{"id":309215,"date":"2025-08-10T10:24:12","date_gmt":"2025-08-10T10:24:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/309215\/"},"modified":"2025-08-10T10:24:12","modified_gmt":"2025-08-10T10:24:12","slug":"quand-la-france-gele-ses-depenseslallemagne-sort-le-bazooka-financier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/309215\/","title":{"rendered":"Quand la France g\u00e8le ses d\u00e9penses\u2026l\u2019Allemagne sort le \u00ab\u00a0bazooka\u00a0\u00bb financier"},"content":{"rendered":"<p>Quand Fran\u00e7ois Bayrou annonce une ann\u00e9e blanche, Friedrich Merz sort le \u00ab\u00a0bazooka\u00a0\u00bb. Le 19\u00a0mars dernier, le leader de la CDU (centre-droit), \u00e0 peine sorti vainqueur des \u00e9lections l\u00e9gislatives fin f\u00e9vrier dernier (devant l\u2019extr\u00eame droite de l\u2019AFD et les sociaux-d\u00e9mocrates du SPD) et avant de devenir chancelier, a fait adopter par le Parlement allemand une r\u00e9forme permettant de desserrer le frein constitutionnel \u00e0 l\u2019endettement, si caract\u00e9ristique de l\u2019orthodoxie budg\u00e9taire allemande et qui s\u2019ajoute \u00e0 un plan d\u2019investissements massif de 850\u00a0milliards d\u2019euros d\u2019ici \u00e0 2029. Un plan qu\u2019il a qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0bazooka\u00a0\u00bb financier.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Berlin l\u00e8ve le frein \u00e0 l\u2019endettement pour les d\u00e9penses militaires<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est un changement de doctrine\u00a0\u00bb, explique Ronan Le Gleut, s\u00e9nateur LR des Fran\u00e7ais \u00e9tablis hors de France, fin connaisseur du voisin d\u2019outre-Rhin. \u00ab\u00a0Ce frein \u00e0 la dette emp\u00eachait l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral allemand de pr\u00e9senter un budget avec un d\u00e9ficit sup\u00e9rieur \u00e0 0,35\u00a0% de la richesse nationale produite. Avec cette r\u00e9forme, les d\u00e9penses militaires pourront d\u00e9roger \u00e0 cette limite de d\u00e9ficit. L\u2019Allemagne peut se permettre d\u2019augmenter massivement ses d\u00e9penses, car sa dette s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 62\u00a0% de son PIB, contrairement \u00e0 la France dont la dette atteint 113\u00a0% de sa richesse produite. Les deux pays sont dans des situations financi\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>IFG Allemagne et France<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la gauche allemande, cette acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019endettement est vue comme un retournement de veste de la part de Friedrich Merz. \u00ab\u00a0Pendant toute la campagne des \u00e9lections l\u00e9gislatives, la CDU a assur\u00e9 qu\u2019elle ne toucherait pas au frein de la dette\u00a0\u00bb, rappelle Daniel Freund, eurod\u00e9put\u00e9 allemand \u00e9cologiste. \u00ab\u00a0La coalition de gauche sortante (le SPD, les Verts et les Lib\u00e9raux du FDP), emmen\u00e9e par Olaf Scholz, est m\u00eame tomb\u00e9e pour ces questions de d\u00e9penses publiques. La droite allemande l\u2019avait emp\u00each\u00e9e de r\u00e9affecter \u00e0 la transition \u00e9cologique 60\u00a0milliards d\u2019euros pr\u00e9vus pour la crise Covid, en portant le conflit devant la Cour constitutionnelle allemande. Mais juste apr\u00e8s sa victoire aux \u00e9lections, le conservateur Friedrich Merz desserre le frein \u00e0 l\u2019endettement, sans m\u00eame attendre que le nouveau Bundestag soit form\u00e9 et qu\u2019il soit \u00e9lu chancelier\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un bazooka de d\u00e9penses publiques adopt\u00e9 au moment opportun par Friedrich Merz, puisque sa coalition de gouvernement conclue entre la CDU et le SPD dispose d\u2019une majorit\u00e9 plus restreinte dans le nouveau Bundestag que dans l\u2019ancien. Cons\u00e9quence, Friedrich Merz a d\u00fb attendre le second tour avant d\u2019\u00eatre chancelier par le Bundestag, une premi\u00e8re dans l\u2019histoire de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un plan d\u2019investissements massifs<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Alors que le gouvernement fran\u00e7ais de Fran\u00e7ois Bayrou cherche \u00e0 \u00e9conomiser 40\u00a0milliards d\u2019euros par an, celui de Friedrich Merz pourra se targuer d\u2019injecter chaque ann\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie 120\u00a0milliards d\u2019euros d\u2019ici 2029. Des investissements qui porteront sur les infrastructures ferroviaires, le logement, les h\u00f4pitaux, l\u2019\u00e9nergie et la d\u00e9fense, dans le cadre du r\u00e9armement de l\u2019Europe. \u00ab\u00a0Ces investissements dans les infrastructures \u00e9taient plus que n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb, estime Daniel Freund, \u00ab\u00a0quand on voit les retards de train qui s\u2019accumulent avec la compagnie nationale de la Deutsche Bahn, ou le pont de Dresde qui s\u2019est effondr\u00e9 l\u2019an dernier. Mais attention, on observe que certaines lignes budg\u00e9taires sont en train de bouger et ne financeront pas des investissements mais des baisses d\u2019imp\u00f4ts et des cadeaux \u00e0 l\u2019\u00e9lectorat conservateur\u00a0\u00bb, observe l\u2019\u00e9lu d\u2019opposition.