{"id":272253,"date":"2025-07-25T07:28:10","date_gmt":"2025-07-25T07:28:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/272253\/"},"modified":"2025-07-25T07:28:10","modified_gmt":"2025-07-25T07:28:10","slug":"le-grand-boom-du-detatouage-dans-une-societe-en-quete-de-clean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/272253\/","title":{"rendered":"Le grand boom du d\u00e9tatouage, dans une soci\u00e9t\u00e9 en qu\u00eate de clean"},"content":{"rendered":"<p data-module=\"fig-standfirst\" data-context=\"@media (min-width:48em)\"><strong>ENQU\u00caTE &#8211; <\/strong>Tendance mondiale, le d\u00e9tatouage, pourtant douloureux et co\u00fbteux, repr\u00e9sente un march\u00e9 florissant. Enqu\u00eate sur une vague d\u2019effacement dans une soci\u00e9t\u00e9 en qu\u00eate de clean et de r\u00e9invention.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">\u00abJe me suis fait tatouer \u00e0 18 ans. Je luttais contre mon anorexie, et j\u2019ai eu besoin d\u2019inscrire sur ma peau des messages d\u2019espoir comme \u201cCrois en toi\u201d ou \u201cMarche vers tes r\u00eaves\u201d. Dix ans plus tard, mes probl\u00e8mes de sant\u00e9 r\u00e9gl\u00e9s, j\u2019ai voulu faire peau neuve et faire effacer mes tatouages.\u00bb Le cas de Marthe, 36 ans, graphiste, n\u2019est pas isol\u00e9. Le d\u00e9tatouage conna\u00eet un v\u00e9ritable boom ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019une petite s\u00e9rie de chiffres permet d\u2019appr\u00e9hender. En France, 20\u200a% de la population \u2013 soit une personne sur cinq \u2013 est tatou\u00e9e, contre seulement 10\u200a% en 2010. Avec l\u2019explosion de ce march\u00e9 qui repr\u00e9sente, dans l\u2019Hexagone, 270 millions d\u2019euros en 2024, \u00e9volue d\u00e9sormais son corollaire\u00a0: celui du d\u00e9tatouage. Selon les estimations de la Clinique des Champs-\u00c9lys\u00e9es, une cha\u00eene de cliniques de chirurgie et de m\u00e9decine esth\u00e9tique qui compte vingt et un \u00e9tablissements en France, 23\u200a% des personnes tatou\u00e9es dans le monde souhaitent aujourd\u2019hui se faire d\u00e9tatouer, soit environ dix millions de personnes chaque ann\u00e9e. L\u2019Europe repr\u00e9sente 30\u200a% d\u2019un march\u00e9 mondial estim\u00e9 \u00e0 1,2 milliard d\u2019euros en 2025.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e8re des clean girls<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Les raisons pour se faire d\u00e9tatouer diff\u00e8rent. On peut vouloir retirer une erreur de jeunesse, effacer un dessin d\u00e9mod\u00e9, comme un motif tribal des ann\u00e9es 2000, ou tout simplement oublier un souvenir li\u00e9 au pass\u00e9. Depuis quelque temps, s\u2019ajoute \u00e0 tout cela les effets d\u2019une tendance TikTok venue des \u00c9tats-Unis, celle des clean girls, proprettes et polic\u00e9es, particuli\u00e8rement en vogue dans l\u2019\u00e8re trumpiste. Le hashtag correspondant comptabilise plus de 700 millions de vues rien que sur l\u2019application\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/tiktok\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Keyword\" rel=\"sponsored noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\">TikTok<\/a>. Les clean girls sont majoritairement des jeunes femmes blanches, issues de milieux favoris\u00e9s, qui font attention \u00e0 leur corps, pr\u00f4nent un mode de vie ultrasain, minimaliste aussi, et une beaut\u00e9 naturelle\u2026 sans pour autant \u00eatre contre des heures de maquillage et l\u2019aide de la chirurgie ou de la m\u00e9decine esth\u00e9tique. Elles pr\u00f4nent le less is more, une esth\u00e9tique soign\u00e9e, luxueuse, mais pas tapageuse. \u00abLa hausse actuelle du d\u00e9tatouage est tr\u00e8s li\u00e9e \u00e0 cette esth\u00e9tique de la clean girl, qui consiste \u00e0 porter des fonds de teint fa\u00e7on seconde peau, des blushs l\u00e9gers et du gloss, estime la cr\u00e9atrice de contenus Manon Delcourt, qui compte 126\u200a000 followers sur Instagram et 172\u200a000 sur TikTok. Avant, on se maquillait pendant plus d\u2019une heure pour que cela se voie, maintenant, on continue, mais pour faire croire qu\u2019on s\u2019est lev\u00e9e comme \u00e7a, naturellement. Les gens veulent faire page blanche, avoir un corps sans tatouage.