain-erri-de-luca-nous-parle-de-ses-saveurs-familieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/263977\/","title":{"rendered":"Livre: Le Napolitain Erri De Luca nous parle de ses \u00absaveurs famili\u00e8res\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Opinion<\/p>\n<p>Livre \u2013 <\/p>\n<p>Le Napolitain Erri De Luca nous parle de ses \u00absaveurs famili\u00e8res\u00bb<\/p>\n<p class=\"ContentHead_lead____SsS link_regular__O0hk0 link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs\">L\u2019ouvrage nous parle d\u2019une Italie populaire en voie de disparition. Son auteur est certes un gourmet, mais il sait rester frugal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/1747515490_877_0vm_Wn-r4ds9DQ79vQYMO8.jpg\"  width=\"100\" height=\"100\"  alt=\"Etienne Dumont\" class=\"AuthorImage_root__WCxj_ ContentMetaInfo_authorimage__Mp4LD AuthorImage_-content-head__3qDob\" style=\"background-color:#808080\"\/> Publi\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 18h33<img decoding=\"async\" loading=\"eager\" fetchpriority=\"high\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/FxFg-nGd4cABv01WLUcejt.jpg\" alt=\"Homme aux cheveux gris, moustache, v\u00eatu d\u2019une chemise bleue, se tenant dans un jardin verdoyant.\" title=\"Homme aux cheveux gris, moustache, v\u00eatu d\u2019une chemise bleue, se tenant dans un jardin verdoyant.\" class=\"ResponsiveImage_root__ZDz10 responsive-image\" style=\"background-color:#9E926E\"\/><\/p>\n<p>Erri De Luca, qui est l\u2019auteur d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>RTS, Capture d\u2019\u00e9cran. <\/p>\n<p>Abonnez-vous d\u00e8s maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.<a href=\"https:\/\/bottalk.io\/\" class=\"BottalkPaywall_bottalklink__KDtuf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\">BotTalk<\/a><\/p>\n<p class=\"ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL\">Le titre met l\u2019eau \u00e0 la bouche. Normal! Il est suppos\u00e9 se r\u00e9v\u00e9ler ap\u00e9ritif. Erri De Luca va nous faire ses \u00abR\u00e9cits de saveurs famili\u00e8res\u00bb. Avec le Napolitain, on imagine tout de suite la cuisine g\u00e9n\u00e9reuse du sud de l\u2019Italie. Les pages devraient du coup d\u00e9gouliner de sauces \u00e0 la tomate, puis des restes fondants d\u2019une \u00abcassata\u00bb anciennement glac\u00e9e. C\u2019est oublier que l\u2019\u00e9crivain, aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9 de 75\u00a0ans, reste un frugal et un aust\u00e8re. Ancien militant d\u2019extr\u00eame gauche et aujourd\u2019hui encore alpiniste chevronn\u00e9, l\u2019homme n\u2019est pas pouss\u00e9 aux exc\u00e8s de table. Il suffit de regarder sa silhouette \u00e9maci\u00e9e. N\u2019est entr\u00e9 dans son corps que le minimum de nourritures terrestres bien choisies. La preuve, Erri (comme Harry \u00e0 la suite des go\u00fbts anglophiles de ses parents) \u00e9crit cette fois \u00e0 quatre mains avec Valerio Gallasso. Un nutritionniste. Or vous savez comment sont ces gens-l\u00e0. A force de vous dire que tel mets est mauvais et tel autre pire encore, ils finiraient par vous faire croire que le seul choix raisonnable reste encore l\u2019anorexie.<\/p>\n<p>Un r\u00e9cit de vie<\/p>\n<p class=\"ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL\">Paru chez Gallimard, comme la plupart des ouvrages de l\u2019auteur, \u00abR\u00e9cits de saveurs famili\u00e8res\u00bb semble d\u00e9raper d\u00e8s les premi\u00e8res pages. De Erri nous d\u00e9roule ici son parcours de vie, \u00e0 partir de ses premi\u00e8res ann\u00e9es dans une famille bourgeoise paup\u00e9ris\u00e9e par la guerre. Il nous raconte son engagement politique \u00e0 Rome au tournant des ann\u00e9es 1970, alors que les activistes italiens de Mai 68 se radicalisaient parfois jusqu\u2019au terrorisme. Puis son engagement tout court dans les usines turinoises, qui fonctionnaient alors \u00e0 plein r\u00e9gime. Un choix politique. Le fameux \u00abretour \u00e0 la base\u00bb. Puis viendra le temps des d\u00e9sillusions. Les ouvriers, qui avaient obtenu quelques victoires, se voient licencier les uns apr\u00e8s les autres vers 1980. L\u2019Italie a cess\u00e9 de s\u2019axer sur le secondaire. Le tertiaire fait nettement plus chic et surtout moins syndicalis\u00e9.