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces investissements vont permettre \u00e0 l\u2019Allemagne de sortir de la r\u00e9cession qu\u2019elle conna\u00eet depuis trois ans, \u00e0 cause du prix de l\u2019\u00e9nergie qui a frapp\u00e9 de plein fouet son tissu industriel important et notamment l\u2019automobile et la chimie\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit Ronan Le Gleut. \u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait bon pour personne en Europe que l\u2019Allemagne soit en r\u00e9cession, car Berlin est le moteur \u00e9conomique de l\u2019Europe. Les entreprises allemandes sont les premiers clients des entreprises fran\u00e7aises.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne beaucoup moins souple avec le budget de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Si ces d\u00e9penses massives de l\u2019Allemagne vont profiter \u00e0 l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne, Berlin ne d\u00e9fend pas pour autant le m\u00eame type de relance \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019UE. Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral s\u2019est m\u00eame oppos\u00e9 cat\u00e9goriquement au budget pluriannuel de l\u2019Union europ\u00e9enne (2028-2034) pr\u00e9sent\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne \u00e0 la mi-juillet. Ce budget europ\u00e9en en hausse s\u2019\u00e9l\u00e8ve\u00a0\u00e0 2000 milliards d\u2019euros avec des moyens suppl\u00e9mentaires pour la d\u00e9fense et la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises. Un cadre financier qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0projet ambitieux\u00a0\u00bb par Paris mais jug\u00e9 \u00ab\u00a0inacceptable\u00a0\u00bb par le porte-parole du gouvernement allemand, \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 tous les Etats-membres font des efforts consid\u00e9rables pour consolider leurs budgets nationaux.\u00a0\u00bb Le ton est donn\u00e9 alors que s\u2019ouvrent 2 ans de n\u00e9gociations sur ce budget entre les 27 pays de l\u2019UE et le Parlement europ\u00e9en. \u00ab\u00a0Ce n\u2019est que le d\u00e9but des discussions\u00a0\u00bb, temp\u00e8re Ronan Le Gleut. \u00ab\u00a0La coalition au pouvoir en Allemagne est pro-europ\u00e9enne, elle ne d\u00e9fend pas une baisse du budget de l\u2019UE, comme le fait l\u2019extr\u00eame droite, mais une hausse dans des proportions raisonnables.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est tr\u00e8s \u00e9trange que Friedrich Merz ne soutienne pas le budget europ\u00e9en port\u00e9 par Ursula von der Leyen, qui est du m\u00eame parti que lui, et que ce cadre financier est d\u00e9fendu par la droite au Parlement europ\u00e9en\u00a0\u00bb, analyse Daniel Freund. \u00ab\u00a0Cette r\u00e9action du gouvernement allemand m\u2019a mis en col\u00e8re. C\u2019est comme si le gouvernement qui propose le plus grand d\u00e9ficit de l\u2019histoire de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d\u2019Allemagne disait \u00ab\u00a0On n\u2019a pas d\u2019argent pour l\u2019Europe.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quand Fran\u00e7ois Bayrou annonce une ann\u00e9e blanche, Friedrich Merz sort le \u00ab\u00a0bazooka\u00a0\u00bb. Le 19\u00a0mars dernier, le leader de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":309216,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1587],"tags":[11,672,1804,1805,1803,1777,674,1801,12,1802],"class_list":{"0":"post-309215","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-allemagne","8":"tag-actualites","9":"tag-allemagne","10":"tag-bundesrepublik-deutschland","11":"tag-de","12":"tag-deutschland","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-germany","16":"tag-news","17":"tag-republique-federale-dallemagne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115003986043604697","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/309215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=309215"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/309215\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/309216"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=309215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=309215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=309215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}