{"id":297581,"date":"2025-08-05T07:49:10","date_gmt":"2025-08-05T07:49:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297581\/"},"modified":"2025-08-05T07:49:10","modified_gmt":"2025-08-05T07:49:10","slug":"a-partir-de-quand-exactement-on-considere-quil-y-a-trop-de-touristes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297581\/","title":{"rendered":"A partir de quand exactement on consid\u00e8re qu\u2019il y a \u00ab\u00a0trop\u00a0\u00bb de touristes\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Difficile d\u2019\u00eatre pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du mot \u00ab\u00a0surtourisme\u00a0\u00bb, qui a fait son entr\u00e9e dans le Petit Robert cette ann\u00e9e. Oui, le surtourisme, les paquebots g\u00e9ants, les hordes des touristes en claquettes qui viennent prendre un caf\u00e9 chez Starbucks, se prendre en selfie et laissent un paysage de d\u00e9solation derri\u00e8re eux. De nombreux lieux touristiques \u00e0 travers le monde ont tir\u00e9 la sonnette d\u2019alarme ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais comment au juste d\u00e9termine-t-on qu\u2019un lieu est confront\u00e9 au surtourisme\u00a0? Quelle est la limite entre \u00ab\u00a0beaucoup de touristes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0trop de touristes\u00a0\u00bb\u00a0? On en parle avec Daniele Kuss, experte en <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/tourisme\" class=\"color-ultramarine c-link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">tourisme<\/a> <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/international\" class=\"color-ultramarine c-link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">international<\/a> et ancienne cheffe du p\u00f4le d\u00e9veloppement du tourisme au minist\u00e8re des <a href=\"https:\/\/www.20minutes.fr\/dossier\/ministere_des_affaires_etrangeres\" class=\"color-ultramarine c-link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Affaires \u00e9trang\u00e8res<\/a>.<\/p>\n<p>Peut-on aujourd\u2019hui d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment le surtourisme\u00a0?<\/p>\n<p>Non, il n\u2019existe pas de d\u00e9finition qui fasse consensus. Le terme est beaucoup port\u00e9 par des associations militantes, qui parlent de surtourisme d\u00e8s qu\u2019il y a une forte affluence. Selon moi, on peut r\u00e9ellement parler de surtourisme \u00e0 partir du moment o\u00f9 deux crit\u00e8res sont r\u00e9unis\u00a0: des d\u00e9gradations environnementales ou patrimoniales et des nuisances pour les populations locales. Parfois, il n\u2019y a aucun b\u00e9n\u00e9fice pour celles-ci, m\u00eame pas \u00e9conomique. Regardez les croisi\u00e9ristes qui d\u00e9barquent \u00e0 Barcelone\u00a0: ils saturent les Ramblas, polluent le sol et les fonds marins, mais ne logent et ne mangent pas sur place.<\/p>\n<p>Peut-on fixer un seuil clair qui dirait \u00ab\u00a0stop\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Il n\u2019y a aucun indicateur universel. C\u2019est une affaire de ressenti, comme le rappelle la d\u00e9finition du Petit Robert\u00a0: une \u00ab\u00a0pr\u00e9sence touristique per\u00e7ue comme excessive et nuisible\u00a0\u00bb. Le diagnostic se fait souvent a posteriori, une fois les d\u00e9g\u00e2ts visibles ou les habitants exc\u00e9d\u00e9s. \u00c0 Venise, par exemple, on a fini par compter combien de personnes pouvaient physiquement tenir sur certaines zones, parce qu\u2019il y a embouteillage humain. Il y a bien des quotas, comme dans les Calanques ou \u00e0 Porquerolles, mais ils arrivent souvent trop tard. Et ils varient selon les lieux\u00a0: ce qui est soutenable \u00e0 Paris ne l\u2019est pas dans un village c\u00f4tier.<\/p>\n<p>Comment agir avant que le mal soit fait\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut agir en amont, en r\u00e9partissant les flux dans l\u2019espace et dans le temps. L\u2019Espagne a tr\u00e8s bien travaill\u00e9 l\u00e0-dessus, en ciblant des publics non contraints par les vacances scolaires, seniors, jeunes couples, c\u00e9libataires, et en promouvant des destinations moins connues hors saison. C\u2019est plus qualitatif et moins satur\u00e9.<\/p>\n<p>On peut aussi jouer de la carotte et du b\u00e2ton. \u00c0 Copenhague, les touristes qui viennent en train, \u00e0 v\u00e9lo ou ramassent des d\u00e9chets sont r\u00e9compens\u00e9s\u00a0: billets de concert, repas gratuits, cours de yoga\u2026 \u00c0 l\u2019inverse, certains territoires imposent des quotas stricts. Mais le plus important, c\u2019est de sortir de la logique du nombre. Ce n\u2019est pas combien de touristes on accueille qui compte, mais ce qu\u2019ils rapportent, et comment ils se comportent.<\/p>\n<\/p>\n<p>Il faut mieux r\u00e9partir les flux : dans le temps et dans l\u2019espace. L\u2019Espagne, par exemple, a beaucoup travaill\u00e9 l\u00e0-dessus. Elle a promu des destinations moins connues hors des p\u00e9riodes d\u2019affluence, en ciblant les seniors, les couples sans enfants, les c\u00e9libataires\u2026 Ces publics ne sont pas li\u00e9s aux vacances scolaires. C\u2019est un tourisme plus qualitatif. On peut aussi encourager les comportements vertueux : Copenhague r\u00e9compense les touristes venus en train ou \u00e0 v\u00e9lo, ou ceux qui ramassent des d\u00e9chets, en leur offrant des billets de concert. Il faut sortir de la logique du tout-nombre. <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, 80\u00a0% des touristes se concentrent sur 20\u00a0% du territoire. On peut d\u00e9sengorger en cr\u00e9ant des itin\u00e9raires culturels intelligents, des routes th\u00e9matiques hors des sentiers battus, avec des \u00e9tapes autour de la gastronomie, du patrimoine ou de l\u2019artisanat. Il faut juste un peu de cr\u00e9ativit\u00e9\u2026 et de volont\u00e9 politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Difficile d\u2019\u00eatre pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du mot \u00ab\u00a0surtourisme\u00a0\u00bb, qui a fait son entr\u00e9e dans le Petit Robert cette&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":297582,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[47,11,436,1011,27,261,12,25,104,602],"class_list":{"0":"post-297581","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualite","9":"tag-actualites","10":"tag-environnement","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-ministere-des-affaires-etrangeres","14":"tag-news","15":"tag-republique-francaise","16":"tag-societe","17":"tag-tourisme"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114975064956924983","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=297581"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297581\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/297582"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=297581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=297581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=297581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}