{"id":297091,"date":"2025-08-05T02:41:13","date_gmt":"2025-08-05T02:41:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297091\/"},"modified":"2025-08-05T02:41:13","modified_gmt":"2025-08-05T02:41:13","slug":"lallemagne-decide-la-france-tergiverse-le-blocage-francais-dans-le-miroir-allemand-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297091\/","title":{"rendered":"L\u2019Allemagne d\u00e9cide, la France tergiverse: le blocage fran\u00e7ais dans le miroir allemand"},"content":{"rendered":"<p>        4 ao\u00fbt 2025<\/p>\n<p>     <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/2a1acb08a5db5f2147333f59451b8e3f.jpg\"\/><\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0changement de paradigme\u00a0\u00bb du leadership allemand sur la dette et l\u2019investissement n\u2019est que le dernier exemple de la capacit\u00e9 d\u2019ajustement, m\u00eame radical, de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale. Au contraire des pr\u00e9jug\u00e9s, le scrutin proportionnel et des partis ouverts au compromis aident beaucoup \u00e0 la r\u00e9activit\u00e9 allemande. Dur contraste avec la France des demi-r\u00e9formes et des partis irresponsables.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier, la donne g\u00e9opolitique en Europe a connu son plus grand bouleversement depuis peut-\u00eatre 1948 et le d\u00e9but de la guerre froide.\u00a0La mat\u00e9rialisation soudaine de la fin de l\u2019alliance avec les \u00c9tats-Unis \u2013 puisqu\u2019il s\u2019agit bien de cela \u2013 \u00e9branle toutes les certitudes pr\u00e9sidant aux grands choix politiques des Europ\u00e9ens. Qui en a tir\u00e9 les cons\u00e9quences\u00a0et radicalement reformul\u00e9 sa strat\u00e9gie\u00a0? La France hyper centralis\u00e9e o\u00f9 la pr\u00e9sidence omnipotente est con\u00e7ue comme un atout r\u00e9actif \u00e0 la sc\u00e8ne internationale\u00a0? Ou la pesante Allemagne f\u00e9d\u00e9rale, qui doit construire un consensus avant chaque d\u00e9cision, et reste en retrait des d\u00e9bats internationaux\u00a0? \u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le lecteur conna\u00eet \u00e9videmment la r\u00e9ponse. En l\u2019espace de deux semaines l\u2019Allemagne a chang\u00e9 sa Loi fondamentale et s\u2019est engag\u00e9e dans deux programmes d\u2019investissement massif dans la d\u00e9fense et les infrastructures \u2013 un moment qualifi\u00e9 par la presse de Paradigmenwechsel, un changement de paradigme. Pendant cela, la France n\u2019a su qu\u2019animer des sommets \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, et \u00e9mettre des d\u00e9clarations, certes appr\u00e9ci\u00e9es de ses alli\u00e9s, sans cependant engager aucune action d\u2019ampleur qui soutiendrait par des actes ses belles paroles. Le parall\u00e8le est r\u00e9v\u00e9lateur, non seulement de l\u2019actuel dysfonctionnement de gouvernance, mais de probl\u00e8mes syst\u00e9miques plus profonds.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>En Allemagne le statut constitutionnel des partis politiques et le scrutin proportionnel conspirent pour renforcer l\u2019autorit\u00e9 de la direction des partis et leur capacit\u00e9 \u00e0 conclure les compromis n\u00e9cessaires \u00e0 la formation de coalitions de gouvernement stables et r\u00e9solues. En France, le mode majoritaire et la pr\u00e9sidentialisation induisent une concurrence programmatique, entre les partis et en leur sein, qui les affaiblit et mine leur aptitude \u00e0 assumer les d\u00e9cisions du gouvernement. Le lieu commun d\u2019une Ve R\u00e9publique apte \u00e0 trancher dans le vif et d\u2019une R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale embourb\u00e9e dans la recherche du consensus doit \u00eatre revisit\u00e9.