{"id":269086,"date":"2025-07-23T22:45:12","date_gmt":"2025-07-23T22:45:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/269086\/"},"modified":"2025-07-23T22:45:12","modified_gmt":"2025-07-23T22:45:12","slug":"ils-sont-les-temoins-et-deja-les-batisseurs-en-pleine-guerre-avec-la-russie-le-chemin-de-resilience-des-ados-ukrainiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/269086\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Ils sont les t\u00e9moins. Et d\u00e9j\u00e0 les b\u00e2tisseurs\u202f\u00a0\u00bb: en pleine guerre avec la Russie, le chemin de r\u00e9silience des ados ukrainiens"},"content":{"rendered":"<p>Le 3 juin dernier, une frappe russe sur la ville de Soumy a tu\u00e9 quatre civils, dont des enfants. Depuis f\u00e9vrier 2022, plus de 13\u202f000 civils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s, 6,5 millions d\u2019Ukrainiens ont fui \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Plus de 1\u202f600 \u00e9coles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. Deux millions d\u2019\u00e9l\u00e8ves n\u2019ont plus acc\u00e8s \u00e0 leur \u00e9tablissement. Selon l\u2019ONG Save the Children, 43\u202f% des enfants pr\u00e9sentent des signes de d\u00e9tresse mentale.<\/p>\n<p>Des cas de cheveux blanchis ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s chez des enfants de 8 \u00e0 16 ans. L\u2019UNESCO a soutenu 160.000 enfants avec des programmes psychosociaux. Mais une \u00e9tude du PNUD (programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement) r\u00e9v\u00e8le que 42\u202f% des jeunes expriment des pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 leur sant\u00e9 mentale, et 27\u202f% une perte de lien social. Qu\u2019ils soient r\u00e9fugi\u00e9s ou rest\u00e9s sur place, les adolescents ukrainiens vivent une adolescence suspendue. Une g\u00e9n\u00e9ration debout, mais caboss\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Polina, son quotidien est une prison<\/strong><\/p>\n<p>Dans la petite ville de Lozova, Polina, 15 ans, se prom\u00e8ne dans la cour \u00e9ventr\u00e9e de son ancienne \u00e9cole. L\u2019adolescente au visage ang\u00e9lique, fine silhouette habill\u00e9e de noir, arbore un look mi-gothique mi-punk, un \u00e9cho \u00e0 la bulle culturelle dans laquelle elle s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e depuis l\u2019invasion russe en 2022.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u202fTu vois ces gravats, c\u2019\u00e9tait mon \u00e9cole, je ne r\u00e9alisais pas \u00e0 quel point je l\u2019aimais jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un missile russe ne la d\u00e9truise.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis la d\u00e9vastation de son \u00e9tablissement scolaire, Polina n\u2019a plus acc\u00e8s \u00e0 une vie sociale normale. Elle doit \u00e9tudier seule, sur internet, dans une maison \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Son quotidien est rythm\u00e9 par les coupures d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les alertes a\u00e9riennes et les silences tendus. \u00ab\u00a0\u202fQuand les shaheds (drones suicides) approchent, on entend d\u2019abord un bourdonnement, comme un moustique. Puis le sol tremble.\u202f\u00a0\u00bb Elle vit dans une forme de huis clos familial, o\u00f9 les murs de sa chambre se muent en refuge. \u00ab\u00a0\u202fJ\u2019ai une seule amie, Lisa. On adore tra\u00eener \u00e0 l\u2019arr\u00eat de bus pour parler de musique et de ce que deviennent nos anciens camarades de classe.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/conflits\/protec\/DATA_ART_15825109-xzw0w1Eh.jpg?vh=e3fe81&amp;ci_seal=2b0dddb012\" alt=\"\"\/><br \/>\n        Le village de \u00a0\u00bb Kamiankavillage \u00ab\u00a0.  <strong>Photo Dzvinka Pinchuk.