{"id":299411,"date":"2025-08-06T02:41:10","date_gmt":"2025-08-06T02:41:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/299411\/"},"modified":"2025-08-06T02:41:10","modified_gmt":"2025-08-06T02:41:10","slug":"il-pensait-soulager-ses-brulures-destomac-son-medecin-decouvre-que-ca-reduisait-leffet-de-son-traitement-anticancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/299411\/","title":{"rendered":"Il pensait soulager ses br\u00fblures d\u2019estomac, son m\u00e9decin d\u00e9couvre que \u00e7a r\u00e9duisait l&rsquo;effet de son traitement anticancer"},"content":{"rendered":"<p>Un patient pensait simplement calmer ses br\u00fblures d\u2019estomac. Son m\u00e9decin d\u00e9couvre que le m\u00e9dicament utilis\u00e9, un IPP, interf\u00e9rait avec son traitement contre le cancer. Ce cas, loin d\u2019\u00eatre isol\u00e9, r\u00e9v\u00e8le une interaction m\u00e9dicamenteuse pr\u00e9occupante. Le professeur Jean-Luc Raoul, oncologue, tire la sonnette d\u2019alarme.<\/p>\n<p>Les <strong>traitements contre le cancer<\/strong> ont connu des avanc\u00e9es majeures ces derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.pleinevie.fr\/sherlock\/immunotherapie-la-revolution-anticancer-75683.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">immunoth\u00e9rapie<\/a> et aux th\u00e9rapies cibl\u00e9es. Pourtant, une interaction encore trop peu connue pourrait en r\u00e9duire l\u2019efficacit\u00e9. C\u2019est notamment le cas de celle entre les inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP), prescrits pour soulager les troubles digestifs, et certains m\u00e9dicaments anticanc\u00e9reux. Le professeur Jean-Luc Raoul, oncologue \u00e0 Saint-Herblain, alerte sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans une \u00e9tude publi\u00e9e en 2024. Il r\u00e9v\u00e8le qu\u2019un quart des patients sous traitement anticanc\u00e9reux prennent simultan\u00e9ment des <strong>IPP<\/strong>, avec des cons\u00e9quences potentiellement graves sur leur survie.<\/p>\n<p> \t\t\t  Des m\u00e9dicaments incompatibles avec le traitement anticanc\u00e9reux   Des m\u00e9dicaments tr\u00e8s r\u00e9pandus, mais mal surveill\u00e9s  <\/p>\n<p>Les <strong>inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons<\/strong> (IPP), tels que l\u2019om\u00e9prazole, l\u2019\u00e9som\u00e9prazole ou le lansoprazole, figurent parmi les m\u00e9dicaments les plus prescrits en France, avec plus de 16 millions de prescriptions en 2019. Leur efficacit\u00e9 contre les br\u00fblures d\u2019estomac, les ulc\u00e8res et le reflux gastro-\u0153sophagien en fait des alli\u00e9s fr\u00e9quents, y compris chez les patients atteints de <strong>cancer<\/strong>. Pourtant, leur usage est souvent prolong\u00e9 sans r\u00e9\u00e9valuation et leur impact potentiel sur les traitements oncologiques reste largement sous-estim\u00e9. Selon le professeur Jean-Luc Raoul, ces prescriptions, parfois initi\u00e9es par les oncologues eux-m\u00eames pour soulager les effets secondaires digestifs, peuvent interf\u00e9rer avec l\u2019efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses, rapporte <a href=\"https:\/\/www.aufeminin.com\/sante-femme\/cancer-oncologue-alerte-fort-risque-medicament-souvent-prescrit-france-s4109030.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Au F\u00e9minin<\/a>.<\/p>\n<p>     Une absorption perturb\u00e9e des traitements cibl\u00e9s  <\/p>\n<p>Les IPP agissent en r\u00e9duisant l\u2019acidit\u00e9 gastrique, ce qui modifie le pH de l\u2019estomac. Or, certains <strong>traitements anticanc\u00e9reux<\/strong>, notamment les inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK) comme l\u2019erlotinib, le gefitinib ou le pazopanib, n\u00e9cessitent un environnement acide pour \u00eatre correctement absorb\u00e9s. En neutralisant cette acidit\u00e9, les IPP diminuent la biodisponibilit\u00e9 de ces mol\u00e9cules, r\u00e9duisant leur concentration dans le sang et donc leur efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique. Cette interaction peut compromettre les chances de r\u00e9mission, voire entra\u00eener un \u00e9chec du traitement.