{"id":308598,"date":"2025-08-10T03:10:30","date_gmt":"2025-08-10T03:10:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/308598\/"},"modified":"2025-08-10T03:10:30","modified_gmt":"2025-08-10T03:10:30","slug":"changement-de-regime-le-texte-integral-du-rapport-soutenu-par-les-cercles-pro-trump-pour-subvertir-lunion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/308598\/","title":{"rendered":"Changement de r\u00e9gime : le texte int\u00e9gral du rapport soutenu par les cercles pro-Trump pour subvertir l\u2019Union"},"content":{"rendered":"<p class=\"intro\">Le plan du rapport de 40 pages pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Washington par le think tank polonais Ordo Iuris et le Mathias Corvinus Collegium hongrois (<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/reset-europe\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">dont le PDF original est t\u00e9l\u00e9chargeable \u00e0 ce lien<\/a>) pourrait se r\u00e9sumer \u00e0 un programme simple\u00a0: subvertir l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p class=\"intro\">Il s\u2019inscrit dans une campagne bien document\u00e9e qui a conduit depuis deux mois l\u2019administration Trump \u00e0 faire de l\u2019Union et de ses \u00c9tats-membres des cibles prioritaire, en accompagnant des tentatives de changement de r\u00e9gime <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/01\/les-hommes-de-georgescu-enquete-sur-le-changement-de-regime-en-roumanie\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">en Roumanie<\/a> et <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/02\/14\/changement-de-regime-le-discours-integral-de-j-d-vance-a-munich\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">en Allemagne<\/a>, en visant l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne par <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/trump-et-la-guerre-commerciale-x\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">des tarifs<\/a> et en faisant de <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/02\/21\/que-veut-trump-en-arctique-geopolitique-des-ambitions-imperiales-au-groenland\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">l\u2019annexion du Groenland<\/a> la clef de vo\u00fbte d\u2019un nouveau projet imp\u00e9rial. L\u2019ensemble de ces initiatives a d\u2019ailleurs conduit la majorit\u00e9 des citoyens europ\u00e9ens \u00e0 consid\u00e9rer le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis comme un <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/20\/les-europeens-face-a-la-guerre-et-trump-10-points-sur-un-sondage-exclusif\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0ennemi\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n<p class=\"intro\">En lisant superficiellement ces 23 propositions, en effet, rien ne serait perdu en apparence. Si le nom de l\u2019Union changerait pour redevenir une \u00ab\u00a0communaut\u00e9 de nations\u00a0\u00bb, les institutions resteraient formellement les m\u00eames \u2014 mais leurs fonctions seraient radicalement transform\u00e9es. Rh\u00e9toriquement, le rapport ne pr\u00e9conise d\u2019ailleurs pas prioritairement une r\u00e9volution mais plut\u00f4t un \u00ab\u00a0retour aux fondamentaux\u00a0\u00bb \u2014 en r\u00e9\u00e9crivant au passage l\u2019histoire de la construction europ\u00e9enne (les plans de Schuman auraient \u00e9t\u00e9 balay\u00e9s, selon le rapport, par la dynamique \u00ab\u00a0f\u00e9d\u00e9raliste-communiste\u00a0\u00bb du manifeste de Ventotene, d\u00e9nonc\u00e9e dans les derniers jours \u00e9galement par la pr\u00e9sidente du Conseil italien Giorgia Meloni).<\/p>\n<p class=\"intro\">Que propose-t-il concr\u00e8tement\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p class=\"intro\">La Commission serait transform\u00e9e en secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral, sans r\u00f4le l\u00e9gislatif ni protocolaire, charg\u00e9e simplement de mettre en \u0153uvre les conclusions du Conseil des ministres (proposition 14). La Cour de justice continuerait d\u2019exister \u2014 mais sans aucun pouvoir r\u00e9el. Le Parlement europ\u00e9en serait purement consultatif. Tout pouvoir d\u00e9cisionnel reposerait sur les \u00c9tats membres r\u00e9unis en Conseil. Selon un m\u00e9canisme qui pourrait permettre de d\u00e9tricoter \u00e0 toute vitesse l\u2019\u00e9difice \u00e9conomique et juridique europ\u00e9en, un principe d\u2019opt-out g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 permettrait \u00e0 un groupe de quatre pays de se retirer \u00e0 tout moment de n\u2019importe quelle l\u00e9gislation commune.<\/p>\n<p class=\"intro\">Les auteurs de ce rapport ne sont pas isol\u00e9s et d\u00e9connect\u00e9s des centres de d\u00e9cision. Ils ont au contraire un poids politique et institutionnel de plus en plus important<\/p>\n<p class=\"intro\">C\u00f4t\u00e9 hongrois, le Mathias Corvinus Collegium (MCC) est le bras arm\u00e9 de Viktor Orb\u00e1n dans le monde de la r\u00e9flexion strat\u00e9gique et de l\u2019\u00e9ducation. Dirig\u00e9 par le principal conseiller du Premier ministre, Bal\u00e1zs Orb\u00e1n, il a re\u00e7u l\u2019\u00e9quivalent d\u20191,3 milliard de dollars de la part de l\u2019\u00c9tat hongrois\u00a0et cherche activement \u00e0 s\u2019implanter \u00e0 Bruxelles depuis quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"intro\">C\u00f4t\u00e9 polonais, le think tank ultraconservateur Ordo Iuris a une influence r\u00e9elle sur le PiS, au pouvoir en Pologne jusqu\u2019\u00e0 2023 et dont plusieurs ministres ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9 s\u2019\u00eatre inspir\u00e9 de ses propositions.<\/p>\n<p class=\"intro\">La nouveaut\u00e9 de cette publication vient du fait qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le les liens \u00e9troits entretenus par ces deux institutions avec les conservateurs am\u00e9ricains de la Heritage Foundation, <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/12\/comment-deux-instituts-hongrois-et-polonais-veulent-demanteler-lunion-europeenne-de-linterieur-avec-laide-de-la-heritage-foundation\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">devant lesquels les auteurs du rapport ont pr\u00e9sent\u00e9 leurs recommandations \u00e0 Washington le 11 mars dernier<\/a>.<\/p>\n<p class=\"intro\">Selon l\u2019ancien Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parlement europ\u00e9en Klaus Welle, ce document confirme l\u2019\u00e9mergence d\u2019une \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/19\/un-art-politique-europeen-peut-contenir-la-derive-des-empires\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">droite destructrice<\/a>\u00a0\u00bb europ\u00e9enne qui s\u2019alimente du mod\u00e8le am\u00e9ricain et s\u2019organise au niveau mondial.<\/p>\n<p class=\"intro\">Le projet du \u00ab\u00a0Great Reset\u00a0\u00bb europ\u00e9en est structur\u00e9 comme un agenda de politiques publiques coh\u00e9rentes pour transformer l\u2019espace juridique, \u00e9conomique et social continental en profondeur. Apr\u00e8s la phase populiste, il correspond selon Klaus Welle \u00e0 une nouvelle \u00e8re qui d\u00e9termine un clivage profond au c\u0153ur de l\u2019Europe, que cherche \u00e0 attiser et \u00e0 exploiter les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique de Donald Trump et J.D. Vance.<\/p>\n<p class=\"intro\">L\u2019influence des priorit\u00e9s mises en avant par la Heritage Foundation, <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/21\/trump-met-le-projet-2025-en-action-les-26-premiers-decrets-du-president-des-etats-unis\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">d\u00e9j\u00e0 en partie adopt\u00e9es par l\u2019administration Trump<\/a>, appara\u00eet de fait tout au long du rapport\u00a0: lutte contre la \u00ab\u00a0bureaucratisation excessive\u00a0\u00bb, suppos\u00e9e \u00ab\u00a0dilution\u00a0\u00bb des identit\u00e9s, d\u00e9nonciation de \u00ab\u00a0concepts banals et n\u00e9buleux comme la diversit\u00e9, le respect de la libert\u00e9, des droits et de la dignit\u00e9, l\u2019\u00c9tat de droit, l\u2019\u00e9galit\u00e9, le pluralisme politique, la s\u00e9paration des pouvoirs, la d\u00e9mocratie, la protection des minorit\u00e9s et le respect de la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"intro\">Les auteurs reprennent \u00e9galement plusieurs \u00e9l\u00e9ments largement mobilis\u00e9s par Elon Musk et J.D. Vance dans son <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/02\/14\/changement-de-regime-le-discours-integral-de-j-d-vance-a-munich\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">son discours de Munich<\/a>, comme le \u00ab\u00a0syst\u00e8me complet de surveillance et de censure des m\u00e9dias ainsi que des plateformes de r\u00e9seaux sociaux mondiaux\u00a0\u00bb suppos\u00e9ment mis en place par la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n<p class=\"intro\">\u00c0 l\u2019encontre de ce que permet d\u2019ordinaire le droit, la m\u00e9thode de r\u00e9forme promue ici consiste au fond \u00e0 vider de leur substance \u2014 m\u00eame lorsqu\u2019elle n\u2019est que faiblement contraignante \u2014 les trait\u00e9s qui structurent l\u2019Union. Par-dessus la norme europ\u00e9enne serait ajout\u00e9 un principe cardinal de \u00ab\u00a0flexibilit\u00e9\u00a0\u00bb permettant, en gros, de tout revoir et d\u2019abandonner toute contrainte de l\u2019Union sans la quitter formellement.<\/p>\n<p>Pr\u00e9ambule\u00a0<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les objectifs ambitieux fix\u00e9s par les strat\u00e9gies de Lisbonne de 2000 et 2010 \u2014 devenir \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie de la connaissance la plus comp\u00e9titive et la plus dynamique du monde, capable d\u2019une croissance \u00e9conomique durable, accompagn\u00e9e d\u2019une am\u00e9lioration quantitative et qualitative de l\u2019emploi et d\u2019une plus grande coh\u00e9sion sociale\u00a0\u00bb \u2014, l\u2019Europe a connu un d\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 au XXIe si\u00e8cle. Bien que l\u2019approche de la \u00ab\u00a0plus grande coh\u00e9sion\u00a0\u00bb se soit av\u00e9r\u00e9e \u00eatre un \u00e9chec retentissant, elle continue d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e comme la solution aux difficult\u00e9s m\u00eames qu\u2019elle cr\u00e9e. L\u2019Union europ\u00e9enne est en train de sombrer rapidement dans le statut de pays arri\u00e9r\u00e9 de troisi\u00e8me ordre (third-rate backwater) sur les plans politique, \u00e9conomique et scientifique. Ce processus a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement d\u00e9cevant pour les soci\u00e9t\u00e9s dynamiques et jeunes d\u2019Europe centrale qui, apr\u00e8s avoir \u00e9merg\u00e9 du bloc communiste, consid\u00e9raient l\u2019Union comme un havre de d\u00e9mocratie, de d\u00e9veloppement et de libert\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>La d\u00e9sint\u00e9gration du r\u00eave europ\u00e9en est en cours, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9vident potentiel intellectuel, moral et entrepreneurial de ses habitants, qui reste \u00e9touff\u00e9 par la bureaucratie en croissance exponentielle et les politiques internes contradictoires qu\u2019elle produit.\u00a0<\/p>\n<p>Les auteurs de ce rapport rejettent vigoureusement les sc\u00e9narios apocalyptiques pr\u00e9disant l\u2019effondrement in\u00e9vitable de notre culture, de nos soci\u00e9t\u00e9s et de nos nations, et entreprennent plut\u00f4t la t\u00e2che d\u2019analyser les causes du r\u00e9cent d\u00e9clin de l\u2019Union europ\u00e9enne. Con\u00e7ue \u00e0 l\u2019origine comme un moyen d\u2019\u00e9viter les conflits pass\u00e9s et comme un m\u00e9canisme pour faciliter la croissance et le d\u00e9veloppement, l\u2019Union est aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis significatifs.\u00a0<\/p>\n<p>La Partie I du rapport pr\u00e9sente les concepts rejet\u00e9s par les auteurs, mais actuellement entretenus par les \u00e9lites europ\u00e9ennes d\u00e9connect\u00e9es \u2014 \u00e0 savoir, la notion de r\u00e9paration de l\u2019Union par une int\u00e9gration plus profonde \u2014 et postule la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0grand reset\u00a0\u00bb du paradigme dominant.\u00a0<\/p>\n<p>La Partie II offre un diagnostic des facteurs qui ont conduit au d\u00e9clin d\u00e9sastreux des nations et des \u00e9conomies europ\u00e9ennes dans le cadre politique, social, \u00e9conomique et id\u00e9ologique actuel. Elle d\u00e9crit les cons\u00e9quences n\u00e9gatives de l\u2019approche actuelle, notamment\u00a0: (a) la limitation de la d\u00e9mocratie\u00a0; (b) l\u2019affaiblissement de la souverainet\u00e9 nationale par la bureaucratie de l\u2019Union et de mani\u00e8re souterraine, malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019un mandat du Trait\u00e9 pour le faire\u00a0; \u00a9 le pi\u00e9tinement des libert\u00e9s civiles par le mainstreaming id\u00e9ologique et les tentatives de contr\u00f4le total pour prot\u00e9ger certaines id\u00e9ologies et leurs partisans\u00a0; (d) les efforts visant \u00e0 \u00e9radiquer la culture et l\u2019identit\u00e9 europ\u00e9ennes, telles qu\u2019exprim\u00e9es dans les nombreuses variantes nationales et r\u00e9gionales, par l\u2019imposition de ce qu\u2019on appelle les \u00ab\u00a0Valeurs Europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb et l\u2019\u00ab\u00a0europ\u00e9anisme culturel\u00a0\u00bb, qui ressemblent \u00e9trangement aux concepts d\u2019\u00ab\u00a0Homme Sovi\u00e9tique\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0Culture Sovi\u00e9tique\u00a0\u00bb\u00a0; (e) la d\u00e9stabilisation de la s\u00e9curit\u00e9 dans les pays, les villes et les quartiers europ\u00e9ens, dans ce qui semble \u00eatre un effort pour saper la coh\u00e9sion religieuse, culturelle et ethnique au nom du multiculturalisme\u00a0; et (f) la destruction de la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique aux niveaux r\u00e9gional, national et europ\u00e9en, en raison de l\u2019imposition d\u2019exigences bureaucratiques \u00e9touffantes et de co\u00fbts exorbitants, \u00e0 la fois de la part de la bureaucratie elle-m\u00eame et de ses d\u00e9cisions souvent irrationnelles.\u00a0<\/p>\n<p>La Partie III de ce rapport \u2014ayant rejet\u00e9 la fausse dichotomie selon laquelle l\u2019Europe ne peut qu\u2019exister sous la forme d\u2019un super-\u00c9tat europ\u00e9en totalitaire ou renoncer \u00e0 toute possibilit\u00e9 de coop\u00e9ration\u2014 pr\u00e9sente deux sc\u00e9narios pour gu\u00e9rir l\u2019Europe\u00a0: (SC\u00c9NARIO I \u00ab\u00a0Retour aux Fondamentaux\u00a0\u00bb) r\u00e9former l\u2019Union europ\u00e9enne selon des principes qui refl\u00e8tent la nature et les cultures des peuples europ\u00e9ens, ou (SC\u00c9NARIO II \u00ab\u00a0Nouveau D\u00e9part) r\u00e9initialiser l\u2019Union en dissolvant ses structures actuelles et en \u00e9tablissant une nouvelle Union \u00e9conomique europ\u00e9enne, fond\u00e9e sur les m\u00eames principes.\u00a0<\/p>\n<p>Les principes \u00e0 mettre en \u0153uvre dans l\u2019une ou l\u2019autre approche pour restaurer l\u2019Europe comprennent\u00a0: la souverainet\u00e9 nationale\u00a0; la pluralit\u00e9 des communaut\u00e9s poursuivant des programmes de coop\u00e9ration approfondie convenus d\u2019un commun accord\u00a0; la nature volontaire et r\u00e9vocable de la coop\u00e9ration approfondie\u00a0; la nature intergouvernementale de la coop\u00e9ration\u00a0; l\u2019application stricte du Principe d\u2019Attribution, conform\u00e9ment aux mandats nationaux\u00a0; et le respect rigoureux du principe de subsidiarit\u00e9.<\/p>\n<p>SC\u00c9NARIO I \u2014 \u00ab\u00a0Retour aux fondamentaux\u00a0\u00bb pr\u00e9sente 23 propositions de r\u00e9forme organisationnelle de l\u2019Union, visant \u00e0 atteindre huit objectifs cl\u00e9s pour am\u00e9liorer le fonctionnement de l\u2019Union\u00a0: (I) Accro\u00eetre la flexibilit\u00e9 au sein de l\u2019Union pour s\u2019adapter \u00e0 diff\u00e9rents niveaux d\u2019int\u00e9gration\u00a0; (II) R\u00e9\u00e9valuer et faire respecter les comp\u00e9tences de l\u2019Union telles que d\u00e9finies\u00a0; (III) Renforcer et \u00e9largir l\u2019application de la r\u00e8gle de l\u2019unanimit\u00e9\u00a0; (IV) Garantir la primaut\u00e9 des constitutions nationales sur le droit europ\u00e9en\u00a0; (V) Red\u00e9finir le r\u00f4le de la Commission europ\u00e9enne en tant que fonction de soutien, sous le contr\u00f4le strict des \u00c9tats-membres\u00a0; (VI) \u00c9lever le r\u00f4le du Conseil europ\u00e9en et du Conseil des ministres\u00a0; (VII) Red\u00e9finir et r\u00e9duire le r\u00f4le de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne au r\u00e8glement des diff\u00e9rends, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la l\u00e9gislation par l\u2019interpr\u00e9tation des Trait\u00e9s\u00a0; (VIII) R\u00e9duire le r\u00f4le du Parlement europ\u00e9en \u00e0 une fonction consultative.\u00a0<\/p>\n<p>SC\u00c9NARIO II\u2014 \u00ab\u00a0Un Nouveau Commencement\u00a0\u00bb pr\u00e9sente la vision d\u2019un changement radical par rapport aux actuelles structures bureaucratiques, lourdes, inefficaces et co\u00fbteuses, plaidant pour la dissolution de l\u2019Union sous sa forme actuelle et la mise en place d\u2019un nouveau cadre organisationnel pour la coop\u00e9ration europ\u00e9enne. Ce nouveau cadre respecterait les principes fondamentaux de la coop\u00e9ration, garantissant la r\u00e9alisation des objectifs de coop\u00e9ration en Europe.\u00a0<\/p>\n<p>Le choix du sc\u00e9nario \u00e0 mettre en \u0153uvre devrait \u00eatre guid\u00e9 par une \u00e9valuation de l\u2019approche la plus adapt\u00e9e pour relever les d\u00e9fis du XXIe si\u00e8cle, en particulier en termes d\u2019efficacit\u00e9, d\u2019adaptabilit\u00e9, de co\u00fbt de la coop\u00e9ration et de faisabilit\u00e9 de l\u2019int\u00e9gration des changements dans les structures existantes.<\/p>\n<p>1 \u2014 Introduction<\/p>\n<p>I.I. Pourquoi un Great Reset\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p>Il y a plus de 70 ans, lorsque six pays occidentaux ont cr\u00e9\u00e9 la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne du charbon et de l\u2019acier (CECA), peu de gens auraient pu pr\u00e9dire qu\u2019elle deviendrait l\u2019une des organisations internationales les plus puissantes au monde \u2014une organisation dot\u00e9e de sa propre monnaie, d\u2019un noyau diplomatique, d\u2019un appareil administratif, d\u2019un parlement, d\u2019un ordre juridique autonome, et m\u00eame d\u2019une cour constitutionnelle capable de faire annuler des lois nationales et d\u2019imposer des sanctions financi\u00e8res aux \u00c9tats-membres tax\u00e9s de non-conformit\u00e9. Pourtant, cette transformation a eu lieu\u00a0: au fil du temps, une unique organisation s\u2019est chang\u00e9e en trois \u2014 la CECA, la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne de l\u2019\u00e9nergie atomique (Euratom) et la Communaut\u00e9 \u00e9conomique europ\u00e9enne (CEE) \u2014 qui sont devenues collectivement connues sous le nom de Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes. Celles-ci ont \u00e0 leur tour \u00e9volu\u00e9 pour devenir ce qui est aujourd\u2019hui l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0. Ce qui \u00e9tait au d\u00e9part une vision relativement simple du libre-\u00e9change, de la libre circulation et de la coexistence pacifique entre \u00c9tats a abouti \u00e0 un projet ambitieux visant \u00e0 poser les \u00ab\u00a0fondations du nouvel ordre mondial\u00a0\u00bb\u00a0, l\u2019Union fa\u00e7onnant aujourd\u2019hui, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, pratiquement tous les aspects de la gouvernance en Europe\u00a0.