<\/strong> <\/p>\n<p>Confiant sa solitude, Polina fond en larmes. Ce n\u2019est pas \u00e9vident de penser \u00e0 sa sant\u00e9 mentale, quand le pr\u00e9sent est une urgence permanente, explique-t-elle: \u00ab\u00a0\u202fMa m\u00e8re a mal au dos, mais on n\u2019a pas les moyens pour qu\u2019elle se soigne, ni pour traiter mon psoriasis g\u00e9ant. La guerre a fait voler en \u00e9clats l\u2019\u00e9conomie familiale, comme dans des milliers de foyers ukrainiens. Chez elle, on cultive les l\u00e9gumes pour se nourrir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle vit avec sa m\u00e8re et sa petite s\u0153ur dans une jolie maison aux volets p\u00e2les, dont le salon d\u00e9borde de peluches multicolores \u2014 comme une ode \u00e0 l\u2019enfance qui r\u00e9siste. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle passe l\u2019essentiel de son temps, clo\u00eetr\u00e9e. \u00ab\u00a0\u202fCe n\u2019est pas la mort qui me fait peur, c\u2019est de perdre mes proches\u2026 ou mon chien.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En marge des r\u00e9alit\u00e9s du conflit, Polina affronte les souffrances universelles de son \u00e2ge. \u00ab\u00a0\u202fJe suis toujours enferm\u00e9e. J\u2019ai peur des gens, peur d\u2019\u00eatre rejet\u00e9e.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e8s 12 ans, elle a \u00e9t\u00e9 harcel\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00ab\u00a0\u202fIls me traitaient de monstre. D\u00e8s que je devenais amie avec quelqu\u2019un, ils d\u00e9truisaient \u00e7a. Ils faisaient des montages de mon visage, se moquaient de mon poids, de ma famille.\u202f\u00a0\u00bb L\u2019adolescente a perdu son p\u00e8re quand elle avait 7 ans. Elle va parfois sur sa tombe, dans un village voisin. \u00ab\u00a0\u202fIl me manque beaucoup.\u202f\u00a0\u00bb Chaque homme en treillis souligne cette absence.<\/p>\n<p>Sa libert\u00e9 d\u2019avant l\u2019invasion lui manque, dans ce quotidien qu\u2019elle vit comme une prison. \u00ab\u00a0\u202fMaintenant, je dois demander la permission pour tout. Pour moi, la libert\u00e9 serait de pouvoir voyager, voir d\u2019autres pays, ne plus avoir peur.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour tenir, elle s\u2019accroche. \u00c0 la musique \u2014 Creep de Radiohead, en boucle. Au r\u00eave d\u2019un camp d\u2019\u00e9t\u00e9. \u00c0 des fragments d\u2019avenir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u202fJe ne sais pas ce que je deviendrai. Parfois je me dis que je ne saurai jamais qui je suis cens\u00e9e \u00eatre, que je ne serai personne.\u202f\u00a0\u00bb Polina n\u2019a pas confiance de sa force, la guerre la prive de la possibilit\u00e9 de se projeter vers le futur.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/conflits\/protec\/DATA_ART_15825107-9zed59Ux.jpg?vh=641e68&amp;ci_seal=84af5b5f1e\" alt=\"\"\/><br \/>\n         <strong>Photo Dzvinka Pinchuk.<\/strong> <\/p>\n<p>                                <strong>Yehor, survivant de Marioupol<\/strong><\/p>\n<p>Dans un caf\u00e9-librairie feutr\u00e9 de Kyiv, un jeune \u00e9tudiant en journalisme raconte, passionn\u00e9, l\u2019intrigue du dernier livre qui l\u2019a boulevers\u00e9: A Little Life. Yehor, 20 ans, a d\u00e9j\u00e0 surv\u00e9cu \u00e0 un si\u00e8ge, travers\u00e9 la Russie en cavale, r\u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort. \u00c0 17 ans, il vivait \u00e0 Marioupol. La guerre \u00e9clate. L\u2019arm\u00e9e russe encercle la ville, il se retrouve alors pi\u00e9g\u00e9 au milieu des bombardements et combats.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u202fJe suis rest\u00e9 avec mes amis. Sans eau, sans \u00e9lectricit\u00e9. Rien.\u202f\u00a0\u00bb Pendant vingt-huit jours, il tient un journal. Il note les repas, les rumeurs, les morts. \u00ab\u00a0\u202f\u00c7a m\u2019aidait \u00e0 rester humain.\u202f\u00a0\u00bb Puis il comprend qu\u2019il doit fuir. Seul.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re, lui, est rest\u00e9 dans le Donbass occup\u00e9. \u00ab\u00a0\u202fIl m\u2019a dit: \u201cLa tombe de mes parents est ici.\u00a0\u00bb Et il n\u2019est jamais parti.