{"id":300116,"date":"2025-08-06T10:11:16","date_gmt":"2025-08-06T10:11:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/300116\/"},"modified":"2025-08-06T10:11:16","modified_gmt":"2025-08-06T10:11:16","slug":"etudiante-aux-beaux-arts-de-rennes-qui-est-cette-intrepide-aventuriere-qui-a-marque-son-epoque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/300116\/","title":{"rendered":"\u00c9tudiante aux Beaux-Arts de Rennes, qui est cette intr\u00e9pide aventuri\u00e8re qui a marqu\u00e9 son \u00e9poque\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9cole des Beaux-Arts de Rennes n\u2019est ouverte aux femmes que depuis quatre ans lorsque Marion S\u00e9nones franchit ses portes, en 1903. Cette adolescente de 17 ans, que l\u2019on ne conna\u00eet encore que sous le nom de Marcelle Borne-Kreutzberger, ne se doute pas qu\u2019elle est promise \u00e0 un avenir d\u2019aventuri\u00e8re.<\/p>\n<p><a class=\"tlg-kiosque tlg-kiosque-rennes gtm-kiosque-rennes\" href=\"https:\/\/www.lemensuel.com\/rennes\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/MDR_une_complete.png\" alt=\"Couverture Mensuel Rennes\"\/><\/p>\n<p>Le Mensuel de Rennes<\/p>\n<p>Magazine curieux et (im)pertinent !<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez<\/a>Talent pour l\u2019\u00e9criture<\/p>\n<p>N\u00e9e en 1886, orpheline de p\u00e8re, Marion S\u00e9nones grandit \u00e0 Rennes. Son talent pour l\u2019\u00e9criture la conduit \u00e0 travailler \u00e0 Paris pour le quotidien Eve. En 1931, elle y rencontre l\u2019ethnologue Odette du Puigaudeau. Issue de la bourgeoise d\u00e9sargent\u00e9e bretonne, Odette est une dessinatrice au Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle au caract\u00e8re volcanique, passionn\u00e9e de navigation. Elle a toujours r\u00eav\u00e9 de monter une exp\u00e9dition scientifique. Et tant pis si on lui r\u00e9p\u00e8te que c\u2019est un m\u00e9tier d\u2019homme. Le coup de foudre est imm\u00e9diat et r\u00e9ciproque. Dans son agenda, en date du 24 avril 1932, Marion dessine un c\u0153ur perc\u00e9 d\u2018une fl\u00e8che et accompagn\u00e9 d\u2019une ancre : \u00ab \u00c0 toi pour la vie. \u00bb Une vie qu\u2019elles veulent libre et grandiose.<\/p>\n<p>Les deux femmes se lancent dans un incroyable projet d\u2019exp\u00e9dition en Mauritanie, \u00e0 la rencontre des nomades du d\u00e9sert. Le territoire fait partie de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais mais il est mal cartographi\u00e9 et peu connu du grand public. Marion s\u2019occupe des sponsors. Le trajet se fera \u00e0 bord d\u2019un langoustier douarneniste, puis \u00e0 dos de chameau.<\/p>\n<p>Le 28 novembre 1933, L\u2018Ouest-\u00e9clair les rencontre au port : \u00ab Deux intr\u00e9pides voyageuses, notre collaboratrice Odette du Puigaudeau et une Rennaise, Mlle Marion S\u00e9nones, partent pour la Mauritanie. Elles sont charg\u00e9es de missions ethnographiques et de reportages. \u00bb Les jeunes femmes posent en vestes de toile bleue, sabots en bois et b\u00e9rets marins.<\/p>\n<p>Espace vierge<\/p>\n<p>Odette \u00e9crit, Marion illustre. Ses dessins \u00e0 la mine de plomb, \u00e0 la plume et \u00e0 l\u2019aquarelle sont bouleversants de vitalit\u00e9 quand ils racontent la vie familiale sous les tentes, les danses, les gestes des tisserandes et des puisatiers.<\/p>\n<p>Le couple d\u00e9couvre le d\u00e9sert, un espace vierge o\u00f9 s\u2019invente une nouvelle libert\u00e9, loin des contingences parisiennes. La brousse se pare d\u2019une puret\u00e9 biblique, qui ignore \u00ab le morcellement, la cl\u00f4ture, la balafre des routes \u00bb, \u00ab sans couture, comme la tunique du Christ \u00bb. Plus tard, l\u2019Eden r\u00e9v\u00e9lera de sombres facettes : gavage forc\u00e9 des jeunes filles, excision, mariages arrang\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019instar des nomades qu\u2019elles c\u00f4toient, Marion et Odette se nourrissent de lait de chamelle, de riz et d\u2019agneau r\u00f4ti sous la cendre. Dans les avant-postes coloniaux, on s\u2019\u00e9tonne de ces chercheuses qui voyagent sans bottes, ne filtrent pas leur eau et dorment \u00e0 la belle \u00e9toile. \u00ab Les Europ\u00e9ens nous demand\u00e8rent avec candeur, lorsque la caravane fut au complet, o\u00f9 \u00e9taient nos bagages, nos cantines et nos lits pliants\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Entorse aux conventions bourgeoises<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 onze mois en Afrique, et parcouru 4 500 km, Odette et Marion rentrent \u00e0 Paris, charg\u00e9es de photos, dessins, films, objets et roches taill\u00e9es. Le public d\u00e9couvre avec fascination le mode de vie en voie de disparition des nomades. Les deux femmes sont d\u00e9sormais reconnues comme des sp\u00e9cialistes des r\u00e9alit\u00e9s sociales d\u2019Afrique du Nord. Odette \u00e9crit que les bergers, convertis en marins ou boys, \u00ab s\u2019aveulissaient au contact d\u2019une civilisation incompatible avec la leur, tout en amassant de quoi payer l\u2019imp\u00f4t fran\u00e7ais et les redevances de leurs suzerains arabes \u00bb. Ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019estimer la colonisation \u00ab bonne \u00bb si elle \u00ab aide les peuples soumis \u00e0 entrer dans la vie moderne tout en respectant leur identit\u00e9, leurs coutumes, leurs arts, c\u2019est-\u00e0-dire leur g\u00e9nie propre \u00bb, juge une de ses biographes.<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9dition f\u00e9minine, entorse aux conventions bourgeoises, demeure en effet soumise au bon vouloir de l\u2019administration coloniale. Au fil du temps, Marion et sa compagne se font toutefois l\u2019\u00e9cho des droits r\u00e9clam\u00e9s par les colonis\u00e9s. \u00c0 Rabat (Maroc) o\u00f9 elles prennent leur retraite, la Rennaise organise des expositions d\u2019art maure et ouvre un mus\u00e9e du Sahara. Elle d\u00e9c\u00e8de le 3 octobre 1977. Ultime hommage \u00e0 celle qui s\u2019est toujours jou\u00e9e des clivages, son enterrement voit ses amis chr\u00e9tiens et musulmans r\u00e9citer \u00e0 tour de r\u00f4le le De profundis et la Fatiha, sourate d\u2018ouverture du Coran.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019\u00e9cole des Beaux-Arts de Rennes n\u2019est ouverte aux femmes que depuis quatre ans lorsque Marion S\u00e9nones franchit ses&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":300117,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2821],"tags":[1111,11,829,1777,674,1011,27,848,12,584,25],"class_list":{"0":"post-300116","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-rennes","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-bretagne","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-ille-et-vilaine","16":"tag-news","17":"tag-rennes","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114981285699186705","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300116","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=300116"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300116\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/300117"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=300116"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=300116"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=300116"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}