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe Paradigmenwechsel&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Rappelons la chronologie particuli\u00e8rement dense de ces derniers mois. En novembre, la coalition du chancelier social-d\u00e9mocrate Olaf Scholz, alli\u00e9 aux verts et aux lib\u00e9raux, s\u2019est bris\u00e9e sur les exigences budg\u00e9taires de ces derniers. Des \u00e9lections anticip\u00e9es se sont tenues le 23 f\u00e9vrier. Les partenaires de la coalition sortante ont tous recul\u00e9, perdant collectivement 17%. Les chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates de l\u2019Union CDU (nationale) et CSU (bavaroise) ont progress\u00e9 de 24% \u00e0 28%, et l\u2019Allianz f\u00fcr Deutschland (AFD) d\u2019extr\u00eame droite s\u2019est hiss\u00e9e au deuxi\u00e8me rang, passant de 10% \u00e0 21%. Le vainqueur relatif, Friedrich Merz de la CDU, relativement proche des lib\u00e9raux sur le plan \u00e9conomique, a conduit sa campagne sur des th\u00e8mes classiques de baisses d\u2019imp\u00f4ts et d\u2019\u00e9conomies budg\u00e9taires.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Suite aux \u00e9lections, il se passe deux choses ; une pr\u00e9visible mais \u00e9loquente\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une coalition entre les deux principaux adversaires de la campagne \u00e9lectorale, chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates et socio-d\u00e9mocrates\u00a0; et une impr\u00e9vue mais historique\u00a0: le tournant \u00e0 180\u00b0 sur la dette et la d\u00e9fense.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>\u00c0 peine cinq jours apr\u00e8s les \u00e9lections, la CDU\/CSU et le SPD se rencontraient officiellement pour discuter d\u2019une possible coalition. Un accord de programme a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 d\u00e9but avril, ensuite ent\u00e9rin\u00e9 par les partis, puis Friedrich Merz a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu chancelier par le Bundestag le 6 mai. Un d\u00e9roul\u00e9 pr\u00e9visible \u2013 ce n\u2019est que la reprise du sc\u00e9nario de la Grande Coalition \u00ab\u00a0Noir-Rouge\u00a0\u00bb d\u2019Angela Merkel \u2013 mais n\u00e9anmoins impressionnant vu de ce c\u00f4t\u00e9 du Rhin. L\u2019<a href=\"https:\/\/www.koalitionsvertrag2025.de\/sites\/www.koalitionsvertrag2025.de\/files\/koav_2025.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">accord<\/a> d\u00e9taill\u00e9 de 146 pages a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 en un mois. Les partis se sont rang\u00e9s derri\u00e8re leurs dirigeants, la dissidence a \u00e9t\u00e9 marginale. Mais si la coalition \u00e9tait dans la nature du syst\u00e8me, le tournant politique radical \u00e9tait inattendu.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le 14 f\u00e9vrier, une semaine \u00e0 peine avant les \u00e9lections, le nouveau vice-pr\u00e9sident am\u00e9ricain JD Vance a prononc\u00e9 son discours \u00e0 Munich soutenant ouvertement l\u2019AFD. Quelques jours apr\u00e8s le vote, le 28 f\u00e9vrier, le pr\u00e9sident Volodymyr Zelenski \u00e9tait re\u00e7u et agress\u00e9 verbalement \u00e0 la Maison-Blanche. Durant la m\u00eame courte p\u00e9riode, le nouveau pr\u00e9sident Donald Trump \u00e9mettait des doutes sur la solidarit\u00e9 am\u00e9ricaine avec le reste de l\u2019Otan, et indiquait \u00e0 plusieurs reprises son intention de contraindre Kiev \u00e0 c\u00e9der une partie de son territoire \u00e0 l\u2019envahisseur russe.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La r\u00e9action allemande s\u2019est cristallis\u00e9e d\u00e8s le 4 mars avec l\u2019annonce par Merz et ses alli\u00e9s bavarois et socio-d\u00e9mocrates d\u2019une r\u00e9forme constitutionnelle, cela avant tout accord de coalition. Leur projet a renvers\u00e9 le double consensus centriste des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, pourtant r\u00e9affirm\u00e9 par Merz pendant la campagne \u00e9lectorale, sur le d\u00e9ficit et la dette publique d\u2019une part, et sur la d\u00e9fense d\u2019autre part. Les amendements \u00e0 la loi fondamentale ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s le 18 mars par le Bundestag, avec l\u2019appui des verts. Prenant un risque politique consid\u00e9rable, les alli\u00e9s ont d\u00e9cid\u00e9 de convoquer le Bundestag sortant, o\u00f9 ils disposaient de la n\u00e9cessaire majorit\u00e9 des deux-tiers, plut\u00f4t que d\u2019attendre l\u2019installation de la chambre \u00e9lue en f\u00e9vrier o\u00f9 ils n\u2019atteignaient pas le seuil.