{"id":274856,"date":"2025-07-26T09:19:19","date_gmt":"2025-07-26T09:19:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/274856\/"},"modified":"2025-07-26T09:19:19","modified_gmt":"2025-07-26T09:19:19","slug":"comment-dais-fusionne-le-graffiti-avec-le-patrimoine-marocain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/274856\/","title":{"rendered":"Comment DAIS fusionne le graffiti avec le patrimoine marocain"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 Mekn\u00e8s, alors qu&rsquo;il \u00e9tait\u00a0adolescent, Said Sabbah d\u00e9couvre le graffiti \u00e0 travers sa passion pour la culture hip-hop et le breakdance au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Aujourd&rsquo;hui \u00e2g\u00e9 de 35 ans et reconnu comme artiste graffeur, il a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 \u00e0 cet art, n\u00e9 \u00e0 New York \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960 et d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, par son oncle r\u00e9sidant aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>\u00abMon oncle vivait aux \u00c9tats-Unis et, \u00e0 chaque visite au Maroc, il nous apportait des cadeaux\u00bb, se souvient Said, connu sous le pseudonyme DAIS, lors d&rsquo;un entretien avec Yabiladi. \u00abUn jour, il m&rsquo;a offert un magazine avec une photo de graffiti. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement inspir\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/WhatsApp Image 2025-07-25 at 15-25-55 (3).jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans, Said n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 exprimer sa cr\u00e9ativit\u00e9. Il a commenc\u00e9 par recouvrir le toit de ses parents de graffitis. \u00abJ&rsquo;ai tagu\u00e9 tous les murs, le sol&#8230; tout le toit \u00e9tait couvert\u00bb, raconte-t-il. Il a ensuite investi sa chambre, couvrant chaque surface disponible, avant que ses parents n&rsquo;interviennent. \u00abIls m&rsquo;ont dit de me calmer un peu\u00bb, plaisante-t-il.<\/p>\n<p>Priv\u00e9 d&rsquo;espace int\u00e9rieur, Said s&rsquo;est tourn\u00e9 vers les rues, accompagn\u00e9 d&rsquo;amis partageant sa passion. \u00abNous peignions sur les murs des voies de garage ferroviaires, l\u00e0 o\u00f9 personne ne disait rien. C&rsquo;est ainsi que tout a commenc\u00e9\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/WhatsApp Image 2025-07-25 at 15-25-55.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>D\u00e9butant et avec peu de moyens, Said a d\u00fb improviser. \u00abJ&rsquo;avais quelques bombes de peinture, mais surtout, j&rsquo;utilisais les restes de peinture de l&rsquo;atelier de mon fr\u00e8re, qui travaillait dans l&rsquo;am\u00e9nagement d&rsquo;espaces\u00bb, se souvient-il. \u00abUn jour, il a trouv\u00e9 ma cachette et a dit : &lsquo;C&rsquo;est donc l\u00e0 que toute ma peinture partait !&rsquo; Apr\u00e8s cela, il a commenc\u00e9 \u00e0 me la donner volontiers.\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 Mekn\u00e8s, une ville anim\u00e9e par la culture hip-hop, Said et ses amis ne s&rsquo;appuyaient pas sur Internet ou la t\u00e9l\u00e9vision pour s&rsquo;inspirer. \u00abNous apprenions gr\u00e2ce \u00e0 des amis vivant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger qui nous rendaient visite avec des magazines et des photos de graffitis de lieux comme le Bronx ou Brooklyn\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p><strong>Une d\u00e9votion quotidienne au graffiti<\/strong><\/p>\n<p>Pour Said, le graffiti est devenu une activit\u00e9 quotidienne. \u00abC&rsquo;\u00e9tait risqu\u00e9\u00bb, se souvient-il. \u00abParfois, je me faisais attraper par la police ou les propri\u00e9taires, et je devais les convaincre de me laisser partir. Pour eux, c&rsquo;\u00e9tait une activit\u00e9 \u00e9trange.\u00bb<\/p>\n<p>En 2009, il d\u00e9croche son premier projet r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s des ann\u00e9es \u00e0 graffer les rues de Mekn\u00e8s. \u00abJ&rsquo;ai peint pour un magasin de jeux vid\u00e9o et gagn\u00e9 2 000 dirhams, mais j&rsquo;ai tout d\u00e9pens\u00e9 en bombes de peinture p\u00e9rim\u00e9es, c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;elles \u00e9taient aussi bon march\u00e9\u00bb, plaisante-t-il.