{"id":297644,"date":"2025-08-05T08:30:12","date_gmt":"2025-08-05T08:30:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297644\/"},"modified":"2025-08-05T08:30:12","modified_gmt":"2025-08-05T08:30:12","slug":"la-russie-reprend-le-flambeau-dun-projet-energetique-que-la-france-avait-abandonne-en-1997-et-sur-lequel-elle-etait-en-avance-sur-le-reste-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/297644\/","title":{"rendered":"La Russie reprend le flambeau d\u2019un projet \u00e9nerg\u00e9tique que la France avait abandonn\u00e9 en 1997 et sur lequel elle \u00e9tait en avance sur le reste du monde"},"content":{"rendered":"<p><strong>BREST-OD-300 : quand la Russie tente vraiment de recycler ses d\u00e9chets nucl\u00e9aires.<\/strong><\/p>\n<p>Un chantier nucl\u00e9aire en plein c\u0153ur de la Sib\u00e9rie, des grues qui d\u00e9posent des pi\u00e8ces de 15 m\u00e8tres de haut dans une structure futuriste, et un objectif qui semble presque trop beau pour \u00eatre vrai : fabriquer de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir des d\u00e9chets radioactifs qu\u2019on ne sait plus o\u00f9 stocker. C\u2019est le projet de la Russie avec le r\u00e9acteur BREST-OD-300 qui semble en bonne voie de r\u00e9alisation si on en croit les derni\u00e8res photos communiqu\u00e9es par le g\u00e9ant de l\u2019\u00e9nergie atomique russe Rosatom.<\/p>\n<p>Lire aussi :<\/p>\n<p>Le BREST-OD-300, un r\u00e9acteur russe qui change les r\u00e8gles du nucl\u00e9aire<\/p>\n<p>Le BREST-OD-300 est un r\u00e9acteur d\u2019un nouveau genre puisqu\u2019il appartient \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration IV, une classification d\u00e9finie en 2001 par le Forum international G\u00e9n\u00e9ration IV (GIF), et qui regroupe des concepts comme les r\u00e9acteurs \u00e0 sels fondus, les r\u00e9acteurs \u00e0 gaz rapides refroidis \u00e0 l\u2019h\u00e9lium, ou encore les r\u00e9acteurs \u00e0 spectre rapide refroidis au sodium. Ces r\u00e9acteurs visent \u00e0 am\u00e9liorer la s\u00fbret\u00e9, r\u00e9duire la production de d\u00e9chets, optimiser l\u2019utilisation du combustible et r\u00e9sister \u00e0 la prolif\u00e9ration nucl\u00e9aire, tout en \u00e9tant \u00e9conomiquement comp\u00e9titifs sur le long terme.<\/p>\n<p>Dans le cas pr\u00e9sent nous parlons d\u2019un r\u00e9acteur rapide refroidi au plomb qui promet plus de rendement, moins de risques et surtout\u2026 une autre logique de combustible puisqu\u2019en lieu et place de l\u2019uranium, le r\u00e9acteur absorberait du plutonium, c\u2019est-\u00e0-dire les restes radioactifs d\u2019autres centrales, que l\u2019on consid\u00e8re aujourd\u2019hui comme des d\u00e9chets.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"NbmYjE9nIJ\">\n<p><a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/08\/03\/excellente-nouvelle-pour-la-france-finalement-choisie-par-ce-geant-de-laviation-pour-sa-future-mega-usine-a-450-millions-deuros-grace-son-energie-nucleaire\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Excellente nouvelle pour la France, finalement choisie par ce g\u00e9ant de l\u2019aviation pour sa future m\u00e9ga-usine \u00e0 450 millions d\u2019euros gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9nergie nucl\u00e9aire<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un chantier titanesque pour une id\u00e9e tr\u00e8s simple : ne plus jeter<\/p>\n<p>\u00c0 Volgodonsk et \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, les ing\u00e9nieurs de Rosatom ont fini de fabriquer plusieurs composants cl\u00e9s : le barillet du c\u0153ur, les cavit\u00e9s lat\u00e9rales pour les g\u00e9n\u00e9rateurs de vapeur, et les enceintes internes. Ces morceaux font 15 m\u00e8tres de haut, 8 m\u00e8tres de large, et chacun est usin\u00e9 dans un acier sp\u00e9cial capable de tenir 600 \u00b0C sans broncher. L\u2019ensemble a d\u00fb \u00eatre emball\u00e9 dans 700 tonnes de structures de transport pour rejoindre Seversk.<\/p>\n<p>C\u2019est massif, c\u2019est complexe, mais l\u2019objectif reste limpide : transformer ce que l\u2019on stocke dans des f\u00fbts depuis 50 ans en une ressource \u00e9nerg\u00e9tique stable et pilotable. Et \u00e7a, dans un monde qui peine \u00e0 stocker ses d\u00e9chets nucl\u00e9aires sans pol\u00e9mique, \u00e7a m\u00e9rite l\u2019attention.