<\/p>\n<p>Le temps des \u00abpiole\u00bb<\/p>\n<p class=\"ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL\">Le lecteur na\u00eff, dont je suis, se demande ce que la gastronomie vient faire l\u00e0-dedans. Rien ici n\u2019\u00e9voque \u00abLa grande bouffe\u00bb d\u2019un autre Italien, le cin\u00e9aste Marco Ferreri, ni les restaurants \u00e9toil\u00e9s des rues chics de Milan. Nous restons ici dans l\u2019ambiance conviviale de \u00abpiole\u00bb (ou tavernes), qui ont depuis longtemps disparu. Ces lieux finissaient jadis par devenir des r\u00e9sidences secondaires. Une chose qui ravit Erri De Lucca. Pour lui, toute bonne cuisine doit demeurer d\u2019essence populaire. Ce qui est d\u2019ailleurs vrai en Italie, o\u00f9 les tables \u00e9l\u00e9gantes font vite chichiteux. D\u2019o\u00f9 des pages savoureuses sur les ch\u00e2taignes, la morue (devenue en 2025 un plat cher), la \u00abparmigiana\u00bb d\u2019aubergines, le caf\u00e9, la dinde \u00e0 la \u00abcanzanese\u00bb ou la tarte aux fraises. On le constate. La gourmandise n\u2019a pas perdu ses droits chez l\u2019\u00e9crivain. Mais tout doit se manger avec mod\u00e9ration, en se montrant reconnaissant \u00e0 la nature d\u2019avoir produit toutes ces bonnes choses. Nous sommes en compagnie d\u2019Erri De Luca dans une Italie d\u2019avant les supermarch\u00e9s, o\u00f9 le froid et le film de plastique ont fini par tuer le go\u00fbt.<\/p>\n<p>Une obsession maladive<\/p>\n<p class=\"ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL\">Aux envol\u00e9es nostalgiques de l\u2019auteur, qui nous parle ainsi d\u2019un monde perdu, r\u00e9pond \u00e0 chaque fois un texte m\u00e9dical de son acolyte. Ce dernier nous fait une le\u00e7on de morale di\u00e9t\u00e9tique. On sait \u00e0 quel point la sant\u00e9 est devenue de nos jours une obsession maladive. C\u2019est pour notre bien, naturellement, mais le bien a souvent quelque chose de triste. Cela me fait penser \u00e0 une vieille histoire dr\u00f4le. Un patient \u00e2g\u00e9 va chez son m\u00e9decin avec une question: \u00abJe ne fume pas, je ne bois pas, je dors r\u00e9guli\u00e8rement et je ne copule pas. Est-ce que je peux esp\u00e9rer vivre tr\u00e8s longtemps\u00bb? Sur quoi le praticien lui r\u00e9pond: \u00abMais pour quoi faire?\u00bb Trop de sagesse finit par donner l\u2019impression d\u2019avoir pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Erri De Luca sera au moins r\u00e9v\u00e9l\u00e9 gourmet, \u00e0 d\u00e9faut de s\u2019\u00eatre montr\u00e9 gourmand et encore moins glouton\u2026 Il est ainsi \u00abnouvelle cuisine\u00bb en version peuple.<\/p>\n<p>Pratique<\/p>\n<p class=\"ArticleParagraph_root__lhFZo ArticleContainer_content-width__FRl7F link_focus__0ZMwx link_externalicon-big__ZdPgo link_externalicon__qcwXs ArticleElement_article-element__q93eL\">\u00abR\u00e9cits de saveurs famili\u00e8res\u00bb, d\u2019Erri De Lucca, traduit par Dani\u00e8le Valin, aux Editions Gallimard, 253 pages. Le livre se termine avec un choix de recettes napolitaines \u00e0 exp\u00e9rimenter.<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1948, <strong>Etienne Dumont<\/strong> a fait \u00e0 Gen\u00e8ve des \u00e9tudes qui lui ont \u00e9t\u00e9 peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste rat\u00e9, il a bifurqu\u00e9 vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaill\u00e9 de mars 1974 \u00e0 mai 2013 \u00e0 la \u00abTribune de Gen\u00e8ve\u00bb, en commen\u00e7ant par parler de cin\u00e9ma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part \u00e7a, comme vous pouvez le voir, rien \u00e0 signaler.<a class=\"ArticleAuthorBio_moreinfo__cqyvz link_underlinelink__K5Zr0\" rel=\"author nofollow noopener\" href=\"https:\/\/www.bilan.ch\/author\/61126069\/etienne-dumont\" target=\"_blank\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<p class=\"Feedback_root__fr_Mi ArticleContainer_content-width__FRl7F\">Vous avez trouv\u00e9 une erreur?<a href=\"mailto:tes_correction@tamedia.ch?subject=Avis%20d'erreur%20%7C%20Etienne%20Dumont%20%7C%20Le%20Napolitain%20Erri%20De%20Luca%20nous%20parle%20de%20ses%20%C2%ABsaveurs%20famili%C3%A8res%C2%BB&amp;body=J'ai%20trouv%C3%A9%20une%20erreur%20dans%20cet%20article%3A%20https%3A%2F%2Fwww.bilan.ch%2Fstory%2Fle-napolitain-erri-de-luca-nous-parle-de-ses-saveurs-familieres-396448710957\" class=\"Feedback_feedbacklink__VyDCi link_underlinelink__K5Zr0\">Merci de nous la signaler.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Opinion Livre \u2013 Le Napolitain Erri De Luca nous parle de ses \u00absaveurs famili\u00e8res\u00bb L\u2019ouvrage nous parle d\u2019une&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":263978,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-263977","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114892670533292282","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/263977","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=263977"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/263977\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/263978"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=263977"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=263977"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=263977"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}