<\/p>\n<p>Il est largement reconnu que l\u2019Union est aujourd\u2019hui confront\u00e9e \u00e0 une crise existentielle\u00a0. Certains affirment que la solution r\u00e9side dans \u00ab\u00a0plus d\u2019Europe\u00a0\u00bb\u00a0 et plaident pour \u00ab\u00a0acc\u00e9l\u00e9rer le processus d\u2019int\u00e9gration\u00a0\u00bb\u00a0 \u2014 en substance, ce sont des euph\u00e9mismes pour d\u00e9signer une f\u00e9d\u00e9ralisation accrue. Cependant, l\u2019int\u00e9gration s\u2019acc\u00e9l\u00e8re depuis des d\u00e9cennies et non seulement elle a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher la crise actuelle, mais elle l\u2019a aussi provoqu\u00e9e. Selon nous, la r\u00e9ponse se trouve ailleurs\u00a0: dans un retour aux principes fondateurs du projet europ\u00e9en. L\u2019accent ne devrait pas \u00eatre mis sur la \u00ab\u00a0souverainet\u00e9 de l\u2019Union\u00a0\u00bb\u00a0, mais sur la souverainet\u00e9 nationale\u00a0; pas sur la l\u00e9gislation judiciaire impos\u00e9e par une cour supranationale de juges non \u00e9lus, mais sur l\u2019\u00c9tat de droit\u00a0; pas sur la domination d\u2019institutions technocratiques, mais sur la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative\u00a0; pas sur la centralisation, mais sur la subsidiarit\u00e9\u00a0; pas sur les r\u00e9glementations impos\u00e9es, mais sur le libre march\u00e9\u00a0; et pas sur la censure id\u00e9ologique, mais sur la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n<p>2 \u2014 Diagnostic\u00a0<\/p>\n<p>2. I. L\u2019\u00e9tat actuel de l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019Union n\u2019est pas une organisation internationale \u00ab\u00a0ordinaire\u00a0\u00bb comme l\u2019OCDE, l\u2019ASEAN ou m\u00eame l\u2019ONU. Elle est souvent d\u00e9crite comme \u00ab\u00a0une cat\u00e9gorie particuli\u00e8re d\u2019organisation\u00a0\u00bb\u00a0, \u00ab\u00a0l\u2019organisation internationale la plus cons\u00e9quente et la plus intrusive\u00a0\u00bb\u00a0, \u00ab\u00a0moins qu\u2019une f\u00e9d\u00e9ration, plus qu\u2019un r\u00e9gime\u00a0\u00bb\u00a0, \u00ab\u00a0un cas classique de f\u00e9d\u00e9ralisme sans f\u00e9d\u00e9ration\u00a0\u00bb\u00a0, ou \u00ab\u00a0un syst\u00e8me constitutionnel quasi-f\u00e9d\u00e9ral\u00a0\u00bb\u00a0. Certains reconnaissent m\u00eame l\u2019Union comme \u00ab\u00a0une f\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00c9tats souverains\u00a0\u00bb\u00a0 ou simplement \u00ab\u00a0une f\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00c9tats\u00a0\u00bb, \u00e9tablissant des parall\u00e8les avec les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique \u2014une association d\u2019\u00c9tats dot\u00e9e d\u2019une administration, d\u2019un budget et de pouvoirs propres\u00a0: \u00ab\u00a0Il est facile de voir les parall\u00e8les entre la structure institutionnelle de l\u2019Union (Parlement europ\u00e9en, Conseil, Commission) et un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral avec un syst\u00e8me parlementaire bicam\u00e9ral.\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019Union europ\u00e9enne conserve encore des caract\u00e9ristiques d\u2019une organisation internationale (par exemple, le r\u00f4le pr\u00e9dominant des gouvernements repr\u00e9sent\u00e9s au Conseil et au Conseil europ\u00e9en\u00a0; les d\u00e9cisions importantes sont encore bas\u00e9es sur le vote \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9\u00a0; m\u00eame lorsque l\u2019unanimit\u00e9 n\u2019est pas requise, la plupart des d\u00e9cisions sont adopt\u00e9es par consensus\u00a0; de nombreux domaines de politique publique restent g\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re autonome par les \u00c9tats individuels\u00a0; chaque \u00c9tat conserve le droit de se retirer de l\u2019organisation). En m\u00eame temps, \u00e0 d\u2019autres \u00e9gards, l\u2019Union ressemble \u00e0 un \u00c9tat (par exemple, de nombreuses d\u00e9cisions sont prises par un vote \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e ou simple\u00a0; un march\u00e9 int\u00e9rieur commun\u00a0; une l\u00e9gislation directement applicable\u00a0; la citoyennet\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0; l\u2019Euro comme monnaie\u00a0; une fonction publique supranationale\u00a0; le Service europ\u00e9en pour l\u2019action ext\u00e9rieure comme force diplomatique montante\u00a0; la Charte des droits fondamentaux comme fondement constitutionnel des principes communs\u00a0; et la cr\u00e9ation du Parquet europ\u00e9en)\u00a0. N\u00e9anmoins, l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Union sur ses \u00c9tats membres reste moins \u00e9tendue que celle du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral am\u00e9ricain sur ses \u00c9tats\u00a0 \u2014du moins, pour l\u2019instant. Mais qui sait combien de temps cela durera\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne \u00e9volue constamment dans une direction qui nous pr\u00e9occupe profond\u00e9ment, sapant les valeurs qui nous sont ch\u00e8res\u00a0: la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, la souverainet\u00e9, le respect de l\u2019identit\u00e9 culturelle nationale, le pluralisme des opinions, la libert\u00e9 et le d\u00e9veloppement \u00e9conomiques, la famille (mari, femme et enfants) en tant qu\u2019unit\u00e9 naturelle et fondamentale de la soci\u00e9t\u00e9, et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>a) Le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique\u00a0<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, nous sommes pr\u00e9occup\u00e9s par le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique au sein du syst\u00e8me de l\u2019Union europ\u00e9enne, un sujet qui fait l\u2019objet de nombreuses discussions depuis des ann\u00e9es\u00a0. Nous ne partageons pas l\u2019optimisme des auteurs qui estiment que l\u2019Europe a r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er \u00ab\u00a0une organisation internationale d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb, qui serait \u00ab\u00a0une union d\u2019\u00c9tats d\u00e9mocratiques jouissant d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique propre\u00a0\u00bb\u00a0.<\/p>\n<p>Selon nous, l\u2019essence de la d\u00e9mocratie s\u2019exprime dans le principe de la repr\u00e9sentation nationale\u00a0: des \u00e9lus qui agissent au nom des citoyens d\u2019une communaut\u00e9 distincte qui partage une culture, une histoire et des int\u00e9r\u00eats communs. Il n\u2019y a pas de repr\u00e9sentation sans communaut\u00e9 politique et il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable communaut\u00e9 politique sans nation.<\/p>\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne est confront\u00e9e \u00e0 un manque critique de d\u00e9mocratie car la plupart de ses institutions ne sont pas \u00e9lues par le peuple, mais plut\u00f4t par des politiciens, des experts autoproclam\u00e9s et des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile choisies. Il s\u2019agit notamment de la Commission europ\u00e9enne, de la Cour de justice, de la Banque centrale europ\u00e9enne et de nombreuses agences ex\u00e9cutives. Le Conseil et le Conseil europ\u00e9en souffrent d\u2019un s\u00e9v\u00e8re manque de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, encore aggrav\u00e9 par leurs processus d\u00e9cisionnels non transparents et le recours de plus en plus r\u00e9pandu au principe du vote \u00e0 la majorit\u00e9. En cons\u00e9quence, \u00ab\u00a0le marchandage au sein du Conseil et de ses organes pr\u00e9paratoires rend le processus d\u00e9cisionnel de l\u2019Union plus opaque\u00a0; les citoyens ne peuvent souvent pas tenir leurs gouvernements responsables des n\u00e9gociations au Conseil, car ils ne savent tout simplement pas ce qui se passe.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Le Parlement europ\u00e9en poss\u00e8de formellement une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique directe, car il est \u00e9lu au suffrage universel. Cependant, son mandat d\u00e9coule d\u2019un conglom\u00e9rat de 27 nations aux histoires, cultures, langues et int\u00e9r\u00eats distincts. Il est donc difficile de d\u00e9terminer quelle \u00ab\u00a0communaut\u00e9 politique\u00a0\u00bb il repr\u00e9sente r\u00e9ellement. Certains identifient le d\u00e9ficit d\u00e9mocratique dans la \u00ab\u00a0prise de d\u00e9cision de plus en plus intergouvernementale\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0r\u00f4le marginal du Parlement europ\u00e9en\u00a0\u00bb\u00a0. Ils proposent de rapprocher l\u2019Union du mod\u00e8le d\u2019une \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie parlementaire totale\u00a0\u00bb avec un syst\u00e8me bicam\u00e9ral, en renfor\u00e7ant le Parlement europ\u00e9en tout en affaiblissant le Conseil et le Conseil europ\u00e9en\u00a0. Nous sommes en total d\u00e9saccord avec ce point de vue, car il repose sur l\u2019hypoth\u00e8se erron\u00e9e qu\u2019une \u00ab\u00a0nation europ\u00e9enne\u00a0\u00bb existe \u2014 hypoth\u00e8se qui ne tient pas compte de l\u2019absence d\u2019un demos commun, d\u2019une sph\u00e8re publique partag\u00e9e ou de citoyens qui partagent des souvenirs et des exp\u00e9riences communs\u00a0.\u00a0<\/p>\n<p>Une alternative possible est le concept de \u00ab\u00a0d\u00e9mo\u00efcratie\u00a0\u00bb europ\u00e9enne\u00a0, d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0une Union de peuples qui gouvernent ensemble, mais pas comme un seul\u00a0\u00bb\u00a0, qui rejette la prise de d\u00e9cision majoritaire au niveau supranational et se concentre plut\u00f4t sur la d\u00e9lib\u00e9ration et la coop\u00e9ration transnationales au sein du Conseil europ\u00e9en.\u00a0<\/p>\n<p>b) L\u2019affaiblissement de la souverainet\u00e9 nationale\u00a0<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un nouveau type de menace pour la souverainet\u00e9 des \u00c9tats\u00a0: l\u2019expansion politique et juridique des organisations internationales, qui prive progressivement les nations du contr\u00f4le sur des domaines successifs de politique publique. Les limites des pouvoirs de l\u2019Union sont cens\u00e9es \u00eatre r\u00e9gies par le soi-disant \u00ab\u00a0principe d\u2019attribution\u00a0\u00bb, selon lequel \u00ab\u00a0l\u2019Union n\u2019agit que dans les limites des comp\u00e9tences que les \u00c9tats membres lui ont attribu\u00e9es dans les trait\u00e9s pour atteindre les objectifs que ces trait\u00e9s \u00e9tablissent. Toute comp\u00e9tence non attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019Union dans les trait\u00e9s appartient aux \u00c9tats membres\u00a0\u00bb (art. 5(2) du TUE). La loi d\u00e9finit clairement les domaines que l\u2019Union peut r\u00e9glementer et les cas o\u00f9 elle doit partager ses comp\u00e9tences avec les \u00c9tats membres (art. 3-4 du TFUE). En r\u00e9alit\u00e9, cependant, les institutions de l\u2019Union consid\u00e8rent que leur r\u00f4le s\u2019\u00e9tend bien au-del\u00e0 des limites fix\u00e9es par les Trait\u00e9s. Elles agissent m\u00eame sans base juridique explicite si elles estiment qu\u2019une action particuli\u00e8re est n\u00e9cessaire pour \u00ab\u00a0assurer l\u2019efficacit\u00e9\u00a0\u00bb du droit de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p>En outre, le principe de subsidiarit\u00e9 ne s\u2019applique qu\u2019en th\u00e9orie. Formellement parlant, dans les domaines qui ne rel\u00e8vent pas de sa comp\u00e9tence exclusive, \u00ab\u00a0l\u2019Union intervient seulement si, et dans la mesure o\u00f9, les objectifs de l\u2019action envisag\u00e9e ne peuvent pas \u00eatre atteints de mani\u00e8re suffisante par les \u00c9tats membres, tant au niveau central qu\u2019au niveau r\u00e9gional et local, mais peuvent l\u2019\u00eatre mieux, en raison des dimensions ou des effets de l\u2019action envisag\u00e9e, au niveau de l\u2019Union.\u00a0\u00bb (art. 5(3) TUE). Dans la pratique, cependant, les institutions de l\u2019Union ont tendance \u00e0 supposer le contraire \u2014 que c\u2019est l\u2019Union qui devrait normalement exercer les comp\u00e9tences partag\u00e9es, \u00e0 moins que les \u00c9tats membres ne prouvent qu\u2019ils sont incapables de le faire efficacement\u00a0. Il n\u2019est que l\u00e9g\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9 de dire que les comp\u00e9tences qui, en th\u00e9orie, sont partag\u00e9es entre l\u2019Union et les \u00c9tats membres (telles que celles li\u00e9es au march\u00e9 int\u00e9rieur, \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, ou \u00e0 l\u2019Espace de libert\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 et de justice) sont, en pratique, exerc\u00e9es principalement par l\u2019Union europ\u00e9enne seule.<\/p>\n<p>Bien que les trait\u00e9s soient rest\u00e9s formellement inchang\u00e9s pendant de nombreuses ann\u00e9es, les institutions de l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00e9tendre leurs pouvoirs par une m\u00e9thode du fait accompli\u00a0: mener des actions sans base juridique, en esp\u00e9rant qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019opposition de la part des \u00c9tats membres, puis inventer des justifications juridiques pour ces actions a posteriori, en s\u2019appuyant souvent sur des concepts vagues tels que l\u2019interpr\u00e9tation dynamique, l\u2019effet de spillover ou le principe de l\u2019effet utile.\u00a0<\/p>\n<p>La grande coalition des centralistes domine \u00e0 la fois le Parlement europ\u00e9en et le Conseil, consid\u00e9rant l\u2019int\u00e9gration sans fin comme une valeur sup\u00e9rieure \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale. Il en r\u00e9sulte une inflation du droit communautaire, qui se manifeste essentiellement de deux mani\u00e8res\u00a0: premi\u00e8rement, la monopolisation progressive de domaines de politique publique qui \u00e9taient cens\u00e9s \u00eatre partag\u00e9s avec les \u00c9tats (comme l\u2019\u00e9nergie), qui, l\u00e9galement, pourraient en th\u00e9orie \u00eatre assum\u00e9s par l\u2019Union si elle est mieux plac\u00e9e pour le faire \u2014une question claire de subsidiarit\u00e9\u00a0; et deuxi\u00e8mement, l\u2019harmonisation de domaines qui \u00e9taient cens\u00e9s rester de la comp\u00e9tence exclusive des \u00c9tats membres (comme le droit de la famille).\u00a0<\/p>\n<p>La Cour de justice a \u00e9volu\u00e9, passant d\u2019un simple organe judiciaire cr\u00e9\u00e9 pour clarifier les doutes sur l\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union dans des affaires sp\u00e9cifiques en instance devant les tribunaux nationaux, \u00e0 quelque chose de bien plus important\u00a0: une cour supr\u00eame\u00a0, dont les d\u00e9cisions sont contraignantes pour tous les juridictions nationales, m\u00eame dans les domaines non r\u00e9glement\u00e9s par le droit de l\u2019Union\u00a0; une cour constitutionnelle\u00a0, qui annule les lois nationales jug\u00e9es contraires au droit de l\u2019Union\u00a0; et m\u00eame un l\u00e9gislateur \u00e9dictant le droit positif\u00a0, qui accorde aux juridictions nationales et aux administrations publiques le pouvoir de contr\u00f4ler de mani\u00e8re ind\u00e9pendante la compatibilit\u00e9 des lois nationales avec le droit de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p>La Commission europ\u00e9enne, quant \u00e0 elle, a occup\u00e9 une position exceptionnellement influente d\u00e8s ses d\u00e9buts, en tant qu\u2019institution ouvertement supranationale ayant le monopole pour \u00e9tablir l\u2019ordre du jour du Conseil et pr\u00e9parer la l\u00e9gislation, ainsi que le contr\u00f4le de sa mise en \u0153uvre en tant que gardienne des Trait\u00e9s\u00a0. Pendant de nombreuses ann\u00e9es, la Commission a agi en tant qu\u2019\u00ab\u00a0entrepreneur politique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l\u00e9gislateur de facto\u00a0\u00bb\u00a0, utilisant habilement son initiative l\u00e9gislative illimit\u00e9e, qui lui permet de fa\u00e7onner directement la politique de l\u2019Union europ\u00e9enne presque sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec le Conseil et le Conseil europ\u00e9en.\u00a0<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019outil le plus puissant \u00e0 la disposition de la Commission a \u00e9t\u00e9 \u2014 et reste \u2014 l\u2019ouverture de la dite proc\u00e9dure d\u2019infraction (art. 258-260 TFUE), par laquelle les \u00c9tats membres accus\u00e9s d\u2019avoir enfreint le droit de l\u2019Union peuvent \u00eatre soumis \u00e0 des sanctions financi\u00e8res, dont les montants sont d\u00e9termin\u00e9s de mani\u00e8re discr\u00e9tionnaire par la Cour de justice. Le caract\u00e8re discr\u00e9tionnaire de cette proc\u00e9dure, qui permet \u00e0 la Commission d\u2019engager des poursuites sans justification pr\u00e9cise, renforce l\u2019arbitraire des actions de l\u2019Union, portant ainsi atteinte \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment fondamental de l\u2019\u00c9tat de droit\u00a0: la transparence de la base juridique et factuelle des d\u00e9cisions faisant autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, la proc\u00e9dure d\u2019infraction servait principalement \u00e0 garantir la mise en \u0153uvre en temps voulu des directives adopt\u00e9es par le Parlement europ\u00e9en et le Conseil. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, cependant, elle a de plus en plus \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un outil de d\u00e9mocratie militante\u00a0 \u2014 utilis\u00e9 pour imposer une interpr\u00e9tation unique et d\u00e9finitive des valeurs europ\u00e9ennes, telles que l\u2019\u00c9tat de droit, \u00e0 tous les \u00c9tats membres, ind\u00e9pendamment de leurs r\u00e8gles et traditions constitutionnelles. Cette perspective n\u2019est pas seulement d\u00e9fendue par des universitaires, mais \u00e9galement reprise par des dirigeants europ\u00e9ens, dont le chancelier allemand Olaf Scholz. En 2023, il a ouvertement encourag\u00e9 une utilisation plus affirm\u00e9e de cet instrument, d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab\u00a0Alors pourquoi ne pas profiter de la prochaine discussion sur la r\u00e9forme de l\u2019Union pour renforcer la Commission europ\u00e9enne afin qu\u2019elle lance des proc\u00e9dures d\u2019infraction chaque fois que nos valeurs fondamentales sont viol\u00e9es\u00a0: libert\u00e9, d\u00e9mocratie, \u00e9galit\u00e9, \u00c9tat de droit et d\u00e9fense des droits de l\u2019homme\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>En 2021, le dit m\u00e9canisme de conditionnalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 introduit, permettant au Conseil, \u00e0 la demande de la Commission europ\u00e9enne, de suspendre le versement de fonds de l\u2019Union \u00e0 un \u00c9tat membre qui \u00ab\u00a0enfreint les principes de l\u2019\u00c9tat de droit\u00a0\u00bb et par-l\u00e0 \u00ab\u00a0affecte ou risque s\u00e9rieusement d\u2019affecter la bonne gestion financi\u00e8re du budget de l\u2019Union ou la protection des int\u00e9r\u00eats financiers de l\u2019Union\u00a0\u00bb\u00a0. Si, en th\u00e9orie, la sauvegarde de l\u2019\u00c9tat de droit est un objectif louable, dans la pratique, ce m\u00e9canisme repr\u00e9sente l\u2019instrument le plus puissant \u2014 et le plus dangereux \u2014 de l\u2019Union, car il peut servir de pr\u00e9texte commode aux \u00c9tats membres les plus forts pour exercer une pression politique sur les plus faibles en retenant des fonds qui leur sont l\u00e9galement dus\u00a0. \u00c9tant donn\u00e9 que le concept d\u2019\u00c9tat de droit est intrins\u00e8quement vague et susceptible d\u2019interpr\u00e9tation subjective, cela cr\u00e9e un potentiel d\u2019abus important \u2014 permettant de justifier les sanctions financi\u00e8res sur la base de consid\u00e9rations politiques plut\u00f4t que de principes juridiques objectifs.