\u00bb<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_pagemag\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Et la jeune femme de 30 ans de citer la figure de proue des clean girls, la mannequin et influenceuse\u00a0<a href=\"http:\/\/madame.lefigaro.fr\/beaute\/beaute-star\/hailey-bieber-devoile-une-photo-de-son-ventre-deux-mois-apres-son-accouchement-20241025\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hailey Bieber<\/a>, qui vient de vendre sa marque de produits de beaut\u00e9, Rhode, au groupe de cosm\u00e9tiques Elf Beauty pour un milliard de dollars. En France, beaucoup de femmes se reconnaissent dans une version plus soft des clean girls, sans les implications politiques sous-jacentes. La d\u00e9marche de Marthe en est un exemple. \u00abVers mes 28 ans, j\u2019ai adopt\u00e9 une nouvelle hygi\u00e8ne de vie, je me suis mise \u00e0 manger sainement, \u00e0 faire du sport, et quand je voyais d\u00e9passer l\u2019un de mes tatouages de ma brassi\u00e8re de sport, \u00e0 la salle, je trouvais qu\u2019il faisait n\u00e9glig\u00e9, qu\u2019il \u00e9tait en d\u00e9saccord avec la femme que j\u2019\u00e9tais devenue. Je voulais retrouver un corps neutre, la preuve de mon c\u00f4t\u00e9 saine de corps et d\u2019esprit. M\u00eame si les miens m\u2019ont port\u00e9e pendant une d\u00e9cennie, je trouve \u00e7a beau un corps \u201cpur\u201d, sans tatouage.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019imaginaire de la mutation<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Depuis plusieurs ann\u00e9es, le corps est devenu un m\u00e9dia en soi, que l\u2019on expose sur Internet. \u00abC\u2019est comme une page sur laquelle on \u00e9crit, on y fait passer des messages, on y expose son style de vie, il devient une \u0153uvre publique, confirme Vincenzo Susca, professeur en sociologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paul- Val\u00e9ry, \u00e0 Montpellier. L\u2019augmentation du d\u00e9tatouage de ce corps canevas vient en partie de la culture num\u00e9rique. La fa\u00e7on dont on peut effacer d\u2019un simple clic un texte sur un ordinateur a contamin\u00e9 la vie mat\u00e9rielle. C\u2019est comme si notre corps \u00e9tait de plus en plus li\u00e9 \u00e0 notre avatar num\u00e9rique.\u00bb Manon Delcourt a commenc\u00e9 \u00e0 faire effacer certains de ses quarante et un tatouages pour faire place \u00e0 de nouveaux. Avec la d\u00e9mocratisation du d\u00e9tatouage, elle a chang\u00e9 d\u2019\u00e9tat d\u2019esprit. \u00abAvant, les tatouages devaient forc\u00e9ment avoir un sens\u200a; ils n\u2019ont plus rien de d\u00e9finitif aujourd\u2019hui.\u00bb Une id\u00e9e qui illustre parfaitement ce que le sociologue Vincenzo Susca, auteur de Technomagie (\u00c9ditions Liber, 2024), appelle l\u2019\u00abimaginaire de la mutation\u00bb. \u00abIl s\u2019agit de l\u2019id\u00e9e que nous sommes pass\u00e9s du principe d\u2019individuation, soit le fait d\u2019\u00eatre un individu stable, \u00e0 une identit\u00e9 plus fluide, nomade, li\u00e9e l\u00e0 encore \u00e0 la culture num\u00e9rique.\u00bb La qu\u00eate de soi, renforc\u00e9e par une industrie du bien-\u00eatre, de la beaut\u00e9 et de l\u2019esth\u00e9tique immens\u00e9ment puissante, innovante et soutenue par les r\u00e9seaux sociaux, devient permanente.