{"id":293578,"date":"2025-08-03T12:58:10","date_gmt":"2025-08-03T12:58:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/293578\/"},"modified":"2025-08-03T12:58:10","modified_gmt":"2025-08-03T12:58:10","slug":"mais-comment-faire-lire-les-jeunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/293578\/","title":{"rendered":"Mais comment faire lire les jeunes\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Vous aviez 7\u00a0ans, 10\u00a0ans, 15\u00a0ans. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9t\u00e9, les jours \u00e9taient longs, l&rsquo;ennui r\u00f4dait, mais peu importait, vous aviez devant vous un horizon ouvert\u00a0: un livre. Alice d\u00e9tective ou L&rsquo;\u00cele au tr\u00e9sor, Tom Sawyer ou Charlie et la chocolaterie, nous avons tous dans un coin de nos m\u00e9moires les lectures qui ont fa\u00e7onn\u00e9 notre imaginaire et forg\u00e9 nos personnalit\u00e9s.<\/p>\n<p>La newsletter culture<\/p>\n<p class=\"period\">Tous les mercredis \u00e0 16h<\/p>\n<p>Recevez l\u2019actualit\u00e9 culturelle de la semaine \u00e0 ne pas manquer ainsi que les Enqu\u00eates, d\u00e9cryptages, portraits, tendances\u2026<\/p>\n<p>Merci !<br \/>Votre inscription a bien \u00e9t\u00e9 prise en compte avec l&rsquo;adresse email :<\/p>\n<p>Pour d\u00e9couvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : <a href=\"https:\/\/moncompte.lepoint.fr\/\" title=\"\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">MonCompte<\/a><\/p>\n<p>En vous inscrivant, vous acceptez les <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/cgu\/\" title=\"Conditions g\u00e9n\u00e9rales d&#039;utilisation\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">conditions g\u00e9n\u00e9rales d\u2019utilisations<\/a> et notre <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/html\/politique-de-protection-donnees-personnelles\/\" title=\"Politique de confidentialit\u00e9\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">politique de confidentialit\u00e9<\/a>.<\/p>\n<p>Comment vivre avec l&rsquo;id\u00e9e que la g\u00e9n\u00e9ration qui vient puisse se passer de ce passeport vers la libert\u00e9, le plaisir et l&rsquo;autonomie, comme le sugg\u00e8re <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/livres\/ce-qu-il-faut-retenir-de-l-etude-sur-les-jeunes-et-la-lecture-09-04-2024-2557270_37.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">une \u00e9tude men\u00e9e en 2024\u00a0par le Centre national du livre<\/a> (CNL), selon laquelle un adolescent sur trois de 16\u00a0\u00e0 19\u00a0ans ne lit plus du tout pour le plaisir, se contentant de se plier aux exigences scolaires, tandis que les \u00e9crans occupent une place \u00e9crasante dans leur quotidien\u00a0?<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d&rsquo;un adolescent sur deux fait autre chose en lisant<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude du CNL r\u00e9v\u00e8le que le coup d&rsquo;arr\u00eat est marqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adolescence, \u00e0 partir du coll\u00e8ge, quand le lien parents-enfants autour de la lecture s&rsquo;amenuise\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;adorais qu&rsquo;on me lise des histoires quand j&rsquo;\u00e9tais petit\u00a0\u00bb, regrettent 61\u00a0% des sond\u00e9s, qui ne consacrent plus, une fois sortis de l&rsquo;\u00e9cole primaire, que 19\u00a0minutes par jour, en moyenne, \u00e0 la lecture de loisir, contre 3\u00a0h\u00a011\u00a0c\u00e9d\u00e9es aux \u00e9crans (hors usage scolaire), soit\u2026 dix fois plus de temps qu&rsquo;aux livres.