\u00a0<\/p>\n<p>Une position si forte de la Commission n\u2019est soutenue par aucune forme de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique. C\u2019est pourquoi la Commission est de plus en plus per\u00e7ue comme \u00ab\u00a0un groupe \u00e9litiste d\u2019experts non \u00e9lus qui prennent des d\u00e9cisions sans participation suffisante des citoyens\u00a0\u00bb\u00a0.<\/p>\n<p>Pourtant, cette spectaculaire extension des pouvoirs ne suffit toujours pas \u00e0 la majorit\u00e9 au pouvoir parmi les \u00e9lites europ\u00e9ennes. En 2023, le Parlement europ\u00e9en a propos\u00e9 un vaste ensemble d\u2019amendements de trait\u00e9s, pr\u00e9conisant l\u2019\u00e9largissement des comp\u00e9tences de l\u2019Union en mati\u00e8re de politique climatique, d\u2019\u00e9nergie, de s\u00e9curit\u00e9, d\u2019\u00e9conomie et de politique sociale\u00a0; l\u2019abolition pratique du principe d\u2019unanimit\u00e9\u00a0; un r\u00f4le accru pour la Cour de justice\u00a0; et la transformation de la Commission europ\u00e9enne en un \u00ab\u00a0Ex\u00e9cutif\u00a0\u00bb rappelant de mani\u00e8re frappante un gouvernement f\u00e9d\u00e9ral\u00a0.<\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me point du pr\u00e9ambule de sa r\u00e9solution, le Parlement europ\u00e9en fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence au Manifeste de Ventotene (\u00ab\u00a0au regard du Manifeste de Ventotene\u00a0\u00bb). Ce manifeste, r\u00e9dig\u00e9 en 1941 par trois communistes italiens \u2014Altiero Spinelli, Ernesto Rossi et Eugenio Colorni\u2014 pr\u00e9sente des similitudes notables, tant sur le plan du langage que de l\u2019id\u00e9ologie, avec un autre manifeste r\u00e9dig\u00e9 un si\u00e8cle plus t\u00f4t\u00a0: le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels. Le Manifeste de Ventotene appelait \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019abolition de la division de l\u2019Europe en \u00c9tats-nations souverains\u00a0\u00bb et \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral europ\u00e9en unique, les \u00ab\u00a0\u00c9tats-Unis d\u2019Europe\u00a0\u00bb. Spinelli \u00e9tait encore plus explicite, d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab\u00a0La dictature du parti r\u00e9volutionnaire cr\u00e9era un nouvel \u00c9tat et, autour de lui\u2014une nouvelle et v\u00e9ritable d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, Spinelli a travaill\u00e9 activement \u00e0 faire avancer cette vision f\u00e9d\u00e9raliste-communiste, occupant des postes \u00e0 la Commission europ\u00e9enne puis au Parlement europ\u00e9en. En 1984, il a r\u00e9dig\u00e9 une proposition de nouveau trait\u00e9 visant \u00e0 remplacer les Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes par une Union europ\u00e9enne. Ses id\u00e9es ont influenc\u00e9 l\u2019Acte unique europ\u00e9en de 1986, le trait\u00e9 de Maastricht de 1992 et, enfin, le trait\u00e9 de Lisbonne de 2007. La cr\u00e9ation d\u2019un gouvernement europ\u00e9en commun et d\u2019une arm\u00e9e europ\u00e9enne unifi\u00e9e reste la derni\u00e8re \u00e9tape vers la r\u00e9alisation de sa vision. Depuis 2010, la pression en faveur de la f\u00e9d\u00e9ralisation s\u2019est poursuivie au sein du Parlement europ\u00e9en par l\u2019interm\u00e9diaire du Groupe Spinelli \u2014fond\u00e9 principalement par Guy Verhofstadt\u2014 qui a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019avancement des propositions de r\u00e9forme du trait\u00e9 de 2023.\u00a0<\/p>\n<p>Les plus fervents partisans d\u2019une f\u00e9d\u00e9ralisation accrue de l\u2019Union europ\u00e9enne sont l\u2019Allemagne et la France. Depuis 2023, le chancelier allemand et le pr\u00e9sident fran\u00e7ais ont appel\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 des r\u00e9formes de l\u2019Union visant \u00e0 centraliser le pouvoir au sein d\u2019institutions supranationales, bien que l\u2019ampleur de ce processus reste sujette \u00e0 d\u00e9bat. En janvier 2023, la ministre allemande des Affaires europ\u00e9ennes et du Climat, Anna L\u00fchrmann, et son homologue fran\u00e7aise, Laurence Boone, ont charg\u00e9 12 experts dits \u00ab\u00a0ind\u00e9pendants\u00a0\u00bb de r\u00e9diger un rapport sur la r\u00e9forme institutionnelle de l\u2019Union. En septembre 2023, le groupe de travail franco-allemand (\u00e9galement appel\u00e9 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/10\/04\/elargir-et-reformer-lunion-la-feuille-de-route-du-groupe-des-douze\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">le Groupe des Douze<\/a>\u00a0\u00bb) a publi\u00e9 ses conclusions, proposant des r\u00e9visions approfondies du trait\u00e9, notamment\u00a0:<\/p>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>le transfert de tous les domaines politiques restants du vote \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 au vote \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e (VMQ)\u00a0;<\/li>\n<li>une augmentation du seuil de VMQ de 55\u00a0% des \u00c9tats membres repr\u00e9sentant 65\u00a0% de la population de l\u2019Union \u00e0 60\u00a0% des \u00c9tats membres repr\u00e9sentant 60\u00a0% de la population\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>l\u2019harmonisation des lois \u00e9lectorales du Parlement europ\u00e9en\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>un examen des domaines politiques particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux crises ayant des effets transnationaux (par exemple la finance, la sant\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9, le climat et l\u2019environnement)\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>la cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab\u00a0Chambre commune des plus Hautes Cours et Tribunaux de l\u2019Union\u00a0\u00bb pour structurer le dialogue entre les tribunaux europ\u00e9ens et ceux des \u00c9tats membres. Bien qu\u2019elle officialiserait les nombreux contacts informels existant actuellement entre les tribunaux, elle n\u2019aurait pas le pouvoir de rendre des d\u00e9cisions contraignantes\u00a0.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron a souvent d\u00e9fendu sa propre vision de la r\u00e9forme sous le slogan de l\u2019\u00ab\u00a0Europe puissance\u00a0\u00bb \u2014un bloc politique et \u00e9conomique autosuffisant dans les domaines de l\u2019industrie, de l\u2019\u00e9nergie, de l\u2019agriculture et de la d\u00e9fense, capable de rivaliser avec les \u00c9tats-Unis et la Chine. Comme il l\u2019a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 tout ce qui est strat\u00e9gique\u00a0: notre \u00e9nergie \u00e0 la Russie, notre s\u00e9curit\u00e9 \u2014non pas la France, mais plusieurs de nos partenaires\u2014 aux \u00c9tats-Unis, et des perspectives tout aussi critiques \u00e0 la Chine. Nous devons les reprendre.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Si cette vision de l\u2019Europe puissance se concr\u00e9tise, l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e9voluera in\u00e9vitablement vers une forme de \u00ab\u00a0super-\u00c9tat\u00a0\u00bb destin\u00e9 \u00e0 rivaliser avec la Chine et les \u00c9tats-Unis. Toutefois, cela se ferait au d\u00e9triment des id\u00e9aux de la souverainet\u00e9 nationale, de la d\u00e9mocratie ancr\u00e9e dans le principe de repr\u00e9sentation nationale et de l\u2019absorption \u00e9conomique et culturelle des pays plus petits et moins riches par leurs homologues plus grands et plus riches. Nous ne sommes pas convaincus que ce soit un prix \u00e0 payer pour l\u2019illusion d\u2019une ascension politique rapide de l\u2019Union sur la sc\u00e8ne mondiale. En effet, l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Union \u2014d\u00e9j\u00e0 victime d\u2019une r\u00e9glementation excessive et des priorit\u00e9s id\u00e9ologiques du Pacte vert europ\u00e9en et de l\u2019initiative \u00ab\u00a0Fit for 55\u00a0\u00bb\u2014 n\u2019est plus comp\u00e9titive ni avec l\u2019\u00e9conomie chinoise ni avec l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine. Une centralisation accrue de l\u2019Union ne ferait qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer ce d\u00e9clin.<\/p>\n<p>c) Menaces pour les libert\u00e9s civiles et imposition d\u2019une id\u00e9ologie progressiste<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, nous assistons \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de menaces pour les libert\u00e9s civiles \u2014menaces que l\u2019Union europ\u00e9enne soit ignore, soit approuve activement. Malgr\u00e9 ses d\u00e9clarations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d\u2019engagement en faveur des droits de l\u2019homme, l\u2019Union applique ces principes de mani\u00e8re s\u00e9lective. Elle refuse de prot\u00e9ger ceux qui en ont le plus besoin en sapant le droit des \u00c9tats membres d\u2019accorder aux enfants \u00e0 na\u00eetre ou aux patients handicap\u00e9s un niveau de protection plus \u00e9lev\u00e9 contre l\u2019avortement et l\u2019euthanasie\u00a0. En outre, elle fait pression sur les \u00c9tats membres pour qu\u2019ils l\u00e9galisent l\u2019avortement sur demande\u00a0. La libert\u00e9 de conscience est pleinement garantie avant tout pour les non-croyants, tandis que les personnes religieuses de certains pays doivent se contenter du droit limit\u00e9 de pratiquer leur foi dans des lieux de culte d\u00e9sign\u00e9s, avec des restrictions sur la manifestation publique de leurs croyances (par exemple, sur le lieu de travail)\u00a0. Parall\u00e8lement, les garanties de la libert\u00e9 d\u2019expression sont \u00e9rod\u00e9es par des r\u00e9glementations qui criminalisent les soi-disant \u00ab\u00a0discours haineux\u00a0\u00bb \u2014un terme d\u00e9fini de mani\u00e8re si large qu\u2019il englobe non seulement l\u2019incitation \u00e0 la violence, mais aussi toute d\u00e9claration jug\u00e9e offensante en fonction des sensibilit\u00e9s subjectives de certains groupes (g\u00e9n\u00e9ralement align\u00e9s sur des id\u00e9ologies de gauche)\u00a0.<\/p>\n<p>Depuis de nombreuses ann\u00e9es, la Commission europ\u00e9enne publie divers documents \u2014appel\u00e9s strat\u00e9gies, recommandations ou lignes directrices\u2014 qui, sous pr\u00e9texte de lutter contre la discrimination, le racisme et la x\u00e9nophobie, imposent en pratique aux \u00c9tats membres l\u2019obligation de censurer et de sanctionner s\u00e9v\u00e8rement toute opinion critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de certains groupes sociaux, principalement les communaut\u00e9s homosexuelles et transsexuelles\u00a0, ainsi que les musulmans\u00a0. De plus, sous couvert de lutter contre la d\u00e9sinformation, la Commission met syst\u00e9matiquement en place un syst\u00e8me complet de surveillance et de censure des m\u00e9dias \u2014\u00e0 la fois publics et priv\u00e9s\u2014 ainsi que des plateformes mondiales de r\u00e9seaux sociaux\u00a0. En 2022, le Digital Service Act est entr\u00e9 en vigueur, consolidant diverses mesures l\u00e9gislatives et pratiques d\u2019autor\u00e9gulation de l\u2019Union afin d\u2019\u00e9tablir une surveillance \u00e9tatique plus efficace d\u2019Internet, officiellement pour supprimer les contenus \u00ab\u00a0ill\u00e9gaux\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0discriminatoires\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0haineux\u00a0\u00bb\u00a0. Cependant, ces termes restent d\u00e9finis de mani\u00e8re impr\u00e9cise, ce qui cr\u00e9e des possibilit\u00e9s d\u2019abus potentiels qui portent atteinte \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. En l\u2019absence de d\u00e9finitions juridiques claires des contenus interdits, cette r\u00e9glementation peut \u00eatre utilis\u00e9e pour restreindre les manifestations en ligne d\u2019opinions de droite sur des sujets tels que l\u2019immigration, la religion ou l\u2019avortement en les classant comme \u00ab\u00a0discours haineux\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0contenus discriminatoires\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes est mis \u00e0 mal dans certains pays en raison d\u2019une tol\u00e9rance malavis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de minorit\u00e9s islamiques radicales qui, souvent avec la complicit\u00e9 tacite des politiques d\u2019immigration de l\u2019Union, \u00e9tablissent des enclaves quasi autonomes o\u00f9 la Charia prime sur la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0.<\/p>\n<p>d)\u2002La notion abusive de \u00ab\u00a0Valeurs europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, les institutions de l\u2019Union contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9rosion des identit\u00e9s culturelles et historiques distinctes des \u00c9tats membres en imposant une \u00ab\u00a0identit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0\u00bb nouvelle et artificielle, et en promouvant une forme d\u2019\u00ab\u00a0europ\u00e9anisme culturel\u00a0\u00bb. L\u2019objectif principal de ce processus semble \u00eatre de jeter les bases d\u2019une int\u00e9gration politique et \u00e9conomique plus pouss\u00e9e\u00a0. Pour des raisons qui restent obscures, l\u2019Union europ\u00e9enne semble prendre ses distances par rapport au riche h\u00e9ritage de l\u2019Europe, qui englobe la pens\u00e9e juridique romaine, la philosophie grecque, la religion chr\u00e9tienne, l\u2019\u00e9thique, et l\u2019opulence de cultures nationales uniques. Au lieu de cela, l\u2019Union cherche \u00e0 forger une nouvelle identit\u00e9 collective en invoquant des concepts banals et n\u00e9buleux tels que la diversit\u00e9, le respect de la libert\u00e9, des droits et de la dignit\u00e9, l\u2019\u00c9tat de droit, l\u2019\u00e9galit\u00e9, le pluralisme politique, la s\u00e9paration des pouvoirs, la d\u00e9mocratie, la protection des minorit\u00e9s et le respect de la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0. Ces id\u00e9es se refl\u00e8tent vaguement dans cinq symboles officiels de l\u2019Union\u00a0: le drapeau de l\u2019Union (un cercle de douze \u00e9toiles dor\u00e9es sur fond bleu), l\u2019hymne (l\u2019\u00ab\u00a0Ode \u00e0 la joie\u00a0\u00bb de la Neuvi\u00e8me Symphonie de Ludwig van Beethoven), sa devise (\u00ab\u00a0Unie dans la diversit\u00e9\u00a0\u00bb), la monnaie euro et la c\u00e9l\u00e9bration de la Journ\u00e9e de l\u2019Europe le 9 mai dans toute l\u2019Union. Il est \u00e9vident que \u00ab\u00a0l\u2019Europe tente confus\u00e9ment de forger une identit\u00e9 post-nationale en imitant certains aspects de la construction nationale\u00a0\u00bb\u00a0. De nombreux partisans de l\u2019Union soutiennent que \u00ab\u00a0le projet de paix exige le sacrifice des identit\u00e9s nationales au profit de valeurs universelles, tandis que le projet de puissance exige le d\u00e9veloppement d\u2019une identit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0\u00bb\u00a0. Cependant, la question se pose\u00a0: pourquoi les pays europ\u00e9ens devraient-ils renoncer \u00e0 des valeurs qui ont \u00e9t\u00e9 estim\u00e9es pendant des si\u00e8cles\u00a0? Malgr\u00e9 les efforts institutionnels de l\u2019Union europ\u00e9enne, \u00ab\u00a0le \u2018peuple de l\u2019Europe\u2019 n\u2019a tout simplement pas adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019\u2018id\u00e9e europ\u00e9enne\u2019 de la mani\u00e8re esp\u00e9r\u00e9e ou pr\u00e9dite par ceux qui pensaient qu\u2019une Europe \u00e9conomique et politique conduirait automatiquement \u00e0 une \u2018Europe des peuples\u2019. Les m\u00e9thodes utilis\u00e9es par l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019ont pas abouti au r\u00e9sultat escompt\u00e9. L\u2019adaptation des symboles et autres \u2018anciennes\u2019 strat\u00e9gies traditionnellement utilis\u00e9es par les nations n\u2019a pas permis d\u2019unir le peuple europ\u00e9en\u00a0\u00bb\u00a0.<\/p>\n<p>e)\u2002L\u2019Union sape la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Europe, en particulier par la migration de masse\u00a0<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re ad\u00e9quate aux menaces contemporaines pesant sur la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure. La l\u00e9gislation de l\u2019Union a accord\u00e9 de nouveaux droits \u00e0 ceux qui exploitent ces dispositions\u00a0: des milliers de migrants \u00e9conomiques d\u2019Asie et d\u2019Afrique qui, depuis 2015, demandent l\u2019asile en masse dans les pays europ\u00e9ens, non pas en raison des dangers auxquels ils sont confront\u00e9s dans leur pays d\u2019origine, mais pour acc\u00e9der au march\u00e9 du travail et aux syst\u00e8mes de protection sociale. Les fronti\u00e8res de pays tels que l\u2019Espagne, la Lituanie et la Pologne ont \u00e9t\u00e9 envahies par des immigrants ill\u00e9gaux, dont certains ont recours \u00e0 la violence contre les gardes-fronti\u00e8res et les soldats. Malgr\u00e9 cela, l\u2019Union europ\u00e9enne continue d\u2019appliquer des r\u00e9glementations irrationnelles qui permettent \u00e0 quiconque d\u2019entrer s\u2019ils ont demand\u00e9 l\u2019asile, sans v\u00e9rifier au pr\u00e9alable s\u2019ils remplissent les crit\u00e8res pour obtenir le statut de r\u00e9fugi\u00e9 ou s\u2019ils repr\u00e9sentent une menace potentielle pour le pays d\u2019accueil\u00a0. Alors que certains soutiennent que l\u2019augmentation de l\u2019immigration devrait \u00eatre accueillie comme une solution \u00e0 la p\u00e9nurie de main-d\u2019\u0153uvre, \u00e0 la charge fiscale de la population en \u00e2ge de travailler, et \u00e0 la qualit\u00e9 des syst\u00e8mes de sant\u00e9 et de soins aux personnes \u00e2g\u00e9es\u00a0, nous pensons que les politiques multiculturelles n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 favoriser l\u2019inclusion soci\u00e9tale. Au contraire, ces politiques ont l\u00e9gitim\u00e9 la formation de groupes s\u00e9gr\u00e9g\u00e9s qui rejettent de nombreuses coutumes de leurs soci\u00e9t\u00e9s d\u2019accueil, s\u2019isolent et accentuent leur mode de vie \u2014 m\u00eame lorsque cela contredit les lois nationales\u00a0.