{"id":292500,"date":"2025-08-03T00:40:11","date_gmt":"2025-08-03T00:40:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/292500\/"},"modified":"2025-08-03T00:40:11","modified_gmt":"2025-08-03T00:40:11","slug":"quand-ibm-mettait-la-main-sur-leurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/292500\/","title":{"rendered":"quand IBM mettait la main sur l\u2019Europe"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/ec.europa.eu\/commission\/presscorner\/detail\/en\/qanda_25_1930\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L\u2019accord<\/a> entre l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis comprend, outre la mise en place de barri\u00e8res tarifaires de 15\u00a0% par Washington \u2013 sans contrepartie \u2013, la promesse d\u2019achat de centaines de milliards de dollars en armes et \u00e9nergie am\u00e9ricaines. L\u2019asym\u00e9trie des clauses a raviv\u00e9 les d\u00e9bats relatifs \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du Vieux continent vis-\u00e0-vis de la puissance am\u00e9ricaine, et de sa d\u00e9pendance en mati\u00e8re d\u2019infrastructures et de biens strat\u00e9giques. Dans <\/strong><strong>G\u00e9opolitique du num\u00e9rique. L\u2019imp\u00e9rialisme \u00e0 pas de g\u00e9ants<\/strong><strong> (L\u2019Atelier, 2023), Oph\u00e9lie Coelho, chercheuse \u00e0 l\u2019IRIS, revient sur sa gen\u00e8se. Avant l\u2019\u00e8re des <\/strong><strong>Big Tech <\/strong><strong>(Amazon, Meta, Google, Apple, Microsoft, Palantir\u2026), c\u2019est un g\u00e9ant am\u00e9ricain \u00e0 l\u2019origine d\u2019un proto-ordinateur qui faisait main basse sur l\u2019Europe\u00a0: IBM. Les lignes suivantes sont extraites de l\u2019ouvrage d\u2019Oph\u00e9lie Coelho.<\/strong><\/p>\n<p><a\/>Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les bases id\u00e9ologiques et les ambitions techniques du monde dans lequel nous vivons aujourd\u2019hui sont d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9es. Le Plan Marshall fait de l\u2019Europe un terrain d\u2019exp\u00e9rimentation de l\u2019entreprise transnationale. IBM est \u00e0 ce titre tr\u00e8s repr\u00e9sentative, avec une strat\u00e9gie d\u2019expansion qui fait\u00a0d\u2019elle, en quelques ann\u00e9es, un empire monopolistique poss\u00e9dant des comptoirs dans tout l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Nord.<\/p>\n<p><a\/>D\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente en Europe avant le conflit, avec de premiers bureaux \u00e0 Paris d\u00e8s 1914, IBM n\u2019a pas cess\u00e9 son activit\u00e9 commerciale sur le continent pendant la guerre. L\u2019un de ses clients les plus rentables durant cette p\u00e9riode est d\u2019ailleurs le gouvernement allemand, qui loue alors \u00e0 la filiale Dehomag d\u2019IBM des machines de tabulation \u00e0 cartes perfor\u00e9es. Celles-ci sont en quelque sorte les anc\u00eatres de l\u2019ordinateur, et furent largement utilis\u00e9es par le r\u00e9gime nazi pour recenser et classifier la population juive envoy\u00e9e dans les camps. Cette utilisation est \u00e0 l\u2019origine des critiques portant sur le r\u00f4le jou\u00e9 par IBM pendant la guerre, qui pose, au-del\u00e0 du cadre temporel, la question plus large de la responsabilit\u00e9 \u00e9thique de l\u2019entreprise. Mais ce contexte permet en tout cas \u00e0 IBM de sortir de la guerre dans une position favorable \u00e0 son expansion en Europe, alors que l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me industriel local accuse le choc.<\/p>\n<p><a\/>Watson Sr. joue \u00e9galement un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019orientation des politiques de reconstruction \u00e9conomique d\u2019apr\u00e8s-guerre. D\u00e8s 1939, il pr\u00e9side le Comit\u00e9 de la CCI sur la reconstruction \u00e9conomique. Financ\u00e9 par l\u2019\u00c9tat et les grandes entreprises, dont IBM, ce comit\u00e9 commande des \u00e9tudes aupr\u00e8s d\u2019\u00e9conomistes afin d\u2019\u00e9laborer des plans de reconstruction d\u2019apr\u00e8s-guerre en Europe et des recommandations de politiques ayant pour objectif de relancer le commerce international.