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/WhatsApp Image 2025-07-25 at 15-25-55 (2).jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>En 2010, tout en poursuivant ses graffitis, Said commence \u00e0 travailler sur ses propres croquis, explorant de nouvelles id\u00e9es visuelles. Le soutien de sa famille a \u00e9t\u00e9 constant. \u00abMon p\u00e8re nous r\u00e9unissait apr\u00e8s la pri\u00e8re de l&rsquo;Isha pour des s\u00e9ances de dessin. Cela m&rsquo;a aid\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper mes comp\u00e9tences, m\u00eame pour le graffiti\u00bb, se rem\u00e9more-t-il.<\/p>\n<p><strong>Du hip-hop aux racines marocaines<\/strong><\/p>\n<p>Avec une reconnaissance croissante dans la communaut\u00e9 graffiti, Said a lanc\u00e9 un projet unique ancr\u00e9 dans la culture marocaine. Il a commenc\u00e9 \u00e0 peindre sur des tapis traditionnels, leur donnant une nouvelle vie sans effacer leurs motifs originaux. L&rsquo;id\u00e9e a germ\u00e9 lors d&rsquo;une visite \u00e0 Kh\u00e9nifra, et s&rsquo;est concr\u00e9tis\u00e9e en 2020 apr\u00e8s des recherches et des exp\u00e9rimentations.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/473157218_18480766501060770_5905169818669201437_n.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>Il a peint des visages de femmes amazighes sur des tapis tiss\u00e9s \u00e0 la main ou\u00a0industriels. Sa premi\u00e8re s\u00e9rie de 13 tapis a \u00e9t\u00e9 vendue \u00e0 un h\u00f4tel de luxe \u00e0 Agadir. \u00abPeindre sur un tapis, c&rsquo;est comme tatouer, cela superpose le motif original\u00bb, explique-t-il. \u00abJe recycle de vieux tapis, leur offrant une seconde vie.\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/473023410_18480766570060770_6775467092364445492_n.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, Said collabore avec une \u00e9quipe \u00e0 Agadir pour g\u00e9rer la communication et les ventes de son art sur tapis. Le graffiti reste cependant au c\u0153ur de sa vie. \u00abC&rsquo;est mon m\u00e9tier, et je le fais depuis longtemps. Je m&rsquo;y consacre enti\u00e8rement\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Ses \u0153uvres sont visibles dans les rues de Casablanca et au-del\u00e0, jusqu&rsquo;en Espagne, au Portugal, au S\u00e9n\u00e9gal et en Arabie Saoudite. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 par des entreprises comme Orange et OCP pour cr\u00e9er des pi\u00e8ces priv\u00e9es.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/486811958_1189457219852383_3832862054411970558_n.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>\u00abAujourd&rsquo;hui, le graffiti est mieux accept\u00e9. Les gens le reconnaissent comme une partie int\u00e9grante des espaces publics et priv\u00e9s\u00bb, dit-il. \u00ab\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, nous devions convaincre les gens de nous laisser peindre sur leurs murs. Maintenant, ils comprennent.\u00bb<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de son propre art, Said est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 transmettre sa passion pour le graffiti aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, animant des ateliers pour enfants au Maroc et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/475588566_1140792978052141_7029693305507076579_n.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" height=\"auto\" \/><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son succ\u00e8s international, Said reste profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 Mekn\u00e8s, la ville o\u00f9 tout a commenc\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 Mekn\u00e8s, alors qu&rsquo;il \u00e9tait\u00a0adolescent, Said Sabbah d\u00e9couvre le graffiti \u00e0 travers sa passion pour la culture hip-hop&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":274857,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27],"class_list":{"0":"post-274856","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114918795951761548","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/274856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=274856"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/274856\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/274857"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=274856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=274856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=274856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}