<\/p>\n<p>Les chiffres sont plus affolants encore pour les 16-19\u00a0ans\u00a0: les filles lisent 17\u00a0minutes par jour, contre 5\u00a0h\u00a009\u00a0consacr\u00e9es aux \u00e9crans. Les gar\u00e7ons, eux, lisent 7\u00a0minutes par jour, et passent 5\u00a0h\u00a012\u00a0sur leur t\u00e9l\u00e9phone, leur ordinateur ou leur t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>\u00c9trange signe des temps\u00a0: l&rsquo;attention des jeunes qui pers\u00e9v\u00e8rent dans la lecture se disperse. Termin\u00e9, le temps o\u00f9 Ivanho\u00e9, le comte de Monte-Cristo ou Jane Eyre occupaient toutes les pens\u00e9es d&rsquo;une jeunesse pench\u00e9e sur leurs aventures. Aujourd&rsquo;hui, pr\u00e8s d&rsquo;un adolescent sur deux fait autre chose tout en lisant, comme envoyer des messages, regarder des vid\u00e9os ou fr\u00e9quenter les r\u00e9seaux sociaux. 20\u00a0% des lecteurs ne d\u00e9passent pas un quart d&rsquo;heure de lecture ininterrompue\u2026<\/p>\n<p>R\u00e9gine Hatchondo, pr\u00e9sidente du CNL, le mart\u00e8le\u00a0: \u00ab\u00a0Je consid\u00e8re que la lecture est une affaire de sant\u00e9 publique. Il faudrait une prise de conscience massive pour mettre en exergue les bienfaits de la lecture chez les enfants.\u00a0\u00bb Le CNL multiplie les initiatives pour, toujours selon les mots de sa pr\u00e9sidente, \u00ab\u00a0remettre la lecture au c\u0153ur de la vie quotidienne\u00a0\u00bb\u00a0: parmi les initiatives phares du CNL, on trouve le \u00ab\u00a0quart d&rsquo;heure de lecture national\u00a0\u00bb, qui invite chaque ann\u00e9e, en mars, tous les Fran\u00e7ais \u00e0 interrompre leurs activit\u00e9s pour lire pendant 15\u00a0minutes, des \u00e9tablissements scolaires aux entreprises. Le CNL organise aussi chaque \u00e9t\u00e9 <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/partir-en-livre-fete-la-litterature-jeunesse-21-06-2025-2592552_3.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Partir en livre<\/a>, un grand festival itin\u00e9rant dont Le Point est partenaire, qui se lance \u00e0 la rencontre des jeunes afin de c\u00e9l\u00e9brer le livre et provoquer l&rsquo;envie de lire.<\/p>\n<p>Les \u00e9crans, un\u00a0poison ?<\/p>\n<p>En dehors de ces initiatives, que pouvons-nous faire\u00a0? Peut-\u00eatre voir d&rsquo;un autre \u0153il ces \u00e9crans qui grignotent le \u00ab\u00a0temps de cerveau disponible\u00a0\u00bb de nos enfants. Car ils pourraient, r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;\u00e9tude du CNL, \u00eatre leur alli\u00e9. \u00ab\u00a0Garde tes amis proches, et tes ennemis plus proches encore\u00a0\u00bb, aurait conseill\u00e9 Sun Tzu dans L&rsquo;Art de la guerre, au VIe\u00a0si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ, phrase reprise par Al Pacino dans Le\u00a0Parrain 2.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e8re du num\u00e9rique, cette strat\u00e9gie guerri\u00e8re s&rsquo;applique aux \u00e9crans, qui ont un air de poison, mais aussi de rem\u00e8de quand on les invite sur le champ de bataille de la lecture. 44\u00a0% des jeunes ont d\u00e9j\u00e0 lu un livre num\u00e9rique, c&rsquo;est bien plus que leurs a\u00een\u00e9s, qui ont du mal \u00e0 prendre le virage de la lecture sur tablette\u00a0: 97\u00a0% des adultes lisent des livres imprim\u00e9s, d&rsquo;apr\u00e8s une \u00e9tude men\u00e9e en 2023\u00a0par le Syndicat national de l&rsquo;\u00e9dition.<\/p>\n<p>Les ados font fl\u00e8che de tout bois\u00a0: les smartphones qu&rsquo;ils aiment tant leur servent aussi \u00e0 lire (pr\u00e8s d&rsquo;un jeune sur deux a d\u00e9j\u00e0 lu un livre sur son t\u00e9l\u00e9phone portable). Peut-\u00eatre gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;essor des podcasts, ils sont aussi sensibles \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute\u00a0: 42\u00a0% d&rsquo;entre eux ont d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9 au moins un livre audio, format en progression constante aupr\u00e8s des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p>Adaptations de romans en films<\/p>\n<p>Ils passent leurs vies sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0? Ce n&rsquo;est peut-\u00eatre pas aussi d\u00e9l\u00e9t\u00e8re que vous le redoutez. Le pouvoir de l&rsquo;influence s&rsquo;\u00e9tend aussi \u00e0 la litt\u00e9rature, et 10\u00a0% des jeunes ont d\u00e9j\u00e0 eu envie de lire un ouvrage conseill\u00e9 par une personnalit\u00e9 suivie en ligne.