<\/p>\n<p>f)\u2002Un exc\u00e8s de bureaucratie et de centralisation qui tue la comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019Union\u00a0<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, l\u2019Union europ\u00e9enne, autrefois moteur de la croissance \u00e9conomique, devient lentement un obstacle \u00e0 celle-ci. Pendant la majeure partie de l\u2019histoire de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne, le d\u00e9veloppement \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 la priorit\u00e9. Au d\u00e9part, l\u2019Union \u00e9tait une force de d\u00e9r\u00e9glementation \u2014le march\u00e9 europ\u00e9en, fond\u00e9 sur la libre circulation des biens, des capitaux, des services et de la main-d\u2019\u0153uvre, \u00e9tait l\u2019une de ses plus grandes r\u00e9alisations. Malheureusement, l\u2019Union ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9e l\u00e0. Le libre march\u00e9 ne suffisait pas, il fallait aussi l\u2019\u00ab\u00a0harmoniser\u00a0\u00bb. Chaque ann\u00e9e, l\u2019Union produit des centaines de nouvelles r\u00e9glementations. Par exemple, entre 2017 et 2024, le corpus r\u00e9glementaire de l\u2019Union s\u2019est enrichi de 562 nouvelles pages et de 511 nouveaux articles sur les donn\u00e9es et la vie priv\u00e9e, ainsi que de 271 nouvelles pages et de 247 nouveaux articles sur le e-commerce et la protection des consommateurs. Le nombre de nouvelles restrictions a atteint pr\u00e8s de 2 500 pour les donn\u00e9es et la vie priv\u00e9e et 1 200 pour le e-commerce et la protection des consommateurs\u00a0. Ces r\u00e9glementations manquent de justification \u00e9conomique. Au contraire, nombre d\u2019entre elles, en particulier celles incluses dans le Pacte vert europ\u00e9en et le plan Fit for 55, sont motiv\u00e9es par des id\u00e9ologies \u00e9cologiques et climatiques de gauche. Elles nuisent \u00e0 des secteurs cl\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie (par exemple, l\u2019industrie automobile, les transports, la construction), augmentent artificiellement les prix de l\u2019\u00e9nergie, conduisant \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dans les soci\u00e9t\u00e9s de l\u2019Union, et sont \u00e9galement d\u00e9vastatrices pour l\u2019agriculture europ\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n<p>La sur-r\u00e9glementation nuit \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats membres sur le march\u00e9 mondial. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par la Banque d\u2019Espagne, chaque augmentation de l\u2019indice de complexit\u00e9 r\u00e9glementaire est associ\u00e9e \u00e0 une baisse de 0,7\u00a0% de la part de l\u2019emploi au niveau sectoriel. Plusieurs effets de distorsion se produisent au niveau sectoriel\u00a0: l\u2019intensit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre diminue consid\u00e9rablement et les taux d\u2019investissement baissent en r\u00e9ponse \u00e0 une r\u00e9glementation accrue. L\u2019impact n\u00e9gatif de la complexit\u00e9 r\u00e9glementaire est particuli\u00e8rement concentr\u00e9 dans les entreprises plus petites et plus r\u00e9centes. Une augmentation de 10\u00a0% des nouvelles r\u00e9glementations est associ\u00e9e \u00e0 une baisse relative de 0,5\u00a0% du nombre de travailleurs employ\u00e9s par des entreprises de moins de 10 salari\u00e9s\u00a0.<\/p>\n<p>La critique de l\u2019Union europ\u00e9enne dans sa forme actuelle n\u2019implique pas un rejet de l\u2019id\u00e9e de coop\u00e9ration europ\u00e9enne. Cette coop\u00e9ration devrait, cependant, viser \u00e0 soutenir les \u00c9tats membres dans les domaines o\u00f9 ils rencontrent des difficult\u00e9s, plut\u00f4t que de les remplacer enti\u00e8rement par des institutions supranationales. Elle devrait \u00eatre fond\u00e9e sur le respect des valeurs fondamentales telles que la souverainet\u00e9, l\u2019identit\u00e9 nationale, le principe d\u2019attribution, le principe de subsidiarit\u00e9 et la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, ancr\u00e9es dans une v\u00e9ritable communaut\u00e9 de personnes unies par une culture, une histoire et des int\u00e9r\u00eats communs.<\/p>\n<p>3 \u2014 Deux sc\u00e9narios alternatifs<\/p>\n<p>Le nouveau mod\u00e8le de coop\u00e9ration europ\u00e9enne peut \u00eatre construit sur la base de l\u2019un des deux sc\u00e9narios suivants\u00a0:\u00a0<\/p>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Retour aux Fondamentaux\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>Le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Nouveau D\u00e9part\u00a0\u00bb\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans le cadre du sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Retour aux Fondamentaux\u00a0\u00bb, le cadre juridique existant de l\u2019Union europ\u00e9enne devrait \u00eatre r\u00e9form\u00e9 par la d\u00e9centralisation, la d\u00e9r\u00e9glementation et la d\u00e9mocratisation. Plut\u00f4t que de poursuivre \u00ab\u00a0une union toujours plus \u00e9troite entre les peuples d\u2019Europe\u00a0\u00bb, l\u2019accent devrait \u00eatre mis sur la promotion d\u2019une \u00ab\u00a0coop\u00e9ration \u00e9troite entre les peuples et les nations d\u2019Europe\u00a0\u00bb\u00a0. Les r\u00e9glementations de l\u2019Union qui favorisent le d\u00e9veloppement \u00e9conomique commun devraient \u00eatre conserv\u00e9es, tandis que celles qui l\u2019entravent devraient \u00eatre abandonn\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p>Selon le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Nouveau D\u00e9part\u00a0\u00bb, l\u2019organisation europ\u00e9enne doit \u00eatre reconstruite \u00e0 partir de z\u00e9ro, sur la base d\u2019un nouveau trait\u00e9, de nouvelles institutions et d\u2019un nouvel ordre juridique commun. Le nouveau trait\u00e9 devrait \u00e9tablir un r\u00e9gime juridique souple permettant aux \u00c9tats membres de d\u00e9velopper leur coop\u00e9ration \u00e0 leur propre rythme, s\u2019ils le jugent n\u00e9cessaire. Parall\u00e8lement, il devrait d\u00e9finir un noyau de coop\u00e9ration auquel tous les \u00c9tats membres sont tenus de participer, ainsi que des segments de coop\u00e9ration facultatifs auxquels les \u00c9tats peuvent librement adh\u00e9rer ou se retirer \u00e0 tout moment.\u00a0<\/p>\n<p>Le choix entre ces deux sc\u00e9narios d\u00e9pend de la capacit\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 se r\u00e9former. Si elle le peut, il faut alors d\u00e9terminer l\u2019orientation de ces r\u00e9formes afin d\u2019atteindre le mod\u00e8le cible postul\u00e9. Dans le cas contraire, il faut se demander par quoi l\u2019Union devrait \u00eatre remplac\u00e9e et comment cette transition devrait se d\u00e9rouler.<\/p>\n<p>SC\u00c9NARIO I\u00a0: Retour aux fondamentaux<\/p>\n<p>a) Les grands principes sur lesquels la coop\u00e9ration europ\u00e9enne devrait \u00eatre fond\u00e9e<\/p>\n<p>Souverainet\u00e9 nationale\u00a0<\/p>\n<p>Le respect de la souverainet\u00e9 de chaque \u00c9tat devrait \u00eatre le principe fondamental de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e. La souverainet\u00e9 nationale n\u2019est pas seulement un principe de droit international, mais c\u2019est aussi un droit naturel de tout peuple qui souhaite pr\u00e9server sa culture, sa langue, sa m\u00e9moire historique et ses coutumes uniques. Comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 juste titre le Premier ministre hongrois Viktor Orb\u00e1n\u00a0: \u00ab\u00a0Chaque nation et chaque \u00c9tat membre a le droit de d\u00e9cider de la mani\u00e8re dont il organise sa vie dans son propre pays.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Le concept de souverainet\u00e9 europ\u00e9enne, dans lequel l\u2019Union europ\u00e9enne elle-m\u00eame se positionnerait comme une puissance autonome au-dessus des \u00c9tats-nations, devrait \u00eatre fermement rejet\u00e9. Nous sommes en profond d\u00e9saccord avec l\u2019id\u00e9e selon laquelle \u00ab\u00a0il est possible de garantir les droits de chaque citoyen europ\u00e9en sous l\u2019\u00e9gide de la souverainet\u00e9 supranationale, qui est l\u2019avenir de tous ses citoyens\u00a0\u00bb\u00a0. Nous pensons qu\u2019un \u00c9tat d\u00e9mocratique, dans lequel ceux qui sont au pouvoir sont directement responsables devant le peuple, est mieux \u00e0 m\u00eame de sauvegarder les droits des citoyens que des institutions supranationales \u00e9loign\u00e9es, souvent dirig\u00e9es par des fonctionnaires non \u00e9lus qui ne sont responsables que devant eux-m\u00eames.\u00a0<\/p>\n<p>Actuellement, le principe de souverainet\u00e9 des \u00c9tats membres s\u2019exprime principalement par la possibilit\u00e9 de rester dans ou de se retirer de l\u2019Union europ\u00e9enne (article 50 du TUE). Ce choix est toutefois trop limit\u00e9 pour deux raisons. Premi\u00e8rement, l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la fois des avantages et des inconv\u00e9nients, ce qui fait du retrait une d\u00e9cision ultime que peu de dirigeants sont pr\u00eats \u00e0 prendre. La d\u00e9sirabilit\u00e9 de participer \u00e0 certains domaines du syst\u00e8me juridique de l\u2019Union d\u00e9pend des int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats individuels. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, si un \u00c9tat perd dans un domaine mais gagne dans un autre, il choisit de rester dans l\u2019Union, m\u00eame au prix de l\u2019abandon d\u2019une autre partie de sa souverainet\u00e9. Deuxi\u00e8mement, une interpr\u00e9tation extensive des comp\u00e9tences de l\u2019Union europ\u00e9enne a conduit \u00e0 une situation dans laquelle les obligations des \u00c9tats membres augmentent, m\u00eame lorsque les trait\u00e9s ne changent pas. Lorsqu\u2019un \u00c9tat ratifie les trait\u00e9s de l\u2019Union, il n\u2019a pas pleinement conscience de toutes les obligations qui lui seront impos\u00e9es, car la Commission europ\u00e9enne et la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (CJUE) peuvent toujours \u00ab\u00a0d\u00e9duire\u00a0\u00bb des obligations enti\u00e8rement nouvelles des principes g\u00e9n\u00e9raux du droit de l\u2019Union. Par cons\u00e9quent, les \u00c9tats membres devraient avoir la possibilit\u00e9 d\u2019adapter l\u2019intensit\u00e9 de leur coop\u00e9ration en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n<p>Pluralit\u00e9 de communaut\u00e9s menant des programmes conjoints convenus de coop\u00e9ration approfondie\u00a0<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e ne devrait pas ressembler \u00e0 une structure monolithique dans laquelle les nations les plus fortes dictent la direction \u00e0 suivre \u00e0 toutes les autres. Il devrait plut\u00f4t s\u2019agir d\u2019une association d\u2019\u00c9tats souverains, dont chacun conserve le droit de d\u00e9terminer les domaines dans lesquels il souhaite mener des politiques communes. Certains \u00c9tats b\u00e9n\u00e9ficient de la politique de l\u2019Union en mati\u00e8re de promotion des sources d\u2019\u00e9nergie renouvelables, tandis que d\u2019autres n\u2019en b\u00e9n\u00e9ficient pas\u00a0; certains tirent profit des r\u00e9glementations agricoles communes, tandis que d\u2019autres n\u2019en tirent pas profit\u00a0; certains b\u00e9n\u00e9ficient de la libre circulation des travailleurs, tandis que d\u2019autres cherchent \u00e0 la limiter. S\u2019il est impossible de satisfaire tous les \u00c9tats, il est possible de faire en sorte que les pays puissent participer aux domaines qui leur sont profitables, tout en se retirant de ceux qui ne le sont pas.\u00a0<\/p>\n<p>Une cons\u00e9quence naturelle de l\u2019adoption de cette approche serait la formation de \u00ab\u00a0sous-organisations\u00a0\u00bb au sein de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e, chacune poursuivant des mod\u00e8les de d\u00e9veloppement diff\u00e9rents. Cela s\u2019aligne sur le concept pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9 d\u2019int\u00e9gration diff\u00e9renci\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p>Coop\u00e9ration volontaire et r\u00e9vocabilit\u00e9 des programmes de coop\u00e9ration approfondie<\/p>\n<p>Parmi les trois mod\u00e8les d\u2019int\u00e9gration diff\u00e9renci\u00e9e mentionn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment, le plus appropri\u00e9 semble \u00eatre la diff\u00e9renciation \u00e0 la carte, int\u00e9grant potentiellement des \u00e9l\u00e9ments de g\u00e9om\u00e9trie variable. Seul ce mod\u00e8le garantit que les gouvernements d\u00e9mocratiquement \u00e9lus conservent le contr\u00f4le total sur la port\u00e9e des obligations internationales.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter d\u2019embl\u00e9e l\u2019\u00e9chec de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e, une analyse compl\u00e8te des conditions politiques et \u00e9conomiques de chaque \u00c9tat membre est essentielle. Cette analyse devrait identifier des domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat commun, o\u00f9 une coop\u00e9ration plus approfondie serait mutuellement b\u00e9n\u00e9fique, et des domaines de divergence, o\u00f9 une telle coop\u00e9ration serait d\u00e9savantageuse. Sur la base des conclusions de cette \u00e9valuation, les trait\u00e9s de la nouvelle UE devraient \u00e9tablir\u00a0:\u00a0<\/p>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Un ensemble d\u2019engagements minimaux qui constituerait la condition sine qua non de l\u2019adh\u00e9sion (par exemple, l\u2019union douani\u00e8re).\u00a0<\/li>\n<li>Des engagements facultatifs dans des domaines o\u00f9 seuls certains \u00c9tats membres partagent des int\u00e9r\u00eats communs (par exemple, l\u2019\u00e9nergie).\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<p>Nature intergouvernementale de la coop\u00e9ration\u00a0<\/p>\n<p>Nous d\u00e9fendons le principe de l\u2019intergouvernementalisme, traditionnellement d\u00e9fini comme \u00ab\u00a0une th\u00e9orie de l\u2019int\u00e9gration et une m\u00e9thode de prise de d\u00e9cision dans les organisations internationales qui permet aux \u00c9tats de coop\u00e9rer dans des domaines sp\u00e9cifiques tout en conservant leur souverainet\u00e9. Contrairement aux organismes supranationaux dans lesquels l\u2019autorit\u00e9 est formellement d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e, dans les organisations intergouvernementales, les \u00c9tats ne partagent pas le pouvoir avec d\u2019autres acteurs et prennent des d\u00e9cisions \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9.\u00a0\u00bb\u00a0 En d\u2019autres termes, l\u2019Union europ\u00e9enne devrait faire un pas en arri\u00e8re pour que les \u00c9tats-nations puissent faire un pas en avant.\u00a0<\/p>\n<p>Notre interpr\u00e9tation de l\u2019intergouvernementalisme n\u2019exclut pas totalement l\u2019existence de certaines structures supranationales, \u00e0 condition qu\u2019elles restent subordonn\u00e9es aux institutions intergouvernementales. Le cadre de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e devrait \u00eatre fond\u00e9 sur la primaut\u00e9 des institutions intergouvernementales, telles que le Conseil europ\u00e9en et le Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne, qui poss\u00e8dent une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique indirecte \u2014puisque les pr\u00e9sidents, les premiers ministres et les ministres qui y participent d\u00e9tiennent un mandat de leur nation pour prendre des d\u00e9cisions affectant leurs citoyens.<\/p>\n<p>Les institutions technocratiques sans mandat d\u00e9mocratique \u2014 telles que la Commission europ\u00e9enne \u2014 devraient jouer un r\u00f4le subordonn\u00e9 aux organes intergouvernementaux\u00a0. La Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne devrait retrouver son r\u00f4le de serviteur de la loi, plut\u00f4t que de cr\u00e9ateur de celle-ci.\u00a0<\/p>\n<p>Principe d\u2019attribution des comp\u00e9tences dans le cadre d\u2019un mandat national strict\u00a0<\/p>\n<p>Le principe d\u2019attribution, tel que d\u00e9fini \u00e0 l\u2019article 5 du trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne (TUE), est rest\u00e9 largement inefficace dans la pratique. Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les institutions de l\u2019Union n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00e9tendre leurs propres comp\u00e9tences sans tenir compte de la lettre des trait\u00e9s, consid\u00e9rant \u00ab\u00a0l\u2019efficacit\u00e9 du droit de l\u2019Union\u00a0\u00bb comme une source illimit\u00e9e de nouveaux pouvoirs. Pour rem\u00e9dier \u00e0 ce probl\u00e8me, les trait\u00e9s doivent int\u00e9grer des garanties strictes assurant le plein respect du principe d\u2019attribution. Les institutions intergouvernementales devraient \u00eatre habilit\u00e9es \u00e0 v\u00e9rifier si les actions des institutions supranationales sont conformes \u00e0 ce principe.\u00a0<\/p>\n<p>Principe de subsidiarit\u00e9\u00a0<\/p>\n<p>Le principe d\u2019attribution devrait \u00eatre \u00e9troitement li\u00e9 au principe de subsidiarit\u00e9, qui constitue \u00ab\u00a0le seul m\u00e9canisme qui respecte les diff\u00e9rentes cultures coexistant en Europe et les syst\u00e8mes de valeurs qui sous-tendent ces cultures. Il le fait sans nier que certains principes partag\u00e9s et certaines similitudes culturelles unissent encore les Europ\u00e9ens\u00a0\u00bb\u00a0. Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, si le principe de subsidiarit\u00e9 est formellement garanti par l\u2019article 5(3) du TUE, il reste en pratique d\u2019une importance marginale. Cela doit changer.\u00a0<\/p>\n<p>Nous partageons l\u2019avis selon lequel \u00ab\u00a0l\u2019Union doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme la protectrice de l\u2019int\u00e9grit\u00e9, de l\u2019autonomie, de l\u2019ind\u00e9pendance et de l\u2019identit\u00e9 de ses membres, et non comme un agent d\u2019uniformit\u00e9 et de centralisation. La subsidiarit\u00e9 devrait donc inciter non seulement les institutions de l\u2019Union, mais aussi chaque \u00c9tat membre, \u00e0 accepter et \u00e0 tol\u00e9rer les valeurs et les pr\u00e9f\u00e9rences des autres membres, aussi diff\u00e9rentes soient-elles des leurs\u00a0\u00bb\u00a0.\u00a0<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, il ne devrait pas incomber aux \u00c9tats membres de d\u00e9montrer qu\u2019ils sont mieux \u00e0 m\u00eame d\u2019exercer les comp\u00e9tences partag\u00e9es\u00a0; c\u2019est plut\u00f4t \u00e0 l\u2019Union qu\u2019il devrait incomber de prouver que le traitement d\u2019une question particuli\u00e8re n\u00e9cessite une harmonisation.\u00a0<\/p>\n<p>Le respect du principe de subsidiarit\u00e9 devrait \u00eatre garanti par les institutions intergouvernementales de la coop\u00e9ration europ\u00e9enne r\u00e9form\u00e9e\u00a0.<\/p>\n<p>b) Propositions\u00a0: Recommandations 1 \u00e0 23 pour une R\u00e9forme des Trait\u00e9s de l\u2019Union<\/p>\n<ol start=\"2\" class=\"wp-block-list\">\n<li\/>\n<\/ol>\n<p>Les recommandations suivantes sont structur\u00e9es en neuf domaines cl\u00e9s, chacun englobant de multiples propositions essentielles pour r\u00e9soudre les d\u00e9fis urgents au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ces r\u00e9formes sont imp\u00e9ratives non seulement pour rectifier les probl\u00e8mes de longue date, mais aussi pour recalibrer les r\u00f4les et les fonctions des institutions de l\u2019Union. Elles visent \u00e0 renforcer la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, \u00e0 r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs entre l\u2019Union et ses \u00c9tats membres et \u00e0 garantir une application plus rigoureuse des principes de subsidiarit\u00e9 et de souverainet\u00e9 nationale \u00e0 tous les niveaux de gouvernance.