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, la compatibilit\u00e9 et l\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9 des \u00e9quipements et fournitures n\u2019est pas une priorit\u00e9. Et IBM accentue progressivement les m\u00e9canismes d\u2019enfermement propri\u00e9taire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a\/>Et bien s\u00fbr, en tant que promoteur de l\u2019ouverture du march\u00e9 \u00e0 l\u2019international, Watson Sr. d\u00e9fend vivement le Plan Marshall. Ce n\u2019est pas le cas de la plupart des entreprises am\u00e9ricaines, qui sont encore d\u00e9pendantes du march\u00e9 int\u00e9rieur et ne voient pas l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les \u00c9tats-Unis de financer une politique de reconstruction en Europe alors qu\u2019eux subissent encore les cons\u00e9quences de la Grande D\u00e9pression. IBM, au contraire, tire une grande partie de ses b\u00e9n\u00e9fices de contrats gouvernementaux et compte bien profiter des financements de la politique de Truman en Europe. La strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement industriel d\u2019IBM en Europe comporte d\u2019ailleurs une dimension organisationnelle d\u00e9terminante que l\u2019entreprise reproduit par la suite dans son implantation \u00e0 l\u2019international. IBM dispose en effet d\u2019un organe centralisateur en Europe, la World Trade Corporation (WTC), cr\u00e9\u00e9 en 1949, qui dirige plusieurs filiales pr\u00e9sentes dans les huit nations alors les plus importantes d\u2019Europe occidentale. La WTC consolide de cette fa\u00e7on le tissu industriel d\u2019IBM, qui b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 ce moment-l\u00e0 de plusieurs usines en Europe. Ainsi, comme l\u2019ECA pour le Plan Marshall, IBM organise une pr\u00e9sence locale chez tous ses partenaires europ\u00e9ens, en \u00e9tendant sur le territoire son r\u00e9seau de filiales.<\/p>\n<p><a\/>La politique et le commerce se m\u00ealent dans le d\u00e9veloppement international d\u2019IBM, et \u00ab\u00a0World Peace through World Trade\u00a0\u00bb devient \u00e9galement le slogan de l\u2019entreprise, grav\u00e9 sur une plaque \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du si\u00e8ge new-yorkais. L\u2019entit\u00e9 morale IBM fait office d\u2019acteur diplomatique \u00e0 part enti\u00e8re, avec des outils de communication tels que son magazine\u00a0IBM World Trade News, publi\u00e9 en plusieurs langues et distribu\u00e9 dans toutes ses filiales europ\u00e9ennes, et dont les colonnes font la promotion du plan d\u2019\u00e9change et des op\u00e9rations europ\u00e9ennes de l\u2019entreprise comme une \u00e9tape vers l\u2019harmonie mondiale.\u00a0Finalement, comme l\u2019exprime l\u2019historienne Corinna Schlombs, la qu\u00eate d\u2019une paix mondiale s\u2019est peu \u00e0 peu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre au service du commerce mondial.<\/p>\n<p><a\/>En cumulant les atouts d\u2019une pr\u00e9sence sur le terrain, d\u2019une influence internationale et d\u2019une position monopolistique, IBM est particuli\u00e8rement repr\u00e9sentative des mutations que connaissent les entreprises au\u00a0xxe\u00a0si\u00e8cle. En tant qu\u2019entreprise produisant des outils informatiques devenus essentiels \u00e0 la transformation industrielle, son d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019international s\u2019accompagne de strat\u00e9gies de mise en d\u00e9pendance de l\u2019appareil socio-\u00e9conomique par la technologie. L\u2019informatique passe ainsi du statut d\u2019outil occasionnel, voire accessoire, \u00e0 celui de ressource incontournable au d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/p>\n<p><a\/>Ainsi, ce qui fait le succ\u00e8s d\u2019IBM n\u2019est pas seulement sa strat\u00e9gie commerciale et l\u2019organisation de l\u2019entreprise en superstructure. Il repose sur une strat\u00e9gie d\u2019expansion technologique efficace, soit d\u2019un ensemble de techniques de d\u00e9veloppement ayant pour objet la technologie elle-m\u00eame.