{"id":302536,"date":"2025-08-07T10:34:13","date_gmt":"2025-08-07T10:34:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/302536\/"},"modified":"2025-08-07T10:34:13","modified_gmt":"2025-08-07T10:34:13","slug":"creer-du-lien-un-artiste-japonais-noue-les-espaces-et-les-corps-avec-des-cordes-actualites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/302536\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Cr\u00e9er du lien\u00a0\u00bb: un artiste japonais noue les espaces et les corps avec des cordes : Actualit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead \">Au coeur de Tokyo, un homme observe une jeune femme attacher les bras de sa mod\u00e8le avec des cordes reli\u00e9es \u00e0 des cha\u00eenes suspendues au plafond, rien \u00e0 voir pourtant avec un bar BDSM, il s&rsquo;agit d&rsquo;un atelier d&rsquo;art.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00c0 48 ans, cet homme, Hajime Kinoko, t-shirt noir et pantalon de sport, est l&rsquo;un des plus connus artistes japonais de \u00ab\u00a0shibari\u00a0\u00bb &#8211; l&rsquo;art des cordes -, faisant sortir cet art des cercles f\u00e9tichistes.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, le BDSM au Japon mettait souvent l&rsquo;accent sur un aspect sale ou d\u00e9gradant, mais je ne trouvais pas cela n\u00e9cessaire, confie-t-il \u00e0 l&rsquo;AFP. Mon but n&rsquo;est pas de blesser (&#8230;) Je ne me place pas dans une relation hi\u00e9rarchique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"lead \">Kinoko d\u00e9couvre le shibari dans les ann\u00e9es 2000 lorsqu&rsquo;il \u00e9tait g\u00e9rant d&rsquo;un bar sadomasochiste dans un quartier anim\u00e9 de la capitale. \u00ab\u00a0Au d\u00e9part, je n&rsquo;\u00e9tais pas sp\u00e9cialement attir\u00e9 par le f\u00e9tichisme\u00a0\u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">Initi\u00e9 par un client, Kinoko apprend \u00e0 attacher le corps f\u00e9minin et trouve son propre style, \u00ab\u00a0bas\u00e9 sur la beaut\u00e9\u00a0\u00bb. Rapidement, ses performances attirent un public croissant, et apportent un nouveau regard.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0J&rsquo;envisage le fait d&rsquo;attacher non seulement des personnes, mais aussi des objets ou des espaces&#8230; comme une forme de peinture sur toile: c&rsquo;est simplement un autre type d&rsquo;expression.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Du f\u00e9tichisme \u00e0 l&rsquo;art visuel &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">Les racines du \u00ab\u00a0shibari\u00a0\u00bb remontent \u00e0 plusieurs si\u00e8cles, lorsque les seigneurs f\u00e9odaux japonais utilisaient la technique martiale du \u00ab\u00a0h\u014dj\u014djutsu\u00a0\u00bb pour ma\u00eetriser les criminels \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque Edo (1603-1868). <\/p>\n<p class=\"lead \">L&rsquo;esth\u00e9tique \u00e9rotique n&rsquo;appara\u00eet au Japon qu&rsquo;au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, \u00e0 travers les illustrations d&rsquo;It\u014d Seiy\u016b, puis popularis\u00e9e par les r\u00e9cits de l&rsquo;\u00e9crivain Dan Oniroku et le cin\u00e9ma japonais.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Le +kinbaku+ renvoie \u00e0 des techniques pr\u00e9cises et restrictives, comme les poignets attach\u00e9s dans le dos. Le shibari est un terme plus large, plus libre. Il n&rsquo;y a pas de d\u00e9finition unique\u202f\u00a0\u00bb, explique Kinoko, qui se pla\u00eet \u00e0 marier l&rsquo;h\u00e9ritage traditionnel avec une approche avant-gardiste.<\/p>\n<p class=\"lead \">Dans le quartier touristique de Shibuya, il a aussi envelopp\u00e9 de cordes bleues une maison aux formes ovo\u00efdes.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0\u202fLe b\u00e2timent \u00e9tait magnifique, mais il lui manquait quelque chose. J&rsquo;ai voulu que la corde s&rsquo;int\u00e8gre naturellement, comme une fissure qui s&rsquo;ouvre doucement\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;artiste \u00e0 l&rsquo;AFP.<\/p>\n<p class=\"lead \">Le propri\u00e9taire de la maison, charm\u00e9 apr\u00e8s avoir vu une autre oeuvre de Kinoko, se souvient: \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait la pi\u00e8ce manquante. Aujourd&rsquo;hui, les passants s&rsquo;arr\u00eatent pour la photographier. C&rsquo;est devenu un lieu d&rsquo;interactions\u00a0\u00bb, une oeuvre d&rsquo;art.