<\/p>\n<p>I. Une Union europ\u00e9enne plus souple pour r\u00e9pondre \u00e0 la volont\u00e9 et \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration de tous les \u00c9tats membres et candidats\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Proposition 1<\/strong>\u00a0: Renommer l\u2019Union europ\u00e9enne en \u00ab\u00a0Communaut\u00e9 europ\u00e9enne des nations\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019origine sous le nom de Communaut\u00e9 \u00e9conomique europ\u00e9enne (CEE), mettant l\u2019accent sur la coop\u00e9ration \u00e9conomique entre \u00c9tats souverains. Le passage \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne (UE) avec le trait\u00e9 de Maastricht en 1993 a marqu\u00e9 une transformation politique importante, renfor\u00e7ant la notion d\u2019une \u00ab\u00a0union toujours plus \u00e9troite\u00a0\u00bb avec des tendances f\u00e9d\u00e9ralistes. Cette proposition pr\u00e9conise de renommer l\u2019Union en \u00ab\u00a0Communaut\u00e9 europ\u00e9enne des nations\u00a0\u00bb (CEN) afin de refl\u00e9ter une vision recalibr\u00e9e \u2014qui privil\u00e9gie la souverainet\u00e9 nationale, la coop\u00e9ration intergouvernementale et les alliances volontaires plut\u00f4t que l\u2019int\u00e9gration supranationale. En revenant aux principes fondateurs du projet europ\u00e9en, la CEN mettrait l\u2019accent sur la flexibilit\u00e9, le respect des identit\u00e9s nationales et la prise de d\u00e9cision fond\u00e9e sur la souverainet\u00e9 des \u00c9tats. Le nom propos\u00e9 souligne l\u2019abandon des ambitions f\u00e9d\u00e9ralistes et la r\u00e9affirmation de l\u2019Union en tant que cadre de coop\u00e9ration entre nations ind\u00e9pendantes, plut\u00f4t qu\u2019entit\u00e9 politique centralis\u00e9e. Ce changement de nom s\u2019alignerait non seulement sur le cadre institutionnel et juridique r\u00e9vis\u00e9, mais renforcerait \u00e9galement la l\u00e9gitimit\u00e9 publique en repr\u00e9sentant fid\u00e8lement l\u2019objectif \u00e9volutif de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 2<\/strong>\u00a0: Introduire une disposition sp\u00e9cifique dans les Trait\u00e9s pour consacrer le principe de flexibilit\u00e9, permettant aux \u00c9tats membres d\u2019ajuster leur niveau d\u2019int\u00e9gration et de coop\u00e9ration au sein de l\u2019Union en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats nationaux.\u00a0<\/p>\n<p>Le principal d\u00e9fi pour faire progresser l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne r\u00e9side dans les int\u00e9r\u00eats divergents \u2014 et parfois contradictoires \u2014 qui peuvent exister entre les \u00c9tats membres. Pour \u00e9viter de nouvelles fractures au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne, il est essentiel que les Trait\u00e9s tiennent mieux compte de ces diff\u00e9rences nationales. Il est donc n\u00e9cessaire de trouver une approche plus adapt\u00e9e et progressive de l\u2019int\u00e9gration, en accord avec les sp\u00e9cificit\u00e9s nationales \u2014 une approche qui respecte les priorit\u00e9s \u00e9conomiques, les identit\u00e9s culturelles et les traditions constitutionnelles et politiques de chaque \u00c9tat membre.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 3<\/strong>\u00a0: Introduire une clause g\u00e9n\u00e9rale d\u2019opt-out dans les trait\u00e9s, permettant aux \u00c9tats membres de suspendre leur participation \u00e0 une l\u00e9gislation existante ou de se retirer d\u2019une l\u00e9gislation nouvellement adopt\u00e9e, conform\u00e9ment au principe de flexibilit\u00e9 fond\u00e9 sur l\u2019int\u00e9r\u00eat national.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9largissement du champ d\u2019application des clauses d\u2019opt-outs pourrait \u00eatre un outil efficace pour mettre en \u0153uvre le principe de flexibilit\u00e9 d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment. Selon cette approche, un \u00c9tat membre pourrait choisir de ne pas appliquer une nouvelle l\u00e9gislation en le notifiant simplement au Conseil des ministres. Cela \u00e9liminerait la n\u00e9cessit\u00e9 de n\u00e9gocier les opt-outs avec d\u2019autres \u00c9tats membres, bien qu\u2019un d\u00e9bat puisse encore avoir lieu si une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e du Conseil europ\u00e9en le jugeait n\u00e9cessaire. Ce m\u00e9canisme d\u2019opt-out r\u00e9vis\u00e9 pourrait s\u2019appliquer \u00e0 tous les domaines, \u00e0 l\u2019exception du march\u00e9 int\u00e9rieur, pr\u00e9servant ainsi l\u2019objectif initial de l\u2019Union de l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique. En outre, la flexibilit\u00e9 pourrait \u00eatre encore renforc\u00e9e par un renversement de la proc\u00e9dure l\u00e9gislative pour une coop\u00e9ration renforc\u00e9e, permettant \u00e0 un groupe de quatre \u00c9tats membres de s\u2019opposer collectivement \u00e0 l\u2019application d\u2019une nouvelle l\u00e9gislation.<\/p>\n<p><strong>Proposition 4<\/strong>\u00a0: Appliquer le principe de flexibilit\u00e9 fond\u00e9 sur l\u2019int\u00e9r\u00eat national au processus d\u2019\u00e9largissement de l\u2019Union, permettant d\u2019adapter l\u2019int\u00e9gration aux besoins et aux capacit\u00e9s de l\u2019Union et des \u00c9tats candidats.\u00a0<\/p>\n<p>Il est essentiel d\u2019abandonner l\u2019approche inefficace du tout ou rien de ces derni\u00e8res ann\u00e9es et d\u2019adopter une strat\u00e9gie plus progressive et partielle. Celle-ci se concentrerait dans un premier temps sur les objectifs li\u00e9s au march\u00e9 int\u00e9rieur, les \u00e9tapes ult\u00e9rieures de l\u2019int\u00e9gration suivant une fois que la premi\u00e8re phase d\u2019adh\u00e9sion est r\u00e9alis\u00e9e. La m\u00e9thodologie actuelle n\u2019a pas donn\u00e9 de r\u00e9sultats significatifs \u2014plusieurs \u00c9tats des Balkans occidentaux, par exemple, ont connu des retards prolong\u00e9s dans leur adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union. Pour y rem\u00e9dier, il est \u00e9galement n\u00e9cessaire d\u2019augmenter la fr\u00e9quence des r\u00e9unions inter\u00e9tatiques dans des cadres qui \u00e9vitent les approches supranationales rigides. La Communaut\u00e9 politique europ\u00e9enne, sans se substituer \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union, pourrait constituer un compl\u00e9ment pr\u00e9cieux pour relever les d\u00e9fis de l\u2019\u00e9largissement et favoriser une coop\u00e9ration plus \u00e9troite pendant le processus d\u2019adh\u00e9sion.<\/p>\n<p>II. R\u00e9\u00e9valuer et faire respecter les comp\u00e9tences de l\u2019Union\u00a0:\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 5 <\/strong>\u00a0: \u00c9tablir un nouveau protocole pour faire strictement respecter le principe d\u2019attribution de comp\u00e9tences tel que d\u00e9crit dans l\u2019article 5(2) du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, qui stipule\u00a0: \u00ab\u00a0Toute comp\u00e9tence non attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019Union dans les trait\u00e9s appartient aux \u00c9tats membres.\u00a0\u00bb Ce protocole s\u2019appliquerait explicitement \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne et \u00e0 sa jurisprudence, avec la possibilit\u00e9 d\u2019une application r\u00e9troactive si le Conseil europ\u00e9en en d\u00e9cide ainsi.<\/p>\n<p>Nombre des crises auxquelles l\u2019Union europ\u00e9enne est actuellement confront\u00e9e d\u00e9coulent de probl\u00e8mes de longue date li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9partition des comp\u00e9tences, qui sont devenus une source majeure de tension. L\u2019Union outrepasse fr\u00e9quemment ses comp\u00e9tences, un probl\u00e8me qui est au c\u0153ur des conflits avec les cours constitutionnelles nationales, telles que celles de Pologne et d\u2019Allemagne, et qui sape la confiance du public dans l\u2019Union. Bien que l\u2019article 5(2) du trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne stipule explicitement que les comp\u00e9tences non attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019Union restent du ressort des \u00c9tats membres, ce principe a \u00e9t\u00e9 largement ignor\u00e9 ou contourn\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne, les co-l\u00e9gislateurs et la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ce m\u00e9pris a aliment\u00e9 les diff\u00e9rends sur les limites de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Union. Pour r\u00e9soudre ces tensions et pr\u00e9venir de nouvelles crises, l\u2019article 5(2) doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 et appliqu\u00e9 litt\u00e9ralement comme la pierre angulaire du cadre juridique de l\u2019Union. Toutes les institutions de l\u2019Union doivent adh\u00e9rer explicitement \u00e0 cette disposition, garantissant une r\u00e9partition claire et \u00e9quilibr\u00e9e des pouvoirs entre l\u2019Union et ses \u00c9tats membres.<\/p>\n<p><strong>Proposition 6<\/strong>\u00a0: Le Conseil europ\u00e9en devrait servir d\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame pour r\u00e9soudre les conflits de comp\u00e9tence, en particulier en lien avec les propositions l\u00e9gislatives de la Commission europ\u00e9enne. En outre, le Conseil europ\u00e9en devrait avoir le pouvoir de demander une nouvelle l\u00e9gislation pour annuler un arr\u00eat rendu par la Cour de justice.\u00a0<\/p>\n<p>Les fr\u00e9quents conflits de comp\u00e9tence, en particulier en ce qui concerne les propositions l\u00e9gislatives et l\u2019interpr\u00e9tation des arr\u00eats par la Cour de justice, ont entra\u00een\u00e9 d\u2019importantes tensions au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ces conflits entra\u00eenent souvent des infractions \u00e0 l\u2019article 5(2), qui portent atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale et cr\u00e9ent des incertitudes juridiques. La Cour de justice, qui est cens\u00e9e servir d\u2019arbitre impartial, n\u2019a pas su rester objective dans ces affaires, ce qui la rend de moins en moins apte \u00e0 agir en tant que d\u00e9cideur final. Par cons\u00e9quent, le Conseil europ\u00e9en devrait prendre la responsabilit\u00e9 de r\u00e9soudre ces conflits, en veillant \u00e0 ce que les d\u00e9cisions refl\u00e8tent un \u00e9quilibre des pouvoirs entre l\u2019Union et ses \u00c9tats membres.\u00a0<\/p>\n<p>En cas de propositions l\u00e9gislatives juridiquement ambigu\u00ebs, le Conseil de l\u2019Union, au niveau minist\u00e9riel, devrait tenir un d\u00e9bat si un \u00c9tat membre le demande. Une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e d\u00e9cidera de la poursuite de la proposition, mais une minorit\u00e9 de blocage de quatre \u00c9tats membres peut renvoyer la question au Conseil europ\u00e9en pour une r\u00e9solution finale. En outre, les \u00c9tats membres devraient avoir le droit de se retirer de cette l\u00e9gislation en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats nationaux, pr\u00e9servant ainsi leur souverainet\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Afin de renforcer davantage le r\u00f4le des \u00c9tats membres dans la prise de d\u00e9cision, une majorit\u00e9 simple des parlements nationaux devrait pouvoir soulever un conflit de comp\u00e9tence. Une majorit\u00e9 absolue peut porter directement la question devant le Conseil europ\u00e9en, et si les trois quarts des parlements nationaux s\u2019opposent \u00e0 la proposition, celle-ci sera automatiquement abandonn\u00e9e. Cette approche garantit que la Cour de justice n\u2019est pas l\u2019autorit\u00e9 ultime pour r\u00e9soudre les conflits de comp\u00e9tence, tout en prot\u00e9geant la souverainet\u00e9 nationale et en favorisant une gouvernance plus souple et plus \u00e9quilibr\u00e9e au sein de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 7<\/strong>\u00a0: Mettre en \u0153uvre une application stricte du principe de subsidiarit\u00e9 par le biais d\u2019une d\u00e9cision ex ante du Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne, avec une proc\u00e9dure d\u2019appel devant le Conseil europ\u00e9en, \u00e0 inscrire dans un protocole nouveau et plus efficace. Si l\u2019Union ne parvient pas \u00e0 atteindre ses objectifs, les \u00c9tats membres devraient avoir la possibilit\u00e9 de reprendre le contr\u00f4le. Les parlements nationaux doivent se voir attribuer un r\u00f4le beaucoup plus important dans ce processus que celui qu\u2019ils ont actuellement.\u00a0<\/p>\n<p>Le principe de subsidiarit\u00e9 est une \u00ab\u00a0voie \u00e0 double sens\u00a0\u00bb, qui ne se limite pas \u00e0 consolider les comp\u00e9tences de l\u2019Union dans un domaine donn\u00e9. Actuellement, l\u2019\u00e9valuation du respect de la subsidiarit\u00e9 dans les propositions l\u00e9gislatives est faible et superficielle, et manque souvent de justification fond\u00e9e. Lorsque les \u00c9tats membres d\u00e9terminent que l\u2019Union n\u2019est plus le niveau de gouvernance le plus appropri\u00e9, ils devraient avoir la possibilit\u00e9 de rapatrier des comp\u00e9tences, soit par un opt-out individuel, soit par un rapatriement g\u00e9n\u00e9ral. Pour ce faire, les parlements nationaux devraient \u00eatre davantage impliqu\u00e9s, comme le souligne la Proposition 6, en s\u2019assurant qu\u2019ils participent activement \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une intervention de l\u2019Union. Le r\u00e9tablissement de la subsidiarit\u00e9 au c\u0153ur du fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne permettra \u00e0 toutes les parties prenantes \u2014 y compris la Commission europ\u00e9enne, les \u00c9tats membres et leurs parlements nationaux \u2014 d\u2019assumer la responsabilit\u00e9 de cr\u00e9er une Union plus efficace et plus centr\u00e9e sur les citoyens.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 8<\/strong>\u00a0: Lancer un audit complet des comp\u00e9tences actuelles de l\u2019Union, en particulier au niveau l\u00e9gislatif et dans la jurisprudence de la Cour de justice europ\u00e9enne, afin de donner aux \u00c9tats membres la possibilit\u00e9 d\u2019envisager des rapatriements g\u00e9n\u00e9raux ou des opt-outs individuels.\u00a0<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des d\u00e9cennies d\u2019actions l\u00e9gislatives et d\u2019\u00e9volutions jurisprudentielles complexes et d\u00e9routantes, un examen approfondi et complet des comp\u00e9tences de l\u2019Union est indispensable. Ce processus permettra aux \u00c9tats membres de r\u00e9\u00e9valuer le niveau de souverainet\u00e9 nationale qu\u2019ils sont pr\u00eats \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer, en apportant de la clart\u00e9 et en leur permettant de d\u00e9fendre plus efficacement leurs int\u00e9r\u00eats dans le cadre des Trait\u00e9s europ\u00e9ens.\u00a0<\/p>\n<p>Chaque \u00c9tat partie aura le droit de soumettre des actes sp\u00e9cifiques de l\u2019acquis communautaire \u00e0 un audit. Le processus d\u2019audit sera men\u00e9 par le Comit\u00e9 des \u00c9tats membres, qui \u00e9valuera la conformit\u00e9 du droit d\u00e9riv\u00e9 analys\u00e9 avec les principes d\u2019attribution et de subsidiarit\u00e9. L\u2019objectif principal de cet audit est de faciliter la mise en \u0153uvre du principe de Coop\u00e9ration Volontaire et de R\u00e9vocabilit\u00e9 des Programmes de Coop\u00e9ration Approfondie (voir section III.i.a).\u00a0<\/p>\n<p>Sur la base des conclusions de l\u2019audit, le Conseil d\u00e9terminera, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, l\u2019ensemble des engagements minimaux qui constituent la condition sine qua non de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union. En outre, le Conseil identifiera les engagements facultatifs dans les domaines politiques o\u00f9 seuls certains \u00c9tats membres partagent des int\u00e9r\u00eats communs, permettant ainsi une approche plus souple et diff\u00e9renci\u00e9e de l\u2019int\u00e9gration.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 9<\/strong>\u00a0: \u00c9tablir un \u00ab\u00a0bouclier des comp\u00e9tences nationales\u00a0\u00bb en incluant dans le Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne une disposition sp\u00e9cifique qui dresse une liste des comp\u00e9tences l\u00e9galement prot\u00e9g\u00e9es de toute ing\u00e9rence de l\u2019Union. L\u2019Union n\u2019aura aucun impact direct ou indirect sur ces domaines, que ce soit par des moyens l\u00e9gislatifs ou judiciaires. Cette liste devrait inclure la famille, l\u2019ordre public, l\u2019ordre moral et l\u2019\u00e9ducation.\u00a0<\/p>\n<p>La Commission europ\u00e9enne et la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne ont souvent privil\u00e9gi\u00e9 des objectifs politiques et id\u00e9ologiques au d\u00e9triment du respect des dispositions des trait\u00e9s. Pour se pr\u00e9munir contre de telles violations du principe de la r\u00e9partition des pouvoirs, il est essentiel de prot\u00e9ger certains domaines de l\u2019ing\u00e9rence de l\u2019Union. Cette approche de \u00ab\u00a0sanctuarisation\u00a0\u00bb permettrait aux \u00c9tats membres de r\u00e9pondre rapidement \u00e0 leurs pr\u00e9occupations en soumettant une demande individuelle d\u2019opt-out au Conseil europ\u00e9en.\u00a0<\/p>\n<p>III. Renforcement et Extension de la r\u00e8gle de l\u2019unanimit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Proposition 10<\/strong>\u00a0: L\u2019unanimit\u00e9 entre les \u00c9tats membres dans le domaine des relations ext\u00e9rieures devrait pr\u00e9valoir et \u00eatre explicitement inscrite dans les trait\u00e9s, le cas \u00e9ch\u00e9ant. Le m\u00e9canisme de l\u2019abstention constructive devrait \u00eatre autoris\u00e9, \u00e0 condition que les \u00c9tats membres dissidents y consentent.\u00a0<\/p>\n<p>Le contexte g\u00e9opolitique actuel tr\u00e8s tendu r\u00e9v\u00e8le un manque de consensus entre les 27 \u00c9tats membres sur les prochaines \u00e9tapes \u00e0 suivre sur diverses questions internationales. Ces divergences de vues sont le r\u00e9sultat d\u2019int\u00e9r\u00eats nationaux vari\u00e9s, et souvent divergents. Les \u00c9tats membres sont amen\u00e9s \u00e0 adopter des positions contraires \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, notamment dans le domaine de l\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique. Cette approche ne fait qu\u2019accentuer les divisions au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne. Les relations internationales doivent \u00eatre un domaine o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats nationaux sont pr\u00e9serv\u00e9s et les lignes rouges respect\u00e9es. Aucun \u00c9tat membre ne devrait \u00eatre l\u00e9galement tenu par des d\u00e9cisions allant \u00e0 l\u2019encontre de ses priorit\u00e9s nationales. Pour pr\u00e9server l\u2019unit\u00e9, en cas de d\u00e9saccord, le m\u00e9canisme d\u2019abstention constructive devrait \u00eatre autoris\u00e9, permettant aux \u00c9tats membres dissidents de s\u2019abstenir de prendre une d\u00e9cision sans emp\u00eacher les autres de proc\u00e9der. Toute d\u00e9cision de poursuivre ne devrait \u00eatre prise qu\u2019avec l\u2019accord explicite des \u00c9tats membres dissidents, garantissant que les int\u00e9r\u00eats nationaux sont correctement prot\u00e9g\u00e9s dans le processus d\u00e9cisionnel.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 11<\/strong>\u00a0: l\u2019article 114 du TFUE, qui permet actuellement \u00e0 l\u2019Union d\u2019agir dans un domaine sans base juridique explicite, ne devrait \u00eatre invoqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, et non \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e. En outre, lorsque cette disposition est invoqu\u00e9e, les \u00c9tats membres devraient avoir la possibilit\u00e9 de s\u2019en retirer.