<\/p>\n<p><a\/>Dans les ann\u00e9es 1950, l\u2019ordinateur tel que nous le connaissons n\u2019existe pas encore mais la d\u00e9cennie marque un moment important dans son \u00e9volution. Jusque-l\u00e0, les calculateurs sont \u00e9lectrom\u00e9caniques et fonctionnent par c\u00e2blages et cartes perfor\u00e9es. C\u2019est\u00a0l\u2019\u00e9poque des premiers macro-ordinateurs, des Colossus, de l\u2019ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer) et de l\u2019EDVAC (Electronic Discrete Variable Automatic Computer) con\u00e7u par l\u2019Universit\u00e9 de Pennsylvanie pour le laboratoire de recherche en balistique de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Ce dernier est l\u2019un des premiers mod\u00e8les en mesure de lancer un programme incorpor\u00e9 \u00e0 la machine, et le premier ordinateur op\u00e9rant en mode binaire.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t<a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/lvsl.fr\/mirages-de-la-souverainete-numerique-europeenne\/\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Souverainete-numerique-europeenne-Le-Vent-Se-Leve-675x422.jpg\"\/>   <\/a>    <\/p>\n<p><a\/>L\u2019EDVAC sert de mod\u00e8le aux premiers ordinateurs binaires, tels que ceux qu\u2019IBM inaugure d\u00e8s 1952 avec la s\u00e9rie 701. IBM devient rapidement le premier fabricant de macro-ordinateurs, bien loin devant sept concurrents d\u00e9nomm\u00e9s par la presse les \u00ab\u00a0sept nains\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a\/>Pour percer dans ce domaine novateur de l\u2019informatique, qui n\u00e9cessite de la part des clients des investissements consid\u00e9rables, l\u2019entreprise met en place une strat\u00e9gie bas\u00e9e sur un produit d\u2019entr\u00e9e qui fait alors sa renomm\u00e9e dans le monde de la bureautique\u00a0: la machine \u00e0 \u00e9crire \u00e9lectrique, qui garantit \u00e0 IBM de futures collaborations pour ses produits moins connus tels que les premiers ordinateurs et les machines \u00e0 cartes perfor\u00e9es plus traditionnelles. Cette strat\u00e9gie du produit d\u2019entr\u00e9e prend alors en compte\u00a0sa r\u00e9ception culturelle locale \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la machine \u00e0 \u00e9crire est en plein boom au sein des entreprises. Il faut dire qu\u2019elle b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une bonne publicit\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019un grand public influenc\u00e9 par les photos des dactylographes sexy apparaissant dans les magazines populaires\u2026 L\u2019Europ\u00e9en envie s\u00fbrement \u00e0 l\u2019Am\u00e9ricain ces belles secr\u00e9taires \u00e0 talons hauts qui font danser leurs doigts sur d\u2019\u00e9l\u00e9gantes machines \u00e0 \u00e9crire automatiques occupant les pages publicitaires de la nouvelle presse de divertissement.<\/p>\n<p><a\/>\u00c0 cette \u00e9poque, la compatibilit\u00e9 et l\u2019interop\u00e9rabilit\u00e9 des \u00e9quipements et fournitures n\u2019est pas une priorit\u00e9. Et IBM accentue progressivement les m\u00e9canismes d\u2019enfermement propri\u00e9taire\u00a0\u00e0 ses produits (vendor lock-in). L\u2019un des plus grands succ\u00e8s de l\u2019entreprise est par exemple le Syst\u00e8me 360 cr\u00e9\u00e9 en 1964. En effet, jusqu\u2019alors, les machines IBM r\u00e9pondent \u00e0 des besoins sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque client, et cette strat\u00e9gie ne fid\u00e9lise qu\u2019un certain\u00a0temps car elle demande une reconfiguration compl\u00e8te des machines d\u00e8s lors que les besoins \u00e9voluent. Avec le Syst\u00e8me 360 (System\/360), IBM propose \u00e0 ses clients une gamme compl\u00e8te d\u2019ordinateurs de tailles vari\u00e9es, et dont les environnements logiciels sont compatibles entre eux. Cela permet \u00e0 un client d\u2019adapter son syst\u00e8me d\u00e8s que ses besoins \u00e9voluent. Ainsi, la compatibilit\u00e9 et le principe \u00e9volutif des machines IBM au sein du Syst\u00e8me 360 s\u00e9duit des entreprises qui pr\u00e9f\u00e8rent commencer avec un \u00e9quipement modeste mais modifiable au fil des besoins.