\u202f\u00bb Yehor a d\u00fb r\u00e9unir 350 euros pour s\u2019\u00e9chapper. Une fortune. Mais il a r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>Il traverse la Russie, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fondu dans la masse des civils de Donetsk occup\u00e9e, puis parvient par miracle \u00e0 \u00e9chapper aux contr\u00f4les des soldats russes \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Lituanie, pour gagner la Pologne. Trois jours de route, des heures d\u2019attente sous la pluie \u00e0 la fronti\u00e8re. \u00ab\u00a0\u202fQuand j\u2019ai vu le drapeau ukrainien, j\u2019ai pleur\u00e9. Je voulais vivre. Pas mourir \u00e0 Marioupol.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il \u00e9tudie, \u00e9crit, t\u00e9moigne. \u00ab\u00a0\u202fJe veux raconter la vie en zone occup\u00e9e. Ce sont des gens qu\u2019on oublie, et qu\u2019on d\u00e9shumanise.\u202f\u00a0\u00bb Trop mature pour son \u00e2ge \u2013 \u00ab\u00a0\u202fJ\u2019ai d\u00fb grandir en une nuit\u202f\u00a0\u00bb \u2013, il a fait un gros travail psychologique en arrivant \u00e0 Kyiv. Les cauchemars reviennent encore le hanter, mais beaucoup moins souvent. \u00ab\u00a0\u202fCe n\u2019est pas la mort qui me fait peur. C\u2019est d\u2019\u00eatre de nouveau assi\u00e9g\u00e9.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa r\u00e9silience, Yehor l\u2019a entam\u00e9 depuis le moment o\u00f9 son premier texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Un r\u00e9cit du si\u00e8ge de Marioupol, dans un recueil de l\u2019Union des journalistes d\u2019Ukraine. \u00ab\u00a0\u202fJe me suis dit \u201cquelqu\u2019un me lit. Quelqu\u2019un se souviendra\u00a0\u00bb.\u202f\u00bb De mineur victime de la guerre, le jeune homme est devenu un v\u00e9ritable soldat de l\u2019information et de la m\u00e9moire vivante.<\/p>\n<p>              <img ci-src=\"https:\/\/www.nicematin.com\/conflits\/protec\/DATA_ART_15825106-mmeeq3CL.jpg?vh=0ae426&amp;ci_seal=8022323f3c\" alt=\"\"\/><br \/>\n        L\u00e9gende  sur beaucoup  beaucoup  beaucoup  de lignes.&#13;<br \/>\n <strong>Photo Dzvinka Pinchuk.<\/strong> <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Taisia, une vie sous les bombes de Soumy<\/strong><\/p>\n<p>Taisia a 15 ans. Elle vit \u00e0 Soumy, ville frontali\u00e8re, martyre des frappes russes. Elle n\u2019a jamais quitt\u00e9 la r\u00e9gion. \u00ab\u00a0\u202fJ\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de faire des projets. Je vis comme si demain n\u2019existait pas.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La nuit, elle laisse la t\u00e9l\u00e9 allum\u00e9e. \u00ab\u00a0\u202fLe silence me rend folle. Il faut du bruit.\u202f\u00a0\u00bb Elle se souvient des for\u00eats, des pique-niques, de la nature. \u00ab\u00a0\u202fAvant, je partais avec mes parents. Aujourd\u2019hui, les bois sont min\u00e9s.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle faisait du th\u00e9\u00e2tre avant l\u2019invasion, c\u2019\u00e9tait toute sa vie. Un jour, en pleine r\u00e9p\u00e9tition, un missile a frapp\u00e9 l\u2019immeuble o\u00f9 elle r\u00e9p\u00e9tait. \u00ab\u00a0\u202fLe metteur en sc\u00e8ne a dit \u201cLe th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est nous.\u00a0\u00bb\u202f\u00bb Depuis, elle continue, cette phrase chevill\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2me. M\u00eame si ses amis sont partis. M\u00eame si les sir\u00e8nes couvrent parfois les r\u00e9pliques qu\u2019elle r\u00e9vise. \u00ab\u00a0\u202fJ\u2019ai perdu contact avec tout le monde. Mais la vie continue, et je continue.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour rompre la solitude, Taisia a trouv\u00e9 du lien social dans un programme jeunesse de l\u2019UNICEF. Elle traduit aussi des chansons de l\u2019anglais vers l\u2019ukrainien. \u00ab\u00a0\u202f\u00c7a m\u2019aide \u00e0 me concentrer sur autre chose.\u202f\u00a0\u00bb Elle r\u00eave de devenir psychologue. Ou metteuse en sc\u00e8ne. \u00ab\u00a0\u202fPeut-\u00eatre les deux.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019adolescente est fi\u00e8re de sa g\u00e9n\u00e9ration, qu\u2019elle consid\u00e8re comme r\u00e9sistante. Lucide. Essentielle. \u00ab\u00a0\u202fQui d\u2019autre que nous sauvera l\u2019Ukraine et la reconstruira?