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019article 114 du TFUE est une disposition tr\u00e8s controvers\u00e9e, souvent d\u00e9tourn\u00e9e de son objectif initial, qui permet \u00e0 l\u2019Union d\u2019agir sans base juridique explicite dans un domaine donn\u00e9. Cela a conduit \u00e0 une extension ill\u00e9gale des comp\u00e9tences de l\u2019Union, en particulier dans des domaines qui ne rel\u00e8vent pas de sa comp\u00e9tence, comme le secteur des m\u00e9dias, o\u00f9 le Media Freedom Act a \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 en vertu de cet article alors que la r\u00e9glementation des m\u00e9dias n\u2019est pas une comp\u00e9tence de l\u2019Union. L\u2019application de cette disposition menace le principe de la r\u00e9partition des comp\u00e9tences, car elle pourrait \u00eatre utilis\u00e9e pour int\u00e9grer divers domaines dans le cadre du march\u00e9 int\u00e9rieur, ce qui porterait atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale.\u00a0<\/p>\n<p>En outre, la Cour de justice europ\u00e9enne a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 garantir de mani\u00e8re ad\u00e9quate la mise en \u0153uvre \u00e9quitable de cette disposition, ce qui a encore exacerb\u00e9 les pr\u00e9occupations quant \u00e0 son utilisation abusive. Compte tenu de ces probl\u00e8mes, l\u2019unanimit\u00e9 est la seule solution appropri\u00e9e pour prot\u00e9ger la souverainet\u00e9 nationale et emp\u00eacher l\u2019Union d\u2019\u00e9tendre son mandat sans autorisation l\u00e9gale explicite. Une interpr\u00e9tation stricte et l\u2019exigence de l\u2019unanimit\u00e9 pour d\u00e9clencher l\u2019article 114 permettraient de pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des comp\u00e9tences nationales, en veillant \u00e0 ce qu\u2019aucun \u00c9tat membre ne soit contraint de prendre des d\u00e9cisions contraires \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats nationaux. Cette approche r\u00e9tablirait l\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019Union et ses \u00c9tats membres, en garantissant que toute extension des comp\u00e9tences de l\u2019Union soit \u00e0 la fois justifi\u00e9e et accept\u00e9e par tous.<\/p>\n<p>IV. Primaut\u00e9 des constitutions nationales sur le droit europ\u00e9en\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 12<\/strong>\u00a0: Introduire une nouvelle disposition dans le Trait\u00e9 sur l\u2019Union qui r\u00e9voque explicitement la jurisprudence de la Cour de justice europ\u00e9enne affirmant la primaut\u00e9 du droit europ\u00e9en sur les constitutions nationales. Au lieu de cela, le Trait\u00e9 doit \u00e9tablir clairement que la comp\u00e9tence pour conf\u00e9rer des pouvoirs \u00e0 l\u2019Union appartient uniquement aux \u00c9tats membres et que les constitutions nationales pr\u00e9valent sur le droit europ\u00e9en.\u00a0<\/p>\n<p>Le principe de la primaut\u00e9 du droit communautaire, \u00e9tabli par des arr\u00eats tels que Costa c. ENEL (1964), Internationale Handelsgesellschaft (1970) et State Finance Administration c. Simmenthal SpA (1978), est depuis longtemps une source de tension entre la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, les cours constitutionnelles nationales et les gouvernements des \u00c9tats membres. Ce principe a souvent \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 au-del\u00e0 de la lettre et de l\u2019esprit des trait\u00e9s europ\u00e9ens, qui pr\u00e9voyaient \u00e0 l\u2019origine que la primaut\u00e9 ne s\u2019appliquerait que dans les domaines o\u00f9 les \u00c9tats membres avaient explicitement transf\u00e9r\u00e9 leur souverainet\u00e9 \u00e0 l\u2019Union. Cependant, l\u2019affirmation de la primaut\u00e9 dans des domaines o\u00f9 l\u2019Union n\u2019a pas de comp\u00e9tence claire est \u00e0 la fois ill\u00e9gale et contraire au principe de subsidiarit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Une approche stricte et \u00e9quilibr\u00e9e de la primaut\u00e9 est n\u00e9cessaire de toute urgence. Dans des domaines clairement d\u00e9finis o\u00f9 l\u2019Union est comp\u00e9tente, la primaut\u00e9 du droit primaire et secondaire de l\u2019Union est acceptable, \u00e0 condition qu\u2019elle respecte la souverainet\u00e9 nationale. Les \u00c9tats membres doivent conserver le droit de mettre en \u0153uvre des options de retrait individuelles ou de rapatrier des comp\u00e9tences \u00e0 la suite d\u2019un r\u00e9examen complet des pouvoirs de l\u2019Union, comme indiqu\u00e9 dans les Propositions 2, 4 et 5. En outre, les \u00c9tats membres devraient avoir la possibilit\u00e9 de rejeter l\u2019application de mesures qui ne rel\u00e8vent pas des comp\u00e9tences explicitement conf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019Union, garantissant ainsi un juste \u00e9quilibre entre les cadres constitutionnels nationaux et la gouvernance de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 13<\/strong>\u00a0: \u00c9tablir une assembl\u00e9e consultative des cours constitutionnelles charg\u00e9e de faire respecter et les principes de primaut\u00e9 des constitutions nationales, d\u2019attribution des comp\u00e9tences et de subsidiarit\u00e9, et de formuler des recommandations \u00e0 ce sujet. En cas de conflit entre la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne et les cours constitutionnelles nationales, un \u00c9tat membre peut demander l\u2019intervention du Conseil europ\u00e9en pour r\u00e9gler la question.\u00a0<\/p>\n<p>Des affaires r\u00e9centes ont mis en \u00e9vidence les tensions r\u00e9currentes entre la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (CJUE) et les cours constitutionnelles nationales, d\u00e9montrant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une r\u00e9forme pour r\u00e9soudre ces conflits. En Pologne (2021), le Trybuna\u0142 Konstytucyjny (Tribunal constitutionnel) a jug\u00e9 que certaines d\u00e9cisions de la CJUE \u00e9taient incompatibles avec la Constitution polonaise, affirmant la primaut\u00e9 du droit constitutionnel national dans les domaines non transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019Union. De m\u00eame, en Allemagne (2020), la Bundesverfassungsgericht (Cour constitutionnelle f\u00e9d\u00e9rale) a contest\u00e9 l\u2019autorit\u00e9 de la CJUE sur le Public Sector Purchase Programme (PSPP) de la Banque centrale europ\u00e9enne, soulignant que les institutions de l\u2019Union ne peuvent pas \u00e9tendre leurs pouvoirs au-del\u00e0 de ce qui leur a \u00e9t\u00e9 explicitement conf\u00e9r\u00e9 par les \u00c9tats membres. Une situation similaire s\u2019est produite en Roumanie (2021), o\u00f9 la Curtea Constitu\u021bional\u0103 a Rom\u00e2niei (Cour constitutionnelle) a refus\u00e9 de reconna\u00eetre la validit\u00e9 des d\u00e9cisions de la CJUE dans les domaines relevant des comp\u00e9tences nationales. Ces exemples mettent en lumi\u00e8re les conflits r\u00e9currents d\u00e9coulant des tentatives d\u2019\u00e9largissement des pouvoirs de l\u2019Union sans base juridique claire, soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir une assembl\u00e9e consultative des cours constitutionnelles pour surveiller et fournir des recommandations sur ces diff\u00e9rends, en garantissant le respect des principes de subsidiarit\u00e9, d\u2019attribution et de primaut\u00e9 des constitutions nationales dans les domaines non explicitement r\u00e9gis par le droit de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p>V. Une Commission europ\u00e9enne au service des \u00c9tats membres\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 14<\/strong>\u00a0: Transformer la Commission europ\u00e9enne en un Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral fonctionnant au service des \u00c9tats membres, sous leur contr\u00f4le et leur direction. La Commission renoncerait \u00e0 son quasi-monopole sur les initiatives l\u00e9gislatives, transf\u00e9rant cette comp\u00e9tence au Conseil des ministres dans le cadre de la proc\u00e9dure l\u00e9gislative ordinaire. Ses propositions l\u00e9gislatives seraient strictement limit\u00e9es \u00e0 la mise en \u0153uvre et au d\u00e9veloppement des conclusions juridiquement contraignantes du Conseil. En outre, la Commission ne repr\u00e9senterait l\u2019Union \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur que sur d\u00e9l\u00e9gation explicite du Conseil des ministres, et jamais au niveau des chefs d\u2019\u00c9tat ou de gouvernement.\u00a0<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine, la Commission europ\u00e9enne devait fonctionner comme un secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral au sein d\u2019une Communaut\u00e9 europ\u00e9enne aux comp\u00e9tences limit\u00e9es, et non comme l\u2019institution puissante et souvent sans comptes \u00e0 rendre qu\u2019elle est devenue aujourd\u2019hui. \u00c0 mesure que la CEE s\u2019est transform\u00e9e en UE, la Commission a conserv\u00e9 et \u00e9tendu ses comp\u00e9tences et pr\u00e9rogatives, ce qui a conduit \u00e0 une accumulation de pouvoirs excessifs, en contradiction avec son objectif initial, en particulier dans une organisation dot\u00e9e de comp\u00e9tences plus \u00e9tendues et comptant un nombre croissant d\u2019\u00c9tats membres. Pour r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre, le r\u00f4le l\u00e9gislatif de la Commission doit \u00eatre limit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction de propositions mettant en \u0153uvre des conclusions du Conseil juridiquement contraignantes, ses pr\u00e9rogatives dans le cadre de la proc\u00e9dure de cod\u00e9cision, telles que l\u2019\u00e9valuation des amendements et le retrait des propositions, \u00e9tant supprim\u00e9es. Par ailleurs, la repr\u00e9sentation ext\u00e9rieure de l\u2019Union, qui a \u00e9t\u00e9 source de confusion et de tensions, doit \u00eatre clarifi\u00e9e. Au niveau des chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement et dans les enceintes internationales telles que le G7 et le G20, le Conseil europ\u00e9en devrait repr\u00e9senter l\u2019Union, tandis que le r\u00f4le ext\u00e9rieur de la Commission devrait se limiter \u00e0 une repr\u00e9sentation au niveau minist\u00e9riel, strictement sur d\u00e9l\u00e9gation du Conseil des ministres.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 15<\/strong>\u00a0: Les pr\u00e9rogatives de la Commission dans le cadre des proc\u00e9dures d\u2019infraction actuelles doivent \u00eatre d\u00e9finies plus clairement afin d\u2019\u00e9viter toute forme d\u2019arbitraire. En outre, la Commission ne devrait jouer aucun r\u00f4le dans la mise en \u0153uvre de l\u2019article 7 du TUE concernant l\u2019\u00c9tat de droit. Enfin, la coop\u00e9ration entre les \u00c9tats membres dans des domaines qui ne rel\u00e8vent pas des comp\u00e9tences exclusives de l\u2019Union, comme le Semestre europ\u00e9en, devrait \u00eatre coordonn\u00e9e par le Conseil des ministres plut\u00f4t que par la Commission.\u00a0<\/p>\n<p>Dans le cadre des proc\u00e9dures d\u2019infraction actuelles, la Commission europ\u00e9enne, en tant que gardienne des Trait\u00e9s, dispose d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire illimit\u00e9 pour engager ou s\u2019abstenir d\u2019engager des proc\u00e9dures d\u2019infraction contre les \u00c9tats membres, sans aucune obligation de justifier ses d\u00e9cisions. Cette pr\u00e9rogative d\u00e9pass\u00e9e a conduit \u00e0 un arbitraire flagrant et \u00e0 une concentration excessive de pouvoir, n\u00e9cessitant une r\u00e9forme urgente. De m\u00eame, le m\u00e9canisme de l\u2019\u00c9tat de droit, con\u00e7u et g\u00e9r\u00e9 par la Commission sans mandat clair, est devenu un outil politis\u00e9 qui favorise la division au sein de l\u2019Union. Dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019un article 7 r\u00e9vis\u00e9, la Commission ne devrait jouer aucun r\u00f4le. De plus, la \u00ab\u00a0m\u00e9thode ouverte de coordination\u00a0\u00bb a permis \u00e0 la Commission de centraliser un pouvoir important sans l\u00e9gitimit\u00e9, comme on l\u2019a vu dans le Semestre europ\u00e9en, o\u00f9 les recommandations ont de plus en plus d\u2019implications contraignantes li\u00e9es \u00e0 des sanctions financi\u00e8res. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cela, toute coop\u00e9ration intergouvernementale en dehors des comp\u00e9tences exclusives de l\u2019Union devrait \u00eatre coordonn\u00e9e par le Conseil des ministres, garantissant une approche plus \u00e9quilibr\u00e9e et l\u00e9gitime.\u00a0<\/p>\n<p>Proposition 16\u00a0: R\u00e9duire les salaires et les indemnit\u00e9s des fonctionnaires de l\u2019Union, en particulier ceux des plus hauts \u00e9chelons, tout en renfor\u00e7ant leur responsabilit\u00e9. Aucun fonctionnaire europ\u00e9en ne devrait percevoir un salaire net mensuel sup\u00e9rieur \u00e0 10 000 euros. En outre, pour \u00e9viter toute influence id\u00e9ologique indue, le principe de neutralit\u00e9 au sein de la fonction publique europ\u00e9enne devrait \u00eatre inscrit dans les trait\u00e9s. La nomination aux postes cl\u00e9s doit respecter les principes de coll\u00e9gialit\u00e9 et de transparence totale.\u00a0<\/p>\n<p>La fonction publique europ\u00e9enne est devenue une source de tension et de d\u00e9ficit d\u00e9mocratique en raison de son manque de responsabilit\u00e9, des salaires excessifs des hauts fonctionnaires et de l\u2019influence id\u00e9ologique croissante. De nombreux hauts fonctionnaires sont surpay\u00e9s, avec des salaires d\u00e9connect\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s des citoyens europ\u00e9ens, ce qui alimente un sentiment de d\u00e9tachement et de m\u00e9pris pour les valeurs d\u00e9mocratiques. Les salaires et les indemnit\u00e9s doivent \u00eatre r\u00e9form\u00e9s, en veillant \u00e0 ce qu\u2019aucun fonctionnaire europ\u00e9en ne gagne plus de 10 000 euros nets par mois. En outre, la fonction publique, en particulier au sein de la Commission, du Parlement europ\u00e9en et du Service europ\u00e9en pour l\u2019action ext\u00e9rieure, s\u2019est \u00e9loign\u00e9e de la neutralit\u00e9 attendue des fonctionnaires financ\u00e9s par les contribuables. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cela, le principe de neutralit\u00e9 doit \u00eatre inscrit dans les trait\u00e9s. En outre, le syst\u00e8me actuel de nomination et de promotion des hauts fonctionnaires est opaque, trop centralis\u00e9 au sein du cabinet du pr\u00e9sident de la Commission et en proie \u00e0 l\u2019arbitraire, aux conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et aux jeux de pouvoir. Un processus transparent, fond\u00e9 sur le m\u00e9rite et respectant l\u2019\u00e9quilibre g\u00e9ographique doit remplacer les pratiques actuelles.<\/p>\n<p>VI. Primaut\u00e9 du Conseil europ\u00e9en et du Conseil des ministres\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 17<\/strong>\u00a0: \u00c9lever le Conseil europ\u00e9en au rang d\u2019organe d\u00e9cisionnel supr\u00eame au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne, en lui conf\u00e9rant une position hi\u00e9rarchiquement sup\u00e9rieure \u00e0 toutes les autres institutions. Le Conseil europ\u00e9en disposerait d\u2019un pouvoir l\u00e9gislatif par le biais de conclusions juridiquement contraignantes qui fixeraient le cadre du droit d\u00e9riv\u00e9. Il servirait \u00e9galement d\u2019arbitre final en mati\u00e8re d\u2019\u00e9largissement, d\u2019\u00c9tat de droit (si cette politique devait persister) et de conflits de comp\u00e9tences. En outre, le Conseil europ\u00e9en serait charg\u00e9 d\u2019examiner et d\u2019approuver officiellement les demandes d\u2019opt-outs des \u00c9tats membres ou la mise en \u0153uvre de mesures conformes \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats nationaux.\u00a0<\/p>\n<p>Le Conseil europ\u00e9en joue d\u00e9j\u00e0 un r\u00f4le important dans le cadre de l\u2019Union europ\u00e9enne, mais son autorit\u00e9 doit \u00eatre renforc\u00e9e pour qu\u2019il devienne la pierre angulaire politique et juridique de l\u2019Union. Cela est essentiel pour consacrer la primaut\u00e9 de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 nationales en tant que principes fondamentaux guidant l\u2019Union. Pour y parvenir, un nouveau trait\u00e9 devrait affirmer la supr\u00e9matie hi\u00e9rarchique du Conseil europ\u00e9en sur toutes les autres institutions de l\u2019Union, y compris la Cour de justice europ\u00e9enne. Ses d\u00e9cisions, en particulier les conclusions du Conseil, devraient \u00eatre juridiquement contraignantes et pr\u00e9cises, servant de cadre juridique d\u00e9finitif dans lequel la Commission europ\u00e9enne, le Parlement europ\u00e9en et le Conseil des ministres op\u00e8rent.<\/p>\n<p>En outre, le Conseil europ\u00e9en doit agir en tant qu\u2019arbitre ultime sur les questions politiques critiques, y compris les diff\u00e9rends sur les comp\u00e9tences, la participation flexible des \u00c9tats membres en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats nationaux et la pr\u00e9servation de leurs mandats d\u00e9mocratiques. Cette r\u00e9forme est essentielle pour pr\u00e9server la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique au sein de l\u2019Union, \u00e9tant donn\u00e9 que la Commission europ\u00e9enne manque de responsabilit\u00e9 d\u00e9mocratique et fonctionne souvent comme une entit\u00e9 bureaucratique autoritaire. Le pouvoir de d\u00e9cision doit \u00eatre rendu aux \u00c9tats membres, avec le Conseil europ\u00e9en en premi\u00e8re ligne, pour qu\u2019il devienne l\u2019arbitre final sur toutes les questions majeures. En reprenant le contr\u00f4le d\u2019institutions telles que la Commission europ\u00e9enne et la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, le Conseil europ\u00e9en peut r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre et pr\u00e9server les fondements d\u00e9mocratiques de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 18<\/strong>\u00a0: Le Conseil europ\u00e9en devra avoir la pr\u00e9rogative exclusive de demander la d\u00e9mission du pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne et de nommer un rempla\u00e7ant. Cette d\u00e9cision sera prise par consensus entre les chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement, sans n\u00e9cessiter la consultation ou l\u2019approbation du Parlement europ\u00e9en.\u00a0<\/p>\n<p>Actuellement, en vertu de l\u2019article 17(8) du TUE, seul le Parlement europ\u00e9en peut r\u00e9voquer la Commission europ\u00e9enne, ce qui la rend responsable uniquement devant les d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens et non devant les \u00c9tats membres. Cela cr\u00e9e un d\u00e9s\u00e9quilibre, car la Commission \u2014responsable de la mise en \u0153uvre des politiques de l\u2019Union\u2014 devrait r\u00e9pondre directement au Conseil europ\u00e9en, qui repr\u00e9sente les gouvernements souverains de l\u2019Union. En transf\u00e9rant ce pouvoir au Conseil europ\u00e9en, cette r\u00e9forme renforce la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique et garantit que la Commission reste align\u00e9e sur la volont\u00e9 collective des \u00c9tats membres plut\u00f4t que sur des groupes politiques supranationaux. Elle renforce \u00e9galement la responsabilit\u00e9, r\u00e9pondant ainsi aux pr\u00e9occupations concernant le d\u00e9tachement de la Commission par rapport aux int\u00e9r\u00eats nationaux. De plus, la suppression du r\u00f4le du Parlement europ\u00e9en dans la r\u00e9vocation rationalise la prise de d\u00e9cision et emp\u00eache les man\u0153uvres politiques d\u2019entraver les changements de direction n\u00e9cessaires. Cette r\u00e9forme r\u00e9affirmera la souverainet\u00e9 nationale au sein de l\u2019Union et restaurera la confiance en garantissant que la Commission reste responsable devant les personnes charg\u00e9es de mettre en \u0153uvre ses politiques.