<\/p>\n<p class=\"lead \">Parmi ses autres cr\u00e9ations, Hajime Kinoko a notamment install\u00e9 en 2023 d&rsquo;immenses cubes de cordes rouges suspendus sur le toit d&rsquo;un chic centre commercial du centre de Tokyo, et m\u00eame \u00e9rig\u00e9 un \u00ab\u00a0sanctuaire shibari\u00a0\u00bb en plein d\u00e9sert, lors du c\u00e9l\u00e8bre festival am\u00e9ricain Burning Man en 2017.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Pourquoi ne pas tendre des r\u00e9seaux de cordes autour de la tour Eiffel\u00a0\u00bb, lance-t-il, en souriant.<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Cordes sensibles &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">Hajime Kinoko a d&rsquo;abord organis\u00e9 un premier atelier \u00e0 Londres, il y a vingt ans, avant d&rsquo;inviter d&rsquo;autres ma\u00eetres japonais \u00e0 faire d\u00e9couvrir leur art au public europ\u00e9en. \u00ab\u00a0Le shibari s&rsquo;est ensuite r\u00e9pandu tr\u00e8s rapidement\u00a0\u00bb, raconte-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">Mais le succ\u00e8s international de cette pratique ne s&rsquo;est pas fait sans risque.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0\u202fQuand j&rsquo;ai vu des gens en attacher d&rsquo;autres sans savoir ce qu&rsquo;ils faisaient, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;il fallait enseigner. Le shibari peut \u00eatre dangereux\u00a0\u00bb, insiste l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p class=\"lead \">R\u00e9put\u00e9 pour \u00eatre un ma\u00eetre exigeant, il a fond\u00e9 sa propre \u00e9cole, \u00ab\u00a0Ichinawakai\u00a0\u00bb, o\u00f9 il forme une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, de plus en plus f\u00e9minine. <\/p>\n<p class=\"lead \">Parmi elles, \u00ab\u00a0Sen\u00a0\u00bb, 25 ans, est venue sp\u00e9cialement de France. \u00ab\u00a0\u202fJe l&rsquo;ai d\u00e9couvert \u00e0 Paris, lors d&rsquo;une performance. C&rsquo;est l&rsquo;un des seuls artistes de shibari qui a une approche plus artistique (&#8230;) il s&rsquo;est \u00e9mancip\u00e9 des dynamiques originelles\u00a0\u00bb.  <\/p>\n<p class=\"lead \">Pour pouvoir enseigner le shibari, la jeune femme doit valider un cursus en dix niveaux, ma\u00eetriser une vari\u00e9t\u00e9 de noeuds et garantir \u00e0 tout moment la s\u00e9curit\u00e9 de son mod\u00e8le.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Il faut savoir communiquer, rendre beau et ne pas blesser. C&rsquo;est tout cela que j&rsquo;essaie de transmettre. Je me sens responsable\u00a0\u00bb, assure Kinoko. <\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Je veux que le shibari puisse transformer la soci\u00e9t\u00e9. Il y a encore des guerres, des divisions. J&rsquo;aimerais que les gens s&rsquo;entraident davantage. Et le shibari, c&rsquo;est une mani\u00e8re de cr\u00e9er du lien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"small font-weight-bold text-gray3 \"> publi\u00e9 le 7 ao\u00fbt \u00e0 09h50, AFP<\/p>\n<p>                             Partager<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Au coeur de Tokyo, un homme observe une jeune femme attacher les bras de sa mod\u00e8le avec des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":302537,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[3734,1348,1384,1385,44272,251,1386,58,59,1011,27,2070,13791],"class_list":{"0":"post-302536","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-art","9":"tag-arts","10":"tag-arts-and-design","11":"tag-arts-et-design","12":"tag-bondage","13":"tag-culture","14":"tag-design","15":"tag-divertissement","16":"tag-entertainment","17":"tag-fr","18":"tag-france","19":"tag-japon","20":"tag-socit"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114987038418753343","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/302536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=302536"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/302536\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/302537"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=302536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=302536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=302536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}