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">La possibilit\u00e9 de la r\u00e9invention est omnipr\u00e9sente dans notre soci\u00e9t\u00e9. Et c\u2019est bien ce que Claire, cheffe de projet communication dans le luxe, avait en t\u00eate lorsqu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 de se faire d\u00e9tatouer. \u00abJ\u2019ai fait un tatouage sur un coup de t\u00eate, \u00e0 17 ans. Je l\u2019ai assez vite regrett\u00e9. Ce qui m\u2019a convaincue, c\u2019est de me mettre \u00e0 travailler dans le secteur du luxe, assez conventionnel. Puis, je suis devenue plus minimaliste, \u00e0 la recherche de l\u2019\u00e9l\u00e9gance, d\u2019une forme de classicisme. Je trouve qu\u2019il y a parfois un c\u00f4t\u00e9 un peu \u201cbeauf\u201d aux tatouages, surtout quand ils sont pass\u00e9s de mode.\u00bb Au-del\u00e0 de l\u2019esth\u00e9tique, il y a dans le tatouage comme dans le d\u00e9tatouage un aspect parfois cathartique. Karen, 47 ans, th\u00e9rapeute, s\u2019est ainsi fait tatouer \u00e0 un moment tr\u00e8s difficile de sa vie. \u00abLa douleur de l\u2019aiguille m\u2019aidait \u00e0 passer le cap, peut-\u00eatre que j\u2019avais besoin de marquer au fer rouge cette p\u00e9riode.\u00bb Il y a quatre ans, elle a entam\u00e9 un processus de d\u00e9tatouage afin d\u2019effacer ces souvenirs qu\u2019elle voit grav\u00e9s sur sa peau chaque jour. \u00abJ\u2019ai eu une pulsion pour me faire des tatouages, et aussi pour les enlever. Mais c\u2019est bien plus long et p\u00e9nible\u00a0! La douleur est telle qu\u2019une fois j\u2019ai mis un an avant d\u2019y retourner. C\u2019est une douleur physique, mais aussi \u00e9motionnelle. J\u2019efface une partie de ma vie.\u00bb La pulsion qu\u2019elle \u00e9voque r\u00e9pond aux nouvelles normes d\u2019une\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/societe\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Keyword\" rel=\"nofollow noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\">soci\u00e9t\u00e9<\/a>\u00a0de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9, du mouvement perp\u00e9tuel.<\/p>\n<p class=\"fig-body-link&#10;             fig-body-component-right-full-width-content&#10;    \">\n            \u00c0 lire aussi<br \/>\n        <a class=\"fig-body-link__link\" href=\"http:\/\/madame.lefigaro.fr\/beaute\/torse-nu-brad-pitt-devoile-ses-nombreux-tatouages-dans-une-nouvelle-bande-annonce-du-film-f1-20250212\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Torse nu, Brad Pitt d\u00e9voile ses nombreux tatouages \u200b\u200bdans une nouvelle bande-annonce du film F1<\/a>\n<\/p>\n<p>Nouvelles technologies<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">L\u2019envie de pouvoir effacer les traces d\u2019un pass\u00e9 a beau \u00eatre terriblement actuelle, elle n\u2019a rien de nouveau. Le d\u00e9tatouage est n\u00e9 avec le tatouage, et cela ne date pas d\u2019hier. Si beaucoup de sp\u00e9cialistes estiment qu\u2019il y en avait d\u00e9j\u00e0 il y a 50\u200a000, voire 100\u200a000 ans, on a retrouv\u00e9 des traces visibles sur des momies datant d\u2019il y a 5\u200a500 ans. \u00abPlus r\u00e9cemment dans l\u2019Histoire, le tatouage arrive en Europe avec les marins qui rentrent vers 1760 de Polyn\u00e9sie, raconte le tatoueur Mikael de Poissy, directeur de la publication de Tatouage Magazine. C\u2019est un tatouage glorieux. Il y a aussi celui qui fait honte, puisque jusqu\u2019en 1836, il existe des marques corporelles infamantes impos\u00e9es notamment aux bagnards, aux gal\u00e9riens et aux prostitu\u00e9s qui avaient souvent le besoin et l\u2019envie de se faire d\u00e9tatouer.