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La r\u00e9forme est tout aussi radicale sur le fond que sur la forme. Le Paradigmenwechsel assure une augmentation cons\u00e9quente des investissements en infrastructure et des d\u00e9penses militaires, gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9forme de la clause constitutionnelle du frein \u00e0 l\u2019endettement, le Schuldenbremse, instaur\u00e9 en 2009. La limite du d\u00e9ficit budg\u00e9taire \u00e0 0,35% du PIB a \u00e9t\u00e9 maintenue, mais les d\u00e9penses de d\u00e9fense au-del\u00e0 de 1% du PIB ne sont plus comptabilis\u00e9es (article 109 de la Loi fondamentale), de m\u00eame qu\u2019un nouveau fond sp\u00e9cial de 500 milliards d\u2019euro pour l\u2019infrastructure (article 143h).\u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le refus de l\u2019endettement constituait la boussole des finances publiques allemandes depuis quinze ans, en s\u2019appuyant sur un large consensus populaire et partisan. Sous des dehors de rigueur, la ligne politique confondait morale et \u00e9conomie, et \u00e0 ce titre le refus de l\u2019endettement \u00e9tait immuable, a pu <a href=\"https:\/\/www.newyorker.com\/magazine\/2015\/06\/29\/the-demolition-man\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">dire<\/a> l\u2019ancien Premier ministre italien Mario Monti. Ce dogme a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 en deux semaines. L\u2019effort financier s\u2019accompagne d\u2019une volont\u00e9 r\u00e9formatrice misant sur l\u2019action europ\u00e9enne, tant sur la d\u00e9fense que sur l\u2019approfondissement du march\u00e9 unique, tel que propos\u00e9 dans le rapport Draghi. Merz se reprouve ainsi en position de leadership europ\u00e9en, ayant d\u00e9montr\u00e9 que l\u2019Allemagne appuie son discours par des ressources consid\u00e9rables. `<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe paradoxe de la Ve R\u00e9publique&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Mettons le fer dans la plaie\u00a0: quel contraste \u00e9loquent avec l\u2019immobilisme fran\u00e7ais\u00a0!<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est bien plus profond que celui que nous vivons actuellement avec la fragmentation de l\u2019assembl\u00e9e. Depuis des d\u00e9cennies, la machine gouvernementale fran\u00e7aise, disposant de majorit\u00e9s ob\u00e9issantes sans les contraintes d\u2019une puissante chambre haute, n\u2019arrive pas \u00e0 prendre de d\u00e9cisions \u00ab\u00a0difficiles\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire impopulaires. Emploi, retraite, services publics, budget\u00a0: l\u2019impuissance institutionnelle se d\u00e9ploie. La comparaison avec l\u2019Allemagne est r\u00e9v\u00e9latrice.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ses gouvernements de coalition et son syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral, la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale se r\u00e9v\u00e8le beaucoup plus apte \u00e0 trancher dans le vif. Les r\u00e9formes constitutionnelles t\u00e9moignent de la facult\u00e9 d\u2019ajustement des institutions et du syst\u00e8me. \u00a0Depuis son adoption en 1948, la loi fondamentale allemande a \u00e9t\u00e9 amend\u00e9e 63 fois, contre 23 fois pour la constitution fran\u00e7aise de 1958 et 16 fois pour la constitution italienne de 1947 \u2013 prise ici comme un rep\u00e8re d\u2019immobilisme. L\u2019Allemagne a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une r\u00e9forme tous les 14 mois.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>On pourrait aussi objecter que le tournant allemand est plus facile que celui attendu de la France, puisqu\u2019il s\u2019agissait Outre-Rhin de donner carte blanche \u00e0 la d\u00e9pense sans appel au sacrifice \u00e0 quelque partie de la population que ce soit, alors qu\u2019ici il s\u2019agit de n\u00e9gocier un virage dans la douleur apr\u00e8s des ann\u00e9es de \u00ab\u00a0quoi qu\u2019il en co\u00fbte\u00a0\u00bb. Les points de d\u00e9parts des deux pays sont diff\u00e9rents. Mais la r\u00e9action allemande aux changements g\u00e9opolitiques s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e d\u2019un souffle. En France, au-del\u00e0 de prises de position rh\u00e9torique, aucun choix formel n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 act\u00e9, en particulier sur l\u2019augmentation des d\u00e9penses de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nUn avantage