\u202f\u00a0\u00bb Pour ne pas sombrer, Taisia s\u2019est rang\u00e9e en ordre de bataille.<\/p>\n<p><strong>Maria et Sasha, \u00e0 la crois\u00e9e des mondes<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Nice, dans la cour de l\u2019AFUCA, Maria, 18 ans, fait souvent r\u00e9p\u00e9ter une chor\u00e9graphie \u00e0 un groupe d\u2019enfants r\u00e9fugi\u00e9s. Parmi eux, Sasha, 12 ans, la regarde avec admiration. L\u2019une a fui Kharkiv, l\u2019autre Kyiv. Ensemble, elles incarnent le d\u00e9racinement.<\/p>\n<p>Maria est arriv\u00e9e au printemps 2022 apr\u00e8s deux semaines sous les bombes. Elle vit avec son fr\u00e8re, apprend le fran\u00e7ais, suit un double cursus. \u00ab\u00a0\u202fAvec la guerre, j\u2019ai \u00e9volu\u00e9. Je suis pr\u00eate \u00e0 affronter tout.\u202f\u00a0\u00bb Chaque \u00e9t\u00e9, elle retourne en Ukraine. \u00ab\u00a0\u202fM\u00eame sous les bombardements, \u00e7a me redonne de l\u2019\u00e9nergie. Je ne peux pas oublier.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sasha, elle, a fui avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. Son p\u00e8re est rest\u00e9. \u00ab\u00a0\u202fParfois je suis heureuse ici\u2026 et je culpabilise. Peut-\u00eatre que mon p\u00e8re ne va pas bien.\u202f\u00a0\u00bb Elle craint de trop s\u2019habituer, de trahir. \u00ab\u00a0\u202fJ\u2019ai l\u2019impression que\u2026 physiquement et moralement, j\u2019ai grandi.\u202f\u00a0\u00bb \u00c0 travers la danse et la gymnastique, elle tente de se reconnecter \u00e0 son enfance. Mais son regard est d\u00e9j\u00e0 celui d\u2019une adulte.<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Ils vivent une guerre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019eux-m\u00eames\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Psychologue clinicienne sp\u00e9cialis\u00e9e dans le psychotraumatisme, Svitlana Kopanytsia. travaille avec l\u2019organisation caritative East SOS. Les r\u00e9cits de Polina, Yehor, Taisia, Maria et Sasha, illustrent un traumatisme g\u00e9n\u00e9rationnel profond. \u00ab\u00a0\u202fM\u00eame \u00e0 l\u2019abri, leur psych\u00e9 reste en \u00e9tat d\u2019alerte. Ils dorment peu, sont hypervigilants, s\u2019isolent.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chez ceux qui ont fui, un autre conflit commence\u202f: se reconstruire ailleurs sans perdre qui l\u2019on est. \u00ab\u00a0\u202fIls vivent dans un entre-deux. Ils ont quitt\u00e9 un monde d\u00e9truit, mais restent hant\u00e9s par ce qui s\u2019y passe. Et en m\u00eame temps, ils doivent s\u2019adapter, se justifier, apprendre une langue, des codes.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui les sauve, dit-elle, ce sont les liens. \u00ab\u00a0\u202fL\u2019amiti\u00e9, l\u2019art, l\u2019engagement. Ceux qui vont mieux sont ceux qui trouvent un sens \u00e0 leur parcours.\u202f\u00a0\u00bb Elle rappelle que ces jeunes sont plus que des victimes. \u00ab\u00a0\u202fIls sont les t\u00e9moins. Et d\u00e9j\u00e0 les b\u00e2tisseurs.\u202f\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le 3 juin dernier, une frappe russe sur la ville de Soumy a tu\u00e9 quatre civils, dont des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":269087,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,10411,1887,12,1885,1886,132],"class_list":{"0":"post-269086","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-conflits","10":"tag-federation-de-russie","11":"tag-news","12":"tag-russia","13":"tag-russian-federation","14":"tag-russie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114904978119999391","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=269086"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269086\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/269087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=269086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=269086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=269086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}