<\/p>\n<p>Un site unique, tout est sur place<\/p>\n<p>Le plus fort dans ce projet, c\u2019est que tout est concentr\u00e9 sur un seul site. \u00c0 Seversk, on construit le r\u00e9acteur, l\u2019usine qui fabriquera le combustible \u00e0 base de plutonium, et l\u2019unit\u00e9 qui le retraitera apr\u00e8s usage. Ce cycle ferm\u00e9 permet de limiter les transports de mati\u00e8res radioactives, r\u00e9duire les d\u00e9chets finaux, et maximiser l\u2019utilisation de l\u2019actif le plus mal aim\u00e9 du nucl\u00e9aire : le plutonium.<\/p>\n<p>En somme, on fait ici ce que le projet fran\u00e7ais Superph\u00e9nix voulait faire dans les ann\u00e9es 90 (voir plus bas), mais avec des mat\u00e9riaux modernes, des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 revus, et un budget russe taill\u00e9 pour l\u2019export.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-27094 size-large webpexpress-processed\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Le prototype du BREST-OD-300 devrait fournir 300 MW.\" width=\"696\" height=\"464\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-site-2025-08-04T191136.677-1024x683.jpg.webp.webp\"\/>Le prototype du BREST-OD-300 devrait fournir 300 MW.<br \/>\nUne d\u00e9monstration technologique\u2026 et un avertissement<\/p>\n<p>Officiellement, le BREST-OD-300 est un d\u00e9monstrateur. Il ne sera pas connect\u00e9 tout de suite au r\u00e9seau national russe. On veut d\u2019abord voir si la machine tient ses promesses. Mais si c\u2019est le cas, Rosatom pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0 un clone g\u00e9ant : le BR-1200, quatre fois plus puissant, pens\u00e9 pour alimenter des villes enti\u00e8res.<\/p>\n<p>Disons-le clairement : si les Russes r\u00e9ussissent \u00e0 faire fonctionner durablement ce type de r\u00e9acteur, ils prendront une longueur d\u2019avance consid\u00e9rable. Non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan g\u00e9opolitique. Le nucl\u00e9aire de g\u00e9n\u00e9ration IV, ce n\u2019est pas que de l\u2019\u00e9nergie, c\u2019est une carte de souverainet\u00e9.<\/p>\n<p>Le fran\u00e7ais newcleo joue \u00e9galement la carte du r\u00e9acteur rapide refroidi au plomb mais version SMR<\/p>\n<p>Pour les plus fid\u00e8les lecteurs de M\u00e9dia24.fr, ce nom \u00e9voquera quelque chose : la France aussi commence \u00e0 miser sur la technologie des r\u00e9acteurs rapides refroidis au plomb, par le biais notamment d\u2019une jeune mais prometteuse entreprise : newcleo. En revanche la comparaison s\u2019arr\u00eate ici entre la jeune pousse franco-italienne et le mastodonte russe Rosatom.<\/p>\n<p>En effet, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, newcleo d\u00e9veloppe un mod\u00e8le modulaire, plus l\u00e9ger, pens\u00e9 pour \u00eatre install\u00e9 rapidement dans plusieurs pays avec des petits r\u00e9acteurs de 200 MW, standardisables, fabriqu\u00e9s en s\u00e9rie, capables de consommer du plutonium ou du combustible us\u00e9. Une ambition industrielle agile, mobile, mais fortement d\u00e9pendante des d\u00e9cisions politiques nationales, comme l\u2019a illustr\u00e9 <a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/08\/03\/clash-nucleaire-au-royaume-uni-newcleo-choisit-lexil-en-france-et-dans-des-pays-plus-receptifs-aux-nouvelles-generations-de-reacteurs\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">son retrait du Royaume-Uni<\/a> faute de feu vert pour utiliser les stocks de plutonium.<\/p>\n<p>En face, la Russie construit un mastodonte : un prototype de 300 MW, centralis\u00e9, int\u00e9gr\u00e9 dans une usine nucl\u00e9aire compl\u00e8te \u00e0 Seversk, avec tout le cycle du combustible sur place, de la fabrication \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Pas de n\u00e9gociation \u00e0 mener avec un \u00c9tat \u00e9tranger pour obtenir du plutonium : Rosatom g\u00e8re tout en interne. Surtout, le r\u00e9acteur est d\u00e9j\u00e0 en construction, avec des pi\u00e8ces livr\u00e9es, des structures en place, et une mont\u00e9e en puissance r\u00e9elle.