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 19<\/strong>\u00a0: \u00c9tablir la primaut\u00e9 du Conseil europ\u00e9en sur le Parlement europ\u00e9en dans le processus d\u00e9cisionnel l\u00e9gislatif en modifiant de mani\u00e8re significative la \u00ab\u00a0proc\u00e9dure l\u00e9gislative ordinaire\u00a0\u00bb actuelle (anciennement cod\u00e9cision). Cette r\u00e9forme permettrait de garantir que, en cas de d\u00e9saccord, le Conseil des ministres ait le dernier mot.\u00a0<\/p>\n<p>Dans le cadre de la proc\u00e9dure l\u00e9gislative ordinaire actuelle, le Conseil des ministres et le Parlement europ\u00e9en sont plac\u00e9s sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9, ce qui sape la souverainet\u00e9 nationale en tant que principale source de l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne. Pour r\u00e9tablir cet \u00e9quilibre, il est essentiel de modifier la proc\u00e9dure ordinaire et de revenir \u00e0 une version simplifi\u00e9e de la proc\u00e9dure de coop\u00e9ration \u00e9tablie par le trait\u00e9 d\u2019Amsterdam. Ce m\u00e9canisme ant\u00e9rieur permettait d\u2019impliquer le Parlement europ\u00e9en sans lui accorder un statut \u00e9gal \u00e0 celui du Conseil, pr\u00e9servant ainsi la primaut\u00e9 des \u00c9tats membres dans la prise de d\u00e9cision.\u00a0<\/p>\n<p>Si certains soutiennent que le renforcement du r\u00f4le du Parlement europ\u00e9en renforce la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique de l\u2019Union, les derni\u00e8res ann\u00e9es ont montr\u00e9 que cette institution ne tient souvent pas compte du principe de souverainet\u00e9 nationale, ce qui entra\u00eene des tensions entre les \u00c9tats membres et les structures centralis\u00e9es de l\u2019Union. Par cons\u00e9quent, il faut donner la priorit\u00e9 au renforcement et \u00e0 l\u2019\u00e9largissement du r\u00f4le du Conseil europ\u00e9en afin de r\u00e9affirmer la souverainet\u00e9 nationale et de fournir la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique n\u00e9cessaire aux op\u00e9rations de l\u2019Union. Cette r\u00e9forme r\u00e9tablirait un processus l\u00e9gislatif plus \u00e9quilibr\u00e9 et plus fonctionnel, refl\u00e9tant mieux les mandats d\u00e9mocratiques des \u00c9tats membres.<\/p>\n<p>VII. La fin de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/p>\n<p><strong>Proposition 20<\/strong>\u00a0: Red\u00e9finir la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne comme \u00e9tant principalement une juridiction administrative \u00e0 deux niveaux, en limitant son r\u00f4le et en l\u2019excluant de la r\u00e9solution des conflits de comp\u00e9tences entre l\u2019Union et les \u00c9tats membres. Ces diff\u00e9rends seront plut\u00f4t trait\u00e9s en coop\u00e9ration avec une assembl\u00e9e de pairs compos\u00e9e de cours constitutionnelles ou supr\u00eames nationales. La Cour de justice europ\u00e9enne n\u2019aura plus le pouvoir d\u2019interpr\u00e9ter les trait\u00e9s ou d\u2019imposer des sanctions financi\u00e8res dans le cadre de proc\u00e9dures d\u2019infraction. En outre, la nomination des juges fera l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le plus strict afin d\u2019\u00e9viter les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats, garantissant ainsi que les anciens hauts fonctionnaires de l\u2019Union ne pourront pas exercer les fonctions de juge.\u00a0<\/p>\n<p>La Cour de justice de l\u2019Union pr\u00e9sente plusieurs probl\u00e8mes syst\u00e9miques qui n\u00e9cessitent une r\u00e9forme. Premi\u00e8rement, elle fonctionne sans contrepoids et est exceptionnellement exempt\u00e9e de la surveillance de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. Deuxi\u00e8mement, elle combine les fonctions d\u2019une cour internationale, constitutionnelle et administrative tout en restant isol\u00e9e des hautes cours nationales, telles que les cours constitutionnelles ou supr\u00eames. Bon nombre de ses d\u00e9cisions ne peuvent faire l\u2019objet d\u2019un appel, ce qui centralise davantage son autorit\u00e9. Troisi\u00e8mement, la Cour a un historique bien document\u00e9 de d\u00e9passement de son mandat (\u00ab\u00a0ultra vires\u00a0\u00bb) en empi\u00e9tant sur les comp\u00e9tences nationales et en interpr\u00e9tant le droit europ\u00e9en avec un parti pris id\u00e9ologique favorisant le f\u00e9d\u00e9ralisme, les id\u00e9ologies progressistes et l\u2019\u00e9rosion de la souverainet\u00e9 nationale. Sa doctrine expansive sur la primaut\u00e9 du droit europ\u00e9en illustre cette ing\u00e9rence. Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces enjeux, la primaut\u00e9 du droit europ\u00e9en ne doit pas l\u2019emporter sur les constitutions nationales et doit \u00eatre strictement limit\u00e9e aux comp\u00e9tences de l\u2019Union. En outre, la Cour ne doit jouer aucun r\u00f4le dans les conflits de comp\u00e9tences, le m\u00e9canisme de l\u2019\u00c9tat de droit ou les questions concernant l\u2019organisation judiciaire nationale des \u00c9tats membres. Enfin, des normes plus strictes doivent r\u00e9gir la nomination des juges afin d\u2019\u00e9liminer les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats, comme la nomination d\u2019anciens hauts fonctionnaires de la Commission europ\u00e9enne \u00e0 la Cour. Si de telles nominations peuvent \u00eatre envisag\u00e9es pour le Tribunal, elles sont inappropri\u00e9es pour la Cour de justice elle-m\u00eame.\u00a0<\/p>\n<p>VIII. Le Parlement europ\u00e9en en tant qu\u2019Assembl\u00e9e consultative\u00a0: Un r\u00f4le secondaire par rapport au Conseil en mati\u00e8re l\u00e9gislative\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 21 <\/strong>\u00a0: Transformer le Parlement europ\u00e9en en une assembl\u00e9e principalement consultative, en particulier dans les domaines o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats nationaux sont en jeu, avec un pouvoir l\u00e9gislatif limit\u00e9 et subordonn\u00e9 au Conseil des ministres. Son r\u00f4le dans l\u2019adoption du budget devrait \u00eatre supprim\u00e9. En outre, le principe de subsidiarit\u00e9 devrait s\u2019appliquer \u00e0 son fonctionnement, en veillant \u00e0 ce que les fonctions l\u00e9gislatives et politiques du Parlement restent strictement limit\u00e9es aux comp\u00e9tences de l\u2019Union europ\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n<p>Le Parlement europ\u00e9en a largement d\u00e9pass\u00e9 son r\u00f4le initial, ce qui a fauss\u00e9 sa l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique et creus\u00e9 le foss\u00e9 entre les citoyens europ\u00e9ens et leurs repr\u00e9sentants, pourtant \u00e9lus au suffrage direct. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation, le Parlement devrait \u00eatre r\u00e9form\u00e9 en profondeur et ses fonctions et comp\u00e9tences red\u00e9finies. Il devrait avant tout servir d\u2019assembl\u00e9e consultative plut\u00f4t que de co-l\u00e9gislateur. Son pouvoir l\u00e9gislatif devrait \u00eatre limit\u00e9 aux domaines non essentiels, tels que le march\u00e9 int\u00e9rieur, et toujours rester dans le cadre des comp\u00e9tences de l\u2019Union. En outre, dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure de cod\u00e9cision r\u00e9vis\u00e9e, le Parlement n\u2019agirait sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec le Conseil des ministres qu\u2019en premi\u00e8re lecture. Son pouvoir de cr\u00e9er des commissions d\u2019enqu\u00eate ad hoc devrait \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9, et la composition des commissions parlementaires devrait \u00eatre soumise \u00e0 l\u2019approbation du Conseil des ministres. En outre, le r\u00f4le du Parlement dans l\u2019adoption du budget devrait \u00eatre limit\u00e9 \u00e0 la consultation.<\/p>\n<p><strong>Proposition 22<\/strong>\u00a0: Restructurer le Parlement europ\u00e9en en une assembl\u00e9e mixte compos\u00e9e de membres \u00e9lus au suffrage direct et de d\u00e9l\u00e9gations issues des assembl\u00e9es nationales. Les trait\u00e9s devraient affirmer explicitement la primaut\u00e9 des circonscriptions nationales dans les \u00e9lections europ\u00e9ennes et renforcer l\u2019autorit\u00e9 exclusive du Conseil europ\u00e9en pour nommer le pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne. Le r\u00f4le du Parlement europ\u00e9en dans ce processus se limitera \u00e0 un vote consultatif sur le Coll\u00e8ge des commissaires, sans le pouvoir d\u2019\u00e9lire le pr\u00e9sident de la Commission.\u00a0<\/p>\n<p>La structure actuelle du Parlement europ\u00e9en, bien qu\u2019il soit \u00e9lu au suffrage direct et que ses comp\u00e9tences aient \u00e9t\u00e9 \u00e9largies, a paradoxalement creus\u00e9 le foss\u00e9 entre les citoyens europ\u00e9ens et leurs repr\u00e9sentants. Il a \u00e9chou\u00e9 dans sa mission premi\u00e8re qui est d\u2019int\u00e9grer les perspectives des citoyens dans le processus d\u00e9cisionnel de l\u2019Union. Pour y rem\u00e9dier, le Parlement devrait \u00eatre restructur\u00e9, au moins partiellement, afin d\u2019inclure des d\u00e9l\u00e9gations des parlements nationaux, qui sont mieux plac\u00e9s pour combler ce foss\u00e9. En outre, tout effort visant \u00e0 introduire des circonscriptions paneurop\u00e9ennes ou des listes transnationales devrait \u00eatre explicitement interdit par les trait\u00e9s. Le r\u00f4le du Parlement dans la nomination de la Commission europ\u00e9enne devrait se limiter \u00e0 un vote consultatif apr\u00e8s que le Conseil europ\u00e9en a nomm\u00e9 le pr\u00e9sident, qui forme ensuite le Coll\u00e8ge des commissaires, sous r\u00e9serve de l\u2019approbation du Conseil des ministres.\u00a0<\/p>\n<p>IX. Audit et examen approfondis du budget europ\u00e9en et des projets financ\u00e9s par des fonds publics\u00a0<\/p>\n<p><strong>Proposition 23<\/strong>\u00a0: D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur du trait\u00e9 r\u00e9form\u00e9, le Conseil europ\u00e9en proc\u00e9dera \u00e0 un audit approfondi du budget de l\u2019Union et de tous les projets financ\u00e9s par des fonds publics afin de garantir la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re, la transparence et l\u2019alignement sur les int\u00e9r\u00eats nationaux des \u00c9tats membres. Cet examen visera \u00e0 identifier\u00a0:\u00a0<\/p>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la mauvaise gestion financi\u00e8re\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019ing\u00e9rence politique\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>le traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel et les groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat (GIPI \u2013 Groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat, de pression et d\u2019influence)\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>la d\u00e9fense de la diversit\u00e9, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de l\u2019inclusion (DEI)\u00a0;\u00a0<\/li>\n<li>les projets non conformes aux int\u00e9r\u00eats et aux valeurs nationales.\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<p>Afin de garantir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et la responsabilit\u00e9, tous les financements et projets examin\u00e9s seront temporairement gel\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019audit. Les r\u00e9sultats de l\u2019audit permettront d\u2019effectuer les r\u00e9affectations budg\u00e9taires n\u00e9cessaires, d\u2019apporter les modifications r\u00e9glementaires requises et de mettre en place des mesures de protection contre toute utilisation abusive future, qu\u2019elle soit financi\u00e8re ou politique.\u00a0<\/p>\n<p>Un audit complet du budget de l\u2019Union est essentiel pour r\u00e9tablir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 financi\u00e8re et la confiance du public. Le budget \u00e9tant financ\u00e9 par les cotisations des contribuables des \u00c9tats membres, les ressources doivent \u00eatre allou\u00e9es de mani\u00e8re efficace et responsable. Les rapports de la Cour des comptes europ\u00e9enne (CCE) ont mis en \u00e9vidence \u00e0 plusieurs reprises des cas de mauvaise gestion, rendant n\u00e9cessaire un examen structur\u00e9 pour \u00e9liminer les d\u00e9penses inutiles et garantir que les fonds de l\u2019Union servent des int\u00e9r\u00eats nationaux tangibles. Au-del\u00e0 des pr\u00e9occupations financi\u00e8res, l\u2019audit examinera le risque d\u2019ing\u00e9rence politique et d\u00e9terminera si les fonds de l\u2019Union profitent de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e \u00e0 des organisations ou des groupes de pression sp\u00e9cifiques (GIPI \u2014 Groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat, de pression et d\u2019influence). Les ressources de l\u2019Union ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es pour fa\u00e7onner les paysages politiques nationaux, outrepasser la souverainet\u00e9 des \u00c9tats membres ou favoriser certains groupes sans justification. L\u2019examen minutieux de ces projets renforcera l\u2019engagement de l\u2019Union en faveur de la neutralit\u00e9 politique, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de l\u2019autonomie de ses membres.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019allocation croissante de fonds aux initiatives en faveur de la diversit\u00e9, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 et de l\u2019inclusion (DEI), qui promeuvent souvent des programmes id\u00e9ologiques qui peuvent ne pas correspondre aux valeurs de tous les \u00c9tats membres, est une pr\u00e9occupation croissante. En vertu de l\u2019article 4(2) du TUE, l\u2019identit\u00e9 nationale et les traditions constitutionnelles doivent \u00eatre respect\u00e9es, ce qui rend imp\u00e9ratif de veiller \u00e0 ce que les d\u00e9penses de l\u2019Union soutiennent le d\u00e9veloppement plut\u00f4t que la d\u00e9fense d\u2019une id\u00e9ologie. En outre, l\u2019examen vise \u00e0 aligner les d\u00e9penses de l\u2019Union sur les priorit\u00e9s nationales. Les projets devraient refl\u00e9ter les r\u00e9alit\u00e9s locales plut\u00f4t que les objectifs centralis\u00e9s de l\u2019Union. Si certaines initiatives sont jug\u00e9es non pertinentes ou contraires aux valeurs sociales, \u00e9conomiques ou politiques d\u2019un \u00c9tat membre, leur financement devrait \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9. Une approche plus cibl\u00e9e du financement renforcera la l\u00e9gitimit\u00e9 et la confiance du public dans la coop\u00e9ration europ\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n<p>Afin de pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du processus, tous les financements en cours de r\u00e9vision seront temporairement gel\u00e9s. Cette pr\u00e9caution permet d\u2019\u00e9viter toute mauvaise gestion suppl\u00e9mentaire tout en garantissant que les ressources financi\u00e8res sont utilis\u00e9es \u00e0 bon escient. Les financements essentiels pour les infrastructures critiques, la s\u00e9curit\u00e9 et le d\u00e9veloppement \u00e9conomique resteront prot\u00e9g\u00e9s, ce qui permettra de proc\u00e9der aux ajustements n\u00e9cessaires sans perturber les op\u00e9rations fondamentales de l\u2019Union. En fin de compte, cette proposition vise \u00e0 r\u00e9tablir la discipline financi\u00e8re, \u00e0 renforcer la transparence et \u00e0 garantir que les dotations budg\u00e9taires de l\u2019Union correspondent aux int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats membres. En \u00e9liminant le gaspillage, en emp\u00eachant les influences indues et en recentrant les d\u00e9penses de l\u2019Union sur des priorit\u00e9s l\u00e9gitimes, le Conseil europ\u00e9en peut renforcer la cr\u00e9dibilit\u00e9 et l\u2019\u00e9quit\u00e9 du cadre financier de l\u2019Union.<\/p>\n<p>SC\u00c9NARIO II\u00a0: Un nouveau d\u00e9part\u00a0<\/p>\n<p>a) Tabula Rasa\u00a0? Une Union repens\u00e9e\u00a0<\/p>\n<p>Les recommandations propos\u00e9es dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent constituent une invitation \u00e0 r\u00e9former le mod\u00e8le de coop\u00e9ration europ\u00e9enne. Elles se concentrent sur la modification des trait\u00e9s existants de l\u2019Union europ\u00e9enne et sur la refonte du fonctionnement de l\u2019Union (le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Retour aux fondamentaux). Toutefois, ces principes directeurs peuvent \u00e9galement inspirer une approche courageuse et originale, pour un nouveau trait\u00e9 fondateur et un nouvel arrangement, simple et efficace, pour la coop\u00e9ration europ\u00e9enne (le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Nouveau d\u00e9part\u00a0\u00bb). Les remarques suivantes constituent une esquisse de ce sc\u00e9nario.\u00a0<\/p>\n<p>Un nouveau trait\u00e9 de l\u2019Union offrirait l\u2019occasion de laisser derri\u00e8re nous le paradigme de l\u2019interventionnisme et de la gestion via des mesures r\u00e9glementaires du milieu du XXe si\u00e8cle. Ce changement permettrait une structure de gouvernance plus r\u00e9active et plus d\u00e9centralis\u00e9e qui mettrait en \u0153uvre le principe de subsidiarit\u00e9 de la mani\u00e8re la plus appropri\u00e9e, promettant d\u2019assurer la comp\u00e9titivit\u00e9 mondiale et l\u2019adaptabilit\u00e9 les plus \u00e9lev\u00e9es de l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne. Ces m\u00eames caract\u00e9ristiques conduisent au retour d\u2019une structure construite autour de communaut\u00e9s d\u2019\u00c9tats souverains en tant qu\u2019acteurs dominants de la nouvelle Union.\u00a0<\/p>\n<p>La nouvelle Union offrirait un cadre ax\u00e9 sur la coop\u00e9ration \u00e9conomique, les principes du libre march\u00e9, des limites strictes aux interventions r\u00e9glementaires et le plein exercice des quatre libert\u00e9s fondamentales (circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux) dans le cadre des garanties du droit international, dans le plus grand respect de la pleine souverainet\u00e9 des \u00c9tats membres. La structure de la nouvelle Union devrait offrir le plus haut niveau de flexibilit\u00e9, permettant la r\u00e9alisation de projets transfrontaliers entre des groupes sp\u00e9cifiques d\u2019\u00c9tats membres. Cette approche cr\u00e9erait des opportunit\u00e9s pour un \u00ab\u00a0march\u00e9 libre des id\u00e9es\u00a0\u00bb qui r\u00e9pondrait aux conditions mondiales dynamiques.\u00a0<\/p>\n<p>La liste des principes de coop\u00e9ration (souverainet\u00e9 nationale, coop\u00e9ration volontaire, r\u00e9vocabilit\u00e9 des programmes de coop\u00e9ration approfondie, nature intergouvernementale de la coop\u00e9ration, attribution de comp\u00e9tences dans le cadre d\u2019un mandat national strict et subsidiarit\u00e9) devrait \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e en un sch\u00e9ma plus sp\u00e9cifique pour le nouveau modus operandi de l\u2019organisation europ\u00e9enne, centr\u00e9 sur la libert\u00e9 et la souverainet\u00e9.