<\/p>\n<p><a\/>Pour IBM, la logique de standardisation permet \u00e9galement de concentrer les efforts de conception sur une gamme en particulier plut\u00f4t que sur une multitude de configurations \u00e0 maintenir sur le long terme. En l\u2019espace de deux ans, le Syst\u00e8me 360 domine le march\u00e9 et son architecture devient une norme industrielle. Et cette rationalisation ne concerne pas que la conception du produit, mais l\u2019ensemble de la cha\u00eene de production. IBM produit par exemple ses propres disques durs, une technologie con\u00e7ue par l\u2019entreprise en 1956. C\u2019est \u00e9galement le cas des semi-conducteurs, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le principe du circuit int\u00e9gr\u00e9 vient d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert et ne b\u00e9n\u00e9ficie pas encore d\u2019une industrie de masse permettant de faire baisser les co\u00fbts de production. En fabriquant en interne des\u00a0supports de silicium adapt\u00e9s \u00e0 ses besoins sp\u00e9cifiques, l\u2019entreprise s\u2019assure \u00e0 la fois un approvisionnement continu et sauvegarde des secrets de fabrication. IBM s\u2019assure ainsi d\u2019une certaine autonomie industrielle en d\u00e9veloppant une strat\u00e9gie d\u2019int\u00e9gration verticale. Dans l\u2019ensemble, la production en interne de composants essentiels et le mod\u00e8le standardis\u00e9 du System 360 permettent finalement \u00e0 IBM de r\u00e9aliser des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle.<\/p>\n<p><a\/>Enfin, IBM choisit de facturer les logiciels ind\u00e9pendamment de la machine, ce qui n\u2019\u00e9tait pas l\u2019usage \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 le logiciel \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un des composants par d\u00e9faut de la machine, comme peut l\u2019\u00eatre une puce \u00e9lectronique. Le logiciel a donc d\u2019abord \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une couche superficielle du produit informatique, et les fabricants des premiers ordinateurs incluaient le syst\u00e8me d\u2019information puis les logiciels d\u2019interface \u00e0 leurs produits, sans surco\u00fbt ni licence. Il n\u2019\u00e9tait donc pas d\u2019usage d\u2019acheter un logiciel\u00a0: celui-ci \u00e9tait con\u00e7u pour les besoins du client et livr\u00e9 avec la machine. En s\u00e9parant la machine du code informatique qui garantit son fonctionnement, IBM cr\u00e9e un produit \u00e0 part et participe d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une nouvelle industrie\u00a0: celle du logiciel.<\/p>\n<p><strong>Note\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p> Sous le nom d\u2019International Time Recording (ITR).<\/p>\n<p> Donald W. McCormick et James C. Spee, \u00ab\u00a0IBM and Germany 1922-1941\u00a0\u00bb, Organization Management Journal, vol. 5, 2008.<\/p>\n<p> David L. Stebenne, \u00ab\u00a0Thomas J. Watson and the Business-Government Relationship, 1933-1956\u00a0\u00bb, art. cit\u00e9, p. 62.<\/p>\n<p> Petri Paju et Thomas Haigh, \u00ab\u00a0IBM Rebuilds Europe\u00a0: The Curious Case of the Transnational Typewriter\u00a0\u00bb, Enterprise &amp; Society, vol. 17, juin 2016, p. 26.<\/p>\n<p> Corinna Schlombs, \u00ab\u00a0Thus, the meaning of the slogan \u201cWorld Peace through World Trade\u201d subtly shifted to \u201cWorld Peace for World Trade\u201d \u00bb in World Peace through World Trade\u00a0: IBM\u2019s Corporate Diplomacy before and after World War II, Business History Conference Meeting, 2014.<\/p>\n<p> Aussi appel\u00e9s commun\u00e9ment mainframe, il s\u2019agit d\u2019ordinateurs puissants, des serveurs de donn\u00e9es, en capacit\u00e9 de traiter des quantit\u00e9s massives de donn\u00e9es. La puissance de traitement a fortement \u00e9volu\u00e9 en un si\u00e8cle, et un mainframe est aujourd\u2019hui en mesure de traiter des milliers de milliards de donn\u00e9es par jour.<\/p>\n<p> Karl Kempf, Electronic Computers within the ordnance corps. Historical Monograph from 1961, \u00ab\u00a0Chapter VII \u2013 The computer tree\u00a0\u00bb, Aberdeen Proving Ground, MD, novembre 1961\u00a0; C. J. Bashe, W. Buchholz, G. V. Hawkins, J. J. lngram, N. Rochester, \u00ab\u00a0The Architecture of IBM\u2019s Early Computers\u00a0\u00bb, IBM J. Res. Develop., vol. 25, septembre 1981.<\/p>\n<p> Burroughs, UNIVAC, National Cash Register, Control Data, Honeywell, General Electric, Radio Corporation of America in \u00ab\u00a0Getting Along With I. B. M.