<\/p>\n<tr>\nCrit\u00e8re<br \/>\nBREST-OD-300 (Rosatom)<br \/>\nnewcleo (France\/Italie)<br \/>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Type de r\u00e9acteur<\/td>\n<td>R\u00e9acteur rapide refroidi au plomb (LFR)<\/td>\n<td>R\u00e9acteur modulaire rapide refroidi au plomb (LFR)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Puissance<\/td>\n<td>300 MW (prototype), 1,2 GW pour le BR-1200<\/td>\n<td>200 MW par module<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cycle du combustible<\/td>\n<td>Ferm\u00e9, int\u00e9gr\u00e9 sur site<\/td>\n<td>Ferm\u00e9, mais externalis\u00e9 et d\u00e9pendant des \u00c9tats<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Combustible<\/td>\n<td>Plutonium + uranium (combustible nitrur\u00e9)<\/td>\n<td>Plutonium ou d\u00e9chets recycl\u00e9s<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Avancement en 2025<\/td>\n<td>Composants livr\u00e9s, construction avanc\u00e9e<\/td>\n<td>\u00c9tudes en cours, d\u00e9ploiement apr\u00e8s 2030<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Implantation<\/td>\n<td>Site unique en Sib\u00e9rie (Seversk)<\/td>\n<td>France, Slovaquie, Lituanie (projets envisag\u00e9s)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Strat\u00e9gie industrielle<\/td>\n<td>Centralisation, pilotage \u00e9tatique<\/td>\n<td>Modularit\u00e9, financement priv\u00e9 et partenariats<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acc\u00e8s au plutonium<\/td>\n<td>Direct et souverain<\/td>\n<td>Soumis \u00e0 autorisation des \u00c9tats<\/td>\n<\/tr>\n<p>Deux philosophies du nucl\u00e9aire avanc\u00e9 se dessinent ici : une approche monumentale et verticale, o\u00f9 l\u2019\u00c9tat contr\u00f4le toute la cha\u00eene, et une approche modulaire, horizontale, plus d\u00e9pendante des \u00e9cosyst\u00e8mes politiques et industriels. Dans les deux cas, la volont\u00e9 de fermer le cycle du combustible est au c\u0153ur de la d\u00e9marche. Mais la Russie semble avoir pris une longueur d\u2019avance\u2026 \u00e0 l\u2019ancienne : en construisant, pendant que les autres r\u00e9fl\u00e9chissent.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"314whEJchk\">\n<p><a href=\"https:\/\/media24.fr\/2025\/08\/02\/ce-groupe-francais-va-devenir-la-compagnie-orientale-des-indes-du-xxie-siecle-avec-bientot-17-000-navires-equipes-de-ses-outils-logiciels-et-capteurs-numeriques\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Ce groupe fran\u00e7ais va devenir la \u00ab compagnie orientale des indes \u00bb du XXIe si\u00e8cle avec bient\u00f4t 17 000 navires \u00e9quip\u00e9s de ses outils logiciels et capteurs num\u00e9riques<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Superph\u00e9nix, le r\u00eave fran\u00e7ais enterr\u00e9 trop t\u00f4t ?<\/p>\n<p>Difficile de parler de r\u00e9acteurs rapides sans \u00e9voquer Superph\u00e9nix, ce colosse nucl\u00e9aire fran\u00e7ais install\u00e9 \u00e0 Creys-Malville, dans l\u2019Is\u00e8re. Mis en service en 1986, ce r\u00e9acteur rapide de 1 200 MW, refroidi non pas au plomb mais au sodium liquide, devait boucler le cycle du combustible avant m\u00eame que le terme devienne \u00e0 la mode. Son principe ? Utiliser du plutonium issu des d\u00e9chets des autres r\u00e9acteurs pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, tout en g\u00e9n\u00e9rant plus de combustible qu\u2019il n\u2019en consommait. Sur le papier, une usine \u00e0 recycler l\u2019atome.<\/p>\n<p>Mais dans les faits, le projet a accumul\u00e9 les probl\u00e8mes techniques, les arr\u00eats prolong\u00e9s, les controverses politiques et les oppositions locales. En 1997, Lionel Jospin met fin \u00e0 l\u2019aventure, alors que le r\u00e9acteur commence \u00e0 peine \u00e0 fonctionner correctement. Trop cher, trop complexe, trop mal compris. Aujourd\u2019hui, vu depuis la Sib\u00e9rie ou depuis le si\u00e8ge de newcleo, Superph\u00e9nix ressemble \u00e0 un coup d\u2019avance que la France aurait jou\u00e9\u2026 puis abandonn\u00e9.<\/p>\n<p>Avec le retour en gr\u00e2ce des r\u00e9acteurs rapides, la question revient : et si on avait eu raison trop t\u00f4t ?<\/p>\n<p>Source : Rosatom<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"BREST-OD-300 : quand la Russie tente vraiment de recycler ses d\u00e9chets nucl\u00e9aires. 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