\u00bb D\u00e8s cette \u00e9poque, et notamment avec l\u2019apparition des tatouages sur les fiches signal\u00e9tiques des voyous, les techniques de d\u00e9tatouage s\u2019am\u00e9liorent. \u00abOn faisait souvent des recouvrements\u00bb, poursuit Mikael de Poissy, auteur de Tatouage\u00a0: son histoire en France de 1800 \u00e0 1960 (\u00e0 para\u00eetre en septembre aux \u00c9ditions du Seuil), mais je poss\u00e8de aussi des lettres de docteurs de l\u2019\u00e9poque qui expliquent comment ils proc\u00e9daient au d\u00e9tatouage avec l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Pendant longtemps, on utilisait des acides caustiques pour br\u00fbler la peau\u00a0: ils effa\u00e7aient, mais en laissant une cicatrice. L\u2019am\u00e9lioration des techniques est l\u2019un des facteurs de l\u2019augmentation du d\u00e9tatouage. Les lasers ont \u00e9norm\u00e9ment progress\u00e9 et r\u00e9ussissent d\u00e9sormais \u00e0 enlever une grande partie des tatouages sans laisser de trace.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">\u00abEn 1998, un nouveau laser est apparu aux\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/etats-unis\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Keyword\" rel=\"nofollow noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\">\u00c9tats-Unis<\/a>, ciblant les taches pigmentaires et les tatouages. C\u2019est aussi \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les demandes de d\u00e9tatouage d\u00e9coratif et non plus seulement cosm\u00e9tique (sourcils, l\u00e8vres, etc.) ont commenc\u00e9 \u00e0 cro\u00eetre, explique Jean-Michel Mazer, dermatologue sp\u00e9cialis\u00e9 en laser, ancien pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise des lasers en dermatologie. Depuis, les techniques ont \u00e9volu\u00e9 sur un point particulier\u00a0: la dur\u00e9e d\u2019impulsion, c\u2019est-\u00e0-dire le temps pendant lequel la peau est expos\u00e9e \u00e0 la br\u00fblure.\u00bb Pour l\u2019expliquer de fa\u00e7on sch\u00e9matique, le laser thermique permet de casser les gouttes d\u2019encre en milliers de microgouttes qui s\u2019\u00e9vacuent ensuite naturellement du derme. C\u2019est un peu comme si on cassait un gros caillou pour en faire de la poussi\u00e8re. Plus la dur\u00e9e d\u2019impulsion est courte, plus le laser est efficace. \u00abL\u2019autre difficult\u00e9 pour le d\u00e9tatouage, c\u2019est la couleur, ajoute le sp\u00e9cialiste. La longueur d\u2019onde diff\u00e8re selon les teintes. Il existe aujourd\u2019hui trois lasers diff\u00e9rents qui recouvrent tout le spectre visible. Certaines couleurs partent plus vite que d\u2019autres. Les traitements peuvent \u00eatre tr\u00e8s longs quand un tatouage est compos\u00e9 de plusieurs couleurs, surtout le rouge et le violet.\u00bb<\/p>\n<p>                                    <a class=\"fig-a11y-skip a11y-hidden\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_mtf_pagemag\"><br \/>\n        Passer la publicit\u00e9<br \/>\n    <\/a><\/p>\n<p>La difficult\u00e9 de reculer<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Toutes les personnes interrog\u00e9es, qu\u2019il s\u2019agisse de m\u00e9decins, de tatoueurs ou de clients, ont insist\u00e9 sur le fait que l\u2019op\u00e9ration \u00e9tait longue, douloureuse et co\u00fbteuse. Une fois le processus entam\u00e9, il est difficile de reculer, puisque le d\u00e9tatouage alt\u00e8re le dessin avant de pouvoir le supprimer d\u00e9finitivement. Le nombre de s\u00e9ances est estim\u00e9 au d\u00e9but du processus selon la taille du tatouage, sa profondeur, son anciennet\u00e9, sa couleur et la fa\u00e7on dont r\u00e9agit la peau. G\u00e9n\u00e9ralement, on compte entre six et douze s\u00e9ances, chacune espac\u00e9es de six \u00e0 huit semaines. Le prix va d\u00e9pendre de la taille du tatouage. \u00c0 la Clinique des Champs-\u00c9lys\u00e9es, une s\u00e9ance co\u00fbte de 60, pour un tout petit tatouage, \u00e0 400 euros, pour un tr\u00e8s grand. \u00abIl m\u2019a co\u00fbt\u00e9 100 euros \u00e0 faire et 1\u200a000 \u00e0 enlever\u00a0!