{"id":301710,"date":"2025-08-07T02:05:21","date_gmt":"2025-08-07T02:05:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/301710\/"},"modified":"2025-08-07T02:05:21","modified_gmt":"2025-08-07T02:05:21","slug":"le-made-in-germany-espere-faire-payer-la-taxe-a-ses-clients-americains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/301710\/","title":{"rendered":"le \u00ab\u00a0Made in Germany\u00a0\u00bb esp\u00e8re faire payer la taxe \u00e0 ses clients am\u00e9ricains"},"content":{"rendered":"<p class=\"intro\">\n\tQuand de grands groupes allemands se plaignent du fardeau des droits de douane am\u00e9ricains, les petites et moyennes entreprises du \u201cMittelstand\u201d, colonne vert\u00e9brale de l\u2019\u00e9conomie du pays, esp\u00e8rent toujours \u00e9couler leurs produits hautement sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"dropcap\">Le pari des industriels: sur des segments de niche sans r\u00e9elle alternative aux machines et \u00e9quipements allemands, les clients am\u00e9ricains vont tout simplement absorber la hausse des prix. \u201cC\u2019est le client am\u00e9ricain qui paie la taxe\u201d, r\u00e9sume Thorsten Bauer, codirigeant de <a href=\"https:\/\/xiton-photonics.com\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Xiton Photonics<\/a>, un fabricant de lasers bas\u00e9 \u00e0 Kaiserslautern. \u201cNous ne remarquons rien\u201d, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Avec sa vingtaine de salari\u00e9s, cette entreprise est embl\u00e9matique du \u201cMittelstand\u201d, un tissu de PME le plus souvent familiales et fortement exportatrices, souligne Jan-Philipp Gillmann, responsable de la banque des entreprises pour l\u2019Europe chez Deutsche Bank. Ces entreprises \u201csont en partie prot\u00e9g\u00e9es\u201d car \u201celles sont souvent les seules \u00e0 produire un composant donn\u00e9\u201d, note-t-il. Aussi, le surco\u00fbt des droits de douane \u201cest g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9percut\u00e9 sur le consommateur final\u201d.<\/p>\n<p>Selon un accord-cadre conclu fin juillet entre l\u2019Union europ\u00e9enne et les Etats-Unis, les exportations europ\u00e9ennes vers les \u00c9tats-Unis seront soumises \u00e0 partir de jeudi \u00e0 un droit de douane g\u00e9n\u00e9ral de 15%, sup\u00e9rieur aux niveaux habituels mais bien en de\u00e7\u00e0 des 30% initialement envisag\u00e9s par Donald Trump.<\/p>\n<p>Si les g\u00e9ants allemands comme Volkswagen chiffrent l\u2019impact en milliards d\u2019euros, beaucoup d\u2019entreprises plus modestes esp\u00e8rent passer entre les gouttes. \u201cOn ne peut pas simplement copier le Made in Germany\u201d, affirme Brian F\u00fcrderer, fondateur de Microqore Medical, une PME de 32 salari\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9e dans les \u00e9quipements chirurgicaux. \u201cPour Volkswagen, c\u2019est plus difficile. Mais quand on occupe une vraie niche, la demande suit. En technologie m\u00e9dicale, peu d\u2019acteurs rivalisent avec l\u2019Allemagne\u201d, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Il faudrait que les droits de douane atteignent \u201c30, voire 40%\u201d, pour que la demande am\u00e9ricaine en p\u00e2tisse, selon l\u2019entrepreneur.<\/p>\n<p>Incertitude persistante<\/p>\n<p>L\u2019optimisme des acteurs du Mittelstand, p\u00e9pites de la premi\u00e8re \u00e9conomie europ\u00e9enne, tranche avec les affirmations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de Donald Trump, selon lesquelles ce sont les entreprises \u00e9trang\u00e8res \u2013 et non les consommateurs am\u00e9ricains \u2013 qui devront encaisser les taxes.<\/p>\n<p>Ces derniers mois d\u2019incertitudes ont tout de m\u00eame laiss\u00e9 des traces. Les Etats-Unis \u00e9tant le premier partenaire commercial de l\u2019Allemagne, les coups de semonce tarifaires ont d\u00e9j\u00e0 pes\u00e9. \u201cQuand les droits de douane sont tomb\u00e9s, je n\u2019ai fait aucune vente aux Etats-Unis pendant trois mois\u201d, raconte Thorsten Bauer. \u201cQuand l\u2019avenir est incertain, les clients retardent leurs commandes\u201d, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Il esp\u00e8re que l\u2019accord scellant un taux unique de 15%, comprenant toutes les taxes, suffira \u00e0 relancer les \u00e9changes. Or, la politique commerciale erratique de Washington invite \u00e0 la prudence, comme le cafouillage avec les douanes: un client am\u00e9ricain reste en attente d\u2019un remboursement apr\u00e8s s\u2019\u00eatre vu appliquer \u00e0 tort un droit de 50% sur de l\u2019aluminium import\u00e9, explique-t-il. \u201cIl n\u2019y a pas de s\u00e9curit\u00e9 juridique.\u201d<\/p>\n<p>Du coup, l\u2019entrepreneur cherche \u00e0 \u201cstimuler les ventes en Europe avec des remises\u201d, pour \u201cr\u00e9duire la d\u00e9pendance aux march\u00e9s internationaux\u201d.<\/p>\n<p>\u201cR\u00e9gul\u00e9 \u00e0 mort\u201d<\/p>\n<p>Mais la mission semble relever d\u2019un casse-t\u00eate pour Xiton Photonics, qui r\u00e9alise environ un quart de son chiffre d\u2019affaires aux \u00c9tats-Unis. Les clients sont \u201cplut\u00f4t au Japon, en Chine ou en Am\u00e9rique qu\u2019en Europe\u201d, souligne M. Bauer.<\/p>\n<p>La persistance des tensions g\u00e9opolitiques rendent aussi toute strat\u00e9gie incertaine. \u201cIl peut \u00e9videmment aussi arriver que la Chine d\u00e9cide, du jour au lendemain, de ne plus importer depuis l\u2019UE. Dans ce cas, on n\u2019est qu\u2019une girouette au gr\u00e9 du vent, oblig\u00e9 de se laisser porter\u201d, craint-il.<\/p>\n<p>Produire directement aux Etats-Unis pourrait devenir une option pertinente compte tenu du prix de l\u2019\u00e9nergie et de la lourdeur administrative en Europe, explique M. F\u00fcrderer, dont l\u2019entreprise r\u00e9alise 50% de ses ventes outre-Atlantique.<\/p>\n<p>Quand le gouvernement am\u00e9ricain veut relocaliser la production, en accordant des aides fiscales et autres subventions, \u201cen Europe, on est r\u00e9gul\u00e9 \u00e0 mort\u201d et par cons\u00e9quent \u201cles gens ont peur d\u2019investir ou d\u2019innover\u201d, conclut-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quand de grands groupes allemands se plaignent du fardeau des droits de douane am\u00e9ricains, les petites et moyennes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":301711,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,12,1802],"class_list":{"0":"post-301710","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-news","17":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114985036925705880","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/301710","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=301710"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/301710\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/301711"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=301710"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=301710"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=301710"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}