{"id":289774,"date":"2025-08-01T20:04:17","date_gmt":"2025-08-01T20:04:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/289774\/"},"modified":"2025-08-01T20:04:17","modified_gmt":"2025-08-01T20:04:17","slug":"ode-a-la-resistance-des-innus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/289774\/","title":{"rendered":"ode \u00e0 la r\u00e9sistance des Innus"},"content":{"rendered":"<p>Dans son quatri\u00e8me\u00a0roman, Eka ashate\u00a0\u00b7\u00a0Ne flanche pas, l\u2019autrice innue Naomi Fontaine raconte la r\u00e9sistance au colonialisme \u00e0 Uashat mak Mani-utenam en oscillant entre le r\u00e9el et la fiction. S\u2019inspirant d\u2019histoires obtenues aupr\u00e8s d\u2019a\u00een\u00e9s, elle raconte des chapitres connus de l\u2019histoire de l\u2019endroit, mais aussi des s\u00e9quences plus intimes de la vie d\u2019Innus qui habitent ces communaut\u00e9s s\u0153urs.<\/p>\n<p>Un texte de <strong>Shushan Bacon<\/strong><\/p>\n<p>Il y a beaucoup de la parole des a\u00een\u00e9s l\u00e0-dedans. Il y a beaucoup de leur vision du monde, de leurs r\u00e9cits, de leur exp\u00e9rience. Ce qu&rsquo;ils voulaient nous l\u00e9guer, r\u00e9sume Naomi Fontaine.<\/p>\n<p>Par exemple, l&rsquo;autrice de ces lignes a d\u00e9couvert au cours de sa lecture qu\u2019un des chapitres raconte l\u2019histoire de son oncle, un survivant des pensionnats qui a r\u00e9sist\u00e9 autant qu\u2019il pouvait et qui a inspir\u00e9 le titre du roman Eka ashate\u00a0\u00b7\u00a0Ne flanche pas.<\/p>\n<p>En revanche, Naomi Fontaine a aussi voulu trouver sa place dans cet ouvrage en y mettant du sien. Il fallait que \u00e7a devienne de la fiction, car c&rsquo;est mon apport personnel, explique-t-elle. Elle a essay\u00e9, dans un premier temps, d\u2019\u00e9crire les histoires avec les vrais noms de ses personnages et en trouvant les vraies dates des \u00e9v\u00e9nements qu\u2019ils lui ont relat\u00e9s<\/p>\n<p>Cependant, il y avait comme quelque chose qui ne cimentait pas\u00a0, d\u00e9crit-elle, ne souhaitant pas que l&rsquo;\u0153uvre prenne des allures de recueil de nouvelles. Devant ce constat, elle a contact\u00e9 son \u00e9diteur qui lui a rappel\u00e9 qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas une historienne, mais une romanci\u00e8re. \u00ab\u00a0Naomi, tu devrais changer les noms. Tu peux inventer, tu as le droit\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more l\u2019\u00e9crivaine. M\u00eame si les histoires sont bas\u00e9es sur l\u2019exp\u00e9rience de vie r\u00e9elle des personnes, c&rsquo;est l\u00e0 que je suis tomb\u00e9e vraiment dans la cr\u00e9ation et dans le plaisir finalement de cr\u00e9er cette communaut\u00e9-l\u00e0 .<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/naomi-fontaine-lancement-aines.JPG\" alt=\"Antonio Fontaine, Sylvain Vollant, Raymond Jourdain, Charles Robertson, D\u00e9nis Michel et Marie-Marthe Fontaine et Bastien Michel, Lise Michel et Naomi Fontaine debout posent.\" title=\"Antonio Fontaine, Sylvain Vollant, Raymond Jourdain, Charles Robertson, D\u00e9nis Michel et Marie-Marthe Fontaine et Bastien Michel, Lise Michel et Naomi Fontaine debout posent.\"\/>  Les a\u00een\u00e9s Antonio Fontaine, Sylvain Vollant, Raymond Jourdain, Charles Robertson, D\u00e9nis Michel et Marie-Marthe Fontaine (assis, de gauche \u00e0 droite), et Bastien Michel et Lise Michel \u2013 la m\u00e8re de l&rsquo;autrice \u2013 (debout au centre) ont tous racont\u00e9 leurs histoires \u00e0 Naomi Fontaine (debout \u00e0 droite). Photo : Radio-Canada\/Shushan Bacon Chroniques d\u2019un combat quotidien<\/p>\n<p>D\u00e8s la premi\u00e8re\u00a0page, la romanci\u00e8re aborde son intention par des mots inscrits en majuscules.<\/p>\n<p>Ils ont gard\u00e9 le silence durant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle. Eka takuaki aimuna. Quand il n\u2019y a pas de mots. C\u2019est le silence qui les a tu\u00e9s.