<\/p>\n<p>  Un impact sur le microbiote et l\u2019immunoth\u00e9rapie  <\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019absorption, les IPP perturbent l\u2019<strong>\u00e9quilibre du microbiote intestinal<\/strong>, \u00e9l\u00e9ment central du syst\u00e8me immunitaire, r\u00e9v\u00e8le <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/sante\/cancer\/cancer-un-oncologue-alerte-sur-les-effets-de-certains-medicaments-anti-acidite-gastrique-3e5557f6-0031-11f0-9b78-58334960577c\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Ouest-France<\/a>. Or, l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019immunoth\u00e9rapie repose sur une r\u00e9ponse immunitaire robuste et bien r\u00e9gul\u00e9e. Plusieurs \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que les patients sous IPP avant ou pendant une <strong>immunoth\u00e9rapie<\/strong> pr\u00e9sentent une survie globale r\u00e9duite et un taux de r\u00e9ponse plus faible. Cette alt\u00e9ration du microbiote peut nuire \u00e0 l\u2019action des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaire, comme le nivolumab ou le pembrolizumab.<\/p>\n<p>     Adapter les prescriptions pour prot\u00e9ger les patients   Faut-il arr\u00eater les IPP ?  <\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat des inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP) ne doit pas \u00eatre syst\u00e9matique, mais envisag\u00e9 avec discernement. Le professeur Jean-Luc Raoul insiste sur une r\u00e9\u00e9valuation individualis\u00e9e, en tenant compte du type de traitement anticancer et de l\u2019\u00e9tat digestif du patient. Une \u00e9tude r\u00e9trospective nationale est en cours pour mieux cerner l\u2019impact r\u00e9el de ces interactions, mais ses r\u00e9sultats ne seront disponibles que dans plusieurs ann\u00e9es. En attendant, chaque patient sous traitement oncologique devrait discuter avec son m\u00e9decin de la pertinence de son traitement anti-acide, afin d\u2019\u00e9viter toute interf\u00e9rence potentielle avec les th\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses.<\/p>\n<p>  Quelles alternatives envisager ?  <\/p>\n<p>Pour les patients souffrant de reflux ou de <strong>br\u00fblures d\u2019estomac<\/strong>, des alternatives aux IPP existent et peuvent \u00eatre envisag\u00e9es sans compromettre l\u2019efficacit\u00e9 des traitements anticanc\u00e9reux. Les antiacides classiques, comme le Gaviscon, offrent un soulagement rapide et ponctuel sans modifier le pH gastrique de mani\u00e8re prolong\u00e9e. Les antagonistes des r\u00e9cepteurs H2, tels que la ranitidine ou la famotidine, sont \u00e9galement recommand\u00e9s. Certes, ils agissent plus lentement, mais ils pr\u00e9sentent un risque d\u2019interaction bien moindre avec les th\u00e9rapies cibl\u00e9es ou l\u2019immunoth\u00e9rapie. Ces options doivent \u00eatre adapt\u00e9es au profil du patient, en privil\u00e9giant les formes les moins invasives et les plus compatibles avec le <strong>protocole oncologique<\/strong>.<\/p>\n<p>     Informer les patients pour mieux les prot\u00e9ger  <\/p>\n<p>La pr\u00e9vention passe avant tout par l\u2019information. Trop de patients ignorent que leur traitement digestif peut compromettre l\u2019efficacit\u00e9 de leur <strong>protocole anticancer<\/strong>. Une coordination renforc\u00e9e entre oncologues, m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et pharmaciens est essentielle pour \u00e9viter les prescriptions prolong\u00e9es ou inappropri\u00e9es. Par ailleurs, les <strong>professionnels de sant\u00e9<\/strong> doivent sensibiliser les patients aux risques d\u2019interaction, tout en leur proposant des alternatives s\u00fbres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Un patient pensait simplement calmer ses br\u00fblures d\u2019estomac. 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