syst\u00e9mique&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La r\u00e9activit\u00e9 allemande de 2025 r\u00e9v\u00e8le en fait un avantage syst\u00e9mique de long-terme sur la France. Prenons les r\u00e9formes de l\u2019emploi r\u00e9alis\u00e9es entre 2002 et 2005 sous le chancelier social-d\u00e9mocrate Gerhard Schr\u00f6der. Leur effet a \u00e9t\u00e9 remarquable\u00a0: le taux de ch\u00f4mage, qui flirtait comme en France avec les 10%, est aujourd\u2019hui, \u00e0 3,5%, moins de la moiti\u00e9 du n\u00f4tre. Le co\u00fbt politique pour Schr\u00f6der s\u2019est cependant av\u00e9r\u00e9 consid\u00e9rable, avec le d\u00e9part d\u2019une minorit\u00e9 du SPD qui a rejoint les derniers communistes de l\u2019Est pour cr\u00e9er Die Linke. Mais l\u2019absence de r\u00e9forme aurait-elle vraiment pr\u00e9serv\u00e9 le SPD sur son flanc gauche populiste\u00a0? \u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Autre exemple de l\u2019aptitude allemande \u00e0 d\u00e9cider\u00a0: les retraites. En 2001 le gouvernement Schr\u00f6der a introduit une retraite compl\u00e9mentaire priv\u00e9e par capitalisation, et en 2007 la Grande Coalition CDU\/CSU-SPD a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019augmenter l\u2019\u00e2ge de la retraite de 65 \u00e0 67 ans, progressivement sur une p\u00e9riode de vingt ans. En France la r\u00e9forme ambitieuse de 2019 a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, et substitu\u00e9e par une correction purement comptable en 2023 repoussant l\u2019\u00e2ge \u00e0 seulement 64 ans, dans un cadre tr\u00e8s conflictuel.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le Schuldenbremse lui-m\u00eame, le frein \u00e0 la dette adopt\u00e9 en 2009 par la Grande Coalition, manifestait encore une capacit\u00e9 d\u00e9cisionnelle qui \u00e9chappe \u00e0 la France. Le ratio dette publique\/PIB, qui \u00e9tait comparable dans les deux pays jusqu\u2019\u00e0 la crise financi\u00e8re de 2008, a dramatiquement diverg\u00e9 depuis, avec la France \u00e0 113% et l\u2019Allemagne \u00e0 63% en <a href=\"https:\/\/ec.europa.eu\/eurostat\/web\/products-euro-indicators\/w\/2-22042025-bp\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">2024<\/a>. Signalons que le rigoureux frein constitutionnel n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 le soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie durant et apr\u00e8s la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019ironie est que la Constitution de la Ve R\u00e9publique avait \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment con\u00e7ue par le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019impuissance de la IVe. Le texte de 1958 devait corriger le tropisme fran\u00e7ais du gouvernement d\u2019assembl\u00e9e dont l\u2019ex\u00e9cutif ne serait qu\u2019un ex\u00e9cutant. Un ex\u00e9cutif stable, l\u00e9gitim\u00e9 par l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique au suffrage universel, devait ma\u00eetriser un parlement \u00ab\u00a0rationalis\u00e9\u00a0\u00bb, et ainsi se montrer capable de trancher dans le vif m\u00eame quand c\u2019est difficile.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le contraste\u00a0est marqu\u00e9 avec l\u2019Allemagne f\u00e9d\u00e9rale o\u00f9 certes la stabilit\u00e9 gouvernementale est prot\u00e9g\u00e9e par le m\u00e9canisme de la censure constructive, mais o\u00f9 le chancelier ne peut se passer de l\u2019accord des partis de la coalition, et o\u00f9 les L\u00e4nder poss\u00e8dent des pouvoirs \u00e9tendus, dont celui de censurer plusieurs types de projets de loi via leurs repr\u00e9sentants au Bundesrat.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Il serait donc difficile d\u2019avancer que, compar\u00e9e \u00e0 l\u2019Allemagne, la capacit\u00e9 d\u00e9cisionnelle de la France serait handicap\u00e9e par sa constitution, comme elle l\u2019\u00e9tait, par exemple, sous la IVe R\u00e9publique. L\u2019Allemagne a d\u00e9velopp\u00e9 une culture du compromis qu\u2019on peut lui envier. Mais cette culture est concomitante \u00e0 une architecture institutionnelle favorable. La diff\u00e9rence de gouvernance entre les deux pays est \u00e0 trouver ailleurs.