\u00a0\u00bb, The New York Times, 7 janvier 1973.<\/p>\n<p> Petri Paju et Thomas Haigh, \u00ab\u00a0IBM Rebuilds Europe\u00a0: The Curious Case of the Transnational Typewriter\u00a0\u00bb, art. cit\u00e9, p. 27<\/p>\n<p> Ces publicit\u00e9s paraissent notamment dans le magazine Paris Match, avec en protagoniste une secr\u00e9taire \u00e0 talons aiguilles, comme celle-ci parue en 1957 avec le message \u00ab\u00a0Orgueil\u00a0! Elle est si belle\u2026 Elle fait si bien les choses\u2026 et en si peu de temps\u2026 Comme c\u2019est naturel d\u2019\u00eatre fi\u00e8re de l\u2019IBM \u00e9lectrique\u2026 \u00bb ou encore \u00ab\u00a0Luxure\u00a0? Son travail n\u2019est plus qu\u2019une caresse\u2026 Elle effleure les touches de son IBM \u00e9lectrique\u2026 et pr\u00e9sente un courrier parfait\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> Pratiques ou strat\u00e9gies mises en place par une entreprise pour restreindre l\u2019acc\u00e8s ou le contr\u00f4le d\u2019un produit ou d\u2019un service envers les utilisateurs finaux, aujourd\u2019hui souvent utilis\u00e9es dans le domaine des logiciels, des appareils \u00e9lectroniques ou des plateformes en ligne. Un exemple courant est l\u2019utilisation de formats de fichiers ou de protocoles propri\u00e9taires qui n\u00e9cessitent des logiciels sp\u00e9cifiques pour \u00eatre lus ou utilis\u00e9s. L\u2019entreprise qui d\u00e9tient le produit ou le service a ainsi un contr\u00f4le total sur celui-ci, limitant les libert\u00e9s de l\u2019utilisateur en termes d\u2019acc\u00e8s, de personnalisation, de modification ou de partage.<\/p>\n<p> C\u2019est ce qu\u2019on appellerait aujourd\u2019hui dans le monde professionnel des entreprises du num\u00e9rique, avec un accent franglais douteux, un produit scalable (\u00ab\u00a0\u00e9volutif\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p> Les semi-conducteurs sont des mat\u00e9riaux dont la conductivit\u00e9 \u00e9lectrique se situe entre celle des conducteurs et celle des isolants. Le fait qu\u2019ils ne soient ni de bons conducteurs ni de bons isolants leur permet de contr\u00f4ler le flux d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et de manipuler le courant \u00e9lectrique dans les appareils \u00e9lectroniques, ce qui rend possible la technologie \u00e9lectronique moderne. Ils sont donc essentiels dans la fabrication de composants \u00e9lectroniques tels que les transistors et les circuits int\u00e9gr\u00e9s, se trouvant au c\u0153ur de la plupart des technologies modernes. Les deux semi-conducteurs les plus couramment utilis\u00e9s sont le silicium (Si) et le germanium (Ge).<\/p>\n<p> Franco Malerba, Richard Nelson, Luigi Orsenigo et Sidney G. Winter, \u00ab\u00a0Vertical integration and dis-integration of computer firms\u00a0: a history friendly model of the co-evolution of the computer and semiconductor industries\u00a0\u00bb, KITeS Working Papers, n\u00b0 191, Centre for Knowledge, Internationalization and Technology Studies, Milan, Universit\u00e0 Bocconi, d\u00e9cembre 2006.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019accord entre l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis comprend, outre la mise en place de barri\u00e8res tarifaires de 15\u00a0%&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":292501,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,36379,13748,73,1777,674,1011,27,14579,41179,12,43255,25],"class_list":{"0":"post-292500","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-big-tech","10":"tag-dependance","11":"tag-etats-unis","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-gafam","17":"tag-imperialisme","18":"tag-news","19":"tag-ophelie-coelho","20":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114962053514767170","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292500","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292500"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292500\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/292501"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292500"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292500"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292500"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}