<\/p>\n<p>Vous les voyez plant\u00e9s devant Netflix et soupirez \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;ils ne prennent plus jamais un livre\u00a0?\u00a0D\u00e9trompez-vous\u00a0: les adaptations de romans en films ou en s\u00e9ries stimulent la curiosit\u00e9 litt\u00e9raire\u00a0: 66\u00a0% des jeunes lecteurs (+\u00a012\u00a0points en deux ans\u00a0!) disent avoir davantage envie de lire une \u0153uvre apr\u00e8s en avoir vu une version t\u00e9l\u00e9visuelle \u2013 une manne pour les \u00e9diteurs de blockbusters devenus best-sellers, comme <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/people\/j-k-rowling-felicite-les-scenaristes-de-la-serie-harry-potter-23-06-2025-2592674_2116.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Harry Potter<\/a>, Hunger Games, mais aussi Anne\u2026 la maison aux pignons verts, d\u00e9licieux roman d&rsquo;apprentissage publi\u00e9 par Lucy Maud Montgomery en 1908, devenu Ann with an E sur Netflix, ou <a class=\"Link\" href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/pop-culture\/le-jeu-de-la-dame-la-nouvelle-piece-maitresse-de-l-echiquier-netflix-17-11-2020-2401376_2920.php\" title=\"\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"Lien\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Le Jeu de la dame<\/a> publi\u00e9 en 1983\u00a0par Walter Tevis, adapt\u00e9 en s\u00e9rie sur Netflix en 2020, repris par Gallmeister, dans la collection \u00ab\u00a0Totem\u00a0\u00bb en 2021\u00a0et vendu \u00e0 plus de 50\u00a0000\u00a0exemplaires.<\/p>\n<p>\u00c0 LIRE AUSSI <strong class=\"strong\"><a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/education\/chute-du-temps-de-lecture-des-jeunes-la-degradation-est-tres-brutale-s-alarme-la-presidente-du-cnl-10-04-2024-2557341_3584.php\" title=\"Chute du temps de lecture des jeunes\u00a0: \u00ab\u00a0La d\u00e9gradation est tr\u00e8s brutale\u00a0\u00bb\" style=\"text-decoration: none; color: inherit;\" data-gtm=\"click:capsule\" data-capsule=\"\u00c0 lire aussi\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Chute du temps de lecture des jeunes\u00a0: \u00ab\u00a0La d\u00e9gradation est tr\u00e8s brutale\u00a0\u00bb<\/a><\/strong>Autre exemple\u00a0: Dark Matter, roman de Blake Crouch, publi\u00e9 par J&rsquo;ai lu en 2018, vendu \u00e0 1\u00a0000\u00a0exemplaires. Adapt\u00e9 en s\u00e9rie sur Apple\u00a0TV en 2024, repris, toujours par Gallmeister en \u00ab\u00a0Totem\u00a0\u00bb la m\u00eame ann\u00e9e, ses ventes s&rsquo;envolent \u00e0 20\u00a0000\u00a0exemplaires. Les\u00a0Quatre Filles du docteur March, de Louisa May Alcott, publi\u00e9 en 1868, a connu un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat apr\u00e8s son adaptation en film par Greta Gerwig en 2019, avec Timoth\u00e9e Chalamet.<\/p>\n<p>\n\u00c0 D\u00e9couvrir<br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__line\"><br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"discover-kangourou__img\" src=\"https:\/\/static.lpnt.fr\/static\/img\/kangourou\/kangourou_filled.svg\"\/><br \/>\n<strong class=\"discover-kangourou__txt\"><br \/>\n<strong>Le Kangourou du jour<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/kangourou.lepoint.fr\" title=\"kangourou\" data-gtm-cta=\"kangourou_article\" class=\"discover-kangourou__lnk\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\nR\u00e9pondre<br \/>\n<\/a><br \/>\n<\/strong><br \/>\n<\/strong><br \/>\nCe dernier constitue un solide argument aupr\u00e8s des jeunes, puisque les ventes de Dune, le best-seller sign\u00e9 Frank Herbert (1965), ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9es par l&rsquo;adaptation cin\u00e9matographique en deux volets sign\u00e9e Denis Villeneuve (2021\u00a0et 2024), dans lesquelles le jeune acteur franco-am\u00e9ricain tient le r\u00f4le principal, au c\u00f4t\u00e9 de la tr\u00e8s