\u00a0Je propose deux pistes explicatives\u00a0: le statut des partis politiques, et le r\u00f4le des instances d\u2019analyse et de recherche autonomes.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLes partis institutionnalis\u00e9s et la proportionnelle&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne de l\u2019Ouest de l\u2019apr\u00e8s-guerre s\u2019est constitu\u00e9e comme un Parteienstaat, un \u00c9tat de partis\u00a0: les partis politiques sont \u00e0 la fois puissants et institutionnalis\u00e9s. C\u2019est d\u2019abord un fait constitutionnel. L\u2019article 21 de la Loi fondamentale reconna\u00eet leur r\u00f4le dans la vie politique et encadre leur organisation\u00a0: ils doivent rendre compte publiquement de leur patrimoine et de leurs ressources. Le m\u00eame article d\u00e9clare anticonstitutionnels les partis cherchant \u00e0 miner l\u2019ordre d\u00e9mocratique libre de la r\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale. Enfin, le texte appelait le parlement \u00e0 adopter une loi encadrant les partis. Vot\u00e9e en 1967, elle am\u00e9nage dans le d\u00e9tail leur organisation interne, leur financement (public et priv\u00e9), et pr\u00e9voit des sanctions. Les partis allemands sont de fait des organisations semi-publiques.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La centralit\u00e9 syst\u00e9mique des partis est confort\u00e9e par le mode de scrutin \u00e9tabli par une loi de 1949. La moiti\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s sont \u00e9lus sur des listes, donc au vote proportionnel, et la moiti\u00e9 dans des circonscriptions. Le nombre d\u2019\u00e9lus sur les listes est ajust\u00e9 \u00e0 celui des \u00e9lus par circonscription, de fa\u00e7on que chaque parti obtienne un pourcentage de d\u00e9put\u00e9s conforme \u00e0 son score \u00e9lectoral national. Un seuil minimal de 5% limite la fragmentation. La loi de 1967 pr\u00e9voit que les candidats dans les circonscriptions doivent \u00eatre choisis par les membres de leur parti dans un scrutin secret, un m\u00e9canisme qui renforce l\u2019enracinement local. En revanche, les listes sont \u00e9tablies par les partis, ce qui a aid\u00e9 au d\u00e9veloppement d\u2019une forte discipline parlementaire, les cas de votes dissidents et passages d\u2019un parti \u00e0 un autre sont tr\u00e8s rares. Le contr\u00f4le du temps de parole au Bundestag par les grands partis aide \u00e0 marginaliser les dissidents. Autre avantage des partis\u00a0: le Parlement est un passage oblig\u00e9 pour entrer au gouvernement, les ministres sont presque tous choisis parmi les d\u00e9put\u00e9s de la coalition au pouvoir\u00a0; \u00e0 Berlin, pas de ministres \u00ab\u00a0techniques\u00a0\u00bb \u00e0 la fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Aspect unique du syst\u00e8me politique allemand, chaque grand parti est associ\u00e9 \u00e0 une fondation-s\u0153ur. Ces derni\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficient du statut constitutionnel des partis, et de financements publics, mais elles demeurent l\u00e9galement et financi\u00e8rement ind\u00e9pendantes. \u00a0Les fondations fonctionnent comme des think tanks en amont des programmes des partis, la Konrad-Adenauer-Stiftung de la CDU est connue pour ses travaux sur les questions de d\u00e9fense et l\u2019alliance atlantique et sur l\u2019\u00e9conomie sociale de march\u00e9, la Friedrich-Ebert-Stiftung du SPD a beaucoup publi\u00e9 sur l\u2019effet des nouvelles technologie sur le travail et sur l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>En France la constitution de 1958 a reconnu les partis dans son article 4, sur l\u2019insistance de Michel Debr\u00e9, mais elle ne leur attribue qu\u2019un r\u00f4le \u00e9lectoral. Et la m\u00e9fiance du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle a contrecarr\u00e9 ce d\u00e9but d\u2019institutionnalisation. De Gaulle a poursuivi un double jeu, s\u2019appuyant de fait sur un parti majoritaire, mais lui refusant tout r\u00f4le formel dans l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et le choix du Premier ministre. La Constitution, en interdisant aux d\u00e9put\u00e9s d\u2019\u00eatre ministres, a renforc\u00e9 la distanciation du gouvernement d\u2019avec les partis. Aujourd\u2019hui les candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence se pr\u00e9sentent aux \u00e9lecteurs \u00e0 titre personnel avec le soutien de divers partis, non comme le chef d\u2019un parti.