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte des possibles tombes non marqu\u00e9es pr\u00e8s de l\u2019ancien pensionnat de Kamloops en Colombie-Britannique en 2021 a \u00e9t\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur dans sa r\u00e9flexion. Bien qu\u2019elle ait appris la nouvelle en m\u00eame temps que tout le monde, elle avait d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 des recherches sur la Loi sur les Indiens et sur le colonialisme en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>D\u2019\u00eatre confront\u00e9e \u00e0 cette macabre d\u00e9couverte et \u00e0 l\u2019histoire de la colonisation a provoqu\u00e9 un questionnement fondamental\u00a0: apr\u00e8s avoir v\u00e9cu tout \u00e7a, comment est-ce possible que mon peuple existe encore?<\/p>\n<p>Car, elle constate que la langue est toujours vivante, que la culture et les traditions sont toujours pr\u00e9sentes dans sa communaut\u00e9. L&rsquo;identit\u00e9 est m\u00eame tr\u00e8s forte, souligne Naomi Fontaine. Et \u00e7a ne date pas d\u2019hier non plus\u00a0: elle conna\u00eet bien l&rsquo;\u0153uvre d\u2019An-Antane Kapesh, premi\u00e8re \u00e9crivaine innue qui a racont\u00e9 la r\u00e9sistance au colonialisme dans les ann\u00e9es\u00a070 \u00e0 Schefferville.<\/p>\n<p>Dans son roman, Naomi Fontaine met donc en sc\u00e8ne de nombreux a\u00een\u00e9s qui ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 leur mani\u00e8re, chacun avec leurs histoires, leurs v\u00e9cus, leurs enfances, leurs combats, et \u00e0 travers l&rsquo;histoire de ma m\u00e8re aussi.<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re est effectivement un des personnages principaux, et c\u2019est \u00e0 travers elle que Naomi Fontaine r\u00e9alise que la r\u00e9sistance s\u2019est faite \u00e0 travers les petits gestes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"quote\">C&rsquo;est le combat quotidien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des familles. Des gens qui n\u2019ont pas voulu abandonner [&#8230;] Ils se sont battus contre eux-m\u00eames, contre le fait d&rsquo;\u00eatre colonis\u00e9s, de douter de sa culture. Et aujourd&rsquo;hui, je r\u00e9alise que notre culture est vraiment forte encore.<\/p>\n<p>Naomi Fontaine, \u00e9crivaine<\/p><\/blockquote>\n<p>Entre les chapitres, l\u2019autrice ins\u00e8re \u00e9galement des vers de chansons d\u2019artistes musicaux provenant de sa communaut\u00e9 qui chantent en innu-aimun tels que Kashtin, Philippe McKenzie, Bill St-Onge ou Scott-Pien Picard.<\/p>\n<p>Pour elle, ins\u00e9rer des couplets de leurs chansons qui racontent \u00e9galement le quotidien des Innus allait tr\u00e8s bien avec le concept du livre.<\/p>\n<p>On oublie souvent leur travail. Nous, on les chante, on les \u00e9coute \u00e0 la radio, on aime \u00e7a, on danse dans les soir\u00e9es, Naomi Fontaine avait envie que leurs textes voyagent au-del\u00e0 des communaut\u00e9s autochtones.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai beaucoup de respect pour les auteurs-compositeurs-interpr\u00e8tes innus qui chantent dans notre langue. Je trouve que c&rsquo;est tellement un beau geste de r\u00e9sistance. <\/p>\n<p>Eka ashate\u00a0\u00b7\u00a0Ne flanche pas (M\u00e9moire d\u2019encrier) sera en librairie le 4\u00a0ao\u00fbt<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans son quatri\u00e8me\u00a0roman, Eka ashate\u00a0\u00b7\u00a0Ne flanche pas, l\u2019autrice innue Naomi Fontaine raconte la r\u00e9sistance au colonialisme \u00e0 Uashat&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":289775,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-289774","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114955305976312457","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289774","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=289774"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289774\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/289775"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=289774"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=289774"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=289774"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}