populaire Zendaya. Et si, plut\u00f4t que de le d\u00e9vorer, les \u00e9crans apportaient au roman la touche de glamour qui m\u00e8ne au grand amour \u2013 celui dont r\u00eavent encore nos jeunes, et qui n&rsquo;est jamais aussi puissant que lorsqu&rsquo;on est adolescent\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p class=\"Encart\"><strong>Ce qui cartonne<\/strong><br \/>Mais que lisent-ils donc, quand ils d\u00e9laissent (enfin) les \u00e9crans\u00a0? Nous nous sommes pench\u00e9s sur le tableau des meilleures ventes GFK de 2024, publi\u00e9 par Livres Hebdo fin 2025, qui r\u00e9v\u00e8le que nos adolescents, malgr\u00e9 les pol\u00e9miques entourant son autrice, J.\u00a0K.\u00a0Rowling, accus\u00e9e de transphobie, continuent de pl\u00e9bisciter Harry Potter, premier des ventes. Leurs go\u00fbts les portent aussi vers la romance, avec le succ\u00e8s de Tillie Cole (Mille Baisers pour un gar\u00e7on, 2e\u00a0du classement, Mille Morceaux de c\u0153ur bris\u00e9, 9e\u2026) ou Nos\u00a0\u00e9toiles contraires, de John Green, en 11\u00a0e\u00a0position. Le Royaume de Kensuk\u00e9, de Michael Morpurgo, adapt\u00e9 au cin\u00e9ma en 2023, caracole en 3e\u00a0position. Et les classiques\u00a0? Le\u00a0Petit Prince, de Saint-Exup\u00e9ry, occupe la 5\u00a0e\u00a0place du classement, juste devant Vendredi ou la Vie sauvage, de Michel Tournier. Quant aux tout-petits, ils sont fous de l&rsquo;\u00e9crivain Baptiste Beaulieu, dont l&rsquo;album Je suis moi et personne d&rsquo;autre, illustr\u00e9 par Qin Leng, squatte la\u00a07e\u00a0position du palmar\u00e8s.<\/p>\n<p>Anne Goscinny :\u00a0\u00ab\u00a0La Comtesse de S\u00e9gur est entr\u00e9e dans ma vie\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Comme tous les enfants uniques n\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, la lecture \u00e9tait ma seule distraction. Pas de jeux de soci\u00e9t\u00e9 quand on est tout seul\u00a0! Pas de bagarres, ni de disputes\u00a0! Trois cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision avec parfois un western ou la retransmission d&rsquo;un op\u00e9ra. Rien d&rsquo;exaltant pour un enfant\u00a0! Alors, les aventures de Babar d&rsquo;abord, celles de Oui-Oui ensuite m&rsquo;ont fait toucher du doigt le pouvoir magique de la lecture. Je n&rsquo;\u00e9tais plus seule, j&rsquo;avais des copains de papier. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e ensuite par Le Club des cinq et si Claude et Annie, Fran\u00e7ois ou Mike ne pouvaient pas venir go\u00fbter chez moi, moi, je pouvais les retrouver o\u00f9 je voulais, n&rsquo;importe quand. Il est l\u00e0 le miracle de la lecture.\u00a0Ensuite, la Comtesse de S\u00e9gur est entr\u00e9e dans ma vie, ou je suis entr\u00e9e dans la sienne, je ne sais plus tr\u00e8s bien. J&rsquo;ai trembl\u00e9 avec Dourakine et Mme Fichini, ador\u00e9 Cadichon, pleur\u00e9 sur le sort du pauvre Blaise. Bref\u00a0! J&rsquo;ai appris l&rsquo;essentiel, l&rsquo;\u00e9motion s&rsquo;\u00e9crivait et se lisait. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Et l&rsquo;\u00e9motion justement, quand, enfant, on est submerg\u00e9s par elle, on est heureux que d&rsquo;autres nous aident \u00e0 la nommer, donc \u00e0 la comprendre. L\u00e0 la tristesse, ici le bonheur. C&rsquo;est la plus grande vertu de la lecture quand on est un lecteur d\u00e9butant\u00a0: apprendre \u00e0 \u00e9prouver. Petite fille, apr\u00e8s avoir termin\u00e9 un livre avant de m&rsquo;endormir, je me r\u00e9veillais le matin riche d&rsquo;une histoire dont je me servirais pour grandir mieux et plus haut.