\u00a0<\/p>\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Souverainet\u00e9 nationale.\u00a0<\/li>\n<li>Primaut\u00e9 ferme des organes intergouvernementaux sur les organes bureaucratiques avec pr\u00e9somption de la r\u00e8gle de l\u2019unanimit\u00e9 dans le processus d\u00e9cisionnel.\u00a0<\/li>\n<li>Int\u00e9gration bas\u00e9e sur un mod\u00e8le de diff\u00e9renciation \u00e0 la carte (projets d\u2019int\u00e9gration \u00e0 plusieurs vitesses) et une clause d\u2019opt-out.\u00a0<\/li>\n<li>Garanties formelles solides pour l\u2019ex\u00e9cution des principes d\u2019attribution et de subsidiarit\u00e9, avec une d\u00e9limitation claire des comp\u00e9tences de l\u2019organisation et des \u00c9tats membres.\u00a0<\/li>\n<li>Affirmation de la primaut\u00e9 des constitutions nationales.\u00a0<\/li>\n<\/ol>\n<p>1. Souverainet\u00e9 nationale\u00a0<\/p>\n<p>Les seuls sujets de droit international seront les \u00c9tats membres souverains, et non la nouvelle Union. La nouvelle Union n\u2019aura pas de personnalit\u00e9 juridique, ni de symboles d\u2019\u00c9tat, tels qu\u2019un drapeau, un hymne, des armoiries ou une devise. La politique \u00e9trang\u00e8re et de d\u00e9fense devrait relever de la responsabilit\u00e9 des \u00c9tats-nations souverains, bien qu\u2019une coordination des actions \u00e0 dimension \u00e9conomique (par exemple, des sanctions ou des actions humanitaires) puisse \u00eatre possible dans des situations sp\u00e9cifiques. Il devrait y avoir une disposition explicite dans le nouveau trait\u00e9 stipulant que l\u2019Union n\u2019a aucune comp\u00e9tence en mati\u00e8re politique. De m\u00eame, le syst\u00e8me constitutionnel, l\u2019ordre juridique, la protection des droits et libert\u00e9s civils, les affaires sociales, la famille, l\u2019\u00e9ducation, la culture et les questions morales rel\u00e8veront de la comp\u00e9tence exclusive des \u00c9tats-nations. Il devrait \u00eatre explicitement inscrit dans le nouveau trait\u00e9 que ni l\u2019Union \u00e9conomique europ\u00e9enne (UEE) ni les \u00c9tats individuels ne sont autoris\u00e9s \u00e0 s\u2019immiscer dans les affaires int\u00e9rieures des autres \u00c9tats membres.\u00a0<\/p>\n<p>2. Caract\u00e8re intergouvernemental de la nouvelle Union<\/p>\n<p>La structure de la nouvelle Union devrait \u00eatre fond\u00e9e sur la primaut\u00e9 absolue d\u2019institutions intergouvernementales, aussi rationalis\u00e9es que possible, avec des processus d\u00e9cisionnels reposant principalement sur l\u2019unanimit\u00e9 (le vote \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e devrait \u00eatre une exception, appliqu\u00e9e principalement pour les questions secondaires et formelles) de tous les \u00c9tats membres ou sur l\u2019unanimit\u00e9 des \u00c9tats membres impliqu\u00e9s dans un projet particulier.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019organe intergouvernemental permanent (le Conseil), compos\u00e9 des chefs d\u2019\u00c9tat ou de gouvernement, devrait servir d\u2019organe d\u00e9cisionnel unique. Un organe subsidiaire, tel qu\u2019une Conf\u00e9rence des ministres, peut \u00eatre convoqu\u00e9 si n\u00e9cessaire\u00a0; toutefois, tout arrangement pris par cet organe subsidiaire doit \u00eatre approuv\u00e9 par le Conseil.\u00a0<\/p>\n<p>Pour assurer le bon fonctionnement du Conseil et superviser la mise en \u0153uvre de ses d\u00e9cisions, ainsi que pour g\u00e9rer les finances de la nouvelle Union, un Secr\u00e9tariat ex\u00e9cutif devrait \u00eatre cr\u00e9\u00e9. Ce secr\u00e9tariat sera un organe purement technique, sans comp\u00e9tence l\u00e9gislative ou r\u00e9glementaire.\u00a0<\/p>\n<p>Une Cour europ\u00e9enne d\u2019arbitrage sera cr\u00e9\u00e9e pour r\u00e9gler les diff\u00e9rends entre \u00c9tats membres qui ne peuvent \u00eatre r\u00e9gl\u00e9s par le Conseil. Tout diff\u00e9rend de comp\u00e9tence ne pourra \u00eatre soumis qu\u2019\u00e0 l\u2019examen du Conseil, qui d\u00e9cidera \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e. Et tout diff\u00e9rend sur l\u2019interpr\u00e9tation du Trait\u00e9 ne pourra \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 que par le Conseil \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, en appliquant le principe de pr\u00e9somption de comp\u00e9tence de l\u2019\u00c9tat membre.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019un forum parlementaire (Assembl\u00e9e parlementaire), compos\u00e9 de d\u00e9l\u00e9gations nationales des \u00c9tats membres, devrait \u00eatre envisag\u00e9e. Les fonctions d\u2019un tel organe seraient purement consultatives et de conseil, sans aucun pouvoir l\u00e9gislatif.\u00a0<\/p>\n<p>Tous les autres organes ou programmes de l\u2019Union europ\u00e9enne devraient \u00eatre dissous et leurs pouvoirs transf\u00e9r\u00e9s soit au Conseil et au Secr\u00e9tariat ex\u00e9cutif, soit \u2014de pr\u00e9f\u00e9rence\u2014 retourner aux \u00c9tats membres.\u00a0<\/p>\n<p>3. Volontarisme et r\u00e9versibilit\u00e9 de la participation aux projets d\u2019int\u00e9gration approfondie<\/p>\n<p>Le nouveau trait\u00e9 devrait \u00e9tablir un r\u00e9gime juridique flexible, bas\u00e9 sur le mod\u00e8le de diff\u00e9renciation \u00e0 la carte, qui permette aux \u00c9tats membres de d\u00e9velopper leur coop\u00e9ration \u00e0 leur propre rythme, s\u2019ils le jugent n\u00e9cessaire. Parall\u00e8lement, il devrait d\u00e9limiter un domaine de coop\u00e9ration essentiel auquel tous les \u00c9tats membres sont tenus de participer, ainsi que des segments de coop\u00e9ration facultatifs auxquels les \u00c9tats membres peuvent adh\u00e9rer ou se retirer librement \u00e0 tout moment.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Union devrait principalement faciliter la coop\u00e9ration entre les \u00c9tats membres dans les domaines de l\u2019\u00e9conomie, de la recherche scientifique et du d\u00e9veloppement technologique. Dans tous les domaines, il devrait appartenir \u00e0 chaque \u00c9tat de d\u00e9terminer avec qui et dans quelle mesure il coop\u00e9rera, ainsi que d\u2019\u00e9tablir les r\u00e8gles r\u00e9gissant cette \u00ab\u00a0coop\u00e9ration renforc\u00e9e\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>Cela pourrait concerner, par exemple, des questions telles que la protection des fronti\u00e8res, la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure (y compris la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la criminalit\u00e9 transfrontali\u00e8re et la lutte contre l\u2019immigration ill\u00e9gale), la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la protection de l\u2019environnement. La politique \u00e9trang\u00e8re et la politique de d\u00e9fense devraient rester la pr\u00e9rogative des \u00c9tats-nations souverains, bien que la coordination des actions ayant des implications \u00e9conomiques (par exemple, les sanctions ou les initiatives humanitaires) puisse \u00eatre envisageable dans des circonstances sp\u00e9cifiques.\u00a0<\/p>\n<p>4. R\u00e9glementation efficace du principe d\u2019attribution\u00a0<\/p>\n<p>Le principe d\u2019attribution est pr\u00e9sent dans l\u2019actuel trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne\u00a0; cependant, comme d\u00e9montr\u00e9 dans la premi\u00e8re partie de notre rapport, il n\u2019emp\u00eache pas les institutions de l\u2019Union d\u2019\u00e9tendre leur autorit\u00e9 au d\u00e9triment de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats membres. Ainsi, le nouveau Trait\u00e9 devrait fournir une garantie solide pour assurer le respect du principe d\u2019attribution dans le cadre de la nouvelle organisation. Il est essentiel d\u2019\u00e9tablir une distinction claire entre les comp\u00e9tences de l\u2019Union \u00e9conomique europ\u00e9enne (UEE) et celles des \u00c9tats membres.\u00a0<\/p>\n<p>Le principe fondateur de subsidiarit\u00e9, qui prot\u00e8ge la nouvelle Union d\u2019une centralisation inefficace du pouvoir d\u00e9cisionnel, sera garanti \u00e0 la fois par une r\u00e8gle d\u2019unanimit\u00e9 et par une option permanente de retrait des projets de coop\u00e9ration approfondie.\u00a0<\/p>\n<p>5. Primaut\u00e9 des constitutions nationales<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux principes du droit international public, les lois nationales des \u00c9tats membres ne doivent pas les emp\u00eacher d\u2019ex\u00e9cuter les obligations contract\u00e9es dans le cadre des nouveaux m\u00e9canismes de coop\u00e9ration de l\u2019Union. N\u00e9anmoins, avec des garanties proc\u00e9durales de souverainet\u00e9\u00a0: unanimit\u00e9 et options de retrait ouvertes, primaut\u00e9 des ordres constitutionnels nationaux maintenue en accordant \u00e0 chaque \u00c9tat membre la possibilit\u00e9 d\u2019adapter la port\u00e9e de la coop\u00e9ration et de l\u2019int\u00e9gration aux cadres constitutionnels nationaux et \u00e0 leurs limites.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019introduction des principes de coop\u00e9ration susmentionn\u00e9s sert de base au cadre du nouveau trait\u00e9 de l\u2019Union, qui conduira \u00e0 la dissolution de l\u2019Union europ\u00e9enne et \u00e0 la cr\u00e9ation de la nouvelle Union.\u00a0<\/p>\n<p>La structure d\u00e9taill\u00e9e de la nouvelle Union et le plan de transition devront \u00eatre n\u00e9goci\u00e9s. Les pr\u00e9paratifs du sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Nouveau d\u00e9part\u00a0\u00bb peuvent \u00eatre entrepris par tous les \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne ou seulement par un groupe d\u2019entre eux. De nombreuses questions sp\u00e9cifiques devront \u00eatre abord\u00e9es. Il peut \u00eatre n\u00e9cessaire que certaines dispositions de l\u2019Union restent en vigueur pendant une p\u00e9riode limit\u00e9e, et une liste de ces lois devrait \u00eatre incluse dans une annexe au trait\u00e9. Le processus de r\u00e9alignement fondamental de l\u2019Union ne peut pas \u00eatre accompli du jour au lendemain. Une p\u00e9riode de transition et des dispositions d\u00e9taill\u00e9es doivent \u00eatre pr\u00e9vues pour traiter des questions importantes telles que les actifs et passifs de l\u2019Union, y compris la r\u00e9partition de la dette\u00a0; les indemnit\u00e9s de licenciement des employ\u00e9s licenci\u00e9s\u00a0; les obligations de retraite des anciens employ\u00e9s de l\u2019Union, avec le transfert de ces responsabilit\u00e9s aux \u00c9tats membres concern\u00e9s\u00a0; les d\u00e9cisions concernant la poursuite de financement potentiel de projets d\u2019infrastructure tr\u00e8s avanc\u00e9s\u00a0; et un audit pour la liquidation de l\u2019Union.\u00a0<\/p>\n<p>Alors que le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Retour aux fondamentaux\u00a0\u00bb pr\u00e9sente une vision r\u00e9aliste qui peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e avec la structure existante des forces politiques dans l\u2019Union, le projet \u00ab\u00a0Nouveau D\u00e9part\u00a0\u00bb n\u00e9cessite une nouvelle dynamique politique pour son \u00e9mergence effective, impliquant non seulement des \u00e9lites et des dirigeants politiques d\u00e9termin\u00e9s, mais surtout un large mouvement populaire.<\/p>\n<p>Examen du rapport par le Professeur Ryszard Legutko<\/p>\n<p>Je tiens \u00e0 remercier les auteurs de cet important rapport. Il pose, \u00e0 mon avis, un diagnostic efficace des principaux probl\u00e8mes de l\u2019Union europ\u00e9enne et identifie les moyens d\u2019y rem\u00e9dier.<\/p>\n<p>Deux ph\u00e9nom\u00e8nes m\u2019ont toujours frapp\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019Union europ\u00e9enne. Le premier est le fait que l\u2019article 5, qui traite des limites de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Union et des principes d\u2019attribution, de subsidiarit\u00e9 et de proportionnalit\u00e9, est en r\u00e9alit\u00e9 lettre morte, comme en t\u00e9moigne l\u2019absence de tout litige devant la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne concernant des violations de ces principes.\u00a0<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me ph\u00e9nom\u00e8ne est que l\u2019organisation semble fonctionner au profit des partis politiques plut\u00f4t que des citoyens europ\u00e9ens. Si l\u2019omnipotence des partis politiques peut \u00eatre limit\u00e9e par une r\u00e9duction de leur autorit\u00e9, l\u2019absence de responsabilit\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens sape leur cr\u00e9dibilit\u00e9. En fait, dans sa forme actuelle, l\u2019institution est nuisible, et son existence m\u00eame pr\u00e9sente un risque important de devenir un m\u00e9canisme de prise de pouvoir par des partis paneurop\u00e9ens, d\u00e9tach\u00e9s des \u00e9lectorats nationaux et sans responsabilit\u00e9 envers quiconque.\u00a0<\/p>\n<p>Toutes les institutions de l\u2019Union europ\u00e9enne doivent voir leur pouvoir consid\u00e9rablement r\u00e9duit. Le concept m\u00eame d\u2019une union politique compos\u00e9e de partenaires si diff\u00e9rents en taille et en pouvoir n\u00e9cessite la mise en place urgente de m\u00e9canismes efficaces contre l\u2019autocratie. En cas de conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat entre l\u2019Allemagne et la France, d\u2019une part, et la Slov\u00e9nie et Chypre, d\u2019autre part, les partenaires plus petits seront toujours domin\u00e9s, car c\u2019est la nature des choses. Actuellement, le syst\u00e8me favorise intrins\u00e8quement l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les diff\u00e9rents pays. Pour masquer cette in\u00e9galit\u00e9 flagrante, on a invent\u00e9 le concept de \u00ab\u00a0leadership\u00a0\u00bb, qui, \u00e0 ma connaissance, n\u2019a aucun fondement dans les trait\u00e9s et qui, en outre, est extr\u00eamement dangereux. Il ne peut y avoir de leadership franco-allemand de l\u2019Union europ\u00e9enne, car une telle institution n\u2019existe pas dans les trait\u00e9s. Pr\u00f4ner un tel leadership invite \u00e0 l\u2019anarchie et, en fin de compte, \u00e0 la suppression compl\u00e8te de ce qui reste de la souverainet\u00e9 nationale.\u00a0<\/p>\n<p>Cependant, il existe un concept tout aussi dangereux qui est ancr\u00e9 \u00e0 la fois dans les trait\u00e9s et dans la Charte\u00a0: la formule de l\u2019\u00ab\u00a0union sans cesse plus \u00e9troite\u00a0\u00bb (ever closer union), qui contredit l\u2019id\u00e9e de constitutionnalisme. Les constitutions sont cens\u00e9es \u00e9tablir des limites permanentes de comp\u00e9tence entre les institutions, que le concept d\u2019une \u00ab\u00a0union sans cesse plus \u00e9troite\u00a0\u00bb brouille, encourageant ainsi le d\u00e9passement de ces limites. Comme les auteurs l\u2019ont soulign\u00e9 \u00e0 juste titre, bien que le trait\u00e9 n\u2019ait pas chang\u00e9, il y a eu un transfert remarquable de pouvoir des \u00c9tats-nations vers les institutions europ\u00e9ennes et les centres de pouvoir informels, tels que ledit \u00ab\u00a0leadership\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u2019\u00ab\u00a0union sans cesse plus \u00e9troite\u00a0\u00bb en action.\u00a0<\/p>\n<p>Le principe de responsabilit\u00e9, qui est fondamental au parlementarisme, n\u2019existe pas au Parlement. C\u2019est une parodie du parlementarisme lorsque des membres du Parlement, qui ne sont en aucun cas responsables devant l\u2019\u00e9lectorat polonais ou hongrois et qui ne sont soumis \u00e0 aucune sanction \u00e9lectorale, d\u00e9cident d\u2019imposer des sanctions financi\u00e8res \u00e0 la Pologne ou \u00e0 la Hongrie.\u00a0<\/p>\n<p>S\u2019il est vrai que les \u00c9tats am\u00e9ricains ont moins de pouvoir que les \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne vis-\u00e0-vis de leurs capitales respectives, le fonctionnement pratique de l\u2019Union europ\u00e9enne repose sur la suppression du pouvoir des \u00c9tats membres, en particulier des plus faibles. Par cons\u00e9quent, les \u00c9tats am\u00e9ricains se sentent plus en s\u00e9curit\u00e9 dans leur relation avec Washington que les Polonais, les Hongrois et les autres ne le sont vis-\u00e0-vis de Bruxelles.\u00a0<\/p>\n<p>La proposition de retirer des pouvoirs \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne est un pas dans la bonne direction et permettrait de r\u00e9soudre de nombreuses questions, dont celle du Comit\u00e9 de l\u2019article 255 \u00e9tabli en vertu du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne (TFUE). Ce comit\u00e9 est charg\u00e9 de donner des avis sur l\u2019aptitude des candidats \u00e0 exercer les fonctions de juge et d\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral de la Cour de justice et du Tribunal. Ce comit\u00e9 est un m\u00e9canisme de cooptation des juges et devrait \u00eatre supprim\u00e9. En fait, tous les m\u00e9canismes de cooptation actuellement pr\u00e9sents dans les structures de l\u2019Union europ\u00e9enne devraient \u00eatre d\u00e9mantel\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>Enfin, tous les termes ambigus, impr\u00e9cis et trompeurs devraient \u00eatre supprim\u00e9s du langage des trait\u00e9s et des r\u00e8glements de l\u2019Union europ\u00e9enne. Un exemple typique de ce type de concepts est celui des \u00ab\u00a0comp\u00e9tences partag\u00e9es\u00a0\u00bb, qui peuvent \u00e0 tout moment \u00eatre r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la seule discr\u00e9tion de l\u2019Union et retir\u00e9es des comp\u00e9tences des \u00c9tats membres. Un autre concept pr\u00e9occupant est le positionnement de la Commission europ\u00e9enne, un organe ex\u00e9cutif n\u2019ayant pratiquement aucune l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, en tant que gardienne des Trait\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>Les suggestions ci-dessus compl\u00e8tent, expliquent et justifient les mesures propos\u00e9es par les auteurs du rapport et, si elles \u00e9taient mises en \u0153uvre, elles permettraient de freiner consid\u00e9rablement la bureaucratie bruxelloise galopante et d\u2019\u00e9tablir un contr\u00f4le efficace sur le pouvoir actuel des partis politiques. Je f\u00e9licite les auteurs pour leur travail et pour cette pr\u00e9cieuse contribution \u00e0 la discussion sur les r\u00e9formes propos\u00e9es de l\u2019Union europ\u00e9enne.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le plan du rapport de 40 pages pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Washington par le think tank polonais Ordo Iuris et&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":308599,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,1777,674,1779,1011,27,12,25,1778,364],"class_list":{"0":"post-308598","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-eu","10":"tag-europe","11":"tag-european-union","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-republique-francaise","16":"tag-ue","17":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115002279461744455","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/308598","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=308598"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/308598\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/308599"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=308598"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=308598"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=308598"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}