\u00bb, raconte en riant J\u00e9r\u00e9mie, 34 ans, directeur artistique. \u00c0 16 ans, il s\u2019est fait tatouer le logo d\u2019une marque de v\u00eatements, Zadig &amp;\u200aVoltaire, compos\u00e9 de deux grandes ailes de douze centim\u00e8tres de large pour quatre de haut.<\/p>\n<blockquote class=\"fig-quote&#10;             fig-body-component-left-full-width-content&#10;    \">\n<p class=\"fig-quote__text\">J\u2019ai entam\u00e9 le d\u00e9tatouage \u00e0 raison d\u2019une s\u00e9ance tr\u00e8s douloureuse par mois pendant dix mois. C\u2019est tr\u00e8s bien parti<\/p>\n<p>            J\u00e9r\u00e9mie, 34 ans, directeur artistique\n    <\/p><\/blockquote>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">\u00abOn \u00e9tait jeune et on avait bu. C\u2019est en voyant le logo de la culotte de la copine avec qui j\u2019\u00e9tais que j\u2019ai eu cette brillante id\u00e9e\u2026 Je m\u2019en suis accommod\u00e9 pendant des ann\u00e9es, jusqu\u2019\u00e0 un shooting l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Ma cliente a reconnu le logo, je me suis dit que c\u2019\u00e9tait vraiment la honte. J\u2019ai entam\u00e9 le d\u00e9tatouage \u00e0 raison d\u2019une s\u00e9ance tr\u00e8s douloureuse par mois pendant dix mois. C\u2019est tr\u00e8s bien parti.\u00bb Mathias, 50 ans, directeur de la communication, a une exp\u00e9rience similaire. Il a d\u00e9cid\u00e9 de supprimer deux de ses quatre tatouages. \u00abIl s\u2019agit de ceux que j\u2019ai faits dans ma vingtaine, en choisissant le dessin sur le catalogue du tatoueur. C\u2019est tr\u00e8s long, beaucoup plus que je ne l\u2019imaginais, une s\u00e9ance tous les deux mois\u00a0; il en faudra au moins dix. Tout \u00e7a pour un tatouage fait en cinq minutes\u2026 Je ne suis pas all\u00e9 dans un centre de laser fa\u00e7on vendeurs de cigarettes \u00e9lectroniques qui sont reconvertis dans le d\u00e9tatouage. J\u2019ai choisi une v\u00e9ritable clinique, avec des m\u00e9decins exp\u00e9riment\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>De dangereuses d\u00e9rives<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Mathias soul\u00e8ve un v\u00e9ritable sujet dans le domaine du d\u00e9tatouage. Peu de gens savent que l\u2019utilisation du laser, en France, doit l\u00e9galement \u00eatre faite par un m\u00e9decin, pas un assistant ou une esth\u00e9ticienne. Les praticiens soulignent qu\u2019ils voient de plus en plus de patients qui ont \u00e9t\u00e9 \u00abmassacr\u00e9s\u00bb et dont il est tr\u00e8s difficile de r\u00e9cup\u00e9rer les cicatrices. Il existe aussi des centres o\u00f9 les s\u00e9ances sont nombreuses car inefficaces, mal dos\u00e9es. Nicolas Kluger, docteur dermatologue et auteur de Mon tatouage et moi (\u00c9ditions Vuibert, 2024) confirme\u00a0: \u00abEn plus des lasers rat\u00e9s, je vois de plus en plus de gens s\u00e9duits par le d\u00e9tatouage via les produits chimiques appliqu\u00e9s par des esth\u00e9ticiennes ou des tatoueurs. Cela peut faire des cicatrices de br\u00fblures difficiles \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer.\u00bb<\/p>\n<p>March\u00e9 parall\u00e8le et flou artistique<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">Le probl\u00e8me vient des informations parfois erron\u00e9es qui circulent sur Internet via des non-professionnels de sant\u00e9, influenceurs, esth\u00e9ticiennes, etc. En France, contrairement aux \u00c9tats-Unis, les m\u00e9decins n\u2019ont pas le droit de faire de publicit\u00e9 directe aupr\u00e8s du public. Selon l\u2019article R.4127-19 du code de la sant\u00e9 publique, \u00abla m\u00e9decine ne doit pas \u00eatre pratiqu\u00e9e comme un commerce.