{"id":269910,"date":"2025-07-24T07:16:17","date_gmt":"2025-07-24T07:16:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/269910\/"},"modified":"2025-07-24T07:16:17","modified_gmt":"2025-07-24T07:16:17","slug":"deux-premiers-romans-parmi-nos-coups-de-coeur-de-la-semaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/269910\/","title":{"rendered":"Deux premiers romans parmi nos coups de c\u0153ur de la semaine"},"content":{"rendered":"<p class=\"intro\">\n\tTaxi de nuit de Jack Clark et 22 longueurs de Caroline Wahl, deux premiers romans, sont nos coups de c\u0153ur livres de la semaine. <\/p>\n<p>Taxi de nuit    <\/p>\n<p>Premier roman de Jack Clark. Editions Sonatine, traduit de l\u2019anglais (Etats-Unis) par Samuel Sfez, 240 pages.<\/p>\n<p>La cote du Focus: <strong>4\/5<\/strong><\/p>\n<p class=\"dropcap\">Il ne s\u2019appelle pas Joe mais Eddie. Eddie Miles. Il est taxi de nuit \u00e0 <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chicago\">Chicago<\/a> depuis perp\u00e8te. Des quartiers branch\u00e9s jusqu\u2019aux cit\u00e9s que ses coll\u00e8gues redoutent comme la peste, ce solitaire endurci et caustique sillonne les rues du cr\u00e9puscule \u00e0 l\u2019aube, <strong>t\u00e9moin nostalgique des transformations brutales de Windy City<\/strong>, mais aussi du racisme et de la violence qui la gangr\u00e8nent.\u00a0<\/p>\n<p>Au fil des courses, des errances et des pauses au Golden Batter Pancake House se dessine le portrait d\u2019une m\u00e9tropole au bord de l\u2019implosion, plus s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9e que jamais. Le r\u00e9alisme cru dans lequel Jack Clark trempe sa plume, lui-m\u00eame chauffeur depuis plus de 30 ans, secoue les tripes. En particulier quand Eddie retrouve une jeune fille mutil\u00e9e abandonn\u00e9e sous une b\u00e2che dans une ruelle. \u00abSi elle va s\u2019en sortir? Allez. Elle ne s\u2019en est jamais sortie. Pas un seul jour de sa putain de vie\u00bb, lui balance un flic quelques jours plus tard apr\u00e8s avoir d\u00e9roul\u00e9 <strong>\u00abla success story habituelle \u00e0 Chicago\u00bb<\/strong> de la gamine: p\u00e8re inconnu, m\u00e8re drogu\u00e9e, tapin, etc.<\/p>\n<p>On dirait que le bitume a absorb\u00e9 toute la noirceur des habitants, \u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse. \u00abIl y a trop de gens dans cette ville qui ont pas de c\u0153ur\u00bb, regrette un jeune Noir crois\u00e9 dans une \u00e9picerie. Pourtant, <strong>des \u00e9clairs d\u2019humanit\u00e9 illuminent ici et l\u00e0 cette chronique nocturne poisseuse<\/strong>. Elle prend notamment les traits d\u2019un petit vieux plein aux as, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne pas quitter la rue de son enfance.\u00a0<\/p>\n<p>Une bonne dose d\u2019humour et des <strong>dialogues savoureux<\/strong> d\u00e9tendent un peu l\u2019atmosph\u00e8re. Sans pour autant effacer la peur qui r\u00e8gne depuis qu\u2019un tueur en s\u00e9rie a pris en grippe la profession. Un vieil ami, Lenny le Polack, est d\u2019ailleurs le prochain sur la liste. Un choc pour Eddie qui est le dernier \u00e0 l\u2019avoir crois\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Un premier roman sombre, \u00e9lectrique et haletant<\/strong>, entre le Taxi Driver de Scorsese et les polars de <a target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Raoul_Walsh\">Raoul Walsh <\/a>ou Jacques Tourneur. Tarantino a ador\u00e9. Nous aussi.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>L.R.<\/strong><\/p>\n<p>22 longueurs    <\/p>\n<p>Premier roman de Caroline Wahl. Editions Albin Michel, traduit de l\u2019allemand par Dominique Autrand, 256 pages.<\/p>\n<p>La cote de Focus: 3,5\/5<\/p>\n<p>Caissi\u00e8re au supermarch\u00e9 pour payer son master sur les \u00e9quations aux d\u00e9riv\u00e9es partielles, <strong>Tilda est une crack des math\u00e9matiques.<\/strong> Une meuf bien dans son \u00e9poque et ses baskets, mais qui serre les dents et aligne les longueurs \u00e0 la piscine pour garder la t\u00eate froide. A la maison, pass\u00e9 le paillasson \u00abwelcome\u00bb, nul n\u2019est le bienvenu. D\u2019ailleurs, personne ne vient\u2026 <strong>Ing\u00e9rable, la m\u00e8re alcoolique pique des crises et fait tanguer le quotidien. <\/strong>Alors Tilda prend les choses en main pour tenir le foyer et veiller sur sa cadette. Pyjama Bambi ou sac \u00e0 dos Snoopy, Ida, petite fille architimide, passe le plus clair de son temps \u00e0 dessiner, souvent des monstres \u00abquand maman a bien merd\u00e9\u00bb. Les deux filles savent ce que valent les promesses de r\u00e9demption\u2026 Tous les douze jours environ, le rituel familial s\u2019enclenche: la m\u00e8re s\u2019extrait p\u00e9niblement du canap\u00e9, nettoie la maison et concocte des \u0153ufs au plat cram\u00e9s. Elle chambre alors ses \u00abpetites studieuses\u00bb; c\u2019est toujours une bombe \u00e0 retardement.<\/p>\n<p>Pr\u00e9servant son \u00e9criture du d\u00e9versoir d\u2019une col\u00e8re vengeresse, la plume de Caroline Wahl est en recherche constante d\u2019\u00e9quilibre. Embrassant le vocabulaire de sa g\u00e9n\u00e9ration (c\u2019est ouf), ses \u00e9chappatoires (ecstasy, LSD\u2026), <strong>elle prend le pouls d\u2019une jeune femme \u00e0 la fois d\u00e9termin\u00e9e et f\u00e9brile dans sa qu\u00eate d\u2019\u00e9mancipation. <\/strong>Combien de temps Tilda r\u00e9sisterait-elle \u00e0 la microfrange si elle postulait pour ce poste de doctorat au c\u0153ur de la hype berlinoise? Rendant tr\u00e8s attachante la complicit\u00e9 entre les deux s\u0153urs, dosant ses effets sur les faux-fuyants des transports amoureux (emoji singe qui se cache les yeux), pulsant en rythme pour scander le vertige des raves et leur vortex musical, l\u2019autrice de 30 ans insuffle \u00e9nergie vitale et sentiment de fraternit\u00e9 dans un premier roman prometteur. <\/p>\n<p><strong>F.DE.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Taxi de nuit de Jack Clark et 22 longueurs de Caroline Wahl, deux premiers romans, sont nos coups&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":269911,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-269910","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114906987476769194","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269910","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=269910"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/269910\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/269911"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=269910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=269910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=269910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}