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La faiblesse des partis fran\u00e7ais est un corolaire de la pr\u00e9sidentialisation du r\u00e9gime. Ils articulent leurs activit\u00e9s autour de la s\u00e9lection d\u2019un candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence et la programmation, mais cette derni\u00e8re est d\u00e9connect\u00e9e de l\u2019activit\u00e9 gouvernementale. La pratique des primaires n\u2019a fait qu\u2019accentuer la d\u00e9connection. Comme le pouvoir est concentr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, la fonction de gouvernement, de contribution aux choix politiques, et de d\u00e9fense et illustration de l\u2019action du gouvernement, se voit supplant\u00e9e par une surench\u00e8re programmatique irresponsable. La r\u00e9flexion programmatique manque par ailleurs d\u2019un soutien organique d\u00e9di\u00e9 comme les fondations allemandes.\u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le parti au pouvoir agit comme s\u2019il \u00e9tait un lobby parmi d\u2019autres. La schizophr\u00e9nie a longtemps \u00e9t\u00e9 le propre de la SFIO et du PS, de Guy Mollet \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande, qui associe un discours de rupture \u00e0 une pratique gouvernementale centriste. Le mal s\u2019est aujourd\u2019hui \u00e9tendu aux R\u00e9publicains, comme en t\u00e9moigne la r\u00e9cente campagne pour l\u2019\u00e9lection de leur pr\u00e9sident, o\u00f9 un parti au pouvoir s\u2019abandonne \u00e0 des rh\u00e9toriques militantes. Quant \u00e0 Ensemble et Horizons, ils ressemblent \u00e0 des comit\u00e9s \u00e9lectoraux pour 2027.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me \u00e9lectoral majoritaire constitue un obstacle \u00e0 la recherche de compromis, particuli\u00e8rement lorsqu\u2019il est associ\u00e9 \u00e0 des partis travaill\u00e9s de forces centrifuges, domin\u00e9s par les candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence. On peut aussi remarquer que le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais souffre beaucoup plus d\u2019instabilit\u00e9 et de fractionnement que son alter ego allemand.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>On pourrait sp\u00e9culer que des directions plus collectives (on pense aux pr\u00e9sidences \u00e0 deux du SPD et des Gr\u00fcnen) et un dialogue plus structur\u00e9 avec les institutions aideraient \u00e0 la formulation de politiques sur le moyen-terme. Il serait illusoire de croire que les partis fran\u00e7ais pourraient retourner \u00e0 un mod\u00e8le du XXe si\u00e8cle alors que tout pousse \u00e0 la d\u00e9sinterm\u00e9diation, au lien direct entre leader et \u00e9lecteurs. Mais le passage \u00e0 un scrutin proportionnel donnerait certainement un coup de barre dans la bonne direction.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL\u2019expertise ind\u00e9pendante&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me piste allemande, l\u2019expertise autonome, pourrait aider \u00e0 la n\u00e9cessaire restructuration du syst\u00e8me politique. En Allemagne comme en France, le travail d\u2019\u00e9tude et de recherche des organismes publics au statut autonome, comme la banque centrale, ou des commissions d\u2019\u00e9tude ad hoc<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\" title=\"\">[1]<\/a>, influence le d\u00e9bat politique. Mais Outre-Rhin ces contributions b\u00e9n\u00e9ficient g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une attention et d\u2019un respect beaucoup plus marqu\u00e9 de la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019arc des partis et des m\u00e9dias. Cette diff\u00e9rence est fortement accentu\u00e9e par un \u00e9cosyst\u00e8me d\u2019organismes non-gouvernementaux dont nous n\u2019avons pas l\u2019\u00e9quivalent.