\u00bb Sauf que la plupart des gens qui veulent se faire d\u00e9tatouer commencent par chercher des informations sur Internet plut\u00f4t qu\u2019aupr\u00e8s de docteurs. \u00ab134\u200a000 requ\u00eates mensuelles sur les moteurs de recherche ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es au cours des douze derniers mois, avec une croissance de 5\u200a% sur trois ans. Au cours des vingt-quatre derniers mois, c\u2019est m\u00eame une croissance de 22\u200a% que l\u2019on observe sur cette recherche\u00bb, a analys\u00e9 Tracy Cohen Sayag, pr\u00e9sidente du groupe de la Clinique des Champs-\u00c9lys\u00e9es. Elle s\u2019agace du flou artistique qui entoure encore le d\u00e9tatouage.<\/p>\n<blockquote class=\"fig-quote&#10;             fig-body-component-left-full-width-content&#10;    \">\n<p class=\"fig-quote__text\">Au cours des vingt-quatre derniers mois, c\u2019est une croissance de 22\u200a% que l\u2019on observe sur des recherche pour se faire d\u00e9tatouer<\/p>\n<p>            Tracy Cohen Sayag, pr\u00e9sidente du groupe de la Clinique des Champs-\u00c9lys\u00e9es\n    <\/p><\/blockquote>\n<p class=\"fig-paragraph fig-paragraph--dropped\">\u00abIl y a en France un r\u00e9seau de technologie laser install\u00e9 qui d\u00e9passe le nombre de m\u00e9decins. Un march\u00e9 se d\u00e9veloppe en parall\u00e8le avec des centres peu m\u00e9dicalis\u00e9s, des \u00e9quipes form\u00e9es par des labos, tout cela sans que le patient ne le sache, et qu\u2019il se fasse flouer par une blouse blanche. Les choses doivent bouger.\u00bb Comme beaucoup de gens, depuis qu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 de se faire d\u00e9tatouer, Coco, 42 ans, designer, est cibl\u00e9e sur les\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/reseaux-sociaux\" target=\"_blank\" data-fig-type=\"Keyword\" rel=\"sponsored noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"MADAME\">r\u00e9seaux sociaux<\/a>\u00a0par de nombreuses vid\u00e9os assez satisfaisantes \u00e0 regarder, sur lesquelles un laser passe sur un tatouage et semble l\u2019effacer instantan\u00e9ment. Dans la r\u00e9alit\u00e9, cela ne dure que quelques secondes avant que l\u2019encre ne r\u00e9apparaisse. Coco fera retirer, \u00e0 la rentr\u00e9e, un tatouage ancien, dans un centre qu\u2019elle a trouv\u00e9 sur Internet. \u00abC\u2019\u00e9tait un acte de micror\u00e9bellion pour me d\u00e9marquer dans le monde bourgeois o\u00f9 j\u2019ai grandi.\u00bb Elle conclut\u00a0: \u00abJ\u2019ai une vie saine, je me sens bien dans ma peau, je n\u2019ai plus besoin qu\u2019elle soit marqu\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p class=\"fig-frame__title\">Les acteurs se d\u00e9tatouent<\/p>\n<p>        L\u2019exemple le plus spectaculaire de d\u00e9tatouage chez les stars est celui de l\u2019acteur et humoriste am\u00e9ricain\u00a0<a href=\"https:\/\/madame.lefigaro.fr\/tag\/pete-davidson\" target=\"_blank\" rel=\"sponsored noopener\">Pete Davidson<\/a>. Il a entam\u00e9 l\u2019effacement de ses quelque deux cents tatouages en 2020 pour 170\u200a000 euros. Il a expliqu\u00e9 que le maquillage de ses tatouages prenait trop de temps sur les tournages. Depuis, l\u2019ancien compagnon de Kim Kardashian a pr\u00e9cis\u00e9 que sa d\u00e9marche \u00e9tait aussi psychologique, puisque les dessins lui rappelaient une p\u00e9riode de sa vie o\u00f9 il \u00e9tait profond\u00e9ment mal dans sa peau. D\u2019autres stars du grand \u00e9cran, comme Mark Wahlberg ou Colin Farrell, ont aussi effac\u00e9 leurs tatouages pour \u00e9viter de devoir arriver des heures en avance sur les plateaux de tournage afin de se faire maquiller. L\u2019actrice australienne Ruby Rose, tatou\u00e9e sur tout le corps, a d\u00e9cid\u00e9 de retirer certains dessins r\u00e9alis\u00e9s dans des zones plus difficiles \u00e0 maquiller, comme les mains, parce qu\u2019elle estimait que c\u2019\u00e9tait un frein \u00e0 sa carri\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"ENQU\u00caTE &#8211; Tendance mondiale, le d\u00e9tatouage, pourtant douloureux et co\u00fbteux, repr\u00e9sente un march\u00e9 florissant. 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