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Marion Brunet :\u00a0\u00ab\u00a0Les livres et les films qui ont forg\u00e9 mon imaginaire\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Pendant toute mon enfance, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 boulimique de lectures. J&rsquo;ai ador\u00e9 les r\u00e9cits d&rsquo;aventure, j&rsquo;ai lu tous les Jack London, Robert Louis Stevenson, j&rsquo;ai vou\u00e9 un culte \u00e0 Mark Twain. Mon p\u00e8re, lecteur boulimique, m&rsquo;a fait lire Hemingway. Ensemble, nous regardions des westerns. Cela a forg\u00e9 mon imaginaire. Mais d\u00e9vorer ces \u0153uvres m&rsquo;a aussi aid\u00e9e \u00e0 \u00e9crire des livres qui ressemblaient au monde que j&rsquo;ai envie d&rsquo;habiter. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Dans les films de cow-boys, dans les livres de Hemingway, il n&rsquo;y avait jamais de femmes, ou alors tr\u00e8s secondaires. Je les aime, ces histoires. Elles m&rsquo;ont construite. Elles m&rsquo;ont permis de devenir l&rsquo;\u00e9crivaine que je suis\u00a0: riche de mon bagage, j&rsquo;ai gard\u00e9 l&rsquo;amour des grands espaces et des aventures \u00e9chevel\u00e9es tout en me mettant en col\u00e8re contre les \u201chistoires de bonhomme\u201d. L&rsquo;adr\u00e9naline qui m&rsquo;a galvanis\u00e9e quand je lisais, gamine, je la rends aux personnages que j&rsquo;aime, centraux dans mes romans\u00a0: les femmes. \u00bb<\/p>\n<p>Timoth\u00e9e de Fombelle :\u00a0\u00ab Des livres et du temps ! \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;\u00e9tais un jeune lecteur omnivore. L&rsquo;\u00e9t\u00e9, j&rsquo;attaquais la biblioth\u00e8que de ma grand-m\u00e8re, d&rsquo;en haut \u00e0 gauche \u00e0 en bas \u00e0 droite sans me demander si les livres s&rsquo;adressaient au lecteur de 12\u00a0ans que j&rsquo;\u00e9tais. Toutes mes lectures m&rsquo;ont fabriqu\u00e9\u2026 Les grands livres comme les mauvais. Pourtant, je me dis parfois que, si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 un enfant qui ne lisait pas, j&rsquo;\u00e9crirais aujourd&rsquo;hui en tendant davantage la main aux enfants non lecteurs. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Pour faire lire les plus jeunes, je pense qu&rsquo;il faut deux choses seulement\u00a0: des livres et du temps\u00a0! On doit laisser tra\u00eener des livres pr\u00e8s d&rsquo;eux, lire soi-m\u00eame pour montrer l&rsquo;exemple, et surtout leur donner des heures. Les \u00e9crans, par exemple, sont d&rsquo;abord des voleurs de temps. Mais le jour o\u00f9 la rencontre avec le livre se fait, alors le livre devient plus fort que tout. Tout le reste ne compte plus. Je me souviens de ce premier choc. \u00c0 nous, auteurs, d&rsquo;\u00e9crire des livres irr\u00e9sistibles\u00a0! \u00bb<\/p>\n<p>Toute l\u2019actualit\u00e9 \u00e0 1\u20ac le premier mois<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/abo.lepoint.fr\/?provenance=21EDI020098\" class=\"btn\" title=\"S&#039;abonner\" data-gtm=\"click:abo|display:abo\" data-campaign=\"paywall_maison\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S&rsquo;abonner<\/a><\/p>\n<p>ou<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aviez 7\u00a0ans, 10\u00a0ans, 15\u00a0ans. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9t\u00e9, les jours \u00e9taient longs, l&rsquo;ennui r\u00f4dait, mais peu importait, vous aviez&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":293579,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1357],"tags":[1379,58,59,1011,27,1380],"class_list":{"0":"post-293578","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-livres","8":"tag-books","9":"tag-divertissement","10":"tag-entertainment","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-livres"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114964955548828494","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/293578","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=293578"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/293578\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/293579"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=293578"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=293578"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=293578"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}