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Prenons l\u2019exemple du Conseil des experts \u00e9conomiques, une institution cr\u00e9\u00e9e en 1963 qui a toujours su se montrer ind\u00e9pendante et souvent critique des gouvernements. Les cinq membres du coll\u00e8ge sont nomm\u00e9s par le pr\u00e9sident sur proposition du gouvernement, et comprennent un expert propos\u00e9 par les syndicats, et un par le patronat. Le rapport annuel sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e9conomie, publi\u00e9 en novembre, constitue un \u00e9v\u00e9nement m\u00e9diatique de premier ordre et impose ses priorit\u00e9s, \u00e0 d\u00e9faut de ses recommandations en d\u00e9tail, au d\u00e9bat public et \u00e0 l\u2019action gouvernementale.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Autre cas d\u2019\u00e9cole\u00a0: le Gemeinschaftsdiagnose, ou le diagnostic commun, un rapport semestriel command\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9conomie depuis 1950 et pr\u00e9par\u00e9 par une demi-douzaine d\u2019instituts de recherche, fait autorit\u00e9 tant \u00e0 droite qu\u2019\u00e0 gauche. L\u2019id\u00e9e d\u2019un fonds sp\u00e9cial d\u2019investissement dans l\u2019infrastructure vient d\u2019un <a href=\"https:\/\/www.imk-boeckler.de\/fpdf\/HBS-008864\/p_imk_pb_168_2024.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">article<\/a> de mai 2024 de deux \u00e9conomistes affili\u00e9s \u00e0 des instituts qui ont collabor\u00e9 aux rapports au cours des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s ind\u00e9pendantes entretiennent un d\u00e9bat intellectuel de haut niveau avec les fondations des partis et les centres d\u2019\u00e9tudes des syndicats et du patronat. La pand\u00e9mie a montr\u00e9 que l\u2019on pouvait obtenir un large soutien de l\u2019opinion publique autour du consensus scientifique, qui reste tr\u00e8s respect\u00e9, m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e2ge des m\u00e9dias sociaux. C\u2019est cette cr\u00e9dibilit\u00e9 scientifique que les organismes de recherche \u00e9conomique et sociale, publics et parapubliques, r\u00e9ussissent \u00e0 mobiliser en Allemagne pour impulser des r\u00e9formes difficiles. \u00c0 une \u00e9poque, le Commissariat g\u00e9n\u00e9ral du plan r\u00e9ussissait un similaire tour de force en France. Pourrait-on songer \u00e0 en r\u00e9activer le m\u00e9canisme\u00a0?<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p>        <a class=\"close\" href=\"https:\/\/www.telos-eu.com\/fr\/politique-francaise-et-internationale\/javascript:void();\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">fermer<\/a><\/p>\n<p>          Vous avez appr\u00e9ci\u00e9 cet article ?<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">\n        Soutenez Telos en faisant un don<br \/>(et b\u00e9n\u00e9ficiez d&rsquo;une r\u00e9duction d&rsquo;imp\u00f4ts de 66%)\n      <\/p>\n<p id=\"descriptionError\" style=\"display:none; visibility: hidden; color:red; text-align: center;\">Please enter a description<\/p>\n<p id=\"priceLabelError\" style=\"visibility: hidden; color:red; text-align: left;\">Merci d&rsquo;entrer un montant<\/p>\n<p id=\"invoiceidError\" style=\"display:none; visibility: hidden; color:red; text-align: center;\">Please enter an Invoice ID<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>&#13;<br \/>\n&#13;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\" style=\"background-size: 16px;\" title=\"\">[1]<\/a>\u00a0Les r\u00e9formes Schr\u00f6der de 2003 avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es par un comit\u00e9 dirig\u00e9 par Peter Hartz, directeur des ressources humaines de Volkswagen, et proche des syndicats.<\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"4 ao\u00fbt 2025 Le \u00ab\u00a0changement de paradigme\u00a0\u00bb du leadership allemand sur la dette et l\u2019investissement n\u2019est que le&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":295484,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,12,1802],"class_list":{"0":"post-297091","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-news","17